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By Sinistros in Le Gramophone

Frank X – Progressive Metal – Canada
Frank X and the Unreality Show – 2017
Indépendant
8.5/10

Frank X, de son vrai nom François Dallaire n’est pas un novice dans la scène Métallique Québécoise. Il a notamment joué dans la formation Damaged à la fin des années 80 avec des musiciens qui sont par la suite passés dans Gorguts aux côtés de Luc Lemay. Justement, parlons du loup, Luc Lemay fait une apparition sur une des pièces du deuxième album de Frank X intitulé Frank X and the Unreality Show.

J’avais eu vent du premier album paru en 2015 mais je ne m’étais pas arrêté à une écoute totale. Je me reprends donc avec ce nouvel album qui m’a quelque peu surpris. Je dois dire en partant que j’ai failli décrocher dès la première pièce de l’album qui est en fait une intro de près de cinq minutes de dialogue entre personnages. La sur-utilisation d’effets de « pitch » apporte un côté synthétique et pas trop sérieux ce qui est possiblement voulu. Cette intro est sans nul doute trop longue ne nous donnant autre choix que de passer à la pièce suivante le plus rapidement possible.

Lorsque la première véritable pièce commence, on sent que l’on va naviguer dans des flots sonores assez disjonctés tout au long de l’album. Les guitares sont très basses et la vitesse de croisière au fil des pièces est à peu près la même. La rapidité n’est pas le focus de Frank X qui semble préférer nous en mettre plein les oreilles avec des arrangements explosifs et fort intéressants. Le musicien a un talent indéniable pour la composition et n,a pas peur d’ajouter des sonorités et des textures non standards pour pimenter et rehausser ses compositions. Les claviers sont utilisés avec intelligence et la production globale est vraiment surprenante, il y a du travail de moine dans cet album.

Point de vue musical, Frank X pourrait dérouter le Métalleux moyen qui aime rester dans ses standards. Le son et le style des guitares peut rappeler les premiers albums de Korn et Soulfly tandis que la rythmique et les sonorités ont un petit côté industriel dans la veine de Prong et de Fear Factory. Ajoutons au tout la tendance dérangée de Devin Townsend et la voix qui s’apparente à celle du regretté Layne Staley de Alice in Chains et vous avez une bonne idée de l’orientation musicale de Frank X.

Au final, Frank X and the Unreality Show est un album très coloré et musicalement très bien structuré et composé avec des arrangements brillants et des idées folles. Peut-être un peu long et redondant par moments mais la qualité musicale prenant le dessus, on peut y faire aisément abstraction. Je lève mon chapeau à Frank X, c’est une bien belle réussite!

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