Exodus – Thrash Metal – États-Unis
Goliath – 2026
Napalm Records
8,5/10
Suis-je un fan d’Exodus? Je ne crois pas. Pour moi, Exodus se limite à Bonded By Blood et aux trois albums de musique originale avec Rob Dukes. Steve Souza m’a tapé sur les nerfs à partir de Pleasures of the Flesh et je suis toujours incapable d’écouter un album au complet avec sa voix nasillarde et horripilante. Le retour de Rob Dukes est donc pour moi une excellente nouvelle et me permet de revouer avec le Exodus que j’aime.
Goliath fait parler, fait rager et divise la communauté métallique à travers la planète. Les uns crient à la merde la plus totale et les autres dont je fais partie aiment bien cet album qui est, disons-le tout de suite, assez différent de ce que les vétérans ont pu nous servir depuis leurs débuts. Goliath est un album audacieux qui brise des frontières et qui fait mal aux puristes et à ceux qui n’apprécient guère le fameux changement. Oui, cet album est le plus bizarre de la discographie. Il faut plusieurs écoutes pour bien digérer le tout et assimiler ce qui se passe car les textures sont directes et sournoises, les riffs sont complexes et hors des standards du groupe et les structures de pièces sont difficiles à suivre. Tout au long de l’album, le groupe nous transporte dans diverses facettes métalliques jusqu’ici inexplorées, on joue la bonne vieille carte du Thrash Metal pour et dur maius on passe par des éléments plus Punk et même des sonorités Alternatives au travers cet amas de riffs destructeurs et originaux. Possiblement que Gary Holt a été rattrapé par ses influences diverses et qu’il a tout bonnement lâché prise en se laissant aller naturellement. La production me semble cependant un peu floue et sourde ce qui ajoute le côté « weirdo » à l’ensemble des pièces mais dans l’ensemble, je l’aime bien ce Goliath qui attise la haine et le mépris. Enfin Exodus sort du moule et en se débarrassant de Souza, le groupe s’est fait un super cadeau et peut aller de l’avant en toute quiétude.
Goliath n’est définitivement pas le meilleur de la discographie mais il est très loin d’être le pire. Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour s’aventurer dans des contrées musicales inconfortables et ça, je respecte ça au maximum et ça me plait. Réécoutez-le à plusieurs reprises et découvrez-le pour ce qu’il est sans vous laisser influencer par ce que le groupe a fait auparavant.
Composition : 8,5
Exécution : 9
Atmosphère : 8
Production : 9
Appréciation générale : 8

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Persona Non Grata – 2021
Au début des années 90, le Heavy Metal était en voie de disparition et le Thrash Metal commençait à s’essouffler possiblement dû aux nouveaux genres plus extrêmes qui avaient fait leur apparition. Le quatrième album de Exodus semblait montrer certains signes de fatigue et de redondance pour le groupe. Impact is Imminent poursuivait la lancée qu’Exodus avait entreprise avec son deuxième album augmentant ainsi le côté clown qui devenait une nouvelle marque de commerce dans le Trash Metal. Mais malgré ces écarts et cette nouvelle tendance, Exodus réussissait quand même à nous concocter d’excellentes pièces avec des riffs incendiaires et surtout une production irréprochable pour l’époque. Le groupe de la Bay Area continuait à influencer d’autres groupes qui allaient suivre et nous devions nous rendre à l’évidence : Si nous voulions écouter du Métal plus noir et plus méchant, il fallait se tourner vers le Death Metal et le Black Metal. Le Thrash Metal devenait trop joyeux et devenait par le fait même associé à de la musique de party. Mais, comme nous le verrons un peu plus tard, cet aspect du Thrash Metal était en fait une tendance typiquement Américaine…
Le troisième album de Exodus ne fut pas accueilli favorablement par l’unanimité. Le groupe avait pris un nouveau tournant musical un peu plus farfelu et le côté agressif s’était soudainement éclipsé. Le fun et la joie de vivre avaient remplacé le pas gentil et la violence ce qui avait valu au groupe une sévère critique de la part de nombreux fans. Anthrax avait déjà fait ce changement quelques années auparavant et il était maintenant clair que le Thrash Metal était entrain de changer pour devenir un peu plus clownesque. Était-ce si grave après tout? Est-ce que voir la vie tout en noir et parler de Satan étaient les seules règles à suivre pour un groupe Métal? Bien sûr que non! Les groupes de Crossover étaient déjà des clowns politisés alors pourquoi pas le Thrash Metal? Fabulous Disaster était loin d’être un désastre, au contraire, il penchait beaucoup plus sur le côté fabuleux avec ses riffs toxiques et accrocheurs et sa fougue qui nous donnait envie de bouger et de faire le party. Exodus avait réussi là où plusieurs bands avaient échouer : Réunir les fans et les inciter à s’amuser. Que demander de plus? Le Thrash s’est soudainement transformé et a muté vers quelque chose de plus joyeux.
Le deuxième album de Exodus marquait l’arrivée d’un nouveau chanteur, Steve « Zetro » Souza et à cette époque, bon nombre de fans du groupe avaient pesté contre groupe pour avoir délibérément pris congé de Paul Baloff. Ajoutons à cela que ce deuxième album faisait suite à un chef d’œuvre et que la barre était très haute pour le surpasser. Il faillait s’y attendre, Pleasures of the Flesh n’était pas arrivé à surpasser Bonded by Blood, comme tous les albums suivants d’ailleurs, mais cet album marquait un nouveau départ pour Exodus et son influence fut tout de même de taille. Lorsqu’on écoute attentivement cet album, on constate qu’il est rempli de riffs extraordinaires et beaucoup plus techniques que sur Bonded by Blood et les compositions beaucoup plus étoffées que sur le premier album. Malgré ses petits défauts et son chanteur à voix nasillarde, Pleasures of the Flesh est un excellent album d’Exodus qui a grandement contribué à l’évolution du Thrash Metal Américain. Prenez-en de la graine les jeunes photocopies, le Thrash Metal originel, c’est ça!
Beaucoup de gens, incluant Métalleux, simili Métalleux et autres, croient que le Thrash Metal a été inventé par le supposé « Big Four » composé de Metallica, Slayer, Megadeth et Anthrax. Dans les faits, c’est beaucoup plus subtil que ça. Il y a eu dans les années 80 le phénomène du « Bay Area Thrash » avec trois de ces pseudo membres du « Big Four » mais le réel instigateur de ce phénomène fut Exodus. Initialement fondé par un certain Kirk Hammet, Exodus a eu beaucoup de changements de personnel avant de voir sa formation devenir stable pour le premier album du groupe. Bonded by Blood est arrivé avec deux années de retard sur ses acolytes Metallica et Slayer mais lorsque Bonded by Blood est sorti en 1985, il était clair que ce groupe en avait à revendre et était explosif en grande partie grâce à son chanteur Paul Baloff. C’est avec une rapidité et une violence musicale élevée que Exodus est venu tout chambouler et ainsi devenir l’un des pionniers de ce que l’on appelle aujourd’hui le Thrash Metal. Si nous pouvions coller l’étiquette d’album ultime de réel Thrash, ce serait sans aucun doute Bonded by Blood. c’est un album très important pour la suite des choses et une influence majeure pour ce qui allait suivre.