Bathory – Under the Sign of the Black Mark – 1987

Avec son troisième album, Quorthon et son projet Bathory avaient monté le niveau de la noirceur musicale qui prédominaient sur les deux premiers albums. On pourrait même affirmer que Under the Sign of the Black Mark pourrait être le tout premier album de Black Metal. Bien sûr, à cette époque le terme n’était pas encore employé mais cet album avait toutes les caractéristiques de ce qui allait survenir. Les guitares tranchantes, les riffs acérés, les structures musicales jusqu’ici inexplorées et la production crasseuse, tout était en place pour l’avènement et la mise en place du nouveau style Métallique: Le Black Metal. Le chemin était maintenant tracé pour que plusieurs groupes issus de la Scandinavie créent un mouvement qui révolutionnera le Métal pour toujours, en bien et en mal.

Death Angel – The Ultra-Violence – 1987

Suite au déclin du Speed Metal et sa transformation en deux entités distinctes, la partie Thrash Metal avait pris le dessus aus États-Unis, notamment dans la région de San Francisco communément appelée la « Bay Area ». Testament avait amorcé le changement vers la nouvelle génération du Thrash Metal et plusieurs groupes leur avaient emboîté le pas. Death Angel était l’un deux et son premier album, The Ultra-Violence, avait frappé très fort en cette année 1987. Armés de guitares incisives et de riffs acérés, Death Angel devenait un autre modèle à suivre pour le Thrash Metal Américain surtout au niveau de ses structures plus complexes et sa rapidité déroutante. On pourrait même noter certaines sonorités se rapprochant de ce qui allait devenir le Death Metal, ce n’était qu’une question de temps avant que ce Thrash Metal ne migre vers quelques chose d’encore plus extrême. The Ultra-Vilence est un incontournable de l’histoire du Thrash Metal Américain et un album à placer dans sa collection si on veut suivre l’Évolution Métallique en ordre chronologique.

Testament – The Legacy – 1987

Le Thrash Metal était maintenant bien implanté et chaque parcelle Terrienne avait sa sonorité propre et faisait évoluer le genre à chaque sortie d’album. La région de la « Bay Area » étant une région fertile en la matière avait donné vie à la deuxième génération du Thrash de cette région avec le premier album de Testament. Initialement nommé Legacy, le groupe avait dû changer de nom, les droits de Legacy ayant déjà été acquis par une formation Jazza région. C’est Billy Milano qui suggéra le nom Testament qui fut instantanément adopté par le groupe laissant du fait même Legacy devenir le nom du premier album. Ce premier album du groupe est devenu un classique dès sa sortie avec sa rapidité, ses riffs techniques et ses structures musicales complexes. Dès lors, testament a été en mesure de donner des leçons à bien d’autres groupes par la suite et The Legacy demeure à ce jour une incontournable influence pour le Thrash Metal mais aussi pour le Death Metal à en devenir.

Voïvod – Killing Technology – 1987

1987: Année de changements et de révolutions dans le vaste monde Métallique mondial. Tout évoluait à une vitesse vertigineuse et les expérimentations musicales étaient devenues monnaie courante. Sur Killing Technology, non satisfait d’avoir décimé la planète en tant que machine de guerre, Le Voïvod avait fusionné avec un vaisseau spatial et s’était mis à la conquête du cosmos et de l’espace intersidéral. Musicalement parlant et aussi incroyable qu’il puisse n’y paraître, Voïvod avait réussi le tour de force de transposer en musique ce vide sidéral et ce grand espace infini. Du début à la fin de l’album, nous avions l’impression de faire le voyage dans l’espace en étant bien près du Voïvod dans ce vaisseau spatial. Les compostions étaient aussi plus complexes, le son changeait et les structures musicales prenaient un tournant plus axé vers le progressif tout en gardant cet aspect cyberpunk et très Thrash qui avait fait la renommée du groupe. Avec Killing Technology, Voïvod avait ouvert des portes qui allaient nous mener vers des possibilités sonores jusqu’ici inimaginables et ce n’était que le début!

Anthrax – Among the Living – 1987

Est-ce que cet album a encore besoin de présentations? Le troisième album de Anthrax est sans nul doute le plus réussi de la discographie du groupe et aussi le plus lourd et le plus gras. L’influence hardcore de Scott Ian et Charlie Benante y étaient pour quelque chose et les riffs de cet album sont tout simplement enlevants et dans votre face. Le terme « Mosh » et l’activité de danse sociale « full contact » qui s’y rattachait prenait de l’ampleur dans les spectacles, on constatait à cette époque qu’on s’en allait vers quelque chose de beaucoup plus extrême en terme de Métal. Among the Living est un incontournable du Thrash Metal pour en être une référence mais cet album a aussi influencé le Death Metal de par son énergie et sa lourdeur. Vous ne connaissez pas encore cet album? Vous attendez quoi?

D.R.I. – Crossover – 1987

Le mélange de Hardcore et de Thrash Metal était déjà bien implanté depuis quelques années mais il fallait encore officialiser cette union. C’est D.R.I. qui a en quelque sorte pris le mandat de rendre la chose officielle avec son deuxième album tout simplement intitulé Crossover. Sur ce deuxième album, D.R.I. peaufinait ses pièces en augmentant le côté technique dans ses structures tout en gardant son côté plus simpliste. Sur Crossover, n avait le meilleur des deux mondes et on constatait que ces deux mondes étaient faits l’un pour l’autre. Les Metalleux et les Hardcore kids étaient donc une force unie face à l’adversité et les détracteurs, tout pouvait aller pour le mieux de ce côté, du moins pour le moment… En fin de compte, Crossover fut un album important pour cette belle évolution et est devenu un classique instantané qu’il faut écouter le volume dans le fond!

Nasty Savage – Indulgence – 1987

Avec son deuxième album, Nasty Savage augmentait sa vitesse mais aussi son niveau technique. Les structures des pièces étaient plus complexes et le son du groupe changeait en qualité. Bien évidement, Nasty Savage demeurait un groupe très méconnu pour le commun des Métalleux de l’époque mais son influence a été vraiment importante pour la scène Métallique Floridienne. Sur Indulgence, on pouvait déceler certains éléments qui allaient forger le Death Metal, éléments qui seront clairement repris en puissance par des groupes comme Morbid Angel. Comme je me plais à souvent mentionner, l’Évolution Métallique ne s,est pas forcément faite avec des gros noms mais plutôt avec des groupes plus « underdog » qui osaient changer le cours des choses en se foutant carrément des standards et des modes. Nasty Savage est l’un de ces forgerons qui ont façonné le Métal à grand coups de masse sur l’enclume. Allez écouter Indulgence et vous comprendrez.

Necrophagia – Season of the Dead – 1987

Le Speed Metal était maintenant chose du passé et avait scindé en deux entités bien distinctes: Le Thrash Metal et le Power Metal. Les deux genres allaient évoluer chacun de son côté pour poursuivre la grande aventure métallique et ainsi faire des petits. S’inspirant du nouveau Thrash Metal, la formation Necrophagia avait élaboré une toute nouvelle approche et un nouveau son plus extrême et bien que son premier album était passé sous les radars à l’époque, il est impératif de mentionner qu’il est une des bases qui allait devenir le Death Metal. Avec des riffs plus gras et des strucutures musicales changeantes, Season of the Dead a contribué à changer l’histoire Métallique en implantant les racines mêmes de ce Death Metal à en devenir. Les sonorités caractéristiques étaient là et la suite allait être pas gentille du tout mais tellement incroyable! Cet album était le début d’une nouvelle ère pour le Métal et allait à sa façon révolutionner le style.

Dark Angel – Darkness Descends – 1986

Le premier album de Dark Angel était passé passablement inaperçu et pour cause: Ce premier effort n’était pas très inspiré et surtout pas très droit. Quoi qu’il en soit, le groupe avait rectifié le tir près de deux ans plus tard en changeant de compagnie de disque mais aussi en chageant de batteur en la personne du très jeune Gene Hoglan. Comparativement au premier album, Darkness Descends offrait des pièces mieux structurées et beaucoup plus techniques avec des riffs mémorables et des structures peaufinées. Bref, rien à voir avec we have Arrived. Bien que Dark Angel soit demeuré un groupe plus underground, il n’en demeure pas moins qu’il a donné des leçons à de grands groupes et son influences fut très importante pour la suite des événements. Darkness Descends est un classique à découvrir ou redécouvrir pour constater l,ampleur de linfluence qu’il a légué pour le Thrash Metal et surtout le Death Metal.

Possessed – Beyond the Gates – 1986

Il est souvent très difficile de se remettre sur les rails après avoir créé un chef d’oeuvre. Plusieurs groupes ont sombré dans le manque d’inspiration après quelques albums mais dans le cas de Possessed, ce fut après son premier album. Seven Churches avait tellement créé d’émoi au sein de la grande sphère Métallique qu’il fur difficile pour le groupe d’égaler un si grand album qui avait changé le cours de l’histoire du Métal. Avec Beyond the Gates, le groupe s’était ramollit et avait diminué la vitesse de ses pièces possiblement pour mieux se concentrer sur l’exécution de celles-ci. La production était fade comparativement au premier album et les pièces en tant que tel manquaient de punch. Du moins, c’est ce que nous avions cru à l’époque car suite au phénoménal Seven Churches, la barre était haute et selon nos oreilles, Possessed avait failli à sa mission pour son deuxième album. Avec le recul et la poussière retombée, nous nous apercevons que cet album est en fait génial malgré ses petits défauts. Ce que nous avions pris pour de la mollesse était en fait une évolution musicale pour les membres du groupe et le résultat fut que Beyond the Gates avait été mal compris à l’époque. Rectifions le tir et prenons le temps d’écouter cet album comme il le faut: Il y a énormément d’idées et de riffs là -dedans qui ont indéniablement conduit vers un nouveau style Métallique: Le Death Metal.

Slayer – Reign in Blood – 1986

Alors que nous croyions avoir tout entendu et que la course vers la vitesse excessive était en train de stagner, Slayer avait pris la scène métallique mondiale non seulement par surprise mais avec un album do nt nul ne pouvait s’attendre. Ne faisant même pas trente minutes, Reign in Blood fut l’album de tous les changements possibles que nous avions cru impossible à atteindre jusque là. C’est avec une vitesse inégalée et une agression sauvage que le quatuor avait changé les règles. Tel un char d’assaut détruisant tout sur son passage, cet album avait ouvert les barrières pour de bon et plus rien ne pourrais désormais faire marche arrière tellement la machine Métallique était rendue puissante et indestructible. Reign in Blood est devenu très rapidement l’album à battre mais jusqu’ici jamais inégalé tant son apport `L’Évolution Métallique a été grandiose. si un top des meilleurs albums Métal de tous les temps devait se faire, Reign in Blood serait inévitablement au numéro 1 même encore aujourd’hui. Personnellement, j’aime à dire que cet album est un peu le Sgt Pepper’s du Métal, un album qui a tout changé et qui a reconstruit la face du Métal mondial. Les vieux comme moi qui ont connu l’histoire Métallique en temps réel pourront vous dire que lorsque cet album est sorti, tout les métalleux en sont restés bouche bée… Est-ce que Reign in Blood est le meilleur album Métal de tous les temps? Évidement!

Nuclear Assault – Game Over – 1986

Peu après avoir été congédié de Anthrax, Danny Lilker avait pris la décision de partir son propre groupe dans le but de composer de la musique encore plus agressive. Nuclear Assault et son premier album avait frappé très fort en 1986 et Game Over demeure à ce jour un incontournable du Thrash Metal. mais, Nuclear Assault c’était plus que du Thrash Metal: Le groupe avait une attitude très punk qui se reflétait grandement dans sa musique. Certaines pièces comme Hang the Pope étaient si abrasives qu’on pourrait qualifier Nuclear Assault de détonateur pour le mouvement Grindcore qui ailait suivre. Même si le groupe n’a pas obtenu le « succès » en restant fidèle à lui-même, il est impératif de mentionner qu’il a été une grande influence pour l’Évolution Métallique en ouvrant des barrières musicales jusqu’ici impossible à ouvrir. Game Over est donc un album fort important de l’histoire qu’il vous faut découvrir au plus vite si ce n’est déjà fait.

Metal Church – The Dark – 1986

Metal Church est toujours resté dans l’ombre du supposé « Big 4 » et est toujours demeuré un groupe plus en marge et presque méconnu. Mais avec un premier album époustouflant, le groupe avait réussi à se faufiler parmi les grands du Métal Américain et ainsi obtenir une certaine notoriété. Le deuxième album, The Dark, était la suite logique du premier reprenant la formule initiale tout en l’améliorant en augmentant la complexité des pièces. La renommée était faite et le groupe surfait allègrement sur la vague du nouveau style nommé Thrash Metal qui était en train de s’étendre mondialement. Ce fut le dernier album de David Wayne comme chanteur et le duo d’albums laissés par cette période fut fort influente pour de nombreux groupes qui suivirent.

Iron Maiden – Somewhere in Time – 1986

Après une montée en flèche fulgurante, cinq albums fracassants en autant d’années et une tournée spectaculaire pour son dernier album Powerslave, Iron Maiden au lieu de manquer d’inspiration et de stagner dans son confort avait, en 1986, décidé de s’améliorer et de visiter d’autres avenues musicales pour se réinventer. Le résultat fut incroyable avec son sixième album, Somewhere in Time. Après l’Égypte ancienne, Iron Maiden se tourna vers un futur à la Blade Runner pour assoir son concept. L’aventure fut tout aussi incroyable musicalement car le groupe avait pris une tangente plus progressive allant même jusqu’à incorporer des synthétiseurs dans ses compositions, ce qui à l’époque avait rebuté bon nombre des fans du groupe et un nombre incalculable de Métalleux purs et durs. Cet album sonne très futuriste et donne le ton à la suite pour Iron Maiden. Cet album marque aussi le début de l’écriture pour Bruce Dickinson, ce qui a vraisemblablement apporté un vent de fraîcheur dans la musique du groupe. On a dit de cet album qu’il était sur estimé mais dans les faits, il fut et est toujours sous estimé. La qualité musicale des compositions et des arrangements ont indéniablement influencé bon nombre de groupes de Power Metal par la suite. Somewhere in Time est un chef d’oeuvre du Heavy Metal et un des précurseurs du Métal Progressif.

Megadeth – Peace Sells.. But Who’s Buying? – 1986

Avec son deuxième album, Dave Musrtaine nous prouvait que Metallica était bel et bien derrière lui et que Megadeth était de loin supérieur en tout points à son ancien groupe. Armé de riffs techniques et de structures peu communes, Megadeth avait fait de Peace Sells un album phare pour le Thrash Metal Américain et même mondial. Bien sûr, l’enregistrement de cet album ne fut pas de tout repos principalement dû à la consommation excessive de substances illicites par les membres du groupe qui avaient flambé près de la moitié du budget initial en drogues. Dave Mustaine avait alors brillamment sauvé l’album en le produisant lui-même. Peace Sells est un album clé pour l’Évolution Métallique que l’ont pourrait même considérer de chef d’ouvre du Métal toute époque confondue.

Ludichrist – Immaculate Deception – 1986

Long Island à New York est rapidement devenu un bassin fertile pour le Crossover. Après Crumbsuckers, ce fut au tour de Ludichrist de se démarquer dans ce nouveau créneau musical avec un premier album à la fois très ancré sur les racines Punk et Hardcore mais aussi d’une technicité exemplaire à faire pâlir de honte des musiciens chevronnés. Le tout agrémenté de paroles très politiques et sociales ce qui tranchait dangeureusement avec les groupes de Métal traditionnel qui parlaient de Satan et autres dérives maléfiques. Ludichrist a connu lui aussi une courte carrière mais elle fut intense et fort influente pour la suite des événements de l’Évolution Métallique. C’est évidement un album à découvrir si ce n’est déjà fait, Immaculate Deception vous fera comprendre le chemin parcouru à l’époque pour être en mesure d’obtenir ce que bous avons aujourd’hui.

Crumbsuckers – Life of Dreams – 1986

Lorsque le Crossover est apparu, tout un monde de nouvelles possibilités s’offrait à nous, amateurs de musique rapide et bruyante mais il fallait avoir des prédispositions pour cette nouvelle mouvance. Bon nombre de Métalleux de l’époque ne comprenaient pas que le punk et le métal étaient en fait indissociables et que pour permettre une évolution digne de ce nom, les deux devaient fusionner pour de bon. Crumbsuckers avait compris cette idée et son premier album, Life of Dreams, avait balayé bien des idéologies du revers de la main à l’époque. Bien sûr les D.R.I. et autres S.O.D. de ce monde avaient ouvert la voie mais Crumbsuckers avait ce petit quelque chose de plus hardcore qui dérangeait les uns et influençait les autres. C’est à grands coups de riffs tranchants sur des rythmiques changeantes que Crumbsuckers nous a offert son chef d’oeuvre avec seize pièces ne dépassant rarement les trois minutes. Ce premier album fut explosif et malgré qu’il soit plutôt méconnu, il est d’une grand importance pour la suite des événements. La carrière de Crumbsuckers fut de très courte durée mais super influente pour les générations à venir!

Kreator – Pleasure to Kill – 1986

La course vers la rapidité excessive se poursuivait un peu partout sur la planète et chaque nouvelle sortie était plus incendiaire que la précédente. Cette course était palpable en Allemagne alors que les deux pionniers du Thrash Allemand se faisaient une saine et amicale concurrence pour savoir qui serait le plus rapide et le plus technique. Avec son deuxième album, Kreator s’était remis en piste et ainsi corriger le tir face au pas très droit premier album. Pleasure to Kill jouissait non seulement d’une bien meilleure production, le groupe avait appris à mieux jouer et devenir ultra « tight » tout en augmentant la technicité de ses compositions. Ce deuxième album fut le véritable point de départ pour Kreator et deviendra un album emblématique du groupe et un classique du Thrash Metal originel.

Destruction – Eternal Devastation – 1986

Le deuxième album de Destruction avait pris le monde du Speed Metal par surprise avec sa technicité plus élevée mais aussi par sa production défaillante. Certes, le trio Allemand devenait de plus en plus à l’aise avec ses instrumentations et ses structures musicales pour se permettre un album plus technique et plus intéressant mais cette fichue production venait gâcher le produit final. Destruction avait tout de même le vent dans les voiles pour devenir l’emblème du Thrash Metal Allemand et n’avait plus rien à envier à ses confrères et consœurs Métalliques Teutons. Comme bien des groupes de cette génération, Destruction allait connaître une descente aux enfers quelques années plus tard mais son héritage de musique extrême allait en influencer plus d’un. Malgré ses défauts sonores, Eternal Devastation est un excellent album qui a contribué à l’éclosion du Thrash Metal planétaire.

Candlemass – Epicus Doomicus Metallicus – 1986

Jusque là, les Suédois avaient été plutôt tranquilles du point de vue Métallique mais tout allait changer drastiquement avec la venue de Candlemass. Nous savons tous que les origines du Doom Metal remontent à Black Sabbath en 1970 et que quelques groupes se sont par la suite passé le flambeau pour maintenir la flamme de la lenteur et de la lourdeur à bout de bras. C’est avec Epicus Doomicus Metallicus que le Doom Metal est devenu réellement le Doom Metal. Candlemass avait pris le flambeau passé par Trouble et en avait fait un brasier intense et puissant. Le premier album des Suédois peut aisément être cité en exemple comme étant le point tournant de ce fameux Doom Metal qui sommeillait depuis une quinzaine d’années grâce à ses idées audacieuses et ses riffs mélancoliques d’une puissance inégalée. À partir de cet album la lenteur pu être prise au sérieux au même titre que la vitesse dans la course vers le Métal Extrême. Agenouillez-vous et prosternez-vous devant l’excellence!

Sodom – Obsessed by Cruelty – 1986

Les Allemands avaient été un peu en retard sur le reste du monde en frais de métal plus extrême mais s’étaient tout de même repris assez vite pour devenir l’un des pays les plus innovateurs et les plus féroces en ce qui a trait au Speed Metal. à cette époque, nous le savons déjà, les producteurs ne savaient pas du tout comme dompter cette bête atroce. Eux qui avaient été habitués au Hard Rock et au Heavy Metal léché, étaient pris au dépourvu avec cette vitesse et cette agressivité métallique et c’est le pourquoi que certains albums des débuts du Speed Metal sonnent si mal. C’est le cas du premier album complet de Sodom: C’est avec une production à chier que le trio allemand nous est arrivé avec Obesessed by Cruelty. Au début, nous avions cru à une mauvaise blague mais petit à petit au fil des écoutes, nous avions pu constater que ce premier album était une bombe et qu’il allait poser la dernière pierre des fondations du Thrash Metal Allemand. Certes, cet album sonne comme une corde de bois qui déboule mais quels riffs et quelle arrogance! Sodom venait de « challenger » ses confrères Teutons à aller plus loin encore vers les extrêmes sonores. Sans le savoir, Sodom allait poser une des premières briques de ce qui allait devenir le Black Metal avec sa noirceur, son agressivité et sa rapidité. Un album essentiel pour l’Évolution Métallique!

Accept – Russian Roulette – 1986

Accept roulait sa bosse depuis un méchant bout de temps et était devenu l’un des gros noms du Heavy Metal Allemand. Son influence était à son apogée sur la scène Internationale et avec son album Metal Heart, le groupe avait atteint des sommets inégalés. Le septième album du groupe, Russian Roulette, fut accueilli plus froidement par les fans. Accept semblait vouloir prendre une nouvelle voie et l’inspiration commençait à manquer. Ce fut le dernier album avec Udo, avant que celui-ci n’entame une carrière solo. Même si Russian Roulette comportait plusieurs bonnes pièces et de bonne idées, il fut tout de même un échec pour le groupe au point qu’il sonne le glas pour Accept qui récidivera avec un épouvantable dernier album avec un nouveau chanteur. Avec un certain recul et nouvelle oreille, on peut constater que Russian Roulette était la suite logique de Metal Heart et que cet album est finalement ni plus ni moins que du très bon Accept comme le groupe nous avait habitués depuis ses tout débuts.

Judas Priest – Turbo – 1986

Après deux albums fulgurants tels que Screaming for Vengeance et Defenders of the Faith, les fans de Judas Priest s’attendaient à un autre album percutant, rapide et glorieux. Au lieu de ça, Judas Priest avait eu la brillante idée d’adoucir le ton pour le rendre plus commercialisable. Des costumes de scène aux arrangements, en passant par les structures musicales, tout avait radicalement changé. Le scandale le plus épouvantable est que Judas Prist avait ajouté beaucoup de synthétiseur et de batterie électronique dans ses nouvelles pièces et comble du saugrenu, KK Downing et Glen Tipton avaient même eu le culot d’utiliser ces stupides guitares synthés tout au long de l’album. Le résultat est que les fans ont boudé Judas Priest le temps de deux albums. Certes, à cette époque de grands changements métalliques, cette bravade fut perçue comme de la traîtrise ce qui en bout de ligne profita grandement à l’expansion du Thrash et du Power Metal, ce que les vrais mordus de Métal recherchaient. Avec le recul et près de 35 ans plus tard, nous devons avouer que Turbo était peut-être un peu trop en avance sur son temps et cette incursion électronique du groupe en fut plus bénéfique pour l’évolution du Métal et l’explosion de plusieurs sous genres plus tard. Turbo est finalement un bon album qui mérite d’être apprécié à sa juste valeur malgré les circonstances de l’époque.

Razor – Malicious Intent – 1986

À cette époque, Razor était très prolifique, peut-être même trop. Malicious Intent était son troisième album en un an et le plus bâclé de cette trilogie: Razor commençait à montrer des signes de fatigue. La production avait été faite à la va-vite et les compositions manquaient de mordant comparativement aux deux précédents albums. Mais Malicious Intent contenait suffisamment de bonnes idées et de riffs caustiques qu’il finit par être assimilé par les fans de l’époque et ainsi devenir tout de même assez influent pour que nous en parlions encore 35 ans plus tard. Certes, ce n’est pas le meilleur album de la discographie mas ses bons moments nous font oublier les moins bons coups.

Voïvod – RRRÖÖÖAAARRR – 1986

Avec son deuxième album, notre groupe Québécois par excellence devenait l’espace d’un court instant le band le plus heavy de la planète. Reprenant la formule Thrash/Punk de War and Pain, RRRÖÖÖAAARRR se distinguait de par son côté beaucoup plus féroce et puissant mais surtout de par son orientation plus progressive que l’on retrouvera sur l’album suivant. À cette époque, Voïvod avait de nombreux fans à travers le monde mais aussi ses détracteurs: Beaucoup de Métalleux de ce temps avaient possiblement eu peur en entendant ce monstrueux album aux sonorités épouvantables. Aucun groupe n’avait été jusque là dans l’extrémité métallique et ce son en avait pris plusieurs au dépourvu. Quoiqu’il en soit, ce deuxième album deviendra fort influent et non seulement dans la grande sphère Métallique mais aussi pour d’autres horizons sonores à en devenir. Dave Grohl lui-même insiste pour dire que cet album l’a grandement influencé en tant que musicien et il est loin d’être le seul. Voïvod était en train de solidement se placer parmi les grands noms du Métal extrême et la suite allait être plus qu’incroyable!

Sacrifice – Torment in Fire – 1986

La scène Métal Canadienne n’a jamais eu rien à envier et ce, à personne. Dès les débuts de l’aventure Métallique mondiale, notre plusss beau pays au monde a su se démarquer de par la qualité et l’originalité de ses groupes. La scène Thrash de l’époque fut marquée par le premier album des Torontois Sacrifice. Torment in Fire arrivait à un point culminant où le Speed Metal était en train de se diviser en Thrash Metal d’un côté et en Power Metal de l’autre. Avec son premier album, Sacrifice avait réussi l’exploit de monter la musique extrême vers un autre niveau et ainsi se placer parmi les grand noms du Métal Canadien et même à l’international. Le groupe misait sur les changements de tempo et les riffs structurés bien assis sur une rythmique puissante et une force de frappe hors du commun. À partir de cet album, le Canada a pu commencer à vraiment être pris au sérieux à l’échelle planétaire. Ce n’était que le début pour Sacrifice, la suite allait être plus qu’explosive!

Metallica – Master of Puppets – 1986

Avec son troisième album, Metallica grimpait les échelons à une vitesse vertigineuse. Le groupe avait signé avec un « major », soit Elektra et son statut de « big band » commençait à prendre place. Les compositions devenaient aussi plus raffinées, Cliff Burton prenait beaucoup plus de place dans l’élaboration des pièces et le groupe prenait un tout nouveau virage. Master of Puppets est l’album clé de la discographie du groupe et malheureusement le dernier d’une trilogie digne de ce nom. Le sort du groupe fut jeté lors de la tournée de cet album avec la mort tragique de Cliff Burton. Metallica ne se relèvera jamais de cette tragédie et commencera sa descente aux enfers. Master of Puppets est le dernier véritable album de Metallica, la suite allait être désastreuse, voire catastrophique pour les fans de la première heure du groupe.

King Diamond – Fatal Portrait – 1986

Après deux formidables albums avec Mercyful fate, King Diamond avait pris la décision de mettre un terme à sa collaboration avec son groupe pour fondre le sien. Gardant la même formule musicale que Mercyful Fate, King Diamond a su se tailler une place de choix dans l’univers Métallique mondial. Avec Fatal Portrait, King Diamond lançait non seulement une carrière prolifique et intense mais signait aussi un renouveau pour le Heavy Metal macabre et lugubre. L’influence de King Diamond sur l’évolution Métallique est très importante tant au niveau musical qu’esthétique.

elloween – Walls of Jericho – 1985

Avec un mini album fracassant en début d’année 1985, Helloween récidivait en Novembre 1985 avec son tout premier album qui allait être décisif pour le Power Metal. Walls of Jericho a solidifié les bases de ce qui était en train de se produire, en l’occurrence la séparation du Speed Metal en deux entités distinctes dont le sous genre Métallique épique et glorieux. On dit de cet album qu’il a changé la façon de faire du Métal en Allemagne mais il est fort probable que son influence se soit éparpillée sur toute la planète car après tout, Helloween peut aisément se targuer d’être officiellement le tout premier groupe de Power Metal au monde suite à ce chef d’oeuvre. Une page de l’histoire Métallique était ainsi tournée et son évolution allait par la suite être plus que spectaculaire!

Anthrax – Spreading the Disease – 1985

Le deuxième album de Anthrax était for différent en tout points de son prédécesseur. Avec Spreading the Disease, le groupe évoluait vers plus de finesse et de technicité tout en gardant son côté cru et rapide, presque punk. Par contre, ce qui détonait le plus du premier album, c’était le changement radical au sein de la formation: Neil Turbin avait congédié Danny Lilker sur un coup de tête sans en parler aux autres et semblait avoir un ego démesuré à tel point que Scott Ian finit par le congédier à son tour ce qui a résulté l’arrivée de Frank Bello et de Joey Belladonna. L’alignement classique était ainsi en poste pour pouvoir rapidement grimper les échelons et ainsi mener le groupe à un statut beaucoup plus élevé à l’échelle internationale. Malgré une production moins puissante que Fistful of Metal, Spreading the Disease a tôt fait de se hisser parmi les albums clés du Thrash Metal et ainsi influencer bon nombre de groupes par la suite. Le Thrash Metal était en train d’apparaître et le Speed Metal tendait à disparaître sous peu.