1349 – The Wolf & the King – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1959
1349 – The Wolf & the King – 2024
Norvège

En près de 30 ans de carrière, la formation Norvégienne 1349 ne s’est guère assagie. Avec son huitième album, le quatuor continue à nous démolir les tympans avec ses riffs tranchants et sa rythmique destructrice prouvant ainsi qu’il est toujours tout aussi influent dans le vaste monde du Black Metal. Certes, 1349 n’a pas une énorme discographie, on privilégie la qualité au lieu de la quantité et The Wolf & the King est une fois de plus un signe de qualité musicale sans compromis. Le compromis ne fait de toute façon pas bon ménage avec le vrai Black Metal et le groupe n’a jamais flanché sur ce point car il fait ce qu’il veut en se foutant totalement de ce que nous pensons. 1349 tout comme le Black Metal de cette trempe, on aime ou pas mais on ne peut pas rester insensibles à cette tornade sonore qui résiste toujours et encore au temps. Un autre excellent album sombre et dérangeant à écouter avec un maximum de volume!

Unleashed – Fire Upon Your Lands – 2025

Unleashed – Death Metal – Suède
Fire upon Your Lands – 2025
Napalm Records
9/10

Si vous ne connaissez pas encore Unleashed, il serait grand temps de vous y mettre si vous voulez prendre connaissance d’un pan important de l’histoire du Death Metal! Car Unleashed est un des pionniers du Death Metal typiquement Suédois qui existe depuis 1989, donc un vétéran du genre. La carrière du groupe a toujours été assez égale malgré quelques faux pas et quinze albums plus tard, la formation est toujours là à nous bombarder de ses riffs bien aiguisés!

Fire Upon Your Lands est donc le quinzième album de la discographie et très certainement dans le top 5 de celle-ci. Est-ce que la recette a vraiment changé depuis toutes ces années? Pas vraiment, Unleashed offre toujours la même formule à quelques points près. Le mot d’ordre est définitivement le riff à la fois mélodique et brutal avec une rythmique dévastatrice variant entre vitesse excessive et tempo plus modéré pour ajouter de la puissance à toute cette masse sonore. Je parle de masse sonore car la production y fait pour beaucoup sur cet album, c’est limpide, clair et étonnamment efficace. Certains diront que le groupe ne réinvente rien et c’est vrai. Mais une fois de plus, pourquoi tenter de réinventer ce que l’on a contribué à inventer? Pourquoi ne pas utiliser cette ressource et la faire briller? C’est exactement ce que fait Unleashed : Faire briller la flamme originelle de façon magistrale et c’est très réussi sur Fire Upon Your Lands.

Une autre belle réussite de la part des vétérans et un album qui se hissera assez haut dans les tops 2025 de Hurlemort! Allez, grimpez le volume et laissez-vous brasser la carcasse un peu car les vieux bonhommes nous donnent une autre grosse leçon métallique!

Composition : 9
Exécution : 9
Atmosphère : 9
Production : 9
Appréciation générale : 9

Spirit World – Helldorado – 2025

Spirit World – Death/Thrash Metal – États-Unis
Helldorado – 2025
Century Media
8,9/10

J’ai fait la connaissance de Spirit World plus tôt cette année grâce à mon ami le Rockmaster de l’émission Rock classique à CFOU FM. Je sais, je suis assez en retard dans mes chroniques mais bon, mieux vaut tard que jamais. Disons qu’à prime abord, j’ai été intrigué par le concept western tournant autour du groupe et bien que je sois très loin d’être un fan de musique country ou western, j’avais des appréhensions.

Ces appréhensions sont montées dès les premières notes de la pièce d’ouverture, disons que ça sonne quand même pas mal country jusqu’à ce que les riffs à la Slayer embarquent! Au fil de mon écoute, je faisais des recherches sur le groupe pour m’apercevoir que je connaissais un des membres, en l’occurrence Randy Moore qui fait aussi partie de la version « live » de Ghost en tant que Phantom. Les influences Thrash Metal sont très palpables mais le côté Hardcore ne donne pas sa place non plus. Après trois pièces assez intenses, on tombe dans un genre de country punk qui ne me tape pas trop sur les nerfs, le groupe ne joue pas la carte hyper quétaine généralement associée à ce genre musical, ce n’est pas tant ma tasse de thé mais ça s’écoute quand-même assez bien. La fin de la face A me fait déchanter un peu cependant avec une ballade toujours à saveur country qui inclus un saxophone mielleux et vu que je suis loin d’être un fan de ballades, cette pièce est à oublier pour moi. La face B reprend de plus belle avec un Thrash Crossover qui frappe fort et qui fait oublier la mièvre pièce qui précédait. On continue sur la même lancée avec Oblivion, pièce très Hardcore de la vieille école, ça décape et c’est parfait comme ça! Finalement, la production est excellente, les pièces sont majoritairement très bonnes malgré certains irritants qui peuvent aisément être mis de côté comme la dernière pièce de l’album qui est à mon avis totalement inutile. Que voulez-vous, je déteste le country!

Spirit World aurait plus eu intérêt à greffer ses parties dites western avec des riffs Thrash Metal pour contraster au lieu de créer trois pièces à saveur country qui détonnent avec le reste. Helldorado est néanmoins un très bon album, certes pas le meilleur du groupe mais suffisamment intéressant pour qu’il fasse partie des tops 2025 de Hurlemort.

Composition : 9
Exécution : 9,5
Atmosphère : 8,5
Production : 9
Appréciation générale : 8,5

Satan – Songs in Crimson – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1958
Satan – Songs in Crimson – 2024
Angleterre

Depuis son retour en force en 2013 avec Life Sentence, Satan nous livre son Heavy Metal venimeux avec brio et étonnement à chaque sortie. Est-ce que Songs in Crimson poursuit la tradition de très bons albums de la part du groupe? La réponse est oui. Mais il faudra plusieurs écoutes pour bien assimiler le tout. Ce qui frappe dès les premières notes de Frantic Zero, c’est la production très crue et directe. Ça sonne très « old school » et après quelques écoutes on constate que cette production rend vraiment justice aux pièces et nous montre le groupe dans sa plus grande simplicité comme à ses débuts. Niveau composition, c’est du Satan pur à 100%, on ne déroge aucunement de la recette originale avec des riffs très techniques et des idées de composition de très haut niveau, on est en terrain très connu, c’est plaisant et c’est exactement ce à quoi il faut s’attendre d’un album de la part de Satan. Songs in Crimson estun excellent album de la part du groupe Anglais qui perpétue amplement ce qui a été entrepris aux tout débuts du Heavy Metal. Grimpez le volume et avis à la jeunesse : Prenez-en de la graine!

Gruesome – Silent Echoes – 2025

Gruesome – Progressive Death Metal – États-Unis
Silent Echoes – 2025
Relapse Records
9,2/10

Curieusement et sans trop savoir pourquoi, je ne m’étais jamais arrêté sur la formation Gruesome. Pourtant, je connais cette formation depuis une bonne dizaine d’années pour avoir entendu certaines pièces ici et là et fort possiblement à Réanimation. Silent Echoes, troisième album de la discographie du groupe est donc le tout premier que j’écoute au complet et assidûment.

Ma première impression lors de ma première écoute a été de constater la similitude avec la légendaire formation Death. Puis, avec les recherches, j’ai compris que Gruesome comportait des membres de l’hommage à Death, Death to All et que le groupe avait été formé en parallèle à cet hommage. Au fil de mes écoutes, j’ai finalement laissé Death de côté pour me concentrer sur les compositions sans me faire influencer par quoi que ce soit. Ma foi, même si Gruesome offre un Death Metal dans la plus pure tradition sans réellement changer quoi que ce soit à la recette originelle, force est de constater que c’est vraiment bien fait, c’est suffisamment technique pour nous faire froncer les sourcils mais pas trop pour tomber dans le piège du flot de notes inutiles. Silent Echoes, c’est un excellent album de pur Death Metal comme j’aime, point final. Je ne comprends toujours pas pourquoi je suis passé à côté des deux premiers albums mais je vais me rattraper c’est certain!

Gruesome est en quelque sorte une belle surprise 2025 pour moi et Silent Echoes sera haut perché dans la liste des tops de l’année de Hurlemort! Du Death Metal de cette trempe, j’en prends n’importe quand!

Composition : 9,5
Exécution : 9,5
Atmosphère : 9
Production : 9
Appréciation générale : 9

Youth Code – Yours, With Malice – 2025

Youth Code – Industrial / EBM – États-Unis
Yours, With Malice – 2025
Sumerian Records
8,8/10

Le duo Youth Code est de retour sur disque neuf ans après la sortie de Commitment to Complications paru en 2016. Pour ceux qui ne connaissent pas encore la formation, Youth Code joue la carte de l’industriel / EBM dans la veine des premières sorties de Wax Trax! Records dans les années 80 avec une fureur très accrue et une sonorité à la fois de la vieille école et moderne en même temps.

Sur Yours, With Malice on retrouve toute l’agressivité que le groupe avait étalé sur ses premiers enregistrements avec des sonorités abrasives et une rythmique mécanique qui cogne dur. Ici l’influence de Skinny Puppy et de Psychic TV se fait largement entendre sur les cinq pièces formant ce mini album. On ressent une certaine angoisse tout au long des pièces qui se mélange à une violence musicale sans pareil. Youth Code ce n’est pas pour les amateurs de musique commerciale, loin de là. Les fans de pur Industriel y trouveront leur compte et se rendront rapidement compte que ce duo fait déjà partie des grosses pointures du genre et sont déjà passés à l’histoire. Yours, With Malice ne fait que réitérer ce fait! La production est en béton armé et rend justice aux pièces en contribuant à faire sonner le tout comme il se doit.

J’étais déjà un fan de Youth Code et avec Yours, With Malice, le fan en moi est grandement servi. Un peu dommage que ce soit si court! Un mini album qui fera partie des tops 2025 de Hurlemort!

Composition : 9
Exécution : 8,5
Atmosphère : 8,5
Production : 9
Appréciation générale : 9

God Dethroned – The Judas Paradox – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1957
God Dethroned – The Judas Paradox – 2024
Pays-Bas

God Dethroned est un pionnier du Death Metal aux Pays Bas qui roule sa bosse depuis 1991. Le groupe n’a jamais offert de mauvais albums au fil de sa carrière et rendu à son douzième, le résultat est toujours tout aussi enlevant. Mais pourquoi diable The Judas Paradox est-il passé sous les radars en 2024? Pourtant le groupe passait de Metal Blade à Reigning Phoenix Music, une récente mais grosse pointure pour la musique extrême! Est-ce que la promotion a été défaillante? Possiblement pas car le groupe a tout de même sorti trois vidéoclips. Alors pourquoi ce douzième effort n’a-t-il pas eu de succès? Quoiqu’il en soit, The Judas Paradox prouve que God Dethroned est toujours le pionnier qu’il a toujours été avec des riffs sombres et une rythmique incendiaire. Un excellent album de pur Death Metal noirci à écouter sur le champ si ce n’est déjà fait!

Anciients – Beyond the Reach of the Sun – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1956
Anciients – Beyond the Reach of the Sun – 2024
Canada

Avec son troisième opus sorti tout droit de chez Season of Mist, le groupe Canadien Anciients met la barre haute au niveau de la technicité. Beyond the Reach of the Sun marque un changement assez important au sein de la formation car c’est le premier avec uniquement Kenneth Paul Cook à la voix à la suite du départ de Chris Dyck en 2017. Beyond the Reach of the Sun, on l’attendait avec impatience cet album. Huit ans, c’est long mais ça aura valu la peine d’attendre finalement car cet album est un pur chef d’œuvre. L’exploration progressive est poussée beaucoup plus loin redéfinissant la sonorité du groupe tout en gardant le cap sur ce qui avait été fait sur les deux albums précédents. C’est donc avec une légère évolution que le groupe nous revient avec des riffs toujours aussi complexes et des textures diverses qui agrémentent les compositions en mettant les arrangements en avant plan et un certain côté atmosphérique pas piqué des vers! La production est très impressionnante et rends toute la justice voulue aux dix excellentes pièces de l’album. Un autre chef d’œuvre signé Anciients qu’Il faut découvrir immédiatement!

Nile – The Underworld Awaits Us All – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1955
Nile – The Underworld Awaits Us All – 2024
Étas-Unis

Tout amateur de musique extrême, en particulier le Death Metal technique et brutal, se doit de connaître la formation Américaine Nile. Si ce n’est déjà fait, il est grand de s’y mettre et justement, pour s’y mettre bien comme il faut, le dixième album du légendaire groupe pionnier est tout à fait indiqué pour vous faire faire tout un voyage épique qui secoue pas mal! The Underworld Awaits Us All est ni plus ni moins le meilleur album de toute la discographie du groupe de la Caroline du Sud. Après pas loin de vingt ans passés chez Nuclear Blast, Nile se retrouve chez Napalm Records qui n’a pas lésiné sur la qualité tant sonore que graphique pour ce dixième opus. Ceux qui connaissent le groupe ne seront pas dépaysés. C’est du pur Nile, brutal, vicieux et complétement disjoncté avec des compositions majestueuses et une production incroyable. Au niveau technique, la troupe de Karl Sanders nous en met plein les oreilles en nous défonçant les tympans avec des riffs gras d’une complexité à faire peur. Le travail de George Kollias est tout à fait phénoménal et le place maintenant parmi les batteurs les plus rapides et talentueux du genre, une vraie bête qui joue avec une force de frappe et une précision hors du commun. The Underground Awaits Us All est un album d’une intensité remarquable et ce n’est pas pour les amateurs de musique douce. Il faut être prêt à se faire écorcher brutalement et à comprendre ce qui se passe. Un pur chef d’œuvre signé Nile!

Crystal Viper – The Silver Key – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1953
Crystal Viper – The Silver Key – 2024
Pologne

The Silver Key est le dernier album de Crystal Viper et en quelque sorte le chat du cygne pour le groupe. Marta Gabriel a annoncé la fin du groupe en août 2025 avec un bref message sur sa page Facebook. Quoiqu’il en soit, ce dernier album de la formation Polonaise nous montre qu’elle peut partir la tête haute et que les dix pièces de l’album concluent de manière magistrale la carrière de l’entité connue sous le nom de Crystal Viper. Marta Gabriel et ses camarades auront tenu le Heavy Metal originel à bout de bras pendant plus de vingt ans en brandissant la flamme originelle. The Silver Key est comme ses prédécesseurs un album solide qui termine à merveille une discographie éclatante!

Sarke – Endo Feight – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1952
Sarke – Endo Feight – 2024
Norvège

Si vous êtes un amateur de Black Metal à la sauce plus Thrash et que vous ne connaissez pas encore Sarke, il serait grand temps de vous y mettre et de rattraper le temps perdu. Le projet a été initié par Thomas Berglie et Ted Arvid Skjellum dont les noms de scène sont respectivement Sarke et Nocturno Culto. À ce duo se sont greffés au fil des ans et des albums plusieurs musiciens provenant de groupes tels Satyricon, Enslaved, Tulus ou encore Khold pour être en mesure d’avoir une formation digne de ce nom. Le groupe a toujours livré de très bons albums depuis ses débuts en 2008 et Endo Feight, huitième album de la discographie, ne fait aucunement exception à cette règle de qualité musicale.
Bien que le groupe ait gardé à peu près la même sonorité depuis son tout premier album, il a tout de même réussi à évoluer au fil des années afin de se réinventer et de ne pas nous servir le même album deux fois. Sur Endo Feight, on a misé sur les claviers et les atmosphères plus vaporeuses et une approche plus Rock par moments avec des riffs plus complexes et des structures à la limite du Progressif sans toutefois s’éloigner de la route initialement tracée par les deux compères. Endo Feight est en quelque sorte un album un peu plus introspectif et très cosmique avec des passages rappelant Pink Floyd par moments sans tomber dans le piège du hippie rock des années 70. La production est une fois de plus des plus solides, les instruments sont tous à leur place et ça sonne très large, à l’image de l’infini cosmos. Endo Feight est sans contredit l’album le plus complet et le plus abouti du projet Sarke et malheureusement pour nous, le projet a tiré sa révérence au début 2025 citant que ses membres avaient accompli ce qu’ils avaient à accomplir. Dommage!

Rotting Christ – Pro Xristou – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1951
Rotting Christ – Pro Xristou – 2024
Grèce

Rotting Christ est une incontournable figure de la musique extrême sombre depuis plus de trois décennies. Dès ses débuts typiquement Black Metal, la formation grecque a su se tailler une place enviable dans le vaste monde de la musique peu conventionnelle en influençant bon nombre de groupes et en contribuant au développement du Black Metal et du Gothic Metal avec son style particulier qui mise plus sur la puissance et la lenteur que la vitesse excessive et les envolées de notes rocambolesques. Pro Xristou est le quatorzième album des frères Tolis qui sont les deux seuls maîtres à bord et la seule force au sein de Rotting Christ. Rotting Christ ne plait pas à tous et Pro Xristou n’y fera pas exception. Si vous vous attendez à un album comme les premiers, passez votre chemin, cet album n’est définitivement pas pour vous. Le duo a depuis longtemps évolué et migré vers d’autres sonorités en misant plus sur la finesse que l’agressivité et les dix pièces incluses sont à l’image de ce que le groupe propose depuis une vingtaine d’années, c’est à dire de longues pièces vaporeuses avec des riffs simples mais très efficaces et des arrangements extraordinaires. Le son typique de Rotting Christ est toujours présent mais contrairement à son prédécesseur, les compositions sont plus orientées vers le grandiose que sur le brut avec des textures profondes et des éléments plus atmosphériques en formant un tout comme un album concept. Est-ce que cet album est l’un des meilleurs de la discographie? La réponse est non mais est-ce que le groupe a déjà produit un mauvais album? La réponse est aussi non. Les frères Tolis continuent à évoluer et expérimenter avec les sons et les idées tout en demeurant intègres et respectueux de leur idéologie et de leurs origines. La production est une fois de plus spectaculaire et l’aspect graphique est soigné et de très haute qualité. Rotting Christ signe un autre excellent album qui se marie bien à sa discographie. Pro Xrstou offre tout ce qu’on se doit d’espérer de la part d’un groupe de cette trempe!

Nocturnus AD – Unicursal – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1950
Nocturnus AD – Unicursal – 2024
États-Unis

Mike Browning est une figure emblématique du Death Metal Américain ayant œuvré dans des formations comme Morbid Angel et Nocturnus et le bonhomme se doit d’être considéré comme étant un pionnier du genre. En 1992, la majorité des membres de Nocturnus avaient acquis les droits sur le nom et avaient renvoyé Mike Browning de son propre groupe ce qui avait eu pour effet d’annuler le contrat de disques avec Earache Records. Browning allait fonder After Death en 2008 qui se transforma en Nocturnus AD en 2013 pour poursuivre ce qui avait été initié à la fin des années 80. Unicursal est le deuxième album de cette mouture de Nocturnus qui garde les éléments essentiels qui avaient fait du groupe ce qu’il était, en particulier au niveau des claviers. Ce qui frappe le plus en écoutant cet album c’est le retour exceptionnel dans un passé pas si lointain dans lequel le Death Metal originel était en train de bouillir et se transformer avec des groupes comme Nasty Savage, Death ou encore Morbid Angel. Cette essence est palpable tout au long de l’album bien mélangée à des idées plus modernes et on n’hésite pas à utiliser des instruments percussifs comme le Djembe pour obtenir des textures différentes comme sur l’excellente Mesolithic qui est une fresque presque Progressive qui nous transporte avec technicité dans la préhistoire. La production en béton et les arrangements de claviers apportent une touche atmosphérique à cette puissance musicale tout au long de l’album en prenant juste assez de place pour ne pas dénaturer cette essence originelle qui frappe fort. Bien sûr, Nocturnus relève des formations légendaires et sa nouvelle version en tant que Nocturnus AD n’est pas des plus connues mais ce deuxième album vaut amplement le détour. Les fans du Death Métal des débuts se retrouveront amplement dans les riffs complexes et les expérimentations sonores de cet album majestueux!

Kerry King – From Hell I Rise – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1949
Kerry King – From Hell I Rise – 2024
États-Unis

Lorsque Slayer a tiré sa révérence en 2019, Kerry King avait annoncé qu’il continuerait en formant un nouveau groupe. Les années se sont succédé sans trop de nouvelles de la part de King si ce n’est que le projet serait la continuité de Slayer. Kerry King avait même annoncé que c’est la seule chose qu’il savait faire et tout portait à croire qu’on aurait droit à un album de Slayer mais avec d’autres musiciens d’autant plus que certaines pièces du dit album étaient des pièces destinées à la suite de Repentless. Sachant cela, est-ce que vous vous attendiez à une surprise de taille qui allait chambouler le Thrash Metal? Alors pourquoi faire les surpris en entendant From Hell I Rise? Chose promise, chose due. Ce premier album solo de Kerry King c’est du Slayer, point final. Pour ceux qui sont fans de Slayer et qui ont aimé Repentless, on demeure dans la même veine avec de très bonnes compositions et des riffs incendiaires comme seul King sait nous concocter. Il est intéressant d’entendre les solos de Phil Demmel qui apportent une touche un peu différente à la sonorité, Mark Osegueda a pratiquement le même timbre de voix que Tom Araya en un peu plus agressif et il fait un excellent travail tout au long de l’album. La section rythmique composée de Paul Bostaph et de Kyle Sanders est des plus solides et en bout de ligne la production est puissante rendant justice aux pièces. L’album dure un peu plus de quarante-cinq minutes et ne contient pas vraiment de remplissage, ça passe rapidement ce qui est un bon signe. Finalement, j’ai exactement ce à quoi je m’attendais, ni plus ni moins. Un bon album de pur Thrash à la Slayer qui nous fait passer un bon moment. Les détracteurs sont toujours présents quoiqu’un artiste de cette trempe puisse sortir et il y aura toujours des mécontents. Pour ma part, j’ai apprécié l’album même si l’originalité n’est pas au rendez-vous, c’est bien composé, c’est bien rendu et ça sonne. Que demander de plus? Slayer is Dead, Long Live the King!

Uncle Acid and the Deadbeats – Nell’ ora blu – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1948
Uncle Acid and the Deadbeats – Nell’ ora blu – 2024
Angleterre

Depuis ses débuts en 2009, Uncle Acid and the Deadbeats n’a jamais cessé de nous étonner en nous proposant des albums incroyables. Faisant partie des pionniers du fameux retour aux années 70, Uncle Acid s’est démarqué sur la scène Doom et Psychedelic Rock au fil de ses albums sans jamais répéter quoi que ce soit mis à part cette soif de faire briller la flamme originelle des Black Sabbath et compagnie. Il en faut de l’audace pour proposer un album comme Nee’ ora blu. Oui, on retrouve le Uncle Acid des albums précédents mais pour celui-ci, Kevin Starrs a pratiquement fait tout en solo, de la composition à l’écriture en passant par la performance musicale. Le compositeur a voulu rendre un vibrant hommage au cinéma Italien en particulier avec les styles Poliziotteschi (crime) et Giallo (horreur) en allant chercher des acteurs fétiches de ces styles pour mettre des extraits parlés tout au long de l’album qui fait office d’une parfaite bande sonore comme aurait pu retrouver dans les films Italiens des années 70. À la première écoute, je dois avouer que j’ai été quelque peu dérouté par la direction musicale entreprise sur cet album mais à force de l’écouter, je me rends compte que Starrs est tout un génie de la composition et des arrangements car il a su capturer à merveille l’essence même qui faisait de ces films culte un élément indispensable du cinéma Italien de cette époque. Il ne faut pas se leurrer, cet album est assez long du haut de ses 78 minutes et si vous rechercher un album typique de Uncle Acid comme The Night Creeper ou Mind Control, vous serez possiblement déroutés voire déçus. C’est un album rempli d’ambiance tantôt vaporeuse, tantôt mystérieuse avec des textures profondes rappelant Ennio Morricone et des arrangements sombres qui prouvent une fois de plus ce génie musical commencé par Starrs avec som premier album. Prenez votre temps pour apprivoiser la bête, vous n’en serez que récompensés!

Dååth – The Deceivers – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1947
Dååth – The Deceivers – 2024
États-Unis

Dååth n’est pas la formation la plus connue de l’univers métallique mais le groupe Américain a su tirer son épingle du jeu avec un savant mélange de Death Metal et d’industriel pas piqué des vers au cours de sa carrière. Le groupe s’était séparé en 2013 pour revenir en force en 2022 avec un tout nouvel alignement. The Deceivers, cinquième de la discographie, reprends là où le groupe nous avait laissés en 2013 avec de nouveaux musiciens dont Krimh de Septicflesh à la batterie venant appuyer Elya Levi et Sean Zatorsky dans les arrangements et les compositions. Dès les premières pièces on dénote un changement dans les compositions. Les claviers prennent beaucoup de place en avant plan et le côté joyeux de ceux-ci, mélangé à des riffs plus sombres, apporte un contraste plutôt intéressant au niveau des atmosphères. La dualité entre le bien et le mal est palpable tout au long de l’album et les pièces ont une puissance plutôt enviable. On a aussi mis le paquet sur la production, c’est léché, bien poli et extrêmement puissant. Bref, ce retour de Dååth est un succès sur toute la ligne! The Deceivers est un excellent album à la fois très technique, très vaporeux et surtout très mécanique. À écouter sur le champ!

Deicide – Banished By Sin – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1946
Deicide – Banished By Sin – 2024
États-Unis

Deicide est un gros nom du vaste monde métallique et pour un métalleux averti, ne pas connaître ne serait-ce que de nom ce groupe légendaire relève de l’hérésie pure. Les détesteurs seront toujours des détesteurs peu importe la qualité musicale proposée. Deicide n’a jamais vraiment flanché en termes de contenu sauf peut-être pour In Torment in Hell en 2001 mais ceci est du passé qui a servi de leçon à Glen Benton. Banished By Sin c’est du Deicide comme on s’attends de la part du groupe, De la musique brutale qui frappe fort, des riffs bien gras et bien lourds et une rythmique puissante qui ravage tout. Ici, on ne nous sert rien de vraiment nouveau si ce n’est qu’une nouvelle approche au niveau des guitares avec le petit nouveau Taylor Nordberg qui semble apporter une certaine brise plus fraîche au sein de la formation Floridienne. La production est excellente, c’est limpide, puissant et tout est à sa place ce qui rends justice aux pièces. Banished By Sin est un album court, cru et direct qui ravira tant les fans de la première heure que tout amateur de Death Metal brutal qui frappe fort.

Darkthrone – It Beckons Us All……. – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1945
Darkthrone – It Beckons Us All……. – 2024
Norvège

Le duo Darkthrone est un incontournable de l’ensemble des genres et sous genres métalliques depuis ses débuts en 1987. Au fil de ses 21 albums, le groupe Norvégien est passé du Death Metal à pionnier du Black Metal pour bifurquer vers le Heavy Metal et le Speed Metal teinté de Punk au fil des sorties des 30 dernières années. Si vous ne connaissez pas encore Darkthrone, tant pis pour vous car le groupe est un acteur des plus importants du développement de plusieurs sous genres de musique plus extrême.
It Beckons Us All……. est le 21e album de la discographie et comme à son habitude, Darkthrone fait fi de ce que les fans ou non fans peuvent bien penser. En fait, Fenriz et Nocturno Culto s’en « calissent » pas mal de notre opinion. Ils font ce qu’ils veulent avec la plus grande intégrité possible sans rendre de compte à quiconque. Ceci résulte en une musique vraie et des plus honnêtes, cet album réitérant cet aspect significatif du célèbre duo. Les 7 compositions inclues sur l’album sont du Darkthrone pur à 100%, ici aucune surprise de taille, on continue sur ce qui a fait du groupe ce qu’il est : Aucun compromis. Vous voulez du « old school » bien ficelé, noir et grinçant? It Beckons Us All…….. propose tout cela avec l’originalité légendaire des deux comparses et leur ouverture musicale. Ceux qui préfèrent le Darkthrone des premiers albums seront possiblement une nouvelle fois déçus car le Black Metal originel est dilué avec différents éléments issus de diverses branches toutes aussi originelles les unes des autres. Darkthrone continue à faire briller la véritable flamme métallique sans artifices ni technologie moderne, seule la vieille école est de mise avec tout ce qui vient avec, les imperfections et la chaleur de la production plus granuleuse. Un autre excellent album de Darkthrone qui prouve que le duo est toujours bien en vie et en pleine possession de ses moyens. On ne réinvente pas la roue métallique mais on la rend merveilleusement bien!

Accept – Humanoid – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1944
Accept – Humanoid – 2024
Allemagne

Il y a des périodes du groupe qui sont à oublier, des retours possiblement inutiles en bout de ligne mais quand on repense à l’histoire, on peut aisément dire que Wolf Hoffmann est un sacré compositeur et qu’Accept a fait plus de bonnes que de mauvaises choses dans sa carrière. Le groupe est rendu à une étape de sa 2e carrière avec Mark Tornillo à la voix. C’est une étape où il n’en faut pas beaucoup pour vaciller dans le confortable et Hoffmann se dirige tranquillement dans le piège avec Humanoid. Ici je ne dis pas que cet album soit mauvais en soi, au contraire. On a droit à un léger vent de changement puisque Wolf Hoffman a décidé de donner de la place à ses musiciens pour la composition ce qui peut être une bonne et mauvaise chose. Je vais aller droit au but : Humanoid est le plus faible de la discographie avec Tornillo à la voix. La composition n’est pas toujours au niveau de ce que Hoffmann peut accomplir, on tombe dans le réchauffé par moments et dans une certaine facilité, surtout au niveau des paroles qui sont loin d’être les textes incisifs de Deaffy. Mais malgré tout, Humanoid contient de très bons riffs et de très bonnes pièces accrocheuses et être le plus faible d’une période définie ne signifie pas pour autant pas bon. C’est un bon album de Accept qui manque de punch et de surprises. Un album qui ne restera pas dans les annales du groupe mais qui s’écoute bien.

Týr – Battle Ballads – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1943
Týr – Battle Ballads – 2024
Danemark

Týr est un fier défenseur de l’histoire de ses ancêtres depuis 1998. Le groupe Danois cumule un peu plus de 25 ans de qualité musicale répartie sur 9 albums. Bien que plutôt méconnue, la formation se doit d’être considérée comme l’un des chefs de file du viking metal et son neuvième album prouve que le groupe est toujours tout aussi crédible. Battle Ballads ne réinvente aucunement la musique du groupe. Ses membres continuent à nous servir des riffs mélodiques épiques bien assis sur des structures à saveur progressive avec beaucoup de textures provenant du folk pur et dur. Battle Ballads est un très bon album de la discographie à écouter pour la richesse de ses mélodies!

The Vision Bleak – Weird Tales – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1942
The Vision Bleak – Weird Tales – 2024
Allemagne

The Vision Bleak a redéfini le terme Gothique et ici, je ne parle pas du Gothique de pacotille que l’on voit dans les concerts de Combichrist. Je parle du vrai Gothique dans toute sa splendeur, sa tristesse et son allure effrayante issue de la fin des années 1700. The Vision Bleak, c’est ça. L’esthétique de Dracula, Frankenstein, les recoins sombres éclairés par des réverbères dont la lumière faiblarde se reflète sur les rues en pavé des villes du 18e siècle. Weird Tales ne comporte qu’une seule pièce de près de quarante-deux minutes qui fait une synthèse de tout ce que le duo a pu raconter depuis ses débuts en 2001 avec la même fougue et la même délicatesse musicale que sur les albums précédents. Le talent de compositeurs de Schwadorf et Konstanz est encore une fois à la hauteur des attentes et les arrangements sont à couper le souffle. Sur Weird Tales, le duo joue plus avec les contrastes que sur le riff brut donnant une atmosphère glauque et théâtrale à l’unique pièce séparée en douze chapitres un peu comme une trame sonore de film d’épouvante se passant à Londres au temps des calèches et des chapeaux haut de forme. Le duo joue de tous les instruments, Shwadorf officiant sur les cordes, les vocaux gras et les claviers tandis que Konstanz prends soin des vocaux chantés et de la batterie. La production est une fois de plus incroyablement fluide et claire sans compter l’énorme travail au niveau des arrangements. Weird Tales est un autre chef d’œuvre de la part du duo The Vision Bleak et même si mon préféré demeure encore Set Sail to Mystery, je m’étonne toujours devant un nouvel album du groupe. À écouter en se laissant bercer par la grande noirceur et la tristesse infinie!

Sabbat – Sabbaticult – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1941
Sabbat – Sabbaticult – 2024
Japon

Très méconnue du grand public mais aussi de beaucoup de métalleux, la formation Japonaise Sabbat est pourtant l’une des pionnières du Black Metal mondial. Ayant été formé en 1983, le trio nous bombarde avec ses riffs crus depuis sa première parution en 1985 qui jetait les bases du Black Metal actuel en même temps que Bathory et Celtic Frost. Plus de quarante ans plus tard, le trio est toujours en vie et continue à nous écorcher les oreilles sur son treizième album. Sabbaticult nous plonge dans un univers sonore cru et direct avec une bonne dose de technicité et d’irrévérence nous prouvant que Sabbat est encore le groupe influent qu’il a toujours été en réitérant le statut de pionnier du groupe. À découvrir ou redécouvrir et surtout à écouter avec du son! Cultissime!

Korpiklaani – Rankarumpu – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1940
Korpiklaani – Rankarumpu – 2024
Finlande

Autant Korpiklaani avait dominé la scène Folk Metal dans la première partie des années 2000 avec ses compositions festives autant le groupe a perdu des plumes après son cinquième album pour devenir un groupe de seconde et troisième zone ayant rapidement été oublié, du moins de notre côté. Il est vrai que le groupe s’est égaré en sortant quelques albums douteux mais au tournant des années 2020, les Finlandais étaient revenus à l’essentiel et à leurs origines offrant ainsi des albums comme à leurs débuts. Alliant habilement Thrash Metal et musique traditionnelle joyeuse et très festive, Rankarumpu, douzième album de la discographie, nous prouvait que Korpiklaani était toujours un excellent groupe de Folk Metal qui avait encore des choses à raconter malgré le désintérêt de la communauté métallique. Bien sûr la fureur des premiers albums est passée depuis longtemps mais ce douzième album est à écouter lors de vos soirées arrosées entre « pwells » aimant le côté épique et de party du métal entraînant et joyeux!

Hour of Penance – Devotion – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1939
Hour of Penance – Devotion – 2024
Italie

Le piège avec les groupes ultra techniques est que ces derniers peuvent devenir redondants et stériles s’ils demeurent dans leur zone de confort trop longtemps. C’est ce qui s’est passé avec Devotion, neuvième album des Italiens de Hour of Penance. Non pas que cet album soit mauvais mais les membres du groupe nous remâchent une fois de plus les mêmes riffs et les mêmes ritournelles que sur les huit albums précédents sans tenter quoi que ce soit de plus osé. Mais bon, est-ce un crime que de se concentrer sur son éternelle sonorité qui a fait ce que nous sommes? Bien sûr que non! Devotion n’est certes pas le meilleur album du groupe mais il est loin d’être une calamité. Il regorge de très bons riffs avec une puissance démesurée pendant près d’une quarantaine de minutes de pure défonce technique à couper le souffle. Allons, redonnons-lui une autre chance et apprécions-le à sa juste valeur!

Vltimas – Epic – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1939
Vltimas – Epic – 2024
International

Le premier album du supergroupe Vltimas paru en 2019 avait beaucoup plu avec son habile mélange de Black Metal et de Death Metal mordant et la question était à savoir si Vltimas sortirait un autre album après ce premier opus. La réponse est venue avec Epic qui est en revanche un peu moins épique que le premier effort du groupe. Sur cette suite, on retrouve sensiblement le même type de sonorité sans réelle amélioration dans quoi que ce soit. On poursuit sur la lancée initiée en 2019 avec des riffs incendiaires et une rythmique ultra précise sans trop de prouesses techniques. Les compositions sont d’une efficacité déconcertante et l’album ne contient aucun remplissage : Les trente-sept minutes passent à la vitesse de l’éclair ce qui est généralement bon signe. La production est une fois de plus à la hauteur des attentes, c’est puissant, cristallin et fluide ce qui rends justice aux pièces sur l’ensemble de l’album. Un petit bémol est venu un tantinet agacer au niveau de la voix de David Vincent. Les essais de vocaux plus « cleans » ne semblent pas tout à fait à leur place, comme si un chanteur de Heavy Metal dans la cinquantaine qui en met trop avait pris la place de Vincent sur certains passages ce qui détonne avec le reste. Ce deuxième album est un peu plus faible que son prédécesseur mais est toutefois fort réussi et plus élevé que la moyenne en termes de qualité musicale. Fortement recommandé à tout amateur de Death Metal noirci.

Midnight – Hellish Expectations – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1938
Midnight – Hellish Expectations – 2024
États-Unis

Est-ce qu’être irrévérencieux a toujours sa place dans le vaste monde métallique? Bien évidemment! Il faut toujours une bonne dose de « fuck off » pour permettre à la musique abrasive de survuvre dans un monde où le synthétique et le superficiel reignent enmaître absolus nous dictant ce que nous devons faire ou quoi aimer. Midnight nous offre encore une fois cette irrévérencieuse musique du diable sur Hellish Expectations avec ses riffs bien caustiques et sa sonorité décapante entre le Thrash Metal et le bon vieux punk revendicateur. Un excellent album qui défrise et qui détruit les tympans! À écouter à haut débit sonore!

Judas Priest – Invincible Shield – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1937
Judas Priest – Invincible Shield – 2024
Angleterre

Si vous vous proclamez métalleux et que vous ne connaissez pas le nom de Judas Priest, il serait grand temps d’aller fouiller un peu pour connaître le père du Heavy Metal et un des instigateurs du Speed Metal et du Power Metal. Qu’on aime ou pas, Judas Priest fait couler beaucoup d’encre virtuelle à chaque sortie d’album et ce dix-neuvième album, ayant pour titre visible Shield, fait jaser partout sur la planète. Oui, il fait jaser cet album et positivement qui plus est. Disons que ce qui frappe le plus sur cet album, c’est le riff, le riff et encore le riff sur des pièces rapides et musclées. Judas Priest signe possiblement son meilleur album depuis Painkiller (quoiqu’on avait dit ça aussi pour Firepower), du moins un excellent album sans trop de remplissage, hormis Trial by Fire qui est selon moi la plus faible de l’album. Même la sirupeuse et très sucrée Crown of Thorns réussi à nous trotter dans la tête à longueur de journée. Une fois de plus la production a été confiée à Andy Sneap qui a effectué un travail remarquable pour donner de la puissance et du tonus à cet album. Invincible Shield nous prouve que Judas Priest est toujours invincible et qu’il est le maître incontesté du Heavy Metal. À écouter sans retenue!

Suicidal Angels – Profane Prayer – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1936
Suicidal Angels – Profane Prayer – 2024
Grèce

L’écurie Nuclear Blast est l’une des plus importantes étiquettes de production d’albums Métal au monde et compte dans ses rangs tant de petits joueurs que de grosses pointures Internationales. Nuclear Blast a toujours laissé la chance à de petits groupes de briller et Suicidal Angels est l’une des formations moins connues protégées du label qui sort très bien son épingle du jeu avec d’excellents albums et une droiture musicale des plus professionnelles. Le groupe Grec en est rendu à son huitième album depuis ses débuts en 2001 et n’a jamais failli à la tâche de livrer un album de qualité. Profane Prayer est là pour le prouver, le Thrash Metal est encore bien en vie et se porte très bien et Sucidal Angels perpétue la flamme originelle de façon magistrale. Quand la composition est guidée par la passion, ça donne généralement de très bons résultats et ce, même si certains trouvent que ce n’est pas original et souvent copié sur ce qui a été fait auparavant. Suicidal Angels ne renie aucunement ses influences, au contraire, le groupe rends hommage aux pionniers comme Slayer, Exodus ou encore Kreator tout en mettant son grain de sel plus moderne à la façon de composer et de jouer. Suicidal Angels est le meilleur des mondes entre la vieille et la nouvelle école et le groupe fait entrer brillamment le Thrash Metal dans la deuxième moitié des années 2020, plus de quarante ans après les débuts du genre. On retrouve quelques invités de marque dont Sakis Tolis de Rotting Christ sur la pièce Deathstalker et notons l’excellente production une fois de plus signée Nick Melissourgos, chanteur et guitariste du groupe. Un très bon choix d’écoute à quiconque aime le Thrash Metal plus technique avec des sonorités provenant directement de la source des pionniers du genre.

Ministry – Hopiumforthemasses – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1935
Ministry – Hopiumforthemasses – 2024
États-Unis

Tel une girouette, Al Jourgensen a annoncé plusieurs fois sa retraite au cours de la dernière décennie pour revenir avec un nouvel album à chaque fois. Les quatre derniers albums ont été sévèrement critiqués par la communauté mais en réalité, il y a du bon dans chacun de ces albums. Le dernier album original en date de cette chronique nous montre que Jourgensen et Ministry, ce n’est peut-être pas fini comme Oncle Al veut bien nous laisser croire. Hopiumforthemasses est un excellent album de Ministry qui revisite plusieurs périodes du groupe en nous offrant ce qu’il fait le mieux : Une musique mécanique et abrasive avec une forte dose de provocation pure et simple. Ministry, on aime ou pas, on ne peut pas aimer ou ne pas aimer juste à moitié et il faut s’imprégner de cette sauce Industrielle et mécanique si on veut comprendre et apprécier la démarche artistique de Al Jourgensen. Justement, il fait ce qu’il veut Jourgensen et se fout complètement de notre opinion. Il est comme Jello Biaffra, il fait réagir, réfléchir et tape sur la stupidité humaine avec des compositions originales et ce, sans compromis. Hopiumforthemasses c’est exactement ça. Un album qui frappe fort en nous faisant réfléchir sur la société dans laquelle on vit. C’est du pur Ministry comme ça toujours été et bien que quelques albums de la discographie soient évidemement plus faibles, Hopiumforthemasses ne fait pas partie de la liste. D’excellentes pièces, des riffs décapants, une rythmique réglée comme horloge et une production en béton armé, tous les ingrédients sont réunis pour faire un véritable album de Ministry, avec le grand Jello Biaffra en prime une fois de plus en guise d’invité qui plante le clou plus loin avec son discours acéré. Ce seizième album s’inscrit parmi les très bons de la discographie et est à écouter sans réserve avec un maximum de volume sonore!

Borknagar – Fall – 2024

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1934
Borknagar – Fall – 2024
Norvège

À quoi devrait-on être en droit de s’attendre de la part de Borknagar pour un album? Bien évidement à de la qualité musicale sans compromis et si vous ne connaissez pas encore le groupe Norvégien, il est grand temps de vous y mettre car il est l’un des pionniers du Black Metal Scandinave et roule sa bosse de façon magistrale depuis 30 ans. Le groupe en a fait du chemin en 30 ans et Fall, son dernier album en date de cette chronique, témoigne de ce chemin tortueux rempli de changements et d’évolution spectaculaire au fil des années. Est-ce que Borknagar a déjà fait un mauvais album? Au grand jamais! Il y a eu quelques albums un peu plus faibles mais pas suffisamment faibles pour les oublier ou les renier. Fall est le onzième album du groupe et deuxième depuis le départ de Vintersorg. ICS Vortex fait maintenant tous les vocaux, enfin presque tous puisque le claviériste Lars A. Nedland en propose ici et là sur l’album. Fall s’inscrit sans aucune hésitation dans le top 5 des meilleurs albums de la discographie du groupe avec des compositions savamment construites et des arrangements à couper le souffle. Oui, n’en déplaise à certains vieux fans, le Progressif est toujours en avant plan et les éléments Folk sont toujours présents, normal pour un groupe de Vikings purs et durs! En revanche, ce qui en rendra plusieurs heureux, les parties Black Metal sont assez intenses et dignes des premiers albums, surtout The Olden Domain. Il est intéressant que des pionniers comme Borknagar finissent à un moment donné par délaisser le côté primitif de la sonorité de leurs débuts au profit d’une production beaucoup plus fluide et cristalline pour rendre justice aux compositions complexes remplies de textures et de couleurs flamboyantes. Une autre belle réussite pour Borknagar qui signe un chef d’œuvre instantané qui passera à l’histoire!