Astma – 600 Pounds of Body – 2015

astma-600-pounds-of-bodyAstma – Old School EBM – Suède
600 Pounds of Body – 2015
Electro Aggressions Records
8.5/10

La musique électronique est très vaste et comporte de nombreuses factions et styles qui sont souvent à l’opposé d’un genre à l’autre. L’usage des claviers est fortement tabou en particulier chez plusieurs amateurs de Métal ce qui est très ironique dans un sens car certains genres de musique électronique ont beaucoup de points en commun avec le Métal notamment au niveau de l’agressivité et des paroles contestatrices.

Le EBM ou Electro Body Music est un genre de musique électronique où l’agressivité et l’oppression musicale font partie intégrante du genre mentionné et confère à cette musique minimaliste une atmosphère particulière, quasi hypnotique. Le genre a grandement évolué depuis la sortie du désormais classique Geography de Front 242 paru en 1982.

J’ai récemment fais la découverte de Electro Aggression Records (EAR), un excellent petit label se dévouant à la musique EBM, particulièrement au Old School EBM. Son catalogue n’est pas des plus remplis mais les sorties sont de qualité et contient des trésors insoupçonnés, voire des petits bijoux très surprenants.

Astma, formation Suédoise formée en 2001, est l’un de ces trésors qui vient tout juste de sortir 600 Pounds of Body, première parution depuis sa création. 2 disques et 42 pièces, (petit clin d’oeil à 242?) de pur EBM rapide et agressif. Le premier CD comporte des compositions originales et le deuxième des « remixes » effectués par d’autres artistes de la scène comme le veut la coutume.

C’est très minimaliste, Astma met l’emphase sur le martèlement des percussions et des lignes de basse sur des rythmes très rapides et imbriquant des passages plus lourds au fil des pièces. Une écoute complète de l’album pourrait s’avérer redondante pour le néophyte à la longue mais chaque pièce isolée est un petit chef d’oeuvre mécanique et unique qui donne un très bon album au final.

Si vous aimez les synths gras et les sonorités des années 80 avec les pionniers comme Front 242 ou encore Nitzer EBB, Astma vous fera revivre cette fièvre de la belle époque des pistes de danse underground.

Satan – Atom by Atom – 2015

satan-atom-by-atomSatan – NWOBHM/Speed Metal – Angleterre
Atom by Atom – 2015
Listenable Records
9/10

En 2013, 30 ans après la sortie du légendaire Court in the Act, Satan revenait en force avec Life Sentence. Certes, en 1987 la formation avait sorti un deuxième album intitulé Suspended Sentence avec un autre chanteur que Brian Ross, album qui était tombé entre deux chaises et finalement dans l’oubli. Donc, considérons Life Sentence comme étant le véritable deuxième album du groupe, album qui avait pris le monde du Métal par surprise et qui reprenait exactement là où Court in the Act avait laissé le groupe en 1983.

Difficile de relever un tel défi plus de 30 ans après un album légendaire. Satan avait réussi ce défi haut la main et même au delà des espérances si bien qu’une suite aurait pu s’avérer hasardeuse et risquée. Alors voici que cette année la formation de Newcastle récidive avec Atom by Atom et le constat est que la mission est encore une fois accomplie avec brio.

Satan reprends exactement la même formule et le même son que sur Life Sentence, le groupe est maintenant passé maître dans les coupures du temps. Atom by Atom est directement la suite de son prédécesseur et est à la hauteur de ce dernier. Du Heavy/Speed Metal cru, franc et direct qui démontre encore une fois que les vieux bonhommes ont de grosses leçons à donner à la jeunesse en matière de Métal. Toujours avec un côté très technique et surtout très mélodique, Atom by Atom s’écoute sans interruption et sans longueurs, chaque pièce rendant justice à la précédente.

Atom by Atom est un autre exemple parfait de ce qu’est le véritable Métal originel. Que les ignares en prennent de la graine et que les incultes apprennent des grands maîtres!

Venom – From the Very Depths – 2015

venom-from-the-very-depthsVenom – NWOBHM/Black/Speed Metal – Angleterre
From the Very Depths – 2015
Spinefarm
8/10

Comme la grand majorité des vieux Métalloïdes dont je fais partie, j’ai découvert Venom à ses origines avec l’album Black Metal paru en 1982. Rapidement, les trois premiers albums du célèbre trio sont devenus des classiques dans ma collection et Venom figurait parmi les groupes que je tenais en plus haute estime. Sans trop me souvenir du pourquoi, j’étais passé à côté de Possessed, le quatrième album et la formation avait été par la suite reléguée aux oubliettes.

En 2006, j’avais redécouvert Venom avec une formation ayant uniquement Cronos comme survivant du Venom original et l’album Metal Black m’avait paru correct sans toutefois effectuer une écoute répétitive de l’album. Pour moi ce n’était pas vraiment Venom et ma prise de conscience des frasques et des changements de membres au fil des années passées étaient des enfantillages inutiles et sans grand intérêt. Les deux albums suivants, Hell et Fallen Angels ne m’avaient pas plu et Venom avit été rapidement tombé une autre fois dans l’oubli.

En 2015, les enfantillages sont toujours présents car Abaddon et Mantas, les deux autres membres originaux ont décidé de créér leur incarnation de Venom sous le nom de Venom, Inc.avec Tony Dolan qui avait remplacé Cronos en 1989. Donc, deux Venom qui se disputent en se lançant des roches. Qui sera le meilleur? Vers quel camp les fans se tourneront-ils? Pour ma part je m’en contre fout, si c’est bon des deux côtés, ça me va.

La version officielle de Venom avec Cronos vient de sortir From the Very Depths. En étant curieux de nature, j’ai donné une chance à l’album et j’ai bien fait. Sans être extraordinaire, ce nouvel album a plusieurs bonnes pièces et ne traîne pas trop en longueur. On reconnaît Venom, Cronos semble être en forme et ça paraît sur l’album. Ça pète le feu et c’est entraînant. Du gros Métal rapide à saveur de Rock and Roll comme Venom nous avait habitués. Pas de grandes prouesses musicales, on va droit au but et c’est efficace.

Cette version de Venom a très bien réussi en 2015 avec un bon album sans prétentions, c’est direct et honnête.

Nile – What Should Not Be Unearthed – 2015

nile-what-should-notNile – Technical Death Metal – USA
What Should Not Be Unearthed – 2015
Nuclear Blast
8.5/10

Les enfants terribles du Death Metal Américain sont de retour après trois ans d’absence. Nile récidive cette année avec le successeur de l’excellent At the Gate of Sethu paru en 2012. Attention, What Should Not Be Unearthed n’est pas pour les cœurs sensibles… Comme tous les albums du groupe finalement.

Pas de réelle surprise sur ce nouvel album si ce n’est le retour d’un son beaucoup plus violent et une extrême rapidité tout au long des dix pièces. Si At the Gate of Sethu avait déplu à de nombreux fans de la formation dû à son changement de son drastique vers une clarté et une définition accrue, What Should Not Be Unearthed ramènera vraisemblablement les brebis égarées au bercail. Nile ne prends pas de chances avec ce nouvel album et livre ce qu’il sait faire le mieux : Technique et agressivité meurtrière.

Sans réinventer le genre, What Should Not Be Unearthed demeure un très bon album de Death Metal puissant et rempli de notes et de changements de tempo. Cet album ne sera sans doute pas la révélation de l’année mais permet à Nile de garder sa constance depuis sa formation. Rares sont les groupes qui, après huit albums, peuvent se vanter de n’avoir jamais faibli en livrant la marchandise à chaque sortie.

Ce nouvel album constitue un très bon achat à mettre dans sa collection et à écouter à répétition. Pas nécessairement un classique mais un très bon divertissement brutal pour les tympans.

Minuit Machine – Violent Rains – 2015

minuit-machine-violent-rainMinuit Machine – Synth Wave – France
Violent Rains – 2015
No Emb Blanc
9/10

Il y a un an, pratiquement jour pour jour alors que je naviguais sur la toile à la recherche de nouvelles entités EBM, New Wave et Post Punk aux sonorités d’autrefois, je suis tombé sur un duo Français féminin répondant au nom de Minuit Machine. Dès les premières mesures de Agoraphobia, je suis tombé en transe et sous le charme de cette sonorité crue apportée par les synthétiseurs de Hélène de Thoury et la voix mélancolique de Amandine Stioui. Live & Destroy s’était classé dans le top 10 de Hurlemort et est devenu un de mes albums préférés en 46 ans de vie allant même jusqu’à m’influencer d’une certaine manière dans mes propres compositions musicales.

Le duo a beaucoup maturé en un an et cette maturité est grandement audible sur Violent Rains, paru à la mi-Octobre, notamment au niveau des synthétiseurs. Il est fort probable que Hante., l’excellent projet solo de Hélène de Thoury y soit pour quelque chose. La recherche sonore est beaucoup plus large que sur Live & Destroy laissant légèrement de côté les éléments froids et statiques pour emboîter le pas vers un son plus Synth Pop par moments ce qui est loin d’être un défaut, au contraire.

Beaucoup plus de mélodies et d’arrangements déroutants, la batterie électronique, qui sonne toujours aussi machine, apporte une nouvelle dimension plus percutante au son global du groupe. La voix de Amandine Stioui est beaucoup plus posée et plus chaude et se complète parfaitement avec les arrangements des pièces. L’ajout de doubles voix ajoute de la richesse aux pièces en appuyant les paroles à des endroits stratégiques tout au long de l’album.

En tout 9 excellentes pièces accrocheuses et un remix de She Devil tirée du premier EP Blue Moon paru en 2013. Violent Rains marque une belle évolution pour Minuit Machine et se retrouvera assurément dans le top 10 2015 de Hurlemort. Le duo est évidement à suivre et il serait intéressant de voir apparaître minimalement une pièce en Français sur le prochain album.

Lamb of God – VII-Sturm Und Drang – 2015

lamb-of-god-sturm-und-drangLamb of God – Groove Metal/Thrash Metal – USA
VII-Sturm Und Drang – 2015
Nuclear Blast
8/10

Lamb of God est une formation qui n’a plus vraiment besoin de présentations. Le groupe fait les manchettes et est pratiquement partout depuis 2001, les démêles avec la justice Tchèque de Randy Blythe mettant le groupe sur la sellette et la récente participation de Chris Adler avec Megadeth aidant grandement à cette grande publicité. Bref, Lamb of God fait jaser et est mondialement connu.

J’avais découvert la formation lors de la sortie de New American Gospel que j’avais adoré à l’époque. C’est toujours un album que j’apprécie et qui m’a influencé d’une certaine manière. As the Palaces Burn et Ashes of the Wake avaient de grands moments, Lamb of god évoluait musicalement pour le mieux et c’était parfait. Puis, la chute libre a commencé avec Sacrament et l’atterrissage douloureux s’est effectué avec Wrath, deux albums plus que moyens attestant que la troupe s’était assise sur ses lauriers.

En 2012, Lamb of God effectuait un retour plus solide avec Resolution qui ne frisait pas l’excellence mais qui était tout de même acceptable. Le groupe se ressaisissait tranquillement et était en bonne voie de rémission. Suite a sa période sombre, Blythe annonce en 2014 qu’il prends une grosse pause de Lamb of God en mettant le groupe sur la glace.

Mais les agneaux sont de retour en 2015 avec leur septième album (huit si l’on tient compte de l’album sorti sous le pseudonyme Burn the Priest) intitulé VII-Sturm Und Drang. Je n’osais pas trop m’aventurer à une écoute d’un nouvel album de Lamb of God, la mauvaise expérience des trois albums précédents m’avait rebuté mais une petite voix m’a convaincu de donner une chance au groupe et d’y jeter une oreille.

Je vais être franc et honnête : Cet album ne jouera pas beaucoup dans mes divers lecteurs car je ne suis pas dans ce « mood » là actuellement mais je dois avouer que c’est un très bon album et on retrouve le Lamb of God que j’ai apprécié par le passé. Il y a de nombreux riffs très surprenants, c’est très lourd et ça brasse à souhaits. C’est du Lamb of God, plus mature. On se serait passé de la voix horripilante de Chino Moreno sur Embers qui vient démolir une excellente pièce. Cette désagréable sonorité a été suffisante pour que je passe à une autre chanson et a fait baisser la note de l’album.

En général c’est un beau retour de Lamb of God, je ne manquerai pas de réécouter l’album lorsque je serai prédisposé à le faire ultérieurement.

Krisiun – Forged in Fury – 2015

krisiun-forged-in-furyKrisiun – Death Metal – Brésil
Forged in Fury – 2015
Century Media
8.5/10

La machine de guerre Brésilienne est de retour. Quatre années se sont écoulées depuis la dernière attaque qui a dévasté la scène Métal mondiale en 2011, un peu comme une grande exécution. Il était justement quelque chose The Great Execution, le dernier album de Krisiun!

Krisiun, c’est une histoire familiale puisque les trois membres sont des frères et pour perdurer aussi longtemps dans un groupe ayant des frères, il faut être tissé solide. Ça doit être le cas avec Krisiun car depuis 1995, année de sortie de son premier album, toutes les parutions ont été à la hauteur du talent familial. Bien sûr, certains albums ont été meilleurs que d’autres mais la formation a su garder une constance tout au long de sa carrière.

Le tout récent Forged in Fury paru au début août 2015 ne fait pas exception à cette constance, Krisiun s’est donné à fond pour cet album et ça paraît. Pratiquement 60 minutes pour 12 pièces, on en prends pour notre rhume un tantinet. Sans être supérieur à son prédécesseur, Forged in Fury demeure égal et offre quelques surprises au niveau des structures et des arrangements. Le trio est passé maître de la composition et le tout est très bien rendu. La production est fidèle aux parutions antérieures, riche en sonorités et solide comme le roc.

Certaines pièces traînent néanmoins en longueur et l’album comporte quelques répétitions inutiles ici et là et on aurait pu aisément se passer de la reprise de Electric Funeral de Black Sabbath qui détonne un peu avec le reste de l’album. Forged in Fury est un très bon album à se procurer et à écouter à haut volume.

Melechesh – Enki – 2015

melechesh-enkiMelechesh – Black/Death/Folk Metal – Israël
Enki – 2015
Nuclear Blast
8.5/10

Il aura fallu 5 longues années à Melechesh pour sortir la suite à l’excellent The Epigenesis paru en 2010. Durant ces 5 années, Ashmedi a eu énormément de difficulté à garder ses musiciens vraisemblablement dû a l’exil que la formation a subie au cours de la dernière décennie.

Melechesh revient en 2015 avec deux de ses membres originaux et nous offre la suite du chef d’oeuvre de sa carrière. Utilisant toujours la formule qui a fait ses preuves sur Enki, Ashmedi prouve encore une fois qu’il est un grand compositeur et un habile instrumentiste. Certes, ce nouvel album n’arrive pas à la hauteur de son prédécesseur mais il n’en demeure pas moins que c’est un très bon retour pour la formation.

L’utilisation d’une guitare 12 cordes électrique permet de pimenter la sonorité Black Metal en lui conférant l’approche du Moyen Orient tout au long de l’album. Les pi`ces sont toutes à la hauteur de ce que l’on attends de la part de Melechesh mis à part la trop longue instrumentale Doorways to Irkala qui est une pièce traditionnelle utilisant uniquement des instruments du Moyen Orient.

Le concept Melechesh gravite toujours autour de la mythologie Sumérienne et Mésopotamienne et comme par le passé, c’est très bien rendu, on ressent largement les influences du désert et des grandes peuplades de jadis. Au final, Enki est un album réussi avec une production fiable et solide.

She Past Away – Narin Yalnizlik – 2015

she-past-away-narin-yalnizlShe Past Away – Post Punk/Gothic Rock – Turquie
Narin Yalnizlik – 2015
Fabrika Records
9.5/10

La scène Post Punk est bien vivante et ce, à l’échelle internationale. Nous en avons la preuve avec certains grands pionniers du genre comme The Cure ou Killing Joke qui sont toujours actifs et en parfaite forme. L’influence indéniable des pionniers du genre Alternatif, du New Wave au Gothic Rock en passant par l’Industriel et le EBM, a façonné et fait évolué les sous genres créant ainsi de nombreuses formations importantes au fil des décennies.

Fondée en 2009, la formation Turque She Past Away a rapidement grimpé les échelons pour se hisser au rang de groupe culte et pilier de la scène Post Punk actuelle avec son premier album Belirdi Gece paru en 2012. Jouant avec les sonorités de jadis qui ont fait la renommée de groupes comme The Cure, The Sisters of Mercy ou encore Joy Division, She Past Away a su ajouter de la fraîcheur au style originel en créant son identité propre, les paroles en Turc aidant grandement à rendre le tout mystérieux et pratiquement mythique.

La formation revient en 2015 avec un deuxième album plus sombre intitulé Narin Yalnizlik qui est en quelque sorte la suite logique de Belirdi Gece. Avec ses guitares rappelant The Sisters of Mercy, la basse sursaturée de « chorus », la batterie électronique et les synthés omniprésents, She Past Away nous replonge à une époque légendaire où nous foulions les pistes de danse underground sur des musiques sombres et hypnotisantes.

Sur des tempos tantôt rapides et parfois très lents, Volkan Caner et sa voix gutturale nous transporte dans des contrées lointaines ravivant des souvenirs mémorables de notre jeunesse sombre et rebelle. Les pièces Uzakta et Hayaller ne sont pas sans rappeler The Cure de la période Faith, Gerçekten Özleyince a des airs de famille avec Nowhere Girl de B-Movie ayant également une légère teinte de Legendary Pink Dots pour son intro tandis que la pièce Uçtu Belirsizliğe deviendra sans l’ombre d’un doute la référence du groupe à la manière de Transmission de Joy Division ou Alice de Sisters of Mercy.

Narin Yalnizlik est un pur chef d’oeuvre et une merveille pour les oreilles. She Past Away est déjà promu au rang de groupe culte au même titre que les géants des années 80 et je ne serais pas surpris de voir cette flamme ravivée embraser la scène pour permettre à de jeunes groupes de perpétuer cette noirceur dans les années à venir.

Jungle Rot – Order Shall Prevail – 2015

jungle-rot-order-shall-prevJungle Rot – Death Metal – USA
Order Shall Prevail – 2015
Victory Records
6.5/10

J’ai fais la connaissance de Jungle Rot en 2011 avec Kill on Command et j’ai vu le groupe en spectacle deux fois, aux Foufounes Electriques en 2011 et au Trois-Rivières Metalfest en 2013. Chaque fois le groupe était vraiment solide et offrait une prestation sans failles. Suite à Kill on Command, je me suis procuré la discographie du groupe et Jungle Rot s’est implanté dans ma liste de groupes que j’affectionnais le plus.

La sortie de Terror Regime en 2013 a été une réussite sur tout e la ligne. On sentait que Jungle Rot réutilisait la même formule depuis deux albums, cette formule ayant fait ses preuves l’album s’écoutait très bien sans grande révolution du genre. Du Death Metal simpliste qui frappe fort avec des riffs accrocheurs.

La formation du Wisconsin récidive en 2015 avec Order Shall Prevail, son huitième album paru encore une fois sur Victory Records, étiquette reconnue par le passé pour avoir été un chef de file de la scène Hardcore au tournant des années 2000. La production est irréprochable et les pièces sont très bien exécutées. Mais, car il y a un très gros Mais avec un M majuscule, Jungle Rot n’a pas réussi à me faire embarquer dans ce nouvel album. Malheureusement, on remâche ici la formule encore une fois et cette formule manque énormément de saveur. Les riffs sont ennuyants, les pièces s’étirent en longueur et l’album a un total manque de puissance. C’est mou, c’est plate et ça ne lève pas. Trop de Thrash, le Death étant totalement dilué comme si Jungle Rot essayait de devenir un groupe à la mode du moment.

Est-ce le contrat de disque qui fait que Jungle Rot doit obligatoirement sortir un album aux deux ans? Le groupe a manqué son coup cette fois-ci, les idées nouvelles ne sont pas au rendez-vous et ce grand manque risque de faire stagner Jungle Rot là où le groupe se situe depuis plusieurs années : Un groupe de seconde zone.

Fear Factory – Genexus – 2015

fear-factory-genexusFear Factory – Industrial Metal – USA
Genexus – 2015
Nuclear Blast
8.5/10

Il y en a de l’eau qui a coulé sous les ponts depuis la fusion du Métal et de l’Industriel dans les années 80. Depuis Ministry, bon nombre de formations ont emboîté le pas donnant généralement des résultats fort convaincants. Formée en 1990, la formation Américaine Fear Factory incarne le véritable Métal Industriel et a toujours été constante au fil des sorties d’albums réalisant quelques uns des grands chef d’oeuvres du genre au passage.

Burton C. Bell et Dino Cazares ont dès leurs débuts côtoyé des pionniers de l’Industriel et il n’est guère étonnant de voir apparaître des noms comme Al Jourgensen (Ministry) et Rhys Fulber (Frontline Assembly) sur la nouvelle parution intitulée Genexus. Produit par Fulber ainsi que Andy Sneap (Hell), Genexus sonne comme une machine très bien huilée et rodée tant elle est impeccable. Généralement, tout ce que Sneap touche se transforme en un mur de son infranchissable.

Musicalement, c’est du Fear Factory, rien de déstabilisant. C’est efficace, puissant et rempli de sonorités diverses qui, comme à l’habitude, sont grandement intéressantes. Genexus est de loin supérieur aux deux dernières parutions du groupe qui semblait manquer un peu de souffle sur Mechanize et The Industrialist. A l’exception faite d’une trop longue ballade un peu sirupeuse, la totalité de l’album est excellent et est à la hauteur de ce que l’on attend de Bell et Cazares.

Un très beau retour pour Fear Factory en 2015, notons également l’arrivée d’un petit nouveau dans la formation en la personne de Tony Campos (Asesino, Ministry, Prong, Static-X) qui appuiera les compositions du groupe avec son jeu de basse unique.

Lindemann – Skills in Pills – 2015

lindemann-skills-in-pillsLindemann – Industrial Metal – Allemagne
Skills in Pills – 2015
Warner
8.5/10

Cette année nous avons pu assister au mariage artistique entre Peter Tagtgren (Pain, Hypocrisy) et Till Lindemann (Rammstein). A première vue, cette union pourrait paraître surprenante mais en regardant de plus près cette fusion entre deux monstres de la musique bruyante est loin d’être si étonnante connaissant leur goût prononcé pour la provocation.

Utilisant le nom Lindemann, possiblement pour faciliter la mise en marché, le duo nous offre un premier album intitulé Skills in Pills. Je dois immédiatement mettre en garde les Métalloïdes conservateurs : Tagtgren ne penche pas du côté de Hypocrisy mais plutôt de Pain pour les compositions de cet album. Si vous avez en aversion les synthétiseurs et la musique électronique, cessez de lire à partir d’ici.

Les comparaisons avec Rammstein ou Pain fusent déjà sur les médias sociaux et avec une certaine raison. On reconnaît facilement le style de Peter Tagtgren et la voix de Till Lindemann est identique à Rammstein. D’où le terme mariage en début de cette chronique. Donc, nous ne sommes aucunement dans une contrée inconnue, les amateurs des deux formations vont se retrouver aisément, c’est une parfaite fusion entre les deux.

J’entends déjà les détracteurs se faisant un malin plaisir à démolir le duo à savoir si c’est original ou non déblatérant sur toutes les raisons qui poussent les amateurs de haine gratuite à envahir Facebook de leur venin assassin. Oui, c’est du déjà entendu tant du côté de Rammstein que du côté de Pain mais cet album est excellent d’un bout à l’autre, c’est efficace et brillamment composé. Des pièces accrocheuses qui nous restent dans la tête, des riffs lourds et un martèlement continu qui frappent fort. Tout ceci pimenté de l’humour noir de Till Lindemann, chanté en Anglais de surcroit.

Skills in Pills ne révolutionnera pas le genre c’est évident mais il est grandement efficace et sans prétention. Attention aux excès de vitesse si vous l’écoutez en voiture.

Die Krupps – V-Metal Machine Music – 2015

die-krupps-v-metal-machine-Die Krupps – Industrial Metal/EBM – Allemagne
V-Metal Machine Music
Hollywood Records
7/10

Le mélange entre le EBM (Electronic Body Music) ou encore l’Industriel avec le Métal n’est pas une chose qui vient de surgir de nulle part. Cette fusion s’est créée vers le milieu des années 80 avec entre autres Ministry, KMFDM et Nine Inch Nails. La formation Allemande Die Krupps a ensuite emboité le pas au début des années 90 ayant eu dans ses rangs des musiciens issus de groupes tels que Angelwitch, Heathen et même Exodius avec le remplaçant de Rick Hunolt, Lee Altus.

Die Krupps est de retour en 2015 avec la suite du très excellent The Machinists of Joy paru en 2013 intitulée V-Metal Machine Music. Drôle de titre j’en conviens mais qui reflète néanmoins ce qui se trouve sur ce nouvel album. La carrière de Die Krupps a été en dents de scie au fil des sorties d’albums plus souvent qu’à leur tour plutôt inégaux et prenant même une grande pause de près de douze ans entre 1997 et 2009.

Après quelques écoutes de V-Metal Machine Music, je dois conclure que comparativement à son prédécesseur qui était un album presque parfait, la toute nouvelle parution est très inégale recelant des moments forts mais aussi d’autres moment très faibles. Le côté captivant n’est pas au rendez-vous et les pièces semblent interminables. L’album donne l’impression d’avoir été composé à la va-vite pour honorer un contrat et l’essoufflement se fait malheureusement sentir tout au long du défilement des pièces.

L’album a beau se nommer V-Metal Machine Music, la sur-utilisation des guitares vient embrouiller le côté machine et certains riffs deviennent carrément inutiles. Pas suffisamment Métal et pas suffisamment Industriel. L’album comporte quand même de très bonnes pièces mais comporte également beaucoup de remplissage.

En espérant que Die Krupps saura rectifier le tir pour le prochain album car celui-ci est une déception. Je retourne donc à The Machinists of Joy en attendant la prochaine sortie du groupe.

Enslaved – In Times – 2015

enslaved-in-timesEnslaved – Black Progressif/Viking Metal – Norvège
In Times – 2015
Nuclear Blast
9/10

Lorsqu’il est question d’un nouvel album ou d’une nouvelle écoute d’album j’ai toujours appliqué une règle qui en général s’avère être véridique : La règle de la première écoute qui détermine si je vais aimer un album ou non. Il arrive cependant que cette règle soit outre passée pour quelque raison que ce soit et que je me risque à écouter un album une deuxième fois plusieurs mois plus tard selon les recommandations d’autres maniaques de musique comme moi. Rendu à cette étape, ça passe ou ça casse. Littéralement.

Je ne suis pas un grand amateur de Enslaved, du moins je ne l’étais pas jusqu’à maintenant. RIITIIR ne m’avait guère enchanté en 2012 et Axioma Ethica Odini était passé tout droit deux ans auparavant avec une brève écoute de quelques pièces à Réanimation durant nos conversations hors ondes. Toujours est-il que l’infâme Dr. Pendragon et le Rockmaster, deux dinosaures de l’animation à CFOU, m’ont tour à tour suggéré de donner une seconde chance à In Times pour l’apprécier pleinement.

J’ai donc donné cette seconde chance durant mes vacances d’été alors que je m’installait tranquillement dans mon nouveau palais. La deuxième écoute m’avait paru beaucoup plus intéressante mais la troisième m’a frappé de plein fouet. Comment ai-je pu manquer un tel chef d’œuvre à la première écoute? Ceci demeure encore un mystère total.

Je découvre vraiment Enslaved pour la première fois et l’expérience est une pure merveille pour les oreilles. Ici, nous ne tombons pas dans le cliché du Black Metal traditionnel, des éléments Progressifs sont fortement présents et intelligents supportés par une furie sombre et guerrière naviguant entre deux eaux. J’avais de la difficulté avec la voix « clean » du claviériste qui tranche avec la voix criarde et puissante du guitariste mais après quelques écoutes, tout s’imbrique parfaitement et l’effet donne l’impression d’une constante bataille entre deux forces de la nature, entre le bien et le mal. In Times ne s’écoute pas pour se brasser la couette et n’est aucunement destiné à l’amateur de Métal fermé d’esprit. Pour reprendre les paroles remplies de sagesse du Rockmaster, il s’agit ici de musique cérébrale donc à écouter avec ses pleines facultés en ne faisant rien d’autre que écouter.

Il est certain que je vais redonner une chance aux deux précédents albums car j’ai vraisemblablement manqué quelque chose un moment donné et qui sait, j’oserai peut-être reculer plus loin pour prendre connaissance du passé de Enslaved.

Arcturus – Arcturian – 2015

arcturus-arcturianArcturus – Avant-Garde Metal – Norvège
Arcturian – 2015
Prophecy Productions
9.5/10

Le Métal est aujourd’hui rendu très vaste et comporte de nombreuses branches distinctes qui se regroupent ici et là selon les influences des musiciens. Malheureusement, la grande famille du Métal n’a pas échappé à l’infiltration commerciale et est infesté de faussetés qui ruinent carrément l’idéologie et la raison d’être du Métal. Pour moi, il y a deux types de musiciens Métalloïdes : Celui qui fait du Métal pour faire du Métal s’accrochant désespérément à ce qui s’est fait par le passé en clonant littéralement les sommités qui ont fait la renommée du genre et il y a l’autre : Celui qui tente par tous les moyens de rendre le Métal intéressant et qui innove en faisant fi des balises et des standards.

Ce qui m’amène à jaser d’un groupe Norvégien dont la réputation n’est plus à faire et qui prône amplement les valeurs du deuxième musicien Métal. Arcturus, après s’être reformé en 2011 pour quelques tournées, est de retour en 2015 avec la suite de Sideshow Symphonies paru il y a maintenant 10 ans. Sorti au début mai 2015, Arcturian reprends là où son prédécesseur s’était terminé en 2005 et c’est en grande forme que la formation renoue avec son Métal d’avant-garde cosmique.

Comme par le passé, Arcturus se surpasse étonnamment au niveau composition mais c’est surtout avec les arrangements et les instruments choisis que Arcturian frappe fort. Très progressif et très froid en même temps, l’album nous transporte au fil des pièces dans l’infini et dans un univers parallèle grandiose. Les claviers sont prédominants créant une atmosphère hors du commun sur des riffs à tendance Black Metal qui sortent des frontières généralement associées à ce type de Métal noir.

ICS Vortex (Borknagar, Dimmu Borgir) se lance dans des envolées lyriques extraordinaires tout au long de l’album sur lequel règne certaines sonorités rappelant Pink Floyd du temps de Syd Barrett. Arcturian sera sans nul doute hissé dans mon top 5 des albums 2015, c’est un excellent retour pour Arcturus et je vous encourage fortement à ouvrir vos œillères afin de découvrir cet album et de l’apprécier à sa juste valeur.

Iron Maiden – The Book of Souls – 2015

iron-maiden-the-book-of-souIron Maiden – Heavy Metal – Angleterre
The Book of Souls – 2015
Parlophone
8.5/10

Iron Maiden? J’avais presque oublié l’existence de ce groupe légendaire qui m’avait procuré d’excellents moments de pur Heavy Metal dans les années 80. Je dois ici avouer que j’avais cessé de suivre la formation après Somewhere in Time, sixième album du groupe en 1986. À cette époque, je commençais à m’éloigner du Métal pour explorer d’autres horizons musicaux et Iron Maiden avait été relégué aux oubliettes. Certes, j’avais eu vent de quelques pièces issues des albums suivants comme l’horripilante Can I Play with Madness, Bring Your Daughter… to the Slaughter ou encore Fear of the Dark mais les écoutes de ces pièces étaient uniquement par curiosité et mon intérêt pour la légende était disparu.

Lors du retour de Bruce Dickinson dans la formation en 2000, j’ai tenté une écoute de Brave New World mais sans réel succès. J’ai néanmoins donné la chance au coureur avec tous les albums suivants en tentant d’écouter partiellement chacun des trois autres albums où j’ai trouvé des éléments intéressants mais pas suffisamment pour créer un engouement quelconque, peut-être que je n’étais tout simplement pas prêt à accorder un soupçon d’importance à Iron Maiden.

Avec tout le battage médiatique autour du double album The Book of Souls et mon retour vers le Heavy Metal traditionnel avec Hell et Satan, je me suis dit que je pourrais tenter une écoute approfondie du dit album juste pour voir de quoi il en retourne. J’ai été surpris. Vraiment surpris. Est-ce parce que je suis prêt à affronter de nouveau ce type de Métal? Est-ce parce que Maiden n’avait pas sorti de bon album depuis des lunes? Quoi qu’il en soit, The Book of Souls me fais retrouver le bon vieux Iron Maiden de mes souvenirs. C’est en quelque sorte un retour aux sources avec plus de maturité.

Un album studio double de plus de 90 minutes c’est un projet ambitieux voire même casse cou, mais Steve Harris et ses acolytes ont gagné leur pari. Aucune pièce inutile, aucun remplissage, de longues pièces épiques, des plus courtes plus entrainantes et surtout beaucoup de feeling et de grands moments musicaux. Dickinson signe même une longue pièce épique de 18 minutes à donner des frissons.

The Book of Souls est un album très réussi et son écoute m,a donné l’envie de revenir en arrière pour prêter une oreille ou même les deux à ce que j’ai manqué depuis Somewhere in Time. Si vous êtes un fan de Maiden de la première heure, The Book of Souls ravivera la flamme en vous.

Slayer – Repentless – 2015

slayer-repentlessSlayer – Thrash Metal – USA
Repentless – 2015
Nuclear Blast
8.5/10

Il s’en est passé des choses, malheureuses pourrait-on ajouter, au sein de la formation doyenne Slayer depuis la sortie de World Painted Blood en 2009. Jeff Hanneman ayant contracté une fasciite nécrosante (bactérie mangeuse de chair) suite à une morsure d’araignée avait dû se retirer du groupe durant son rétablissement. Mais comble de malheur, ce dernier a succombé à une cirrhose du foie due à sa consommation d’alcool en 2013. Gary Holt, grand chef suprême de Exodus a depuis 2011 rejoint les rangs de Slayer et Dave Lombardo, membre fondateur, a été congédié en 2014 suite à une mésentente contractuelle. Il a été remplacé par Paul Bostaph qui effectue un retour dans la formation.

Lorsque l’on est une grosse machine de la pointure de Slayer, on compte beaucoup de supporteurs mais aussi énormément de détracteurs bien pensants. En effet, plusieurs grands connaisseurs doutaient qu’un nouvel album soit à la hauteur avec uniquement 50% des membres originaux présents sur le dit album. Repentless est sorti au début Septembre, le 11 plus précisément car Slayer aime bien les dates spéciales pour ses sorties d’albums, battant des records de ventes et se hissant en 3e position du top 200 du prestigieux Billboard.

Slayer est une des rares formations métal qui a su rester intègre tout au long de sa carrière. A quoi doit-on s’attendre de la part d’un pionnier qui a chamboulé littéralement la façon de faire du métal ? Personnellement, je m’attends à ce qu’un géant de cet envergure soit à la hauteur de son nom et garde la tête haute. Repentless ne réinvente nullement Slayer mais continue de garder la formation dans sa vitesse de croisière et de tenir le cap. C’est du Slayer, ni plus, ni moins. De la vitesse, de la lourdeur, des textes incendiaires et des riffs à la Slayer. On y recèle même quelques passages plus Death mais au final, ces passages ont été influencés jadis par les précurseurs du genre : Slayer.

Repentless est un excellent album de Thrash pas gentil qui rappelle à l’ordre la multitude de petits groupes qui essaient de faire du vrai Thrash « comme dans le temps ». Slayer règne encore et est le maître incontesté du supposé « Big 4 ».

Ghost – Meliora – 2015

Ghost-Meliora
Ghost – Heavy Metal/Rock – Suède
Meliora – 2015
Loma Vista records
9.5/10

Même si théoriquement Opus Eponymous, premier album de la formation Suédoise Ghost, est sorti à la fin 2010, c’est sur la liste 2011 que cet album s’était hissé au premier rang de mes tops de l’année avec une note de 9.5/10. En 2013, le deuxème opus Infestissumam était passé en deuxième position juste derrière Voïvod avec également une note de 9.5/10.

Après avoir été forcé de prendre le psuedonyme de Ghost B.C. pour des raisons légales en Amérique du Nord, voici que Ghost nous revient en 2015 sans le B.C. et avec un troisième album intitulé Meliora. Meliora signifie meilleur en latin mais est-ce que ce nouvel album est vraiment meilleur que son prédécesseur? La réponse est oui et non en même temps. Oui parce que les nouvelles pièces sont encore plus flamboyantes au niveau des arrangements et de la qualité de production et non parce que l’album n’a pas su créer l’effet de surprise suscité par Infestissumam et qu’il est cruellement trop court.

Donc, Meliora n’est pas meilleur mais égal aux deux premiers albums et Ghost continue sa lancée vers une domination totale de la planète. CHOM FM présente même le premier extrait Cirice en ondes, c’est peu dire! Alors, qu’en est-il de cet album au final? Papa Emeritus et sa bande de ghoules s’aventurent cette fois-ci dans des sonorités plus pop par moments ce qui tranche étrangement avec les guitares incisives et les ambiances plus froides dégagées tout au long de l’album. Aucune mauvaise pièce ni de remplissage inutile, tout est bien dosé avec certains passages plutôt étonnants. Nous avons même droit a un clin d »oeil à Slayer dans la pièce Cirice.

Encore une fois Ghost frappe fort et Meliora se hissera sans l’ombre d’un doute dans le top 5 de Hurlemort pour 2015.

Ghost – Opus Eponymous – 2010

ghostMa révélation de la 2e décennie du 21e siècle est sans contredit la formation Suédoise Ghost. Mélangeant plusieurs styles, de hard rock à new wave en passant par des saveurs plus pop et imbriquant le tout dans certaines sonorités métalliques, Ghost a su ramener le théâtral à l’avant plan avec ses costumes, son concept et ses brillantes compositions accrocheuses. En gardant ses membres anonymes, une touche de mysticisme s’ajoute au tout pour créer une entité propre. Les avis sont partagés face à la formation, on aime ou on aime pas. Pour ma part, Papa Emeritus et ses Nameless Ghouls entrent directement dans mes critères musicaux et Ghost s’est habilement infiltré dans mon top 10 èa vie des groupes que je préfère. La complexité des arrangements et l’intelligence des compositions me ramène à différentes époques et curieusement, les éléments inclus dans les trois albums de la formation sont puisés dans les diverses sources qui ont construit mon cheminent musical depuis le début des années 70. Je suis un fan fini de Ghost et je l’assume pleinement n’en déplaise à ses détracteurs. En faisant des recherches sur le passé des 3 Papa Emeritus, j’ai découvert un auteur/compositeur fort prolifique et d’un talent incroyable pour la composition musicale. Subvision en est un parfait exemple avec ses étranges sonorités rappelant certaines pièces de Ghost. Oups, j’en ai trop dit….

La Chronosphère: Dimanche 20 Septembre 2015
Ghost – Elizabeth – 2010

Triptykon – Eparistera Daimones – 2010

triptykonDes influences j’en ai énormément, mes capsules quotidiennes en témoignent grandement. Être influencé par un musicien issu de deux groupes différents provenant de deux époques différentes relève d’une probabilité plutôt faible mais c’est arrivé. Après deux EP et un album grandioses sortis vers le milieu des années 80 et un changement de cap musical pour le deuxième album qui demeurait tout de même excellent malgré sa différence de style, Thomas Gabriel Fischer aussi connu sous le pseudonyme Tom G. Warrior a lancé Celtic Frost dans un mur en choisissant de réorienter son groupe vers le glam si populaire à la fin des années 80. Celtic Frost est une de mes principales influences jusqu’à l’épouvantable Cold Lake et les 4 premières sorties du groupe demeurent encore aujourd’hui d’actualité et ont admirablement vieilli. C’est en 2006, avec une interminable attente que Celtic Frost revient avec Monotheist, un album à la hauteur des dites attentes qui est en quelque sorte le prologue de se qui s’en venait par la suite.

En effet, Monotheist pourrait être considéré comme étant le premier album de Triptykon, formation que Fischer a fondé suite à son « départ » de Celtic Frost en 2008. Avec des sonorités plus lourdes et plus oppressantes, une approche minimaliste en terme de riffs, des arrangements à couper le souffle et une puissance écrasante, Eparistera Daimones voit le jour en 2008. Évidemment, les détracteurs n’ont pas tardé à critiquer cet album en le comparant au bon vieux Celtic Frost, signe d’une fermeture d’esprit sans borne et d’un désir maladif de vouloir vivre dans le passé. Pourquoi revenir à de vieilles formules si notre évolution musicale est tout aussi, sinon plus valable? Celtic Frost a une place très haute dans mon cheminement musical, Triptykon tout autant, sinon peut-être un peu plus si je tiens compte de cette superbe évolution. Tom Warrior a été boudé longtemps, même avec son projet Apollyon Sun. N’empêche que ce guerrier est allé puiser dans ses propres influences pour me les transmettre à nouveau.

La Chronosphère: Samedi 19 Septembre 2015
Triptykon – Goetia – 2010

The Vision Bleak – Set Sail to Mystery – 2010

the-vision-bleakDans les années 80 le mouvement Gothique était un genre auquel je m’identifiait avec des groupes phares comme Bauhaus, The Cure, The Sisters of Mercy ou encore Joy Division. Ces groupes étaient enveloppés dans la noirceur et le côté théâtral renforçait le mythe qui tournait autour du mouvement proprement dit. Dans les années 2000 j’ai été estomaqué de constater que le mouvement « Gothique » était rendu très fashion et vraiment quétaine, mélangeant une partie des looks tirés du glam, du death rock, d’extra-terrestre et d’Edward Scissorhands. Je trouvais ( et je trouve toujours ) le Gothic Metal très loin des racines du genre et que cette nouvelle mouture était en fait une parodie « cheap » du mouvement tel qu’il est apparu à la fin des années 70. En 2010 j’ai fais la découverte d’un duo Allemand nommé The Vision Bleak et en écoutant l’album Set Sail to Mystery qui venait de paraître, j’ai eu un coup de foudre instantané. Le son, le look, l’ambiance, tout était réuni comme à l’époque des grands mais avec un son très pesant et des riffs puissants. Les groupes ayant réussi ce tour de force sont peu nombreux, The Vision Bleak fait partie de la continuité du mouvement Gothique tel qu’il était à ses débuts. Je me suis procuré la discographie complète du groupe et chaque album est une oeuvre en soi et chaque sortie est une réussite totale. Je suis vendu et je suis un fan fini, ce groupe fait partie de mon top 10 à vie tous styles confondus.

La Chronosphère: Vendredi 18 Septembre 2015
The Vision Bleak – Descend into Maelstrom – 2010

Atheist – Jupiter – 2010

atheistLorsque j’étais co-animateur de Réanimation, j’en ai découvert des groupes par centaines et j’en ai fais découvrir à mon bon ami le Dr Pendragon. Voyant ma réticence farouche face au Death Metal Extreme, ce bon Docteur usant de sa sagesse légendaire m,avait dit: « Un moment donné, le déclic va se faire et tu vas tout comprendre à propos du Death ». Ce déclic s’est fait en 2010 avec Atheist et son album réunion Jupiter. Le mélange Progressif/Jazz/Death Metal m’avait scié les jambes tant la complexité des arrangements et des partitions étaient complexes et curieusement, tout était limpide et compréhensible dans ma tête, comme si une partie de mon cerveau avait ouvert une grande porte pour laisser filtrer ce flux de données autrefois cryptées. Un monde musical nouveau m’était offert sur un plateau d’argent et depuis ce jour, le Death Metal est devenu le genre Métallique que je préfère.

La Chronosphère: Jeudi 17 Septembre 2015
Atheist – Fictitious Glide – 2010

Nachtmystium – Assassins: Black Meddle Pt.1 – 2008

nachtmystium
Oser, être ouvert d’esprit et surtout être imaginatif sont pour moi de pré-requis essentiels et primordiaux en tant qu’auteur/compositeur. C’est ce qui distingue l’ordinaire de l’extraordinaire. Parfois, l’ajout de quelques épices bien placées font toute la différence. Un groupe retient grandement mon attention lorsqu’il sort des entiers battus et élimine les œillères qui lui cachent la vue. Les étiquettes sont également plus souvent superflues même si elles peuvent aider à placer tel ou tel groupe/artiste dans une catégorie particulière. En 2008, j’ai mis la main sur l’album Assassins: Black Meddle part I de la formation Américaine Nachtmystium.

A prime abord ce qui semblait être un autre groupe de Black Metal quelconque s’est avéré être un groupe innovateur qui puisait ses idées dans divers styles hors Métal dont le Rock Psychédélique. Cet album avait un petit quelque chose de Pink Floyd pas piqué des vers ainsi que certains éléments Post-Punk forts surprenants. En revenant en arrière pour connaître les précédents efforts du groupe, je me suis rendu à l’évidence que de simple groupe de Black Metal, Nachtmystium était parvenu à évoluer vers quelque chose de plus grand, plus travaillé et plus intéressant. La suite l’a été d’autant plus malgré les déboires de Blake Judd, un musicien paumé et junkie qui a été accusé de vol pour payer sa drogue. Le travail de ce dernier m’a grandement influencé et je continue à suivre et espérer une suite dans un futur rapproché.

La Chronosphère: Mercredi 16 Septembre 2015
Nachtmystium – Assassins – 2008

Legion of the Damned – Sons of the Jackal – 2007

legion-of-the-damnedLe Métal originel a eu une évolution fulgurante depuis ses premiers balbutiements vers la fin des années 70. De Hard Rock à Heavy Metal, le genre s’est ensuite divisé pour créer le Speed Métal qui a scindé en deux genres distincts, d’un côté le Power Metal plus épique et chevaleresque et de l’autre le Thrash Metal, sauvage et guerrier. Oublions les chevaliers et les contes de fées et concentrons-nous sur les sauvageons barbares. Le Thrash s’est ensuite divisé en deux autres parties, l’une très noire et froide qui est devenue le Black Metal et l’autre très brutale et brulante devenant le Death Metal. Chacun de ces genres a migré dans des sous genres qui forment aujourd’hui le Métal que l’on connait avec ses branches interminables. Alors que certains genres sont revenus à la mode, comme par exemple le Thrash originel, avec ses groupes se complaisant dans le copier/coller de ce qui a déjà été fait look inclus, d’autres tirent profit des racines pour améliorer et évoluer créant de nouvelles sonorités.

C’est le cas de Legion of the Damned des Pays Bas qui combine le Death et le Thrash en le saupoudrant d’une pincée de Black donnant ainsi un tout authentiquel et captivant. Originalement connue sous le nom de Occult, la formation donnait dans un Black/Thrash plus conventionnel jusqu’à son 5e album où le Black avait laissé sa place au Death Metal. Après la mort d’un des membres du groupe et voyant l’orientation musicale changer, il fut décidé de changer le cryptonyme pour Legion of the Damned. C’est avec Sons of the Jackal paru en 2007 que j’ai connu le groupe. J’ai instantanément accroché au riffs incendiaires et à la furie sauvage proposée sur cet album et les albums qui ont suivi. Fait curieux, après 5 sorties sous Occult et 6 sous Legion of the Damned, la formation demeure toujours quasi inconnue en Amérique du Nord malgré sa popularité en Europe.

La Chronosphère: Mardi 15 Septembre 2015
Legion of the Damned – Son of the Jackal – 2007

Melechesh – Emissaries – 2006

melecheshIl y a 5 mois je commençais l’écriture quotidienne de mon parcours musical de ma naissance à aujourd’hui, ce parcours a été large en différents styles et a forgé le musicien et le maniaque de musique que je suis avec mes idéologies, ma culture et ma vision de la musique en général. Ceux d’entre vous qui me lisez avez pu constater mon penchant pour la musique bien faite, de qualité et surtout non standard. Les mélanges de sonorités sont ce que je préfère par dessus tout et l’ajout d’instruments sortant du basique guitare, basse, batterie renforce ma curiosité et ce penchant pour les bizarreries. Nous avons visité de nombreux pays et constaté les différentes cultures Métalliques à travers le monde mais en ces temps noirs où la guerre est omniprésente au Moyen Orient, j’étais bien loin de m’imaginer que le Métal puisse être représenté sur ce coin du globe.

Ayant été obligée de s’exiler de son Israël natal a cause des autorités religieuses, Melechesh originaire de Jérusalem est une des rares formations Métal de ce pays à avoir persévéré et fait fi des menaces du contrôle religieux de la « Terre Sainte ». Mélangeant habilement un Black/Death Metal avec les sonorités traditionnelles du Moyen Orient avec des textes référant à ses racines Mésopotamiennes et Sumériennes, Ashmedi est un auteur/compositeur hors pair qui ne lésine pas sur la qualité musicale et les arrangements spectaculaires. Melechesh est l’un de mes groupes Métal favoris, le genre de groupe intelligent qui place sa musique en avant plan au détriment de la pseudo gloire tant recherchée par plusieurs. Un exemple que j’ai toujours prôné et que je suivrai à la lettre tant que je serai en mesure de jouer d’un instrument et de composer de la musique.

La Chronosphère: Dimanche 13 Septembre 2015
Melechesh – Rebirth of the Nemesis – 2006

Asesino – Cristo Satánico – 2006

asesinoMon plongeon dans l’océan du Death Metal a pris énormément de temps avant d’être accompli, je demeurais craintif face à ce saut vertigineux et j’osais seulement tremper quelques orteils de temps à autres dans ce flot limpide avec un fort courant. Ayant à son bord Dino Cazares ( Fear Factory, Brujeria ) et Tony Campos ( Fear Factory, Static X, Ministry, Prong ), la formation Asesino m’a aidé à me tremper les deux pieds pour ainsi commencer à apprivoiser cette puissance destructrice. C’est avec des textes en Espagnol saturés d’un humour très noir sur des riffs gras et tranchants appuyés par une rythmique solide et musclée que le trio infernal nous livre son message et sa fureur tel un ouragan détruisant tout sur son passage. Katrina fait figure de douce brise en comparaison. Donc, Asesino a été la formation qui m’a fait digérer le Métal plus brutal, les portes ayant été franchies il ne me restait plus qu’à avancer à l’aveugle dans cette jungle hostile.

La Chronosphère: Samedi 12 Septembre 2015
Asesino – Soy Maldito – 2006

Bloodbath – Breeding Death – 2000

bloodbathLe Death Metal pur et dur a été la branche Métallique qui m’a pris le plus de temps à apprivoiser et ici je ne parles pas du Death Metal mélodique. J’ai tranquillement commencé à apprécier certains groupes de Death Metal conventionnel mais j’avais une totale incompréhension du Technical et du Brutal Death. Avec Mikael Åkerfeldt de Opeth à la voix, la formation Bloodbath a été ma première véritable initiation à ce style de Métal gras et lourd. La rapidité et l’énergie dégagées par le groupe a rapidement eu raison de mon manque culturel et petit à petit je me suis mis à m’intéresser à ce genre de Métal qui est aujourd’hui celui que je préfère. Bloodbath a eu un impact sur ma musique, notamment au niveau de l’accordement des instruments qui est beaucoup plus bas que les autres styles de Métal. Mon aventure dans le Death Metal ne faisait que commencer et mes découvertes ultérieures ont été très enrichissantes malgré le fait que le véritable déclic envers cette brutalité musicale se soit fait il y a à peine 5 ou 6 ans.

La Chronosphère: Vendredi 11 Septembre 2015
Bloodbath – Breeding Death – 2000

Sigh – Imaginary Sonicscape – 2001

sighLe Métal est un style de musique à part entière boudé par les médias et totalement inconnu du grand public et c’est tant mieux comme ça selon moi. Cependant, même dans ce merveilleux monde il demeure qu’une certaine standardisation persiste fermant un nombre faramineux d’esprits à un univers musical plus large. Une bonne proportion de Métalloïdes reste confortablement installée dans les créneaux plus faciles d’accès et plus faciles à assimiler sans oser explorer plus loin. En creusant plus loin que la surface de cette Terre gigantesque on s’aperçoit que plusieurs artistes ont osé et osent toujours innover en se tenant loin des standards pré-établis.

Les fusions de genres et d’esprits créatifs grouillent dans les profondeurs et des groupes étonnants restent à découvrir pour le curieux en quête de nouveauté. La formation Japonaise Sigh est une de ces entités bizarroïdes qui défient les standards en incorporant à peu près n’importe quel style, Jazz, Funk, Rock and Roll, Classique, Traditionnel à un Métal puissant et intelligent. La complexité des arrangements et la sublime folie qui émanent de la musique de ces Nippons ont enforcit le flot de musique non conventionnelle qui a toujours coulé dans mes veines. A partir du moment où j’ai entendu Imaginary Sonicscape j’ai compris qu’il me fallait partir à la recherche de trésors qui me permettront peut-être un jour de découvrir le Saint Graal Métallique. Ceci est certes une grande fabulation mais il n’en demeure pas moins que grâce à Sigh, mon désir de creuser encore plus loin s’est intensifié.

La Chronosphère: Jeudi 10 Septembre 2015
Sigh – Corpsecry Angelfall – 2001