L’Évolution Métallique selon Sinistros #1968
Opeth – The Last Will and Testament – 2024
Suède
Qui ne connaît pas encore Opeth dans l’univers métallique mondial? Le groupe Suédois est comme on pourrait dire un incontournable et un grand innovateur dans le domaine du Death Metal Progressif. Mais, depuis Heritage paru en 2011, la partie Death Metal s’est envolée et a complétement disparu du son unique de la troupe du maître Mikael Åkerfeldt ne laissant que la partie Progressive intacte. Ce qui veut dire, bye bye les growls! Opeth, moi je suis un fan assez assidu depuis Blackwater Park, j’avais tellement aimé à l’époque de sa sortie que j’avais visité la discographie et j’étais devenu un fan instantané. Puis, au fil des albums suivants, le son s’était raffiné, les riffs s’étaient complexifiés et le groupe avait grandement évolué et mûri au point de n’avoir plus rien à offrir de très « métal » sans se répéter sans cesse. Ce qui a donné quatre albums axés sur le Prog pur et dur comme dans les années 70 avec la sonorité des éléments Prog qu’Opeth nous avait toujours donné. Mais, comble de surprise, ce bougre de Åkerfeldt nous a bien eu avec The Last Will and Testament, quatorzième album de la discographie! Sans nous ramener le fameux Death Metal des débuts, il nous a tout de même ramené son légendaire growl qui sort du plus profond de ses tripes et laissez-moi vous dire que c’est plus qu’apprécié! Musicalement, c’est toujours le Opeth Progressif des derniers efforts mais avec un peu plus de muscles et de tonus bien ancrés dans un album concept racontant la succession d’un quelconque quidam et de la bataille des héritiers. Très sérieusement, cet album est parfait d’un bout à l’autre et fait sans nul doute partie des meilleurs de toute la carrière du groupe, ni plus, ni moins. La production est incroyable et pour avoir essayé la version CD et la version double vinyles en 45 rpm, le son sur vinyle est beaucoup plus chaleureux et puissant ce qui rend cette production encore plus spectaculaire. Je suis tombé sur cul et c’est formidable de se péter les fesses sur le plancher en écoutant du Opeth!

L’Évolution Métallique selon Sinistros #1742
Opeth – Progressive Death Metal / Progressive Rock – Suède
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1577
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1468
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1299
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1113
L’Évolution Métallique selon Sinistros #963
L’Évolution Métallique selon Sinistros #845
L’Évolution Métallique selon Sinistros #746
L’Évolution Métallique selon Sinistros #672
Opeth allait embrasser son côté progressif de façon spectaculaire sur son troisième album au grand dam d’une partie de ses fans. Certains disaient que My Arms, Your Hearse était pompeux et que le groupe s’éloignait de sa sonorité originelle des deux premiers albums. Pourtant, si on écoute attentivement ces deux albums, on voyait clairement venir cette évolution dès les premières notes de Orchid. Évolution. Ce grand mot qui fait peur et dont il faut absolument se méfier mais qui amène les génies de la musique à se surpasser et éviter la stagnation. Oui, avec My Arms, Your Hearse, Opeth évoluait vers quelque chose de plus grand, de plus éthéré et bien sûr possiblement plus élitiste à l’image des groupes de Progressif des années 70. On mesurait pleinement le génie de compositeur et le talent incroyable de Mikael Akerfeldt au niveau des arrangements et des voix. Les détracteurs de cet album n’ont vraisemblablement rien compris et c’est dommage pour eux car cet album est d’une importance capitale pour la suite des choses et de l’évolution du métal technique et progressif.
Parfois et même plus souvent qu’autrement, lorsqu’un groupe ou un artiste décide de suivre une certaine évolution dans son cheminement musical il peut être traité négativement tant que positivement par ses fans ou les bienpensants du vaste monde musical. Après avoir fourni un premier album incroyablement bien ficelé et hors des sentiers battus, Opeth avait monté la barre plus haut sur Morningrise ce qui lui avait valu de s’attirer les foudres de certains fans. L’ajout de guitares acoustiques et d’éléments beaucoup plus Progressifs avait rebuté certains amateurs mais au contraire, ce nouvel aspect du groupe en avait recruté beaucoup plus qu’il n’en perdait. Mikael Akerfeldt, principal compositeur de Opeth, s’était mis en tête de revisiter ses influences de jeunesse en l’occurrence plusieurs groupes de Prog des années 70. Cette influence avait changé la face du Métal laissant Opeth rapidement devenir une légende du Métal Progressif et un pionnier de la nouvelle génération de groupes ultra techniques. Morningrise est évidement un chef d’œuvre musical intemporel dont l’influence musicale n’est pas à prendre à la légère.
En plein bouillonnement du Black Metal et du Death Metal dans les milieux underground de la planète, une cassure s’était radicalement faite avec le premier album de Opeth. Orchid arrivait en grandes pompes avec des pièces plus qu’étoffées et excessivement longues, on retrouvait des éléments du Progressif des années 70 mais avec une fougue et une sauvagerie sonore sans précédent. Mikael Akerfeldt nous lançait en pleine face son génie musical et ses compositions étaient complètement à l’opposé de ce qui se faisait dans le Grunge, style qui prédominait et qui avait éclipsé le Métal des palmarès. Au lieu de se contenter de simplicité, Opeth y allait avec des pièces complexes et brillamment composées et le groupe semblait dire « regardez, nous sommes capables de faire de la musique intelligente et complexe comme nos idoles qui dominaient dans les années 70. » Opeth est rapidement devenu une référence dans le monde du Métal et Orchid n’était que le début d’une fantastique aventure musicale qui changerait le genre à jamais.
Opeth – Progressive Rock – Suède
En 2001 j’avais acheté un CD compilation provenant du label Century Media dont le titre était Firestarter. La compilation proposait bon nombres de groupes Black Metal dont je n’avais jamais entendu parler. En fait, le Black Metal je ne savais même pas que ça existait croyant que seul un album de Venom portait cette mention comme titre. Un des membres de Rebearth qui jouait aussi dans une formation nommée Ending Hate performait un soir au Maquisart avec Anhkrehg et Malvery. Ce fut ma première rencontre avec cette musique froide et malsaine, musicalement je n’avais pas accorché à ces deux derniers groupes mais l’ambiance dégagée était assez spéciale. C’est en parcourant cette compilation que j’ai découvert Opeth. La pièce Nectar était la dernière du CD et semblait ne pas être à sa place dans la liste de groupes proposés. Je suis tombé sous le charme de cette pièce et je me suis aussitôt procuré l’album Blackwater Park. Je dois dire que cet album a complètement changé ma perception du Métal de cette époque et du Métal tout court. La puissance, la technicité et la musicalité de cet album m’avaient tant bouleversé que cet album est devenu un de mes préférés de toute l’histoire du Métal. J’ai compris à ce moment que non seulement le Métal n’était pas mort mais avait élargi ses tentacules et subi une mutation génétique incroyable.