L’Évolution Alternative selon Sinistros #28
Kraftwerk – Kraftwerk 2 – 1972
Allemagne
Le deuxième album de Kraftwerk est sans aucun doute le moins caractéristique de la discographie. Réunissant une fois de plus Ralf Hütter et Florian Schneider, Kraftwerk 2 est de loin l’album le plus expérimental du groupe et ses deux membres n’ont utilisé aucun synthétiseur pour composer ce chef d’oeuvre du Krautrock. Le duo préférait les instruments plus standards comme la guitare, la basse, le piano élect4ique ou encore la flûte en les utilisant de manière peu conventionnelle. Bien que ce deuxième album soit un peu difficile d’accès, il n’en demeure pas moins des plus importants pour ce qui allait se créer des années plus tard notamment dans les milieux de la musique alternative. UN album éclaté qui allait ouvrir les portes pour ce qui allait suivre pour le duo. À écouter très attentivement pour découvrir tout un monde de textures et de sons!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #27
Klaus Schulze – Irrlicht – 1972
Allemagne
Klaus Schulze est connu pour être un des pionniers de la musique électronique et un des instigateurs du Krautrock. Ayant fait partie de Tangerine Dream durant un cours moment, Schulze est devenu un artiste solo après le tout premier album du célèbre groupe Allemand. Bien que le bonhomme soit connu pour ses albums à très haute teneur électronique, il n’avait aucun synthétiseur en sa possession à l’époque de Irrlicht, son tout premier album. L’utilisation d’orgues électriques brisés et modifiés, d’un enregistrement d’une pratique d’un orchestre symphonique et d’un amplificateur endommagé pour filtrer les sons et ainsi les altérer avaient jeté les bases sur ce que l’on pourrait qualifier du tout premier album Drone. Ses expérimentations et ses atmosphères glauques et vaporeuses conduiront directement au développement non seulement de la musique électronique en tant que tel mais surtout de la musique Industrielle qui verra le jour quelques années après la sortie de cet album. Irrlicht brisera des barrières musicales et nous conduira vers un monde riche en textures diverses dans lequel tout est devenu possible sans se soucier de quoi que ce soit. À ce jour, Irrlicht est toujours un album hyper important et encore d’actualité!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #26
David Bowie – The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars – 1972
Angleterre
The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars est sans aucun doute le plus connu et le plus abouti des albums de la discographie du grand David Bowie. Cet album concept a brisé de nombreuses barrières tant musicales que sexuelles et il a été tout un élément déclencheur pour ce qui allait venir dans le vaste monde artistique mondial. Socialement parlant, cet album explorait de nombreux tabous et incitait les gens à assumer leur sexualité et l’afficher au grand jour et il a été un précurseur de ce qu’on étiquette aujourd’hui comme étant LGBTQ+. Il est évidement un album très « woke » avant son temps, même si ce terme n’existait pas à cette époque et qu’il est utilisé à outrance aujourd’hui pour décrire ce dont certains humains ont peur d’affronter ou même de s’avouer. Musicalement parlant, Bowie revenait à des sonorités beaucoup plus rock qui conduiront directement au Punk et au Post Punk des années plus tard et avec le côté conceptuel d’une rock star androgyne et bisexuelle venue de l’espace en sauveur pour nous éviter une apocalypse imminente, le ton Proto Punk était donné et on ne pourrait plus revenir en arrière. Ce cinquième album de Bowie est un déclencheur aux multiples aspects et un des plus importants de l’histoire de la musique Rock.
L’Évolution Alternative selon Sinistros #25
Can – Ege Bamyasi – 1972
Allemagne
Avec son troisième album, la formation Allemande Can nous en mettait plein les oreilles avec encore plus d’expérimentations et de mélanges de styles en incorporant des éléments de Funk à son univers sonore disjoncté. Grâce au succès de sa pièce Spoon, Can se placera très haut comme membre influent du mouvement Krautrock et de la musique plus expérimentale et Ege Bamyasi est un album clé de cette révolution sonore qui mènera au développement de la musique plus underground. Can deviendra un incontournable influenceur tant pour la musique Progressive que la musique alternative sous de multiples formes. Les dés étanient jetés et l’industrie du disque des années 60 n’aura autre choix que de s’adapter à cette nouvelle révolution pour survivre à ce qui s’en venait!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #24
Amon Düül II – Carnival in Babylon – 1972
Allemagne
Avec son quatrième album, Amon Düül II poursuivait sur sa lancée d’offrir une musique flyée et hors normes qui servira de tremplin non seulement pour la musique progressive mais aussi pour tout un pan de la musique alternative ayant un penchant pour les expérimentations. Carnival in Babylon était la suite logique de son prédécesseur avec ses structures complexes et ses textures éclatées bien ancrées dans des pièces qui défiaient les standards établis. En 1972, la musique rock avait beaucoup évolué et s’éloignait totalement de ce qui se faisait dans les années 60 et Amon Düül II se faisait un malin plaisir à vouloir sortir les institutions pour éliminer les normes de l’industrie musicale. Ce quatrième album connaîtra un franc succès dans les milieux plus « underground » et plus artistiques et il est indéniable qu’il deviendra par le fait même tout une influence pour de nombreux groupes par la suite. Un incontournable de la musique bizarre et hors des sentiers battus!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #23
Tangerine Dream – Alpha Centauri – 1971
Allemagne
Bien que le deuxième album de Tangerine Dream soit toujours axé sur l’orgue et la flûte, on dénote toutefois un changement de sonorités et de textures comparativement à son premier album. Sur Alpha Centauri, l’usage massif des claviers, synthétiseurs et autres effets électroniques allait conduire la formation allemande vers de nouveaux horizons et un tout nouveau spectre sonore. Alpha Centauri deviendra donc le tout premier album du genre « Kosmische Musik » prenant ainsi pour influence le modèle « Space Rock » qui avait été généré par le Saucerful of Secrets de Pink Floyd en y enlevant la partie rock. Alpha Centauri sera un déclencheur dans le monde musical expérimental avec la richesse de ses atmosphères et conduira à la création de multiples genres de musique électronique dont l’industriel et autres sous dérivés. Un incontournable chef d’œuvre à écouter sans retenue assis bien tranquille et en ne faisant qu’écouter et se laisser planer!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #22
T.Rex – Electric Warrior – 1971
Angleterre
Marc Bolan est une figure emblématique de ce qu’on appelle le Glam Rock. Avec son groupe T.Rex, le bonhomme est rapidement devenu un incontournable de la musique Rock du début des années 70 qui influencera la création de nouveaux genres au cours de cette décennie. Electric Warrior est l’album qui a fait décoller la carrière du musicien notamment grâce à sa pièce Get it On qui est devenu un succès planétaire et surtout la base de ce qui allait suivre. Electric Warrior est souvent considéré comme étant le premier album de Glam Rock et est cité par des musiciens de renom comme The Cure, The Jam et The Slits comme étant une grande influence surt leur musique respective. Un grand album hyper important pour la suite des choses et le développement de la musique Alternative.
Megadeth – Thrash Metal – États-Unis
Megadeth – 2026
BLKIIBLK Records
8,6/10
Et les détesteurs détesteront. Du moins derrière leurs claviers. Il faut s’y faire, en 2026 les trolls qui n’ont rien à faire d’autre que répandre leur venin négatif sur la toile dans le confort de leur foyer est rendu la norme. Même la légende qu’est Megadeth n’y échappe pas avec son tout dernier album à vie qui se fait encenser et tout autant démolir. Suis-je un fan de Megadeth? Pas tant que ça mais j’aime l’essentiel du groupe, de Mustaine devrais-je plutôt dire, et c’est avec une totale impartialité que je vous parle de cet album éponyme qui fait couler beaucoup d’encre numérique depuis l’annonce de sa sortie.
Ce n’est pas le meilleur album de Megadeth mais il est loin d’être le pire. Pour finir en beauté, Dave Mustaine et ses musiciens ont réussi à proposer un album d’une finale digne de ce nom. C’est du pur Megadeth comme dans le temps des quatre ou cinq premiers albums, il est la suite logique du très bon album précédent, c’est rempli de riffs sauvages et de solos endiablés, la rythmique est puissante et il n’y a pas de remplissage apparent mis à part la très inutile reprise de Ride the Lightning. En tout dix nouvelles compositions pour une total de plus de quarante minutes de Thrash Metal grinçant bien ficelé. Cet album nous rappelle très bien que Mustaine est un pionnier du genre et qu’il vaut mieux se retirer pendant qu’on est encore crédible et malgré quelques faux pas dans sa carrière avec certains albums douteux ou maladroits, Dave Mustaine est toujours tout aussi crédible qu’à ses débuts. Cependant, le bonhomme est malheureusement encore pris dans son passé avec Metallica, tellement qu’il a refait Ride the Lightning pour boucler la boucle comme il dit. Oui c’est sa toune mais reviens-en un moment donné.
Dans l’ensemble, Megadeth est un très bon album qui procure du plaisir auditif et de très bons moments à taper du pied et brasser sa tête. C’est assez technique et mélodique à la fois, c’est du vrai Megadeth comme on s’attendait à recevoir, c’est réussi et ça fera le top 2026 de Hurlemort. Pour les détesteurs, je vous lance un 2e fuck off en autant de chroniques 2026!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #21
MC5 – High Time – 1971
États-Unis
La fin des années 60 et le début des années 70 ont été décisives pour le changement et la révolution musicale. Ces années ont aussi été difficiles pour plusieurs musiciens de l’époque aux prises avec de graves problèmes de drogue et bien que MC5 ait été fort influent pour la suite des choses, la drogue aura eu raison du groupe et de certains de ses membres qui furent emprisonnés pour usage et possession de drogue. Ceci conduira à la fin prématurée du groupe moins d’un an après la sortie du deuxième album. High Time a un titre assez équivoque et son contenu l’était tout autant. Malgré que le terme Proto Punk n’existait absolument pas à cette époque, MC5 en est devenu l’emblème même des bases qui conduiront au Punk pur et dur avec ses guitares tranchantes et son discours irrévérencieux. Un très bon album qui changera la musique à jamais en influençant plusieurs styles qui verront le jour quelques années plus tard.
Kreator – Thrash Metal – Allemagne
Krushers of the World – 2026
Nuclear Blast
8,9/10
Kreator n’a vraiment plus besoin de présentations et si vous ne connaissez pas encore ce légendaire groupe allemand, tant pis pour vous. Pour ceux qui pleurent encore parce que Mille Petrozza ne fait plus ce qu’il faisait à l’âge de 20 ans, revenez-en! Pleasure to Kill aura 40 ans en avril prochain et le groupe a grandement évolué depuis toutes ces années. Krushers of the World, seizième album de la discographie, est sorti en janvier dernier alors voyons voir ce que j’en pense après quelques écoutes.
Comme à chaque sortie d’album de la part du quatuor, il y a toujours les trolls qui polluent internet de leur supposée science infuse en affirmant que Kreator est loin de ses débuts et avec Krushers of the World on a encore et encore droit au négativisme non objectif de la part de ces « ti-jos connaissants » qui se cachent derrière leurs claviers pour dire que cet album est de la marde en canne. Fuck off. Ce nouvel album est excellent, même que je le trouve meilleur que Hate über alles et je trouve que c’est possiblement le meilleur album depuis Phantom Antichrist. Ça bûche, c’est rempli de riffs puissants tout au long des dix pièces de l’album et il n’y a aucun remplissage. On le sait que Kreator ne sonne plus comme en 1986 et c’est tant mieux. L’évolution fait partie de chaque groupe et chaque musicien et Kreator n’a jamais lâché le morceau depuis plus de 40 ans. La production est en béton armé, la rythmique frappe fort et ça nous rentre dedans. Que demander de plus?
Kreator, moi j’aime encore ça comme quand j’ai découvert Endless Pain à 16 ans à sa sortie en 1985. C’est différent bien entendu mais ça vient encore me chercher comme dans le temps. Un excellent album de pur Thrash fait par les pionniers qui se retrouvera dans les tops de 2026!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #20
David Bowie – Hunky Dory – 1971
Angleterre
David Bowie a été tout au long de sa carrière un artiste qui changeait constamment de styles, ce qui en fait un artiste unique et dédié totalement à son art. Après les guitares grinçantes et le Hard Rock assumé de The Man Who Sold the World, Bowie proposait une musique plus pop et plus axée sur le piano ce qui contrastait beaucoup avec son précédent album. Mais bien que cet album soit plus chaud et plus mélodique, il n’en demeure pas moins un incontournable de la discographie du bonhomme et un album important pour le développement de la musique alternative, en particulier le New Wave qui apparaîtra quelques années plus tard en réponse plus positive et colorée au Punk pur et dur. Hunky Dory créera une surprise chez les fans de Bowie mais ce ne sera pas la dernière surprise de la part du génie Anglais! Différent mais tout aussi excellent!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #19
Can – Tago Mago – 1971
Allemagne
Tago Mago est le premier album de Can sur lequel figure Damo Suzuki à lvoix suite au départ de Malcolm Mooney. Ce deuxième album officiel marque aussi un côté plus expérimental et surtout plus extrême dans la musique du groupe Allemand. Le « tape editing » est une fois de plus au cœur de la recherche sonore du groupe qui combine des éléments de musique concrète et de Funk bien intégrés dans une musique complexe et difficile d’accès pour le commun des mortels. Tago Mago deviendra rapidement un essentiel du mouvement Krautrock et ouvrira la voie à la musique Progressive mais aussi à plusieurs artistes qui plogeront directement dans l’avant-garde, le punk et la musique plus expérimentale qui sera intégrée à même la musique Alternative bien des années plus tard. À écouter attentivement pour ses textures incroyables et la richesse de la composition.
L’Évolution Alternative selon Sinistros #18
Amon Düül II – Tanz der Lemminge – 1971
Allemagne
La musique Alternative et aussi Progressive n’auraient pas été ce qu’elles sont sans l’apport considérable de la formation Allemande Amon Düül II. L’expérimentation musicale et les écarts sonores sortant des sentiers battus ont largement contribué au développement de tout un pan de l’industrie jsuqu’àlors très centrée sur les standards qu’il ne fallait absolument pas franchir. Mais à l’époque, il y avait cette mouvance partout sur la planète qui tendait à vouloir changer les choses et à déconstruire les règles préétablies. Tanz der Lemminge, troisième album du groupe, proposait des pièces à la fois mélodiques et très complexes en jouant avec divers instruments et diverses textures pour ainsi apporter une toute nouvelle aura sonore qui influnencera bon nombre d’artistes à s’éloigner de ces foutus standards dictés par des messieurs à cravate bien confortablement assis dans leurs fauteuils des compagnies de disques. La révolution était en pleine ébullition et Tanz der Lemminge en est un des instigateurs!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #17
The Velvet Underground – Loaded – 1970
États-Unis
Avec son quatrième album, The Velvet Underground avait délibérément choisi de tenter sa chance pour passer à la radio. En résultera Loaded, un album très loin des racines musicales du groupe malgré certaines textures un peu plus expérimentales par moments. Mais en bout de ligne, Loaded est un album très pop et surtout très mielleux qui ne cadrait pas vraiment avec la fougue initiale du groupe et son désir de changer les choses. Même si certaines pièces sont correctes au fil de l’album, il n’en demeure pas moins que The Velvet Underground était tombé dans ce qu’il avait toujours refusé de faire : Rentrer dans le moule, mettre de côté ses convictions artistiques au profit de l’appât du gain et de la reconnaissance. Ce sera le tout dernier album en tant que groupe, la totalité de ses membres ayant décidé de quitter le navire laissant Doug Yule seul aux commandes pour un tout dernier album qui sortira en 1973.
L’Évolution Alternative selon Sinistros #16
The Stooges – Fun House – 1970
États-Unis
Iggy Pop se doit d’être considéré comme étant le grand-père du Punk et avec raison. Le bonhomme alors un tout jeune homme avait des idées auto destructrices et une mentalité chaotique qui remettait tout en question. La musique caustique de son groupe The Stooges alimentait le phénomène et force est de constater que tout ceci causiait une véritable commotion dans le milieu musical de l’époque. Nous étions tout de même au début des années 70 alors que tout était en train de basculer et que plusieurs artistes tentaient de revitaliser la musique en laissant de côté les valeurs proposées dans les années 50 et 60. Le deuxième album de The Stooges, tout comme son prédécesseur et son successeur, ne connaîtra pas vraiment le succès escompté même si la troupe avait signé pour Elektra Records. Bien évidemment, monsieur et madame tout le monde avaient de la difficulté à embrasser cette musique de démons agressifs aux cheveux longs qui ne faisaient que crier. Cependant, c,est dans les milieux plus sombres et enfumés que ces trois albums seront considérés et il est impératif de mentionner que sans ces trois chefs d’œuvres, le Punk ne se serait fort possiblement pas développé. Fun House est un album irrévérencieux qui a brassé les cervelles allumées de l’époque en changeant la donne. La suite n’en sera pas moins irrévérencieuse! Du Proto Punk à son meilleur à écouter avec un haut niveau sonore!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #15
Tangerine Dream – Electronic Meditation – 1970
Allemagne
Ayant mal interprété les paroles de Lucy in the Sky des Beatles, Edgar Froese avait nommé son projet Tangerine Dream méprenant Trees pour Dream dans la célèbre chanson de John Lennon. Le nom finalement plu au trio composé de Froese, Klaus Schulze et Conrad Schnitzler car il collait parfaitement au son qu’ils voulaient donner au projet. Electronix Meditation, premier dm,une très longue et prolifique discographie, nous montrait une musique qui sortait définitivement des sentiers battus avec ses expérimentations sonores et ses textures difficiles d’accès pour le commun des mortels. Sans vraiment le savoir, le trio allait révolutionner la musique en ouvrant toute grande la porte du psychédélique et surtout de la grande expérimentation qui allait devenir beaucoup plus large au fil des années qui suivront. Tangerine Dream influencera bien évidement plusieurs musiciens de ce qui allait devenir la musique Progressive mais aussi tout un pan de ce qui deviendra la musique Industrielle, le Noise et une bonne partie de la musique électronique en général. Electronic Meditation est assurément un gros élément déclencheur qui révolutionnera la musique dite « underground » et qui permettra à un paquet d’artistes de se foutre des standards établis et à chercher à faire évoluer l’univers sonore et musicale de la planète afin de se détacher des normes populaires et de les déconstruire.
L’Évolution Alternative selon Sinistros #14
T.Rex – T.Rex – 1970
Angleterre
Après avoir sortie quatre albums de Folk Rock sous le nom Tyrannosaurus Rex, Marc Bolan et sa troupe avaient décidé de changer de nom pour T-Rex et de radicalement changer de direction musicale pour le premier album de cette incarnation. Musicalement, même si certains soubresauts de Folk persistaient toujours, c’est à grands coups de guitares grinçantes que Bolan avait pris d’assaut le monde de la musique hors normes en devenant une icône instantanée et un pionnier de ce qui allait suivre avec le Glam Rock qui influencera bon nombre de musiciens et de genres en particulier le Gothic Rock plusieurs années plus tard. T-Rex plantera son influence avec cet album mais ce sera avec le suivant qu’il atteindra la notoriété. Un album très important pour la suite des choses à écouter pour sa sensibilité et ses textures un peu disjonctées!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #13
Slade – Play it Loud – 1970
Angleterre
Après la catastrophe commerciale de son premier album, Ambrose Slade est devenu Slade. Le nouveau gérant du groupe, soucieux de voir ses protégés atteindre des sommets inimaginables, proposa de changer le look du groupe. Il fut décidé, au détriment de certains membres, que le look skinhead avec les cheveux courts, les Doc Martens et une certaine attitude photographique agressive serait adoptée. Le résultat fut l’album Play it Loud qui proposait un son plus lourd et plus abrasif. Cependant, l’album fut un autre cuisant échec commercial. Peu de temps après la sortie de la,lbum, le groupe changea une fois de plus son look troquant ses Doc Martens pour des bottes à plate-forme et en ajoutant de la couleur dans leurs uniformes. Le reste fera partie de l’histoire car la popularité du groupe explosera avec le troisième album. Play it Loud est loin d’être un mauvais album et Slade est crédité comme étant le tout premier groupe à adopter le look skinhead ce qui influencera bon nombre de musiciens à faire de même par la suite et qui migrera vers une forme de Punk qui deviendra un genre nommé Oï. Un excellent album de Rock musclé et grinçant qui sera tout de même un grand influenceur!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #12
MC5 – Back in the USA – 1970
États-Unis
Le Proto Punk, ça mange quoi en hiver? C’est un genre qui n’existait pas du tout originalement mais un groupe Américain répondant au nom de MC5 est l’un des instigateurs de ce qui allait devenir le Punk en plantant ses racines irrévérencieuses avec des guitares tranchantes et une rythmique de feu. Le Punk tel qu’il a été inventé n’était ni plus ni moins que du Rock and Roll ultra fâché et quoi de mieux que de partir un album grinçant avec une reprise de Tutti Frutti de Little Richard en la rendant plus explosive? Avec The Stooges, MC5 est un pionnier incontesté d’un mouvement qui ira plus loin que prévu au milieu des années 70 et qui changera la musique Rock à jamais!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #11
David Bowie – The Man Who Sold the World – 1970
Angleterre
Le troisième album de David Bowie avait été marqué par une évolution de sa sonorité. Bowie délaissé le Folk Rock de son album précédent pour une approche axée beaucoup plus sur le Hard Rock et des pièces plus lourdes et plus bruyantes. The Who Sold the World sera en quelque sorte un « game changer » qui influencera bon nombre d’artistes à adopter des textures plus éclatées et influencera même un genre entier qui verra le jour dans les années 90 avec les Nirvana et compagne. Avec cet album, Bowie cimentera son statut de Rock Star éternelle et deviendra un symbole pour toute une génération. Un incontournable de la musique plus crue et plus directe à écouter avec un maximum de volume sonore!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #10
Kraftwerk – Kraftwerk – 1970
Allemagne
La fin des années 60 et le début des années 70 ont été cruciales dans le développement de la musique expériemntale et hors normes. Le Krautrock était en train de s’imposer dans les milieux « underground » de la planète et la scène devenait riche en sonorités diverses. Bien avant l’utilisation des synthétiseurs qui donneront sa sonorité légendaire, la formation Kraftwerk avait dès son premier album mis les bases de ce qui allait devenir la musique électronique et qui allait bouleverser le monde musical alors connu. En utilisant des instruments naturels tel le violon, la guitare ou l’orgue, les deux principaux membres du groupe, Ralph Hütter et Florian Schneider avaient réussi à créer une musique avant-gardiste et complétement disjonctée jusqu’ici pratiquement absente de vaste monde musical. L’utilisation du Tubon, précurseur de l’actuel synthétiseur, venait enrober le tout d’une atmosphère à la fois glauque et psychédélique renforçant ainsi les liens avec ce qui allait suivre quelques années plus tard. Ce premier album est le premier d’une fantastique discographie et deviendra la base même de la musique électronique et plus tard l’industriel pur et dur. À écouter si vous n’avez pas peur de découvrir une musique chaotique et très loin des standards de l’époque!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #9
Amon Düül II – Yeti – 1970
Allemagne
Avec son deuxième album, le collectif Allemand Amon Düül II avait frappé encore plus fort dans son désir de changer les choses et d’éviter de se conformer musicalement. Le résultat fut Yeti qui deviendra l’un des plus emblématiques albums du mouvement Krautrock et un précurseur de la musique Progressive. Le côté avant-gardiste et expérimental de cet album cimentera les bases de plusieurs styles et courants musicaux qui révolutionneront à jamais la manière de voir les choses et à laisser de côté les vieilles mentalités conformistes des années 50 et 60. Ce qui suivra sera évidement spectaculaire, irrévérencieux et sortira une certaine partie de la population de sa profonde léthargie et incitera les plus dégourdis à sortir du cadre établi. Un merveilleux album qui a changé la face de la musique « underground »!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #8
The Velvet Underground – The Velvet Underground – 1969
États-Unis
Avec son troisième album, la troupe de Lou Reed prenait un tournant pour le moins surprenant en délaissant son côté abrasif et expérimental pour pleinement embrasser ce que l’on pourrait maintenant appeler le « mainstream » avec des ballades mielleuses et des pièces plus rock standard. Est-ce que cet album était mauvais pour autant? Pas nécessairement. Les critiques l’avaient louangé mais qui se soucie vraiment de ce que disent les critiques? Lou Reed s’en foutait carrément sur ses deux premioers albums mais poas cette fois-ci semble-t-il. Cet album avait eu une promotion défaillante et N’avait pas trouvé une belle place dans les palmarès de l’époque. Cette musique plus standard avait aussi déplu aux fans qui se sentaient trahis au profit d’un auditoire plus large, ce qui n’est pas faux d’un certain point de vue. Mais, cet album servira de base pour la musique « indie pop » des années 80 alors qu’une faction de la scène alternative mondiale fera un retour aux sources des années 60 pour faire revivre ces sonorités avec plus de modernité. Cet album marquera aussi une fracture au sein de la formation qui commencera à perdre des plumes sur les albums suivants.
L’Évolution Alternative selon Sinistros #7
The Stooges – The Stooges – 1969
États-Unis
La musique alternative ne serait pas développée de la même façon sans The Stooges et Iggy Pop. Le groupe du Michigan est un des précurseurs non seulement du Punk mais aussi de ses dérivés comme le Post Punk et le Gothic Rock qui ont directement pris leur influence sur ce premier album irrévérencieux, granuleux et très percutant. Des titres comme 1969 ou I Wanna Be Your Dog sont de directes sources pour ce qui allait suivre au milieu des années 70. Iggy Pop est un peu perçu comme étant le grand-père du Punk Rock avec son attitude éclatée et ses idées anticapitalistes et ce premier album de The Stooges illustre parfaitement cette idéologie. Un album pionnier du Garage Rock et du Proto Punk qui plantera la graine de la non-conformité musicale et la façon de faire les choses. À écouter avec du volume!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #6
Slade – Beginnings – 1969
Angleterre
Souvent un grand oublié dans le développement de la musique dite alternative, Slade a néanmoins une feuille de route assez impressionnante et une riche discographie remplie de textures et de sonorités qui ont contribué à influencer tant la musique punk que tout un pan de cette évolution alternative. Son premier album sorti sous le nom de Ambrose Slade nous montre une férocité musicale et un profond désir de changer les choses en évitant soigneusement de stagner dans les standards établis de l’époque. Beginnings marquait les débuts de la formation Britannique mais aussi les bases d’un toute nouvelle vague musicale qui allait déferler quelques années plus et qui créera toute une révolution dans le monde de la musique rock tant musicalement que par l’idéologie. Même si cet album comporte en majorité des reprises, Slade se les était appropriées avec brio pour former un excellent album à la fois musclé et révolutionnaire!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #5
David Bowie – David Bowie – 1969
Angleterre
David Bowie est le deuxième album de David Bowie qui fait suite à son premier album David Bowie. Mêlant n’est-ce pas? Ce deuxième album est aussi appelé Space Oddity, pièce phare du chanteur Britannique et surtout pièce clé de son changement de sonorité. Bowie avait joué la carte de sonorités sirupeuses de la fin des années 60 avec des éléments baroques et music-hall à la mode de cette époque mais avait complétement changé de cap pour son second album pour une approche plus psychédélique et plus complexe qui finira par influencer bon nombre d’artistes de la scène Punk et plus tard New Wave et Gothic Rock vers la fin des années 70. Malgré un succès commercial catastrophique dû à une promotion défaillante à l’époque, il est tout de même devenu un classique et un incontournable qui donnera les bases du glam rock du début des années 70. Un classique intemporel qui se doit d’être apprécié à sa juste valeur!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #4
Can – Monster Movie – 1969
Allemagne
Initialement officiant sous le nom de Inner Space, la formation ouest allemande Can s’était vu refuser son premier album Prepare to Meet Thy Pnoom par plusieurs « labels ». Monster Movie a, en quelque sorte, été un essai à sortir un album commercialement plus accessible et le groupe fut renommé The Can. Le reste est purement historique car ce premier « deuxième » album révolutionnera la musique Krautrock avec ses éléments psychédéliques et ses instrumentations peu orthodoxes comme le « tape editing » et les textures de « free jazz » et autres expérimentations à partir de styles plus conventionnels tel le blues et la world music. Bien que l’influence Velvet Underground se fait très bien sentir sur la pièce d’ouverture, le groupe prenait une tournure qui lui était propre sur les pièces suivantes. Monster Movie est un incontournable du Krautrock qui aidera à ouvrir la voie au Punk et ses dérivés mais aussi à la musique Progressive et surtout la musique d’avant-garde et expérimentale. Un chef d’ouvre essentiel pour l’évolution alternative à écouter sans perdre de temps!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #3
Amon Düül II – Phallus Dei – 1969
Allemagne
Bien que Amon Düül soit associé à la musique expérimentale, il est aussi associé à une commune radicale de l’Allemagne de l’ouest durant les années 60. La première mouture du groupe musical se voulait une expérimentation qui en a résulté en pratiquem,ent une seule session d’improvisation qui donnera quatre albums. Certains membres de la commune désireux de créer une musique plus structurée fonderont Amon Düül II qui deviendra beaucoup plus connu et très influent dans le monde de la musique bizarre de la fin des années 60. Les expérimentations musicales et le désir de changer les choses mèneront le groupe à devenir l’un des pères fondateurs du mouvement Krautrock et Phallus Dei l’un des plus importants albums du genre. Le Krautrock servira de base non seuieument pour la musique dite Progressive mais aussi pour tout un pan de la musique « underground » qui migrera vers le Punk, le Gothic Rock et influencera même la source pionnière de la musique Industrielle grâce aux idées chaotiques et au non standard des conventions établies. Phallus Dei est un album qui changera le cours de l’histoire musicale qui se développera à une vitesse vertigineus par la suite. Grandement conseillé si vous aimez la musique hors norme riche en textures et sonorités diverses!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #2
The Velvet Underground – White Light/White Heat – 1968
États-Unis
Pour cette deuxième chronique de l’Évolution Alternative selon Sinistros, on passe en 1968 avec le deuxième album de tenez vous bien, et oui, The Velvet Underground! Ce qui confirme le statut du groupe en tant que grand pionnier et légende incontestée du mouvement alternatif. Sur cet album, Lou Reed avait congédié Andy Warhol qui avait produit le premier album. Ce sera également le dernier avec John Cale qui sera congédié du groupe vers la fin de 1968. White Light/White Heat est saurtout reconnu pour ses longues pièces mais aussi par la surutilisation de la distorsion sur les guitares et la basse rendant le tout très saturé pour l’époque. The Velvet Underground montait la barre de l’expérimentation plus haute en incorporant des éléments de « Noise Rock », genre pratiquement absent à cette époque. Malgré un son et une production qui ne plaisaient guère à Lou Reed, cet album eu un peu plus de succès que le premier et proposera les véritables bases de la musique irrévérencieuse et chaotique. Ce sera le dernier album expérimental du groupe qui optera pour un son plus folk et plus pop sur l’album suivant. White Light/White Heat marque la révolution de la fin des années 60 avec le mouvement hippie, les drogues et tout cette effervescence éclatante de l’expérimentation musicale et culturelle!
L’Évolution Alternative selon Sinistros #1
The Velvet Underground – The Velvet Underground & Nico – 1967
États-Unis
Quoi de mieux pour commencer la chronique quotidienne L’évolution Alternative selon Sinistros? Un album incontournable qui a tout changé et surtout révolutionné la musique dite marginale et « underground ». J’aurais pu commencer par Sgt Peppers Lonely Heart’s Club Band des Beatles qui est un album qui est totalement révolutionnaire mais The Velvet Underground & Nico, premier album de Lou Reed et son Velvet Underground a été un album radical qui se place parmi les plus grands albums de tous les temps si ce n’est le plus grand. Avec ses airs de Garage Rock et ses guitares abrasives, cet album a jeté les bases de ce qui allait devenir le Punk, Le Gothic Rock, l’indie Rock et toute forme de musique plus expérimentale. The Velvet Underground se foutait royalement de devenir populaire, ce nétait pas le but. Le groupe avait pour mission de changer le rock à jamais et est devenu le tout premier groupe « Art Rock » de l’histoire, sous genre du rock souvent associé à la musique progressive mais aussi à tout ce qui allait suivre, du rejet pur et simple de la technicité par le Punk à la lueur d’espoir lumineux du New Wave jusqu’au Gothic Rock ténébreux. Nous verrons aussi dans les prochaines semaines, mois et années le lien que la musique Alternative entretient avec le Progressif et la musique Métal et que tout ça est inter relié. Ce premier album de Velvet Underground est la base solide de toute cette révolution musicale et un des plus importants albums de tous lesd temps!