Accu§er – The Mastery – 2018

Accu§er – Groove/Thrash Metal – Allemagne
The Mastery – 2018
Metal Blade
6,4/10

Bien que ne connaissant peu la formation Allemande Accu§er, j’avais été surpris par le dixième album, The Forlorn Divide paru en 2016. Il m’avait semblé, à l’écoute de cet album, que le groupe était capable de livrer un très bon Thrash Metal honnête et bien ficelé. Donc il était impératif pour moi d’écouter ce nouvel album et mes attentes étaient tout de même assez grosses.

En écoutant The Mastery je me suis posé un bon paquet de questions et les réponses arrivaient une à une, pièce par pièce. Bien qu’ayant une production tout à fait correcte et une exécution dépassant légèrement la moyenne, cet album manque totalement de consistance et d’originalité. Le niveau de composition a considérablement diminué en comparaison de l’album précédent, l’ambiance n’est pas au rendez-vous et point de vue originalité, on repassera. L’album comporte quelques bons riffs ici et là mais dans son intégralité, on dirait que c’est un album qui comporte des pièces rejetées au fil des années. Absolument rien qui peut nous faire sourciller allant même jusqu’à l’emmerdement total à mesure que les pièces défilent.

The Mastery est un album ne contenant pratiquement que des « fillers », rien qui ne se démarque réellement. Définitivement un album qui ne passera pas à l’histoire et qui ne classera pas pour la liste des tops 2018.

Composition: 6
Exécution: 8
Ambiance: 5
Originalité: 5
Production: 8

Saxon – Thunderbolt – 2018

Saxon – Heavy Metal – Angleterre
Thunderbolt – 2018
Silver Lining Music
8/10
 
Saxon nous arrive avec son 23e album en carrière.  Intitulé Thunderbolt, ce nouvel album fait directement suite à l’explosif Battering Ram paru en 2015.  Biff Byford et sa bande sont en pleine forme et cette grande forme transparait amplement sur les douze pièces de l’album. 
 
Bien que légèrement moins percutant que son prédécesseur, Thunderbolt renferme tout de même plusieurs pièces percutantes et entraînantes prouvant ainsi que les vieux routiers tiennent encore la route.  Avec une production éclatante et des riffs puissants et acérés, Saxon nous plonge en pleine jungle où le Heavy Metal originel est à l’honneur.  On a même droit à des voix « growls » sur la pièce Predator exécutées par Johan Hegg de Amon Amarth, ce qui ajoute du piquanr et un côté plus sauvage au son de Saxon.
 
Les fans seront ravis avec Thunderbolt, on reste en terrain connu et saxon nous livre ce qu’il fait le mieux : Du Heavy Metal direct et dans les dents comme à la belle époque.  Épique et percutant!

Composition: 7,5
Exécution: 9
Ambiance: 7
Originalité: 7,5
Production: 9

Arkona – Khram – 2018

Arkona – Pagan Folk Metal – Russie
Khram – 2018
Napalm Records
8.8/10

Masha et ses musiciens sont de retour cette année avec un huitième album (neuvième si on compte le ré-enregistrement du premier album en 2016). Khram montre un Arkona encore plus mature et en pleine possession de ses moyens et nous fait oublier le très étrange Yav paru en 2014.

Jouissant d’une production puissante et spectaculaire, Khram entre dans la lignée de Goi, rode, goi! Et est vraisemblablement un des meilleurs album de la formation depuis ses débuts en 2002. Bien que le traditionnel soit en avant plan avec les instruments naturels propres à cette musique ancestrale, il y a un petit côté très progressif qui se dégage de ce nouvel album. Certes, le prog était apparu avec Yav mais ici Arkona pousse le bouchon un peu plus loin et nous offre certaines sonorités issues des années 70 mélangées à la froideur du Black Metal qui se dégage des neuf pièces de l’album. Tout comme Yav, Khram comporte de très longues pièces dont la plus courte fait un peu plus de cinq minutes (si on omet l’intro et l’outro) et la plus longue dépasse le dix-sept minutes.

Khram est un excellent album rempli de sonorités riches et d’idées brillantes. Arkona prouve une fois de plus qu’il est le maître incontesté du Folk Metal et l’ajout de progressif vient renforcer le statut que le groupe s’est forgé au cours de sa carrière bien remplie. À écouter avec attention pour en apprécier toutes les subtilités.

Composition: 9
Exécution: 9
Ambiance: 8.5
Originalité: 8.5
Production: 9

Tribulation – Down Below – 2018

Tribulation – Progressive Death/Black Metal – Suède
Down Below – 2018
Century Media
9.4/10
 
Lorsque j’ai connu Tribulation en 2013 avec The Formulas of Death, j’étais loin de m’imaginer de la tournure vers laquelle le groupe Suédois était pour se diriger.  Bien sûr, cet album laissait présager des éléments plus progressifs et plus sombres et c’est avec The Children of the Night que la réelle transition s’est effectuée allant même jusqu’à l’incorporation d’éléments issus du Gothic Rock et du Post Punk.  La reprise de One Hundred Years de The Cure en est une preuve assez évidente.
 
Le quatrième album vient de paraître et son titre, Down Below, est très à propos puisque le groupe s’engouffre encore plus dans les profondeurs et sonorités issues de la belle époque de Sisters of Mercy ou Bauhaus.  Les éléments plus progressifs sont accentués et les ambiances vaporeuses et froides sont maintenant devenus une seconde nature dans la musique de Tribulation.  Les amateurs de musique à saveur de la « Batcave » des années 80 se retrouveront facilement dans les neuf pièces de l’album et les puristes « proggeux » ne pourront pas snober le talent musical et les prouesses techniques proposées par ces corbeaux de la nouvelle génération.
 
Down Below est définitivement un chef d’œuvre sonore et marque la carrière de Tribulation qui signe ici son meilleur album depuis ses débuts.  Un album fracassant qui vient nous cingler en ces jours froids de Janvier en nous montrant par le fait même que 2018 n’est pas si mal partie que ça après tout!

Composition: 9,5
Exécution: 9,5
Ambiance: 9,5
Originalité: 9,5
Production: 9

Anvil – Pounding the Pavement – 2018

Anvil – Heavy Metal – Canada
Pounding the Pavement – 2018
Steamhammer
7,3/10

Pounding the Pavement est le dix-septième album de la légendaire formation Torontoise Anvil. Le terme « légendaire » est bien évidement mitigé puisque Anvil a connu une carrière parsemée d’embûches, de jambettes et de moments de découragements assez solides. Qu’à cela ne tienne, Lips et Robb Reiner n’ont jamais lâché le morceau et ont toujours persévéré malgré tout.

Pounding the Pavement, c’est du Anvil pur et dur comme le groupe nous a toujours habitué au cours de sa longue carrière. Pas de réelle surprise, le trio nous offre toujours son Heavy Metal à forte teneur en Rock and Roll et bien que ce nouvel album ne soit pas vraiment un chef d’œuvre, il renferme tout de même de bonnes pièces solides et accrocheuses. Les compositions ne sont certes pas très originales mais en bout de ligne ça reste Anvil, c’est bien exécuté et la production est solide et bien ficelée.

Ce nouvel album n’est aucunement flamboyant mais c’est un album honnête montrant la constance et la pureté de Anvil qui perpétue encore la flamme originelle.

Corrosion of Conformity – No Cross No Crown – 2018

Corrosion of Conformity – Crossover/Stoner/Southern Rock – États-Unis
No Cross No Crown – 2018
Nuclear Blast
6,7/10

Corrosion of Conformity n’a plus vraiment besoin de présentations cumulant plus de 35 ans de carrière remplie d’inégalités et de recherche musicale. Bien que le groupe ait renoué avec ses racines Hardcore sur le précédent album, le retour de Pepper Keenan marque également un retour vars le Stoner et surtout le Southern Rock.

J’avais de grosses attentes face à ce dixième album et ces attentes sont loin d’être comblées. Malgré seulement 31 minutes, ce nouvel album s’étire en longueurs et devient interminable au fil des quinze pièces qu’il comporte. L’album comporte quelques intermèdes intéressantes ainsi que de bonnes idées ici et là mais le groupe a cruellement manqué d’inspiration au niveau de la composition et des arrangements. Pour rajouter de l’huile sur le feu, la production est bâclée n’aidant aucunement à rendre justice aux pièces. Le groupe a misé sur un son Southern Rock qui devient vraiment irritant à la longue. Comme j’ai toujours dit, le Southern Rock c’est du Country déguisé en loup et ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

No Cross No Crown est un album vraiment plate et très décevant ce qui perpétue la piètre qualité des albums sortis depuis le début Janvier. Décidément, 2018 est bien mal partie…

Watain – Trident Wolf Eclipse – 2018

Watain – Black Metal – Suède
Trident Wolf Eclipse – 2018
Century Media
8,7/10

Le trio Suédois Watain est de retour en ce début d’année avec un sixième album explosif et dévastateur. Trident Wolf Eclipse nous fait oublier le très décevant The Wild Hunt paru en 2013.

Ce nouvel album nous montre le Watain d’origine avec un son Black Metal sans détour et direct, sombre et sauvage.  Le trio nous livre des riffs décapants et acérés bien ancrés sur une rythmique solide et droite faisant passer les neuf pièces rapidement sans aucun répit.  Comme par le passé, Watain renoue avec des compositions intelligentes et bien ficelées avec une atmosphère oppressante.  La production est crue et sans artifices, on va droit au but et ça frappe fort.

Trident Wolf Eclipse est une réussite sur toute la ligne et rivalise amplement avec les classiques du groupe comme Sworn to the Dark et Lawless Darkness.  A écouter le volume dans le fond!

Composition: 9
Exécution: 9
Ambiance: 9
Originalité: 8,5
Production: 8

Summoning – With Doom we Come – 2018

Summoning – Atmospheric Black Metal – Autriche
With Doom we Come – 2018
Napalm Records
8,2/10
Pour avoir entendu quelques pièces de Summoning tirées de différents albums au fil des deux dernières décennies, je dois avouer que je n’avais pas vraiment accroché sur le duo par le passé. Une écoute intensive du nouvel album With Doom we Come m’a permis de comprendre un peu plus de quoi il retourne avec le duo Autrichien sans toutefois vraiment m’accrocher une fois de plus.

Le niveau de composition est très élevé, les deux comparses sont excellents dans ce domaine et l’album regorge d’idées et d’arrangements assez spectaculaires avec une exécution sans faille et une justesse bien assise. L’ambiance générale est fort appréciable et est à même de nous faire voyager dans le temps, les musiciens du groupe réussissent à faire cadrer le tout avec l’univers de Tolkien présent tout au long de l’album. Malgré mes efforts à me concentrer sur la musique en tant que tel en tentant d’aller au delà de ma perception première, je dois avouer que j’ai beaucoup de difficulté avec les claviers qui sont non seulement omniprésents et vraisemblablement trop forts dans le mix mais qui sonnent un peu bon marché. Je suis un très grand amateur de claviers et ce, dans divers types de musique et je crois sincèrement que le côté symphonique du groupe aurait pu être un peu plus convaincant un peu à la manière des Samael ou Septicflesh. C’est ma perception personnelle et ceci n’enlève rien à la qualité de composition et d’arrangements.

With Doom we Come est un très bon album épique et atmosphérique qui plaira aux amateurs du genre mais la production aurait pu être un peu plus travaillée pour balancer adéquatement tous les instruments.

Composition: 9
Exécution: 9
Ambiance: 8
Originalité: 8
Production: 7

Shining – X – Varg utan flock – 2018

Shining – Black Metal – Suède
X – Varg utan flock – 2018
Season of Mist
7,9/10

Niklas Kvarforth est demeuré relativement constant au fil des vingt dernières années avec son projet Shining. Le son global est passablement resté inchangé au fil des dix albums, le seul changement notable demeurant la production qui a évolué pour le mieux d’album en album. X – Varg utan flock serait le onzième album de Shining si on compte l’album 8½ paru en 2013 comportant des pièces issues des débuts du groupe auxquelles la basse et les guitares ont été ré-enregistrées.

Ce nouvel album est sans réelle surprise et continue la tradition musicale dont Kvarforth nous a habitués depuis ses débuts. Un Black Metal dépressif bien ficelé et bien exécuté laissant libre cours à ses idées suicidaires et à la noirceur la plus totale. Le niveau de composition est suffisamment appréciable pour garder un intérêt tout au long de l’album et le degré d’exécution est encore une fois remarquable. Toutefois, le tout manque d’originalité, le son et le style de Shining commence à s’user tranquillement. L’ambiance générale demeure correcte mais n’arrive pas à nous faire pénétrer en profondeur dans cette noirceur que le groupe tente de dégager, il y a un petit aspect synthétique un peu agaçant en bout de ligne. La production vient sauver les meubles même si celle-ci est crue et sèche, on ne tombe pas dans le piège du « lo-fi » des premiers albums.

Ce nouvel album de Shining est tout de même un très bon album de Back Metal qui frappe fort, un album qui garde le cap en général et qui s’insère parfaitement dans la discographie du groupe.

Composition: 8
Exécution: 9
Ambiance: 7
Originalité: 7
Production: 8,5

Weedpecker – III – 2018

Weedpecker – Psychedelic/Progressive Rock/Metal – Pologne
III – 2018
Stickman Records
8.8/10

Troisième album pour la formation Polonaise Weedpecker dans laquelle figure Grzegorz Pawłowski de Dopelord. Weedpecker est une belle surprise en ce début d’année ce qui laisse présager une année remplie de richesses sonores.

Mélangeant habilement le rock psychédélique et le progressif, Weedpecker ajoute suffisamment de puissance dans sa musique pour se frayer un chemin dans les sentiers métalliques sans toutefois s’y engouffrer. La musique du groupe est puisée à même plusieurs sources dont on reconnaît la provenance, un peu de Black Sabbath par-ci, une peu de Pink Floyd par-là mais aussi beaucoup de Beatles au travers cet univers sonore riche en textures musicales. Les effets de guitares sont utilisés à très bon escient apportant une ambiance très psychédélique et vaporeuse au fil des cinq longues pièces de l’album. Weedpecker nous livre un remarquable travail de composition et d’exécution sur une excellente production claire et fluide.

Ce troisième album est une superbe découverte qui vaut le détour. Les amateurs de progressif planant se retrouveront dans cet album et je le recommande fortement à tout amateur de musique bien orchestrée.

Composition: 9
Exécution: 9
Ambiance: 8,5
Originalité: 8,5
Production: 9

Abigor – Höllenzwang – Chronicles of Perdition – 2018

Mes connaissances en matière de Black Metal étant relativement limitées, il arrive fréquemment que des groupes passent sous mon radar et que je découvre des sommités issues de sous genre métallique sombre et glacial. C’est le cas de la formation Autrichienne Abigor que je découvre musicalement avec ce nouvel album paru le 1er Janvier 2018 de manière indépendante.

Mon appréciation de cet album est assez partagée sur plusieurs aspects surtout au niveau de la production qui, bien que très crue, est énormément bâclée pour une formation de cette trempe. La batterie est sourde et est très loin dans le mix laissant toute la place en avant plan aux guitares stridentes avec les aigus dans le fond. La basse est quasi inexistante et le tout manque totalement de profondeur.

Le niveau de composition est assez appréciable, l’album comporte de très bons moments et d’excellents riffs mais on tombe souvent dans le chaotique et on ne sait pas trop où le groupe s’enligne au fil des pièces. Les arrangements sont plutôt ordinaires et manquent d’éclat rendant l’ambiance globale monotone à la limite soporifique.

Au final, Abigor ne m’a pas du tout convaincu et ne me donne pas l’envie de fouiller dans sa discographie en quête d’un petit bijou musical. 2018 ne part pas trop en force, ne premier album de l’année a carrément fait patate.

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Top 150 2017

Nous en sommes rendus à cette dernière journée de 2017 et comme à chaque année, Hurlemort présente sa liste des tops albums de l’année. Pour une deuxième année, la liste des tops s’étends à 150 dont les notes varient entre 7 et 9.5 sur une échelle de 10. Heureusement cette année, pas beaucoup de déceptions mais les quatre albums retenus ont été fort déplaisants! 2018 commence demain et les attentes sont nombreuses pour la prochaine année, Janvier semble fort prometteur avec les sorties de Abigor, Watain, Summoning, Shining, Corrosion of Conformity, Ghost, Arkona, Anvil, Tribulation, Portal et j’en passe. 2017 a été une très bonne année de grands crûs et espérons que l’année qui vient sera tout aussi intéressante!

1 Horisont – About Time
2 Akercocke – Renaissance in Extremis
3 Earth Electric – Vol.1 Solar
4 Aeternam – Ruins of Empires
5 Moonloop – Devocean
6 Enslaved – E
7 Samael – Hegemony
8 Primus – The Desaturing Seven
9 Septicflesh – Codex Omega
10 Devil Electric – Devil Electric
11 Ruby The Hatchet – Planetary Space Child
12 Sun Of The Sleepless – To the Elements
13 Demon Eye – Prophecies and Lies
14 Tau Cross – Pillar Of Fire
15 The Tear Garden – The Brown Acid Caveat
16 Vintersorg – Till Fjalls del II
17 Kabbalah – Spectral Ascent
18 The Wizards – Full Moon in Scorpio
19 Sabbath Assembly – Rites of Passage
20 Droid – Terrestrial Mutations
21 Doctor Cyclops – Local Dog
22 The Doomsday Kingdom – The Doomsday Kingdom
23 Maat – Monuments will Enslave
24 Bathsheba – Servus
25 The Ossuary – Post Mortem Blues
26 Dopelord – Children Of The Haze
27 Hour of Penance – Cast the First Stone
28 Sinister – Syncretism
29 Immolation – Atonement
30 Sunless – Urraca
31 Jess and the Ancient Ones – The Horse and Other Weird Tales
32 Honeymoon Disease – Part Human, Mostly Beast
33 Kroh – Pyres
34 Insurrection – Extraction
35 Argus – From Fields of Fire
36 Fleshkiller – Awaken
37 Grave Pleasures – Motherblood
38 Hante. – Between Hope & Danger
39 Vokonis – The Sunken Djinn
40 Ulsect – Ulsect
41 The Monolith Deathcult – Versus
42 Venenum – Trance of Death
43 Obituary – Obituary
44 Jagged Vision – Death Is This World
45 Dodecahedron – Kwintessens
46 Power Trip – Nightmare Logic
47 Beheaded – Beast Incarnate
48 Replacire – Do Not Deviate
49 Artificial Brain – Infrared Horizon
50 Hideous Divinity – Adveniens
51 Memoriam – For the Fallen
52 Nailed To Obscurity – King Delusion
53 Ritual Day – Devila Grantha
54 Radiant Knife – Radiant Knife
55 Cannibal Corpse – Red Before Black
56 Sarke – Viige Urh
56 Morbid Angel – Kingdoms Disdained
58 Satyricon – Deep Calleth Upon Deep
59 Belphegor – Totenritual
60 Die Apokalyptischen Reiter – Der Rote Reiter
61 Incantation – Profane Nexus
62 Accept – The Rise of Chaos
63 Prong – Zero Days
64 Decapitated – Anticult
65 Carach Angren – Dance And Laugh Amongst The Rotten
66 Suffocation – …Of The Dark Light
67 Avatarium – Hurricanes and Halos
68 Valborg – Endstrand
69 Alunah – Solennial
70 Antropomorphia – Sermon Ov Wrath
71 Dead Witches – Ouija
72 Ordoxe – Towards Eternity
73 Iron Reagan – Crossover Ministry
74 Kreator – Gods of Violence
75 Book of Wyrms – Sci-Fi/Fantasy
76 Grave Digger – Healed By Metal
77 Beth Blade and the Beautiful Disasters – Bad Habit
78 Aborym – Shifting Negative
79 Ordos – House of the Dead
80 Santo Rostro – The Healer
81 Crystal Viper – Queen of the Witches
82 Pandemonium – Nihilist
83 Morta Skuld – Wounds Deeper Than Time
84 Ex Deo – The Immortal Wars
85 Cruthu – The Angle Of Eternity
86 Devil’s Witches – Velvet Magic
87 Warbringer – Woe to the Vanquished
88 Cut Up – Wherever They May Rot
89 The Obsessed – Sacred
90 Azarath – In Extremis
91 Nightbringer – Terra Damnata
92 God Dethroned – The World Ablaze
93 Цар Стангра – Небесният ковач
94 A Taste of Fear – God’s Design
95 Wormwitch – Strike Mortal Soil
96 Firespawn – The Reprobate
97 Vallenfyre – Fear Those Who Fear Him
98 Entrails – World Inferno
99 Lifeless – The Occult Mastery
100 Decrepit Birth – Axis Mundi
101 Circa Tapes – Love And Venom
102 Soul Remnants – Ouroboros
103 Excommunion – Thronosis
104 Demonic Resurrection – Dashavatar
105 Air Raid – Across The Line
106 Portrait – Burn the World
107 Humanity’s Disgrace – Humanity’s Disgrace
108 Bark – Like Humans Do
109 Paganizer – Land Of Weeping Souls
110 Ever Circling Wolves – Of Woe
111 Demonic Death Judge – Seaweed
112 Frank X & the Unreality Show
113 Vile Retribution – Global Chaos
114 Begerith – A​.​D​.​A​.​M.
115 Venom Inc. – Avé
116 Goatwhore – Vengeful Ascension
117 Magna Carta Cartel – The Demon King
118 Deep Purple – Infinite
119 Mortor – Burn up the Dead
120 Accept – Restless and Live
121 La Scaltra – Freakshow
122 Desultory – Through Aching Aeons
123 Broken Hope – Mutilated and Assimilated
124 Hybreed Chaos – Entombed In Dark Matter
125 Metalian – Midnight Rider
126 Beastmaker – Inside the Skull
127 Hate – Tremendum
128 Fumigation -The Path to R’lyeh – Invasion
129 Hellcraft – Apotheosis Of War
130 Satan’s Hallow – Satan’s Hallow
131 Black Anvil – As Was
132 Ghost of Veronica – My Darkness Welcomes You
133 Dumal – The Lesser God
134 Gods Forsaken – In a Pitch Black Grave
135 Wolven – Verbis Diabolis
136 Précipices – La pénombre de l’agir
137 Cradle Of Filth – Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay
138 Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard
139 Origin – Unparalleled Universe
140 Sail – Slumbersong
142 Holograms – Surrender
143 Phobiatic – Phobiatic
144 Nidingr – The High Heat Licks Against Heaven
145 Evocation – The Shadow Archetype
146 Unearthly Trance – Stalking the Ghost
147 Saturn – Beyond Spectra
148 Arkaik – Nemethia
149 Witchery – I Am Legion
150 The Jesus and Mary Chain – Damage and Joy

Déceptions 2017

Overkill – The Grinding Wheel
Acid Witch – Evil Sound Screamers
Havok – Conformicide
The Project Hate MCMXCIX – Of Chaos And Carnal Pleasures

Jess and the Ancient Ones – The Horse and other Weird Tales – 2017

Jess and the Ancient Ones – Psychedelic Rock – Finlande
The Horse and other Weird Tales – 2017
Svart Records
9/10

L’évolution de Jess and the Ancient Ones s’est drastiquement transformée en l’espace de cinq ans et trois albums. Du rock occulte des années 70 qui sévissait fortement sur le premier album, il n’en reste pratiquement plus de trace sur ce troisième opus, The Horse and other Weird Tales. Le précédent album marquait une certaine transition avec l’ajout de sonorités empruntées aux années 60, sonorités qui font la marque essentielle de ce nouvel album.

Bien que évidemment mois puissant et moins sombre que les deux premiers albums, The Horse and other Weird Tales offre d’excellents moments de rock pur dans lequel l’orgue et la basse sont en avant plan. Le groupe mise maintenant sur un Classic Rock dans la veine de Jefferson Airplane et Hawkwind avec une forte influence de The Doors, ce qui n’est aucunement déplaisant. Le psychédélique et l’attitude hippie sont forts présents au fil des neuf pièces de l’album, pièces qui se veulent plus courtes que ce que le groupe nous avait habitués sur les deux premiers albums. La voix de Jess est toujours aussi envoûtante et l’utilisation d’échantillons imbriqués dans les pièces a toujours son effet un peu plus moderne.

Jess and the Ancient Ones a perdu de sa noirceur certes mais le groupe demeur tout aussi solide et intéressant qu’auparavant avec d’excellents arrangements et un immense talent de composition. The Horse and other Weird Tales est à prendre en considération pour tous les amateurs de rock classique et psychédélique de la fin des années soixante.

Morbid Angel – Kingdoms Disdained – 2017

Morbid Angel – Death Metal – États-Unis
Kingdoms Disdained – 2017
Silver Lining Music
8.5/10

Bien que j’ai entendu plusieurs pièces provenant de la discographie de Morbid Angel au cours des quinze dernières années, c’est avec Illud Divinum Insanus que j’ai vraiment connu le groupe en 2011. Comme je découvrais Morbid Angel à partir de cet album, je suis possiblement un des rares spécimens à l’avoir particulièrement aimé, vraisemblablement dû à ses sonorités Industrielles.

Six ans plus tard, Trey Azagthoth nous revient avec un nouvel album qui marque le retour de Steve Tucker à la voix et à la basse. De ce que je connais du groupe, Morbid Angel semble effectuer un retour à ses racines avec un Death Metal profond et puissant mené par des riffs complexes et dissonants bien assis sur une rythmique droite qui cogne dur. Je préfère la voix de Steve Tucker à celle de David Vincent, celle-ci est plus profonde et se marie mieux au son de Morbid Angel apportant un effet malsain aux pièces de l’album.

J’ai bien aimé Kindoms Disdained qui est très différent de son prédécesseur. On dénote tout de même de légers soubresauts à saveur Industrielle mais le Death Metal destructeur dont le groupe avait habitué ses fans est définitivement de retour.

Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard – 2017

Electric Wizard – Doom/Stoner Metal – Angleterre
Wizard Bloody Wizard – 2017
Spinefarm
7.5/10

La carrière de Electric Wizard a été relativement très constante entre sa formation en 1993 et l’album Black Masses paru en 2010. Le groupe a connu de nombreux changements d’alignement au cours de toutes ces années laissant Jus Oborn comme seul membre original. Time to Die paru en 2014 avait montré des signes d’essoufflement pour le groupe et ces signes s’accentuent d’avantage avec le dernier album, Wizard Bloody Wizard fraîchement sorti à la mi-Novembre 2017.

Wizard Bloody Wizard est sans aucun doute un clin d’oeil à Sabbath Bloody Sabbath, album culte des pionniers du Doom Black Sabbath et bien que Electric Wizard puise ses influences dans la légendaire troupe de Birmingham, les comparaisons devront vraisemblablement s’arrêter ici. Malgré de très bons riffs et une production adéquate, Electric Wizard n’arrive tout simplement pas à sortir un album à la hauteur de Black Masses ou Dopethrone. Le manque d’inspiration est très palpable sur les deux derniers albums et ça se ressent encore plus sur celui-ci. Dans un monde où le Doom est en pleine ébullition avec de nombreuses formations originales qui foisonnent allègrement, un album comme Wizard Bloody Wizard fait malheureusement pâle figure, surtout venant de la part d’une pointure comme Electric Wizard.

Tout n’est pas perdu, l’album comporte de bons moments divertissants mais il traîne en longueur et comporte suffisamment de remplissage pour être décevant. Rabattons-nous sur les classiques du groupe et laissons passer cet album.

Cannibal Corpse – Red Before Black – 2017

Cannibal Corpse – Death Metal – États-Unis
Red Before Black – 2017
Metal Blade
8.5/10

Est-ce que Cannibal Corpse a encore besoin de présentations pour une forte majorité de Métalloïdes? Les pionniers du Death Metal Américain nous livrent leur quatorzième album en carrière, carrière qui a été tout de même assez constante en frais de qualité d’album en album depuis Eaten Back to Life paru en 1990.

Red Before Black reprends exactement là où le groupe nous avait laissé avec A Skeletal Domain paru en 2014. La troupe de Alex Webster a pris son temps pour peaufiner son nouvel album et c’est très réussi! Un peu plus de quarante-six minutes réparties sur douze pièces toutes aussi solides les unes des autres et ayant un très bon fil conducteur entre elles faisant passer l’album comme un violent coup de vent. Cannibal Corpse s’est une fois de plus surpassé sur les riffs lourds et acérés agrémentés par la voix typique de George Fisher, le groupe s’en donne à cœur joie prouvant encore qu’il est un maître incontesté du Death Metal pas gentil et brutal à souhaits.

Red Before Black est un des très bons albums des Floridiens et est amplement à la hauteur des attentes. Grimpez le volume et laissez vous imprégner par la puissance brute qui se dégage des hauts parleurs!

Bark – Like Humans Do – 2017

Bark – Death n’ Roll/Thrash Metal – Belgique
Like Humans Do – 2017
Sound of the Hound
8.5/10

La formation Belge Bark avait attiré mon attention avec la sortie de son premier album, Voice of Dog, paru en 2016. Les riffs acérés et le groove qui se dégageait de cet album m’avait beaucoup plu et j’attendais un deuxième album avec une certaine attente. Bien que sorti en Août 2017, le deuxième album du groupe, Like Humans Do, est passé complètement inaperçu et c’est seulement en Novembre que j’ai eu vent de sa sortie.

Et bien, l’attente en valait la peine car ce deuxième album va au delà des attentes générées par le premier album. Like Humans Do est un album plus mature et aussi plus direct que le précédent. Les riffs sont toujours tout aussi acérés et puissants mais l’énergie dégagée par le groupe est encore plus brutale. Un peu moins de sonorités Stoner au profit du Hardcore pur et dur en augmentant un peu la vitesse de croisière et la sauvagerie décapante. En tout, treize pièces courtes et concises qui va droit au but sans détours et sans niaisage.

Cet album est excellent d’un bout à l’autre et offre une bonne dose d’adrénaline qui donne envie de bouger et de se défoncer un brin. Like Humans Do est un album qui frappe dur et qui réveille la bête qui sommeille en nous.

Wolven – Verbis Diabolis – 2017

Wolven – Death / Thrash Metal – Canada
Verbis Diabolis – 2017
Indépendant
8/10

Du talent, il y en a amplement au Québec, tant au niveau composition qu’un niveau arrangements. Il est plaisant de constater que des musiciens se forcent le derrière et se creusent la cervelle pour sortir du moule et offrir une musique originale et de qualité. Dominic Nudo est un de ces musiciens qui osent avec son projet Wolven.

Premier album complet du projet, Verbis Diabolis nous plonge dans un univers à la fois très Death Metal de par ses sonorités lourdes et de sa technicité mais également teinté de Thrash moderne et parfois même certains soubresauts tirés du Power Metal avec des idées de riffs plus mélodiques. Lors de ma première écoute j’ai été surpris par les arrangements imbriqués dans les pièces, c’est du grand art, le bonhomme sait comment décorer ses compositions pour leur donner de l’éclat. J’ai par la suite, au fil des écoutes, senti qu’une bonne dose Industrielle planait sur toute cette imagination musicale qui me rappelait Fear Factory et Godflesh. Verbis Diabolis est un album très bien monté offrant originalité musicale et de superbes arrangements. Cependant, quelques trucs m’ont agacé tout au long de l’album : Les effets de voix sur les parties gutturales sont selon moi totalement inutiles et gâchent un peu le fil des pièces, trop c’est parfois comme pas assez, il faut savoir doser. Ensuite, les arrangements de claviers sont un peu trop forts ce qui donne l’impression d’être au dessus des pièces au lieu d’en faire partie prenant ainsi toute la place en laissant le reste en arrière plan. Finalement, je n’ai rien contre la batterie électronique, les « samples » de percussions et autres « drums loops » de ce monde. Au contraire, je suis un grand amateur de ce type d’instrument mais quand c’est bien fait. Wolven aurait tout intérêt à utiliser des sons de batterie typiquement Industriels à la Ministry ou Anaal Nathrakh et mettre l’accent sur cette facette au lieu de tenter de faire sonner ça comme un véritable batteur.

En bout de ligne, Verbis Diabolis est un très bon album bien ficelé et brillamment composé. Personnellement je serais ravi que Dominic accentue son côté Industriel quitte à mettre carrément de l’électronique pur et dur dans son projet pour apporter une touche encore plus originale et atteindre un plus haut niveau professionnel dans la production.

Witchery – I am Legion – 2017

Witchery – Black/Thrash/Speed Metal – Suède
I am Legion – 2017
Century Media
7/10

Depuis 2001, Witchery prends son temps entre deux albums de l’ordre de quatre à six ans pour ainsi prendre le temps de pondre des albums dignes de ce nom et ainsi éviter de sortir un album à la va-vite. En 2010, le groupe avait fait mouche avec l’excellent Witchkrieg et avait attendu six ans pour nous donner la suite toute aussi excellente, In His Infernal Majesty’s Service. I am Legion sort cette année exactement 350 jours le séparant de son prédécesseur. C’est rapide, possiblement même trop rapide.

I am Legion se distingue (ici pas nécessairement dans le sens positif du terme) par une production très crue et monotone manquant cruellement d’éclat en général. On remarque également un certain laisser aller au niveau de la composition qui est beaucoup plus simpliste et par le fait même moins intéressante que sur les albums précédents. Le groupe semble avoir misé sur des styles de riffs à la Slayer et Exodus par moments avec des éléments plus Punk et de fortes propension au Black Metal générique sans conviction. L’album regorge de très bonnes idées et de très bons passages mais malheureusement le tout est mal exploité et lancé à peu près n’importe comment. D’une durée de près de quarante-huit minutes pour treize pièces, I am Legion aurait pu aisément être amputé d’une bonne quinzaine de minutes car il contient de nombreuses pièces de remplissage. Un mini album mieux produit et regroupant les meilleurs moments aurait en bout de ligne fait plus le travail qu’un album complet.

I am Legion est une déception totale venant de la part d’un groupe de la trempe de Witchery. Un album fait rapidement pour je ne sais quelle raison qui ternit grandement la discographie du groupe. Un album à oublier.

Kroh – Pyres – 2017

Kroh – Stoner/Doom Metal – Angleterre
Pyres – 2017
Devizes Records
9/10

J’ai découvert la formation Kroh en 2016 avec le deuxième album Altars, album qui m’avait pris par surprise et beaucoup plu. Cette année, Kroh nous revient avec un mini album de cinq pièces intitulé Pyres. Ce mini album porte très bien son nom car bien que très court, il est grandement enflammé!

Kroh reprends là où il avait laissé avec Altars en nous offrant une fois de plus des pièces très lourdes et puissantes avec des riffs incendiaires et une voix chaude et unique. Toujours basées sur une rythmique profonde, les riffs et les atmosphères froides et oppressantes nous transportent une fois de plus vers un voyage sombre du côté de la mort et des forces occultes.

Ce mini album nous fera patienter jusqu’au prochain album mais il faudra que le groupe se dépèche car l,attente risque d’être interminable, ce mini album est décidément trop court!

Grave Pleasures – Motherblood – 2017

Grave Pleasures – Post-Punk – Finlande
Motherblood – 2017
Century Media
9/10

Il est vraiment plaisant de constater que le Post-Punk est encore bien vivant et que des formations tiennent toujours le flambeau de nos jours. Il est encore plus intéressant de constater que des musiciens issus de la scène Black Metal perpétuent cette flamme sombre et brûlante. La formation Finnoise Grave Pleasures vient de sortir son deuxième album Motherblood et laissez-moi vous dire que cet album est petit bijou du genre.

Avec des musiciens provenant de groupes tels Beastmilk, Oranssi Pazuzu et Shining, inultile de mentionner que le résultat était évidement pour être incendiaire. En effet, Motherblood est un album qui frappe fort brillamment composé et qui regorge d’atmosphères autant froides qu’enflammées. Beaucoup de sonorités provenant de plusieurs pointures du genre, on reconnaît ici et là des éléments de Sisters of Mercy, de Killing Joke ou de The Cure. On y recèle même des éléments similaires à The Chameleons et même The Wedding Present dans l’approche musicale. En tout dix pièces puissantes au tempo rapide qui écorche et qui prends aux tripes.

Motherblood est définitivement un coup de cœur 2017 et un habile mélange de sonorités qui nous replonge dans une époque lointaine nous donnant l’envie de revenir à notre jeunesse et fréquenter les défunts clubs Studio 84 (Nicolet), l’Infidel (Trois-Rivières) et l’Ombre jaune (Québec).

Air Raid – Across the Line – 2017

Air Raid – Heavy Metal – Suède
Across the Line – 2017
High Roller Records
8.5/10

Mon adolescence a été bercée dans les années 80 par les groupes pionniers du Heavy et du Speed Metal et je suis toujours surpris de constater qu’en 2017, le son et le style de ces belles années était toujours présent et d’actualité. Certes, de nombreuses formations originelles sont toujours actives aujourd’hui mais ce qui frappe le plus, ce sont les nouvelles formations qui relèvent le flambeau de façon magistrale comme les groupes de la première heure.

La formation Suédoise Air Raid en est à son troisième album et je découvre tout juste le groupe avec celui-ci. Across the Line semble tout droit sorti de l’année 1984 de par sa sonorité musclée et épîque et de par ses riffs et son vocal dignes des grands de cette époque fabuleuse. Les membres du groupe ont bien appris leurs leçons et nous offrent un excellent Heavy Metal traditionnel rappelant à la fois Accept, Judas Priest et Grim Reaper. La vitesse est de mise frôlant de près le Speed Metal tout au long de l’album de dix pièces. Le talent de composition est au rendez-vous et l’interprétation est sans faille, tout est bien accroché à une rythmique enlevante qui nous transporte dans un passé lointain où le Heavy Metal régnait en roi et maître.

Across the Line est un excellent album pour les nostalgiques de la belle époque et une belle surprise qui se classe parmi les classiques du genre. Un album parfait pour Headbanger sauvagement pendant près de trente-huit minutes sans interruption.

Honeymoon Disease – Part Human, Mostly Beast – 2017

Honeymoon Disease – Hard Rock – Suède
Part Human, Mostly Beast – 2017
Napalm Records
9/10

Après un premier album totalement explosif sorti en 2015, la formation Su`doise Honeymoon Disease nous revient cette année avec un nouvel album tout aussi décapant que le premier! Part Human, Mostly Beast reprends là où le quatuor nous avait laissés avec le premier album en y ajoutant même un peu plus de maturité et d’assurance musicale.

Le groupe offre encore une fois son Hard Rock puissant habilement mené par des guitares mélodiques et acérées avec des riffs accrocheurs, une basse agressive et une batterie bien assise et solide comme il se doit. Niveau voix, on améliore la sauce sur ce nouvel album avec des voix d’appui et des mélodies vocales hallucinantes qui se marient à la perfection avec le ton pur et dur des compositions. Les arrangements sont une fois de plus époustouflants, on a affaire à des compositeurs de très haut calibre rivalisant avec les grands de ce monde et les pionniers du Hard et Classic Rock.

Part Human, Mostly Beast est déjà un classique à en devenir, les amateurs de guitare avec un grand G seront comblés, cet album contient suffisamment de mordant pour écorcher les oreilles des voisins. Du pur Hard Rock comme à l’origine.

Arkaik – Nemethia – 2017

Arkaik – Technical Death Metal – États-Unis
Nemethia – 2017
Unique Leader
7/10

J’ai connu Arkaik avec l’album Metamorphignition en 2012, album qui m,avait assez plu et qui amenait le Death Metal technique vers un autre niveau tout en restant dans un chemin plus audible et sans réel désir d’épater la galerie. L’album suivant, Lucid Dawn s’aventurait vers le commun du technique en proposant uniquement des notes pour montrer ce que les musiciens étaient capables de faire, j’étais donc pasé outre cet album que je n’avais pas vraiment aimé.

J’ai tout de même laissé une chance au nouvel album, Nemethia paru plus tôt cette année. Je dois dire que mes idées sont assez partagées face à ce nouvel album. De un, il ne m’impressionne aucunement de par les prouesses techniques qu’il renferme et de deux, il contient tout de même de très bonnes idées au travers des neuf pièces, idées qui sont possiblement mal exploitées. Il est indéniable que les musiciens du groupe sont forts talentueux et qu’il y a un très gros travail de composition bien assis sur une production éclatante. Le problème c’est que le Death Metal technique semble être devenu une mode où tout un chacun tente de surpasser ce qui a été fait et qu’une bonne partie des groupes issus de cette vague poussent des notes uniquement pour pousser des notes pour se prouver je ne sais quoi. Ici, on suit une mode où le synthétique surpasse tout le reste dans un monde où on oublie un détail essentiel : La musicalité.

Bien sûr que cet album va plaire aux amateurs de technicité flamboyante et sans bornes. Bien sûr que cet album en est un à la hauteur de ce type musical où l’extrême très extrême est en avant plan au détriment de tout le reste. Pour ma part je décroche totalement de cette mode, car s’en est devenue une, et je dois me résoudre à dire que je ne trouve plus du tout mon compte dans ce genre.

Acid Witch – Evil Sound Screamer – 2017

Acid Witch – Psychedelic Doom/Death Metal – États-Unis
Evil Sound Screamer – 2017
Hell’s Headbangers
6.5/10

Sept longues années à attendre la suite de Stoned, deuxième album de Acid Witch paru en 2010. Sept années à se demander si le groupe était encore vivant. Les deux premiers albums offraient une musique caustique et psychédélique avec des sonorités profondes et très intéressantes. Le mélange gras et lourd avec les claviers et le reverb apportait une dimension horrifique palpable qui sortait du cadre pré-établi. Cette année, Acid Witch nous sert son troisième album, Evil Sound Screamer. Voyons ce que ça contient et quelle évolution le groupe a peaufiné au cours des sept années de silence quasi total.

L’écoute de ce troisième album a été une surprise de taille mais pas dans le bon sens du terme. J’avais beaucoup d’attentes face à cette sortie et je dois dire que je suis grandement déçu par la tournure que le groupe a pris. Bien que contenant toujours son côté psychédélique et plusieurs bons riffs, Acid Witch a totalement perdu sa personnalité et son originalité se contentant de nous offrir un album ordinaire et fade sans réelle conviction. Fini le vocal gras et granuleux embourbé dans la réverbération qui apportait la saveur de sorcellerie des deux premiers albums. Fini les guitares lourdes et profondes avec le fuzz dans le tapis qui donnaient l’impression d’être dans un film d’horreur. Ce nouvel album de Acid Witch sonne comme un de ces mauvais groupes de Black/Thrash Metal sans envergure qui sonnent tout croche recherchant désespérément à reproduire ce qui se faisait au début des années 80. La production est mauvaise et sans couleur et les compositions semblent avoir été faites à la sauvette manquant cruellement d’intensité et de cohésion.

En bout de ligne, cet album me laisse un goût amer et me déçoit totalement. Acid Witch a perdu de sa verve et son originalité a été reléguée aux oubliettes. Dommage, Evil Sound Screamer est une perte de temps sonore sur toute la ligne.

Sarke – Viige Urh – 2017

Sarke – Black/Thrash Metal – Norvège
Viige Urh – 2017
Indie Recordings
8.5/10

La sortie d’un nouvel album de Sarke suscite à chaque fois un intérêt marqué pour moi car j’aime vraiment ce groupe Norvégien et je ne suis jamais déçu d’album en album. Viige Urh est le cinquième album du groupe et encore une fois, je ne suis pas déçu du tout!

Ce qui a commencé en 2009 par un projet du multi instrumentiste Sarke avec Nocturno Culto à la voix s’est rapidement transformé en groupe complet qui suit une très belle évolution au fil des albums. Originalement, Sarke nous offrait un Black Metal à la sauce Thrash dans la veine des Celtic Frost, Aura Noir et Darkthrone mais dans son évolution, le groupe a incorporé des éléments un peu plus Progressifs élargissant ainsi ses sonorités pour monter le niveau de composition à un niveau supérieur. On ressent maintenant de petites pointes à la Enslaved avec certains éléments issus de Triptykon, Viige Urh est un album beaucoup plus mature et propulse le groupe vers des sommets jusqu’ici hors d’atteinte. Les claviers sont maintenant omniprésents dans les compositions amenant cette touche très progressive et planante tournant autour des huit pièces de ce nouvel album.

Viige Urh est possiblement le meilleur album de Sarke. La qualité musicale et des atmosphères sont encore au rendez-vous avec un petit plus qui fait toute une différence.

Primus – The Desaturing Seven – 2017

Primus – Experimental/Progressive Rock – États-Unis
The Desaturing Seven – 2017
ATO/Prawn Song
9/10

Primus est un groupe qui n’est plus vraiment à présenter. Le dernier album que j’ai écouté du groupe étant Brown Album paru en 1997, j’ai donc manqué les trois albums suivants. Je me reprends cette année avec The Desaturing Seven, neuvième album du puissant trio. Bien évidement, la sortie de The Claypool Lennon Delirium y est pour quelque chose dans mon choix d’écouter ce nouvel album.

Comme dans mes souvenirs, Primus est toujours aussi éclaté et imprévisible. En fait, Primus, on aime ou on aime pas vu le penchant très expérimental de son cheminement musical et de son style de compositions. A la manière de The Residents, Primus se fout littéralement des standards établis en nous proposant des structures musicales disjonctées puisées dans d’innombrables styles comme le Progressif, le Jazz, le Hard Rock et même le Métal par moment. The Desaturing Seven ne fait pas exception, cet album respire le Primus originel à plein nez. Attention! Ici, on ne peut pas se contenter d’écouter une ou deux pièces de l’album car les sept chansons qui le composent forment un tout et sont indissociables les unes des autres. Tel un flot continu, Primus nous transporte dans un monde parallèle à grands coups de textures flyées et de couleurs musicales disparates.

Un autre excellent album de la part du trio à écouter avec la plus grande attention. Les amateurs de musique éclatée et hors normes trouveront leur compte dans The Desaturing Seven, un album qui se hissera très haut dans les tops 2017 et qui fait déjà partie des classiques du groupe.

La Scaltra – Freakshow – 2017

La Scaltra – Gothic Rock/Darkwave – Allemagne
Freakshow – 2017
Solar Lodge
8/10

Le rock Gothique est toujours présent dans l’univers musical underground et nombreux sont les groupes de cette scène à perpétuer la flamme originelle telle qu’elle était à ses débuts dans les années 80. Le duo Allemand La Scaltra nous présente son nouvel album Freakshow tout droit sorti de la scène « Batcave » de la belle époque.

Ayant beaucoup d’affinités avec les films d’horreur et de la famille Addams, la musique de La Scaltra oscille entre le Gothic Rock typique emprunté à The Sisters of Mercy et Siouxie and the Banshees et le Synthwave originalement créé par les Depeche Mode, Anne Clark et tous les dérivés de Kraftwerk. En tout dix pièces mélancoliques avec le son typique des années d’or du genre avec la froideur, la répétition et les ambiances tristes qui ont fait la renommée de ce type musical. La Scaltra ne réinvente absolument rien, le groupe refait exactement ce qui a déjà maintes fois été fait mais il le fait très bien. C’est brillamment composé et exécuté, on se croirait revenir à une époque maintenant très lointaine. La production est excellente, on ressent bien les atmosphères que le groupe a voulu créer et c’est assez réussi dans l’ensemble.

Freakshow ne gagnera pas le prix de l’album de l’année mais c’est un album honnête et divertissant. A écouter par temps de pluie où la grisaille et le froid nous mordent jusqu’aux os.

Valborg – Endstrand – 2017

Valborg – Avant Garde/Doom Metal – Allemagne
Endstrand – 2017
Lupus Lounge
8.5/10

Le trio Allemand Valborg en est à son sixième album depuis sa formation en 2002. Je découvre le groupe avec Enstrand paru sur Lupus Lounge/Prophecy Productions plus tôt cette année. Je n’ai donc aucun point de repère ni de comparaisons à faire avec les discographie du groupe et c’est avec une oreille nouvelle que je décortique cet album.

Endstrand est un album comportant treize pièces pour un total d’un peu plus de quarante-quatre minutes de musique explosive, sauvage et très directe. J’ai été surpris de constater lors de ma première écoute que malgré un son tout de même très Death Metal, Valborg semble fortement influencé par la musique Industrielle, les pièces de l’album étant construites dans une ambiance très mécanique et saccadée avec des structures répétitives et relativement assez froides. On frôle parfois des sonorités Black Metal donnant cet aspect froid et sombre. Le groupe semble aimer s’aventurer sur des chemins épineux en offrant des textures plus expérimentales avec des sonorités très riches. Il faut aimer par contre la répétition et la musique très mécanique si on veut apprécier cet album à sa juste valeur. Le chant en Allemand apporte une dimension plus glauque et malsaine à la musique de Valborg ce qui sied très bien à cette musique dérangeante.

Endstrand est un excellent album à écouter tranquillement pour être en mesure de pénétrer complètement dans les ambiances générées tout au long de l’album. Je vais tâcher de découvrir les albums précédents pour me faire une meilleure idée de ce qu’est Valborg dans toute sa carrière.

Fleshkiller – Awaken – 2017

Fleshkiller – Progressive Death Metal – Norvège
Awaken – 2017
Indie Recordings
9/10

Mes compatriotes des Grands Inquisiteurs, en l’occurrence le Rockmaster, Tower et le Dr. Pendragon respectivement des émissions Rock Classique, Subversion et Réanimation, m’ont largement vanté et louangé le premier album de la formation Norvégienne Fleshkiller cette fin de semaine. Et lorsque de fins connaisseurs en matière de Métal et de Rock vous proposent d’écouter attentivement un album, il est impératif de s’exécuter sur le champ!

Alors, je l’ai écouté Awaken et je suis tombé sur le derrière. Stupidement classé comme étant « Progressive Deathcore » sur Metal Archives, Fleshkiller est tout sauf Deathcore. Composé de membres de Extol et Tristania, le groupe offre un Death Métal parfois mélodique, parfois plus brutal tout en imbriquant des sonorités et des textures musicales issues du rock progressif des années 70. Par moments on pourrait même croire que c’est du Yes en beaucoup extrême. Certains éléments de Thrash moderne dans la veine de Revocation se font entendre au fil des pièces, Awaken est définitivement un album très technique mais excessivement intéressant au niveau des structures musicales et de l’atmosphère générale. Bien entendu, Fleshkiller ne s’adresse pas aux amateurs de Métal basique et primitif. Il faut avoir un esprit très large et être prêt à assimiler des sonorités qui sortent des standards.

Ce premier album est un beau coup de cœur 2017 et est d’ores et déjà un classique du Métal disjoncté et intelligent. A se procurer dans les plus brefs délais et à écouter sans distraction pour en apprécier toutes les subtilités.