L’Évolution Alternative selon Sinistros #40
Klaus Schulze – Cyborg – 1973
Allemagne
Dans toute cette quête de renouveau sonore et de révolution musicale, force est d’admettre que les Allemands ont été des précurseurs et l’Allemagne regorgeait d’artistes visionnaires ayant véritablement la passion et l’audace de vouloir changer les choses et de les faire évoluer. Il faut dire que Berlin a toujours été une ville « aux mœurs légères » même pendant les deux grandes guerres et que l’art y a toujours été en avance sur son temps au grand dam des gens à l’esprit fermé baignant dans les traditions et la rigidité conservatrice. L’énigmatique Klaus Schulze est un de ces personnages dont la vision musicale dépassait à peu près tout ce qui se faisait de standard et qui faisait réfléchir. Long de près de cent minutes, le double album Cyborg, deuxième de la discographie de maître Schulze, nous transportait dans un univers sonore à la fois vaporeux et mécanique avec des textures nous faisant voyager dans un monde robotique et hypnotisant avec quatre pièces oscillant entre vingt-deux et vingt-cinq minutes de pure émerveillement auditif. L’orgue, toujouyrs en avant plan, était cette fois accompagné d’effets et de synthétiseurs qui donnaient cette sensation mécanique un peu oppressante. Klaus Schulze, ce n’est pas pour tous mais si votre esprit est ouvert à l’expérimentation et les sons astraux, Cyborg est définitivement un album fortement à considérer et un album pionnier qui ouvrira la voie à la musique drone, sous genre de la musique industrielle.
