La musique industrielle n’aurait jamais été la même sans l’apport considérable d’une autre formation Belge sur cette musique riche en sonorités. C’est à grands coups de claviers abrasifs, de martèlement continu et de vocaux agressifs que le duo à;Grumh!… a établi sa notoriété et étendu son influence sur de nombreuses formations du genre par la suite. Son legs musical a été d’une importance capitale pour les générations qui ont suivi.
Basant son concept autour d’une élite dans laquelle il est pratiquement impossible de pénétrer, la formation a su rester très underground et obscur allant même jusqu’à fonder une autre entité plus expérimentale baptisée nEGAPADRES 3.3. Les noms des membres laissaient également suggérer une forme élitiste futuriste en utilisant le même type de pseudonymes. SΔ3 Evets, JΔ3 Seuqcaj, PΔ3 Lacsap et JΔ7 Cram-Naej ont forgé la musique électronique à leur façon et sont restés intègres tout au long de leur carrière. Le nom du groupe est une subtile déformation de « Agrume » et la prononciation Anglaise est devenue Ah-Groom puisque le « u » est inexistant dans la langue de Shakespeare.
La Chronosphère: Mardi 14 Juillet 2015
à;Grumh!… – Gina Du Plaza – 1985

J’ai toujours eu un très gros penchant pour la musique rapide et ce, depuis mon tout jeune âge. De Ned Landry au Rêve du Diable en passant par The Beatles jusqu’au Speed Metal, je préférais de loin les pièces avec un tempo très élevé. Petit à petit, j’ai commencé à apprécier des styles plus lents et mélancoliques, notamment avec The Cure et The Legendary Pink Dots. Le Doom Metal est un sous genre qui m’était pratiquement inconnu, Trouble étant un des rares groupes de ce genre a m’avoir accroché à l’époque. Donc, c’est sur le très tard que j’ai apprivoisé la lenteur extrême et c’est la formation Suédoise Candlemass qui m’a ouvert l’esprit à cette branche plus glauque du Métal. Bien qu’ayant entendu parler de ce groupe Suédois depuis le milieu des années 80, ce n’est qu’en 2007 avec King of the Grey Islands que le déclic s’est fait et qui a fait de Candlemass une des entités musicales que j’affectionne particulièrement. Les riffs géniaux, de la pesanteur, du grandiose. Tout est présent dans la musique du groupe pour forger des albums épiques et incroyablement excellents.
Un autre projet, celui-ci beaucoup plus important, incluant Al Jourgensen a vu le jour en 1983 et contrairement aux croyances populaires, Oncle Al n’est pas l’instigateur mais a été invité à se joindre à la nouvelle formation en tant que producteur. Richard 23 ( Front 242 ) et Luc Van Acker se sont rencontrés en 1983 et ont fondé Revolting Cocks. Célébrant dans un bar de Chicago la toute nouvelle association ainsi créée, Jourgensen et ses deux acolytes ont été pris dans une bagarre générale dans le bar et le propriétaire les expulsant du bar s’est exclamé: « I’m calling the police! You guys are a bunch of revolting cocks! » donnant ainsi le nom au groupe.
Al Jourgensen et Jello Biafra ont commencé à se « fréquenter » en 1988 lorsque Ministry a sorti le legendaire Mind is a Terrible Thing to Taste.La tournée qui a suivi est toute aussi légendaire et comportait pas moins de neuf musiciens issus de différents groupes. Lard est né pendant cette tournée et le cocktail réunissant Oncle Al et Jello était extrêmement explosif. Le premier mini album de ce quatuor démentiel est désormais une référence dans le punk industriel et une influence majeure dans la communauté underground Les paroles incisives de Biafra mélangées aux riffs incendiaires de Jourgensen font de Lard un incontournable qu’il faut absolument mettre dans sa liste de culture musicale hors normes.
J’ouvre une parenthèse ce matin pour partir à l’exploration des nombreux projets et associations d’un individu louche et fort prolifique qui a été une influence majeure. Outre Ministry, Al Jourgensen a pondu de nombreux courts projets forts importants pour la musique Alternative et Métal réussissant à unir bon nombre de personnalités du monde underground. Je vous avais déjà parlé de Pailhead qui réunissait Ministry avec Ian McKaye et aujourd’hui j’ouvre la porte à ce grand monde unifié laissé par Jourgensen et ses acolytes. Le premier projet est en fait une version élargie de Ministry qui incluait des musiciens qui allaient plus tard soit faire partie de Ministry ou d’un quelconque projet initié par le fondateur de ce groupe légendaire.
Le retour de la Chronosphère se fait aujourd’hui avec une formation Américaine totalement tordue et disjonctée qui fait partie de ma liste des groupes préférés à vie. Je me rappelle encore la première fois où j’ai entendu la pièce Jimi dans le parking du centre ville à Nicolet. Pour les Nicolétains, le parking était dans l’autre sens à cette époque mais ceci n’a aucun espèce de rapport avec la formation issue du Texas dont je suis en train de vous parler. Nous étions dans la voiture d’un des deux Français de Poète Maudit allant inévitablement nous enfumer au son de musique sombre au Studio 84. Oui, on pouvait fumer dans les bars dans ce temps-là. Pat Coll avait sorti une cassette et avait insisté pour que j’attende un peu avant d’entrer dans le bar. Je suis resté bouche bée en entendant la folie et le bruit continu qui émanait des haut parleurs de la voiture. Butthole Surfers venait de me frapper tel un ventilateur industriel à pleine puissance. Le génie du guitariste Paul Leary et l’expérimentation globale du groupe sont immédiatement venus me chercher et avec Butthole Surfers, ma passion pour la musique différente et non standard ne faisait que se confirmer.
L’élément majeur qui a déclenché l’hystérie du mouvement punk Français a été sans nul doute Métal Urbain. Le groupe a été le premier à avoir une approche électronique en utilisant une boîte à rythmes et un synthétiseur accompagné de guitares tranchantes et de paroles percutantes et dérangeantes. Métal Urbain n’a jamais réussi à percer dans son pays même s’il a influencé directement Bérurier Noir et Ludwig Von 88. C’est plutôt en Angleterre que la formation a eu de l’impact en influençant entre autres The Jesus and Mary Chain, Steve Albini et Jello Biafra. Le son de Métal Urbain a eu une incidence assez importante dans mon approche musicale, surtout au niveau des textes qui m’ont aidé à écrire en Français au lieu de choisir la facilité de composer en Anglais. Cette influence est relativement liée à la transformation de Once or Twice en Poète Maudit en 1988.
Ma rencontre avec le Punk Français s’est fait rapidement et d’une frappe. Connaissant déjà Bérurier Noir, la petite troupe de rebelles dont je faisais partie s’est intéressée à ce mouvement et nous n’avons pas tardé à découvrir les auteurs majeurs de cette épopée anarchiste Francophone des années 80. C’est à grands coups d’humour que la formation Ludwig Von 88 traite les sujets plus sérieux et lance son cri sur la société qui prends le champ. Très théâtrale et cumulant les hymnes parfois Ska et surtout Punk très rapide, cette formation fait figure d’emblème sur la scène Punk de toute la Francophonie. J’ai eu le grand honneur et plaisir a effectuer la première partie, avec Poète Maudit, à Trois-Rivières en 1989 dans un concert mémorable où les Skinheads et la GRC avaient pratiquement volé la vedette. J’ai le souvenir de gens forts sympathiques qui m’ont fait réaliser qu’il faut se tenir debout face à l’adversité et ce, sans aucun compromis. Ma rencontre avec Ludwig Von 88 restera à jamais gravée dans ma mémoire de musicien et ce souvenir me rappelle constamment qu’il faut faire de la musique avec ses tripes sans rechercher une certaine gloire et de rester fidèle à ses convictions peu importe l’opinion de la masse.
La France a été un bassin fort prolifique et très influent dans le milieu Punk de l’époque nous donnant de nombreuses sommités incontournables du genre. Souvent très éclaté et expérimental et surtout théâtral, le Punk Français avait une approche très différente de ce qui se faisait chez leurs voisins du pays de Galles. Les origines du punk en France remontent à la deuxième moitié des années 70 et la formation controversée Lucrate Milk est en partie responsable de ce nouveau mouvement du côté des Français. Grandement influencé par Crass, Lucrate Milk est parti d’une « joke » alors que ses membres avaient décidé de faire de la musique anti conformiste avec les instruments qu’ils détestaient le plus. Avec aucun compromis possible et en ajoutant des éléments expérimentaux, le groupe est demeuré culte et a conduit à la formation de Bérurier Noir et Les Négresses Vertes. Ce qui m’a plu chez Lucrate Milk ce sont les sonorités dissonantes et le véritable « Je m’en foutisme » dégagé par le groupe. Pour moi, c’est ça l’essence même du Punk.
A l’époque, l’Italie était plus reconnue pour ses groupes progressifs. La musique underground n’était pas en avant plan au pays de la Cosa Nostra mais quelques groupes avaient réussi à s’imposer sur la scène planétaire. Très engagée politiquement et surtout très axée sur le communisme pro-Soviet, la formation CCCP Fedeli Alla Linea a influencé bon nombre de groupes punks et alternatifs en mélangeant plusieurs styles musicaux comme le punk, l’industriel, le folk du Moyen Orient et la musique de chambre, le tout chanté en Italien rendant le discours encore plus convaincant. Musicalement à la fois très expérimental et très structuré, cette formation Italienne s’est illustrée en concert en livrant des prestations très théâtrales et a donné naissance à plusieurs classiques de la musique alternative. J’ai participé à des slams assez énergiques et endiablés sur la pièce Punk Islam sous les regards horrifiés des « preppies » qui avaient le malheur de rester sur la piste lorsque les premières notes se faisaient entendre tant au Studio 84 qu’à l’Infidel.
Vers la fin des années 70 avec l’émergence des synthétiseurs, plusieurs groupes minimalistes ont vu le jour et certains d’entre eux n’hésitaient pas à expérimenter de façon exponentielle en utilisant des outils, machines et tout autre matériau susceptible de créer un son ou un bruit à incorporer dans des chansons. L’ère de la musique dite Industrielle en était à ses premiers soubresauts. Une de ces formations a marqué ce type de musique de façon obscure mais très influente malgré sa discographie quasi inexistante. Avec 3 45 tours et moins de 10 chansons, le trio Américain Crash Course in Science a révolutionné le monde de la musique électronique en utilisant des ustensiles de cuisine comme des « blender » et autres engins motorisés si utiles à la femme au foyer moyenne Américaine. La pièce Kitchen Motors est le parfait exemple de ce que Crash Course in Science a pondu et cette dernière demeure encore aujourd’hui un classique et un incontournable du genre.
En tant que musicien et grand amateur de musique, l’expérimentation et la sortie hors des sentiers battus a toujours été naturelle dans mon approche de compositions et d’arrangements. C’est pourquoi je me suis senti attiré par la musique industrielle car ce type de musique offrait des possibilités infinies grâce aux synthétiseurs mais aussi au niveau des mélanges d’instruments,des effets et des échantillonnages. La formation Anglaise Cabaret Voltaire est une de ces formations pionnières à avoir révolutionné le monde de la musique électronique avec son parfait mélange d’industriel et de post punk. Sans se soucier des étiquettes et des insignifiants standards dictés par l’industrie Cabaret Voltaire a fait un grand bout de chemin sans faire de compromis et se planter solidement les pieds dans la culture underground.
Montréal est une ville où la musique underground a joué et joue encore un grand rôle à l’échelle mondiale. Ses diverses cultures et sonorités ont contribué à forger des groupes et artistes très influents dans le milieu pour être reconnue comme étant une des villes Canadiennes des plus bouillonnantes. Sur le côté Amériacan, The Cramps avait parti le bal avec son Psychobilly survolté mais l’influence rock and roll des années 50 s’est aussi fait sentir à Montréal avec un duo tout aussi survolté.
Vers la fin des années 80 je recherchais de plus en plus à élargir mes horizons musicaux. L’expérimentation et le non respect des standards pré-établis m’attiraient beaucoup et mes trouvailles ne manquaient pas car cette facette de la musique était inexplorée et débordait d’artistes plus intéressants les uns que les autres. Pat Coll était arrivé un moment donné avec une cassette d’un groupe inconnu et très underground venant de Amsterdam. Le son du synthétiseur sur les premières notes de Casting the Runes m’avaient carrément jeté en bas de ma chaise. Contrairement à ce que j’avais découvert les années précédentes, The Legendary Pink Dots n’était pas du tout heavy mais très ambiant et totalement « flyé » voire psychédélique par moments.
Ma passion incontestée pour le rock and roll originel est toujours restée intacte depuis 4 décennies. Il était tout naturel de me tourner vers les groupes underground qui « réinventaient » ce son caractéristique des années 50. Il était donc normal pour moi de constater les similitudes entre le punk et le rock and roll d’origine. Le pionnier de ce « nouveau » rock and roll version « destroy » a été The Cramps. Lux Interior et Poison Ivy se sont littéralement approprié les sonorités de l’époque pour les adapter avec des guitares tranchantes, des paroles irrévérencieuses et une attitude dérangeante. Quand cette musique du Diable était apparue au début des années 50, elle dérangeait beaucoup pour cette époque alors tant qu’à déranger, aussi bien déranger pour le vrai et The Cramps a réussi à merveille dans ce domaine.
Je n’ai jamais cru en l’anarchie et c’est pour cette raison que je n’ai jamais adhéré au mouvement punk directement. Il y a tout de même certains éléments de l’anarchie avec lesquels je suis en accord et ce sont ces éléments qui m’ont fait aimer le vrai punk. Quand je parle de punk, je parle de la vraie nature du mouvement, pas le petit punk rock d’enfants de riches, commercial et fashion. La libre expression, les dénonciations face au système et à la société moderne ainsi que l’art pur et dur m’ont amené à vraiment aimer un groupe Anglais activiste et fondateur du Punk dans la plus pure définition du terme.
Notre rendez-vous hebdomadaire au Studio 84 était une chose sacrée et nombreux étaient les petits amis en noir à se rassembler chaque semaine dans cet antre enfumée avec son décor apocalyptique. Les choix de bars étaient assez limités à Nicolet, outre la taverne le Frère Toc et la Bavaroise, le Studio 84 était le seul « nightclub » de la ville et à notre grand désarroi, ça attirait les gens plus conventionnels dont la seule sortie de la semaine était de venir voir les corbeaux danser dans la cage. Plusieurs se risquaient à nous côtoyer lors de pièces moins heavy et généralement ça se passait assez bien. Un jour, un ami en noir très au courant de la culture underground avait apporté un 12″ tout frais et voulait le faire passer. Le DJ, un peu réticent, avait mis le vinyle pour écouter des extraits ( il savait à quoi s’attendre avec nous… ) et comble de chance, il est tombé deux fois sur les deux seuls passages « smooth » de la pièce en question.
Je vous en parle depuis quelques semaines et ceux qui me lisent savent maintenant que le Studio 84 et son DJ Jean Claude Gélinas ont été une énorme source de découvertes et de connaissances musicales underground. a chaque semaine, une nouveauté ou deux apparaissaient dans le décor, souvent j’accrochais, parfois pas du tout et la première fois que j’ai entendu L’amourir de The Young Gods, j’ai été fasciné par cette musique minimaliste gravitant autour d’une batterie, d’échantillonnages et de textes poétiques sur des chansons abrasives.
La nouvelle vague du New Wave (!) établie vers la moitié/fin des années 80 a eu des ramifications très larges et vastes qui ont conduit vers de nombreux projets forts importants et influents. L’explosion de cette vague avait débuté avec Killing Joke mais le véritable élément déclencheur de ce cataclysme a été sans contredit Ministry. Ce « one man band » Américain avait débuté sa longue carrière en jouant du new wave/synthpop qui allait rapidement évoluer en une musique beaucoup plus agressive.
Dans les années 80, la musique underground était en plein bouillonnement et les divers styles évoluaient chacun de leur côté empruntant parfois des sonorités spécifiques de l’un ou de l’autre et créant de nouvelles entités et influences. Au fil de mes découvertes musicales et mes rencontres avec des gens plus marginaux j’avais réalisé que les musiques underground, que ce soit Métal, Punk, Gothic Rock et autres sous genres, avaient un seul et unique but et évoluaient tous dans la même direction. Celle de la non conformité et de la rébellion face au système. Cette constatation a eu un certain effet de jugement envers les gens étroits d’esprit et lors de mon changement de cap vers d’autres horizons musicaux, je me suis fait reproché de dévaloriser les amateurs de Heavy Metal et d’être devenu à la solde de l’ennemi.
Alors que le Métal était très présent en Allemagne, le New Wave et ses dérivés semblaient quasi inexistants ou du moins très obscurs et difficile d’accès. Quelques formations notables ont su se tailler une place dans ce monde musical bizarre. Avec en premier plan une chanteuse puissante et disjonctée, Xmal Deutschland a été une grosse pointure du Post Punk/Gothic Rock Allemand malgré sa réelle sous évaluation. Trop souvent comparée à tort à Siouxie and the Banshees, la troupe menée avec brio par Anja Huwe est malheureusement restée dans l’ombre et est passée inaperçue de ce côté-ci de l’Atlantique.
Quand on parle de Gothic Rock, le terme « culte » est généralement associé à ce genre musical sombre et loin des médias « mainstream ». Le terme « culte » est également attribué à Bauhaus, Joy Division ou Sisters of Mercy. Mais, il y a une formation Anglaise qui s’est avérée encore plus culte et sombre que ces trois icônes réunies. Avec un look de cowboys poussiéreux sortis tout droit d’un western de Sergio Leone, Carl McCoy et sa troupe de Fields of the Nephilim a marqué la musique dite Gothique en mélangeant adroitement le Hard Rock, le Gothic Rock et le Heavy Metal. Avec des « riffs » de guitares acérées et une voix gutturale pratiquement « growlée » à la manière de bon nombre de chanteurs Metal, le groupe s’est rapidement forgé une réputation solide au sein de la communauté sombre de la musique Gothique. Fields of the Nephilim a aussi contribué en partie à l’évolution du Métal, influençant plusieurs musiciens issus du Black Metal d’aujourd’hui. Le groupe est un incontournable de l’histoire de la musique underground et demeure un de mes favoris sur ma longue liste d’influences personnelles.
L’Europe a toujours été en avance sur le continent Américain sur le plan musical surtout lorsqu’on parle de musique underground. La Belgique est un pays fort prolifique qui nous a donné et qui nous donne encore de l’excellence à ce niveau. Le label Play it Again Sam! a été une référence en sortant de nombreux albums marquants de la scène Alternative de l’époque. Avec son parfait mélange d’électronique et d’électrique, The Neon Jugdement est avec Front 242 une figure de proue du EBM Belge et a grandement contribué à faire évoluer le mouvement mondialement.
Lors de nos sorties au Studio 84 et à l’Infidel à Trois-Rivières, il y avait une chanson d’un groupe Californien que j’affectionnais beaucoup. L’ambiance groovy et un peu vaporeuse dégagée par cette pièce ainsi que la voix unique de Debora Iyall apportait une sonorité différente du New Wave. Romeo Void a eu une courte carrière et quelques bonnes pièces mais pas assez significatives pour que j’explore à fond la discographie du groupe. Never Say Never reste néanmoins à mentionner ne serait-ce que pour les souvenirs des pistes de danse remplies d’amis en noir.
Au fil de mes découvertes musicales, il y a des pièces esseulées qui se sont glissées dans ma liste digne de mention. Quelques fois, des artistes et/ou groupes pondent une excellente pièce qui nous marque à jamais mais ne réussissent malheureusement pas à nous faire accrocher à ne serait-ce qu’une partie de leur répertoire. Dans mes prochaines chroniques, plusieurs de ces pièces solitaires s’imbriqueront au travers de mes influences majeures.
Quelques temps après ma découverte du punk, j’avais flairé qu’une bonne partie des groupes et des gens issus de ce mouvement étaient une sorte de frime et pas très conséquents avec leurs propos et c’est pour cette raison que je ne n’ai jamais vraiment embarqué dans cette vague anarchiste à 100%. Les punks jappaient fort mais baissaient la tête au moment d’agir. Du moins, c’était ma perception. Lorsque j’ai découvert Dead Kennedys et son porte parole Jello Biafra, j’ai compris qu’il y en avait dans le lot qui étaient capables d’agir et garder intact leur discours. Avec des musiciens talentueux, des compositions de génie et des paroles qui frappent là où ça fait mal, Dead Kennedys est selon moi la véritable référence du punk comme il se doit d’être: Revendiquer sans aucun compromis et Jello Biafra est toujours resté intègre et fidèle à ses propos.
Comme j’appréciais de plus en plus les synthétiseurs et la musique industrielle, je recherchais de plus en plus pour en connaître davantage sur ce monde inexploré. La découverte du combo Belge Front 242 n’a fait que renforcer ma soif et mon avidité à trouver des trésors dans le large éventail de cette musique martelée et oppressante. C’est la faute de Pat Coll si j’ai été obligé d’adhérer à ce mouvement et en être intoxiqué jusqu’à maintenant. Ce dernier m,avait fait découvrir Front 242 ( en passant, ça se prononce front deux quatre deux ) avec la pièce Quite Unusual à laquelle je suis tombé totalement accro.
Ma première pièce en tant que « lead guitar » a été une reprise d’un groupe coloré provenant de Liverpool. Et oui, il y a a eu d’autres groupes connus provenant de cette ville désormais légendaire dans le monde du rock. Le groupe en question avait des tenues vestimentaires et des coiffures très avant-gardistes et la musique de celui-ci l’était tout autant. Le très sous évalué guitariste Paul Reynolds a contribué largement au son de A Flock Of Seagulls avec son style de guitare en écho et sa tendance à jouer un tantinet plus « heavy » que la majorité des guitaristes New Wave de l’époque.
La grande majorité de ce que j’écoutais en frais de musique était axée sur les traditionnelles guitares, basses, batteries qui parfois étaient colorées avec un soupçon de claviers. J’aimais bien les sons générés par les synthétiseurs, Once or Twice en incorporait beaucoup dans ses nouvelles compositions, mais pas au point d’imaginer aimer des pièces et des groupes axés uniquement sur les claviers. Mais, il y avait cette pièce présente sur la compilation de l’Ombre Jaune totalement synthétique avec une ambiance très sombre et martelée et une voix qui rappelait ce qui se faisait dans le métal. Pat Coll avait rapidement identifié la chanson et le groupe en question et a tôt fait mon éducation étant lui même un inconditionnel de ce groupe de Vancouver.
Il y avait plusieurs pièces d’une formation électronique Anglaise qui tournaient régulièrement au Studio 84. Bien que j’aimais bien certaines de ces pièces, New Order ne m’a jamais vraiment ébloui par sa musicalité, je trouvais ça trop mou. C’est en découvrant l’avant New Order que j’ai été marqué. Contrairement à la majorité des fans de Joy Division, ce n’est pas son chanteur devenu une icône qui m’a marqué dans ce groupe. Certes, Ian Curtis avait une voix unique mais loin d’être juste et ce qui a fait de lui une légende c’est son esprit torturé et son suicide.