Sinister – Syncretism – 2017

Sinister – Deah Metal – Pays Bas
Syncretism – 2017
Massacre Records
9/10

Sinister est de retour cette année avec son treizième album en carrière. Carrière en dent de scie soit doit en passant et qui comporte son lot de bons et de (très) mauvais albums pour le groupe. La formation des pays bas a eu beaucoup de difficulté à maintenir une constance au fil des ans multipliant du fait même alignement par dessus alignement. Du groupe original il ne reste plus que Aad Kloosterwaard qui est passé de batteur à chanteur en 2005.

Paru en 2015, Dark Memorials s’est avéré être un désastre total pour le groupe en étant franchement mauvais au niveau des compositions mais également au niveau de la production. Sinister a su malgré tout rebondir cette année en nous offrant Syncretism, l’un des meilleurs albums que la formation a sorti depuis ses débuts. Cet album marque l’arrivée de nouveaux membres et le quintette passe à six membres ajoutant une troisième guitare dans ses rangs. Notons également l’ajout de claviers au fil de l’album joués par Carsten Altena de The Monolith Deathcult.

Niveau compositions, Sinister nous en met plein les oreilles avec des sonorités grasses et puissantes dans la veine de Morbid Angel et de Behemoth. Les claviers apportent une touche majestueuse à l’ensemble de l’album et la production est percutante. En tout neuf pièces puissantes et explosives pour une durée totale de plus de 48 minutes. Sinister signe ici un album monumental qui laissera sa marque dans le Death Metal, une réussite sur toute la ligne avec des riffs incendiaires et une rythmique décapante.

11.22.63 – Saison 1 – 2016

11.22.63 – Saison 1 – 2016
Drame / Mystère / Sci-Fi
Avec : James Franco, Sarah Gadon
Créateur : Bridget Carpenter
Warner Bros.
8/10

On m’avait grandement vanté la série 11.22.63 qui relate l’expérience d’un professeur de littérature faisant un voyage temporel hors du commun. Tirée d’un roman de Stephen King et produite entre autres par J.J. Abrams, cette série de huit épisodes nous plonge au cœur du Texas du début des années 60. James Franco joue le rôle de Jake Epping qui est mandaté par un vieil ami restaurateur de franchir les portes de sa réserve pour être propulsé en 1960 afin de contrer l’assassinat de JFK.

Difficile à convaincre, Jake Epping prends la décision de franchir la porte temporelle suite au décès de son ami. Ce dernier avait passé plus de deux en dans les années 60 et a laissé suffisamment d’éléments pour que Epping puisse tout reprendre à zéro et ainsi pouvoir mener sa mission à bien.

L’idée du voyage temporel est vraiment pas nouveau et dans celui-ci on a une impression de déjà vu un peu à la Back to the Future. Le livre de résultats sportifs futurs y est repris d’une certaine manière mais montre que les paris peuvent mener à des désagréments lorsque trop utilisés. La racaille existait aussi en 1960. Ceci dit, l’histoire générale est tout de même intéressante dans l’ensemble et tous les plans pour sauver Kennedy avec les histoires de communisme, de Russes, Lee Harvey Oswald, le FBI etc sont assez satisfaisantes en bout de ligne et offrent un contenu assez solide à la série. Les acteurs sont assez convaincants et la partie historique est assez fidèle. On revisite l’éternel scénario où lorque l’on change une parcelle du passé, le futur s’en trouve totalement changé. Ici, le fait d’avoir évité l’assassinat de JFK a des répercussions insoupçonnées…

Quelques points m’ont toutefois agacé au fil des huit épisodes. De un, la petite histoire d’amour typiquement Américaine est un peu trop rose et s’étire un tantinet. De deux, est-ce que les gens des années 60 étaient si crédules? Le gars vient du futur et les réactions de la copine et de l’acolyte ne sont pas très spectaculaires… C’est comme si c’était normal en 1960 de faire un saut temporel! Mais bon, si je fais fi de ces deux points, la série vaut quand même le détour et Stephen King pense pouvoir plancher sur une suite. C’est évidement à suivre!

Frank X – Frank X and the Unreality Show – 2017

Frank X – Progressive Metal – Canada
Frank X and the Unreality Show – 2017
Indépendant
8.5/10

Frank X, de son vrai nom François Dallaire n’est pas un novice dans la scène Métallique Québécoise. Il a notamment joué dans la formation Damaged à la fin des années 80 avec des musiciens qui sont par la suite passés dans Gorguts aux côtés de Luc Lemay. Justement, parlons du loup, Luc Lemay fait une apparition sur une des pièces du deuxième album de Frank X intitulé Frank X and the Unreality Show.

J’avais eu vent du premier album paru en 2015 mais je ne m’étais pas arrêté à une écoute totale. Je me reprends donc avec ce nouvel album qui m’a quelque peu surpris. Je dois dire en partant que j’ai failli décrocher dès la première pièce de l’album qui est en fait une intro de près de cinq minutes de dialogue entre personnages. La sur-utilisation d’effets de « pitch » apporte un côté synthétique et pas trop sérieux ce qui est possiblement voulu. Cette intro est sans nul doute trop longue ne nous donnant autre choix que de passer à la pièce suivante le plus rapidement possible.

Lorsque la première véritable pièce commence, on sent que l’on va naviguer dans des flots sonores assez disjonctés tout au long de l’album. Les guitares sont très basses et la vitesse de croisière au fil des pièces est à peu près la même. La rapidité n’est pas le focus de Frank X qui semble préférer nous en mettre plein les oreilles avec des arrangements explosifs et fort intéressants. Le musicien a un talent indéniable pour la composition et n,a pas peur d’ajouter des sonorités et des textures non standards pour pimenter et rehausser ses compositions. Les claviers sont utilisés avec intelligence et la production globale est vraiment surprenante, il y a du travail de moine dans cet album.

Point de vue musical, Frank X pourrait dérouter le Métalleux moyen qui aime rester dans ses standards. Le son et le style des guitares peut rappeler les premiers albums de Korn et Soulfly tandis que la rythmique et les sonorités ont un petit côté industriel dans la veine de Prong et de Fear Factory. Ajoutons au tout la tendance dérangée de Devin Townsend et la voix qui s’apparente à celle du regretté Layne Staley de Alice in Chains et vous avez une bonne idée de l’orientation musicale de Frank X.

Au final, Frank X and the Unreality Show est un album très coloré et musicalement très bien structuré et composé avec des arrangements brillants et des idées folles. Peut-être un peu long et redondant par moments mais la qualité musicale prenant le dessus, on peut y faire aisément abstraction. Je lève mon chapeau à Frank X, c’est une bien belle réussite!

Ordos – House of the Dead – 2017

Ordos – Stoner/Doom Metal – Suède
House of the Dead – 2017
Moving Air Music
8.5/10

La Suède est depuis fort longtemps un bassin prolifique pour la musique hors normes. La musique underground en tout genre y est grandement présente et ce pays Scandinave est un chef de file dans ce domaine. Le retour en force des sonorités des années 70 qui sévit présentement est également une force de frappe stupéfiante en Suède nous offrant cette année de petits trésors musicaux pas piqués des vers.

Ordos est une de ces petites trouvailles surprenantes et très intéressantes qui s’amène en 2017 avec son deuxième album intitulé House of the Dead. Le groupe puise la majeure partie de sa sonorité dans les racines mêmes du Stoner avec les Black Sabbath et compagnie mais aussi dans le Blues et le Black Metal faisant de House of the Dead un parfait mélange de sonorités sales et malsaines. Le ton est assez gras et granuleux et le tempo est lent. On y mélanges des atmosphères froides et psychédéliques par moments jouant avec des textures particulières et évitant de tomber dans le piège du déjà entendu. Le groupe dégage un petit côté agressif se rapprochant beaucoup du Punk originel dans la façon de rentrer les riffs et de hurler un désarroi total.

House of the Dead est un excellent album aux multiples facettes et influences et aux sons plus « vintage » apportant un vent de fraîcheur dans la musique non standard. Une bien belle découverte à écouter à haut volume afin de profiter de toute la puissance dégagée.

Deserted Fear – Dead Shores Rising – 2017

Deserted Fear – Death Metal – Allemagne
Dead Shores Rising – 2017
Century Media
7/10

Century Media est devenu au fil des décennies un incontournable label de la scène Métallique mondiale. Ce label a signé bon nombre d’excellents groupes et autant d’albums mémorables et influents au cours des années suivant sa création en 1988. Comme n’importe quel label, outre le bon vouloir et la promotion d’artistes, le but premier est de faire de l’argent et de ne pas tomber dans le rouge pour justement être en mesure de signer des bons groupes et produire d’excellents albums. Pour ça, il faut signer des valeurs commercialement sûres qui pourront plaire à une plus grande masse et ainsi rapporter plus que l’investissement.

Deserted Fear signe son premier album avec Century Media et son troisième en carrière. On ne se le cachera pas, Dead Shores Rising est un album générique de Death Metal mélodique destiné au plus grand nombre possible d’oreilles et a été conçu en ce sens. Century Media a misé sur ce groupe Allemand pour tenter d’alimenter les coffres et va possiblement pouvoir profiter de son investissement. Deserted Fear, même si certains relents de Bolt Thrower ou Asphyx se font sentir, est un groupe générique utilisant à outrance les sonorités du « Swedish Death Metal » à la In Flames et Dark Tranquillity, un style qui a été épuisé et dont le citron a été pressé jusqu’à la dernière goutte. Le Metalcore est basé sur ce genre avec les résultats commerciaux que l’ont connait.

Par contre je ne dis pas que Deserted Fear est un mauvais groupe. Les compositions sont très bien montées et les structures sont à la bonne place. La production est évidement excellente, le grous label oblige. Mais l’originalité est à son niveau le plus bas et cet album est plus que monotone dans son ensemble. Il y a tout de même quelques idées et riffs intéressants mais en bout de ligne, le tout sonne beaucoup trop le réchauffé pour mes vieilles oreilles. Dead Shores Rising pourra sans doute plaire aux amateurs de Metalcore désireux de monter d’un cran vers un Métal un peu plus méchant et plaira aussi à ceux qui sont restés accrochés à At the Gates et compagnie.

Horisont – About Time – 2017

Horisont – Classic Hard Rock – Suède
About Time – 2017
Century Media
9.5/10

Il arrive plus souvent qu’autrement que des groupes nous passent sous le nez et que l’on en prenne conscience plusieurs albums plus tard en se demandant le pourquoi on était passé à côté. Le groupe Suédois Horisont est un de ces groupes que je découvre tout juste avec son cinquième album. About Time vient de me sauter en pleine face et m’a fait faire le saut.

Attention, Horisont c’est du sérieux et est digne des plus grands noms avec son Hard Rock puissant et ses effluves de Classic Rock issu tout droit de la belle époque des grands groupes de Rock à l’état pur. Des compositions enlevantes et fort bien ficelées, des harmonies vocales en parfaite symbiose et une instrumentation à couper le souffle. On a droit à de la guitare avec un grand G comme à la belle époque des Deep Purple, Thin Lizzy et Boston avec des claviers aux sonorités riches et aux couleurs flamboyantes.

Si vous êtes un amateur de Hard Rock dans la plus traditionnelle des formes, About Time est un album à écouter dans l’immédiat. Cet album est le premier à recevoir une note de 9.5 en 2017 et soyez assurés que je vais reculer dans le temps pour écouter les quatre albums précédant celui-ci. Une pure merveille qui prouve que le Hard Rock est loin d’être mort!!

Débiliter le Métal: Une bien belle mode…

Suite au récent dévoilement de la programmation 2017 du Rockfest, j’ai eu envie d’écrire sur un sujet qui me trotte dans la tête depuis déjà un bon bout de temps : La détestable mode de vouloir tout virer en « Métal », surtout la musique Pop.

Il y a beaucoup plus de Métalleux qu’il y a 20 ou 30 ans et ça, c’est une excellente chose en soi. Il y a aussi beaucoup plus de Métalleux ayant l’esprit ouvert à d’autres horizons musicaux qui ont fait évoluer le Métal en y intégrant de nouvelles sonorités et de nouvelles idées et ça aussi c’est très bien. Sauf que cette ouverture musicale a également mené à une branche de supposés trippeux de musique Métal qui sont totalement à côté de la plaque et qui font l’apologie de la médiocrité et de la facilité voulant à tout prix faire du Métal une musique accessible au plus grand nombre de gens possible.

Lorsque le Heavy Metal est apparu vers la fin des années 70, c’était la continuité du Hard Rock avec un cran de plus et qui était issu du Garage, Psychchedelic et Blues Rock des années 60, ces styles ayant pour origine le Rock and Roll. Le Heavy Metal a par la suite engendré le Speed Metal qui s’est scindé en Thrash Metal, Power Metal, Death Metal et Black Metal. Tous ces sous styles ont évolué chacun de son côté et se mélangeant au fil du temps. Jusqu’ici, nous comprenons tous que le Métal dans sa globalité est une musique de rébellion et est aux antipodes de la musique « mainstream » et n’est aucunement faite pour monsieur et madame tout le monde. La grande famille du Métal réunit un cercle d’initiés et de passionnés et dans la majorité des cas, ces passionnés creusent plus profondément au niveau musical et un très grand nombre de ces initiés creusent plus profondément au niveau intellectuel et culturel. Dans le Métal, comme dans toute musique et style underground, la mode n’existe pas et ne doit surtout pas exister.

Certes, le Métal a dévié de sa trajectoire à quelques reprises et l’industrie du disque flairant la bonne affaire nous a imposé le Glam dans les années 80, le Nu Metal dans les 90 et le Metalcore et compagnie dans les 2000. Même si ces styles à haute teneur commerciale ont été et sont toujours reniés par le véritable Métalleux, ce dernier ne fait généralement pas de cas et rigole allègrement de ces faux pas et de ces simili photocopies Métallique. Bref, il existe et existera possiblement toujours du petit Métal gentil et mielleux pour accommoder ceux qui veulent se sentir Métalleux en surface.

Depuis l’arrivée d’Internet et de son explosion, on assiste à des changements drastiques de société. Les réseaux sociaux sont devenus une part importante de la vie humaine et l’arrivée de Youtube permet à n’importe qui d’avoir son 15 minutes de gloire. N’importe quel individu sur la planète peut faire un vidéo de lui s’improvisant musicien et n’importe qui peut montrer ses talents en montrant qu’il est capable de faire une reprise et jouer sa chanson préférée.

Tout ceci a pris une ampleur telle que plusieurs musiciens, sans nul doute talentueux, se sont mis dans la tête de faire des reprises de chansons insipides en version Métal. Je pense ici vite comme ça à un certain Léo qui reprends des pièces de Adèle, Madonna ou encore Survivor avec une sauce pseudo Métallique. Je ne comprends aucunement l’idée derrière ça. Ces chansons sont à l’origine des chansons Pop mièvre et dénué d’intérêt et le fait de jouer ces chansons en version Métal ne change absolument rien : Elles restent des chansons mièvres et dénuées d’intérêt même si ça « sonne » Métal. Pourquoi vouloir à tout prix habituer l’oreille de la masse à des sonorités plus lourdes et grinçantes? Le fan de Céline Dion ou de Michael Buble ne deviendra jamais un adepte de Cannibal Corpse sous prétexte qu’il a entendu une version Métal de I’m Alive ou de Feeling Good.

« Le gars fait ça pour rire » je l’entends déjà celle-là. Pour moi la musique, c’est pas drôle c’est même très sérieux. Si je veux rire, je vais me tourner vers un humoriste. Pour moi une version Métal de la Dame en bleu, je ne trouve pas ça drôle, je trouve ça pathétique et ridicule. Ce cirque va à l’encontre même de l’essence du Métal et de la musique underground en général. Voir Jerémy Gabriel passer à Denis Levesque pour promouvoir sa prestation Heavy Metal au Rockfest, ça ne me fait pas rire du tout. Au contraire, ça me fait dire que le Métal ne sera jamais pris au sérieux et sera toujours ridiculisé par la masse populaire et que les vrais Métalleux vont continuer à passer pour des imbéciles avec des tattoos et des piercings. Alors que le passage à La Voix de Louis-Paul Gauvreau a amené le Métal extrême dans les chaumières Québécoises et a contribué à démystifier cette grosse bébitte musicale et bruyante dans la tête du Québécois moyen, voilà que le Rockfest fait totalement l’inverse en mettant le petit Jéremy ambassadeur du Heavy Metal dans la tête des gens. Pourquoi pas Michel Louvain ou Martine St-Clair tant qu’à faire?

Merci au Rockfest pour avoir ridiculisé le Métal et sa culture. Vous l’avez eu votre « stunt » et votre coup de pub fumant. Merci surtout à Metalord qui contribue à propager la médiocrité et à rendre débile la communauté Métallique au grand complet.

Hadal Maw – Olm – 2017

Hadal Maw – Technical Death Metal – Australie
Olm – 2017
EVP Recordings
7/10

Dans un monde musical en plein bouillonnement et jouissant de plus de 40 ans d’influences diverses pour explorer de nouveaux horizons, le Death Metal Technique est un des sous genres de la grande famille Métallique qui prédomine la scène depuis déjà plusieurs années. On assiste à une révolution technique et la barre monte de plus en plus haut au fil des sorties d’albums.

Les Australiens de Hadal Maw poussent le bouchon assez loin dans leur optique musicale offrant un Death tellement technique qu’on frôle le chaos et la confusion totale par moments. Sur Olm, le groupe accumule les riffs et les notes sur une rythmique très solide et très changeante nous donnat l’impression de marcher sur des œufs et de ne pas savoir où poser le pied. L’album regorge d’excellentes idées et de superbes sonorités de guitares mais le tout vient rapidement redondant et monotone tant il y a de notes et de changements soudains. La production est impeccable mais ne suffit pas à nous faire entrer confortablement dans le monde de Hadal Maw.

Olm est un autre parfait exemple de musique technique sans âme qui a été conçue pour repousser les limites. Une écoute trop longue de cet album nous fait perdre le fil nous donnant l’impression d’écouter une seule et unique longue pièce. Le technique c’est bien mais la chaleur et les textures aussi ce que Hadal Maw manque totalement. Une belle réussite de prouesses sur les instruments mais ça s’arrête là. Olm un album pour pousser des notes juste pour pousser des notes, sans plus.

Sense8 – Saison 1 – 2015

Sense8 – saison 1 – 2015
Drame – Mystère – Sci-Fi
Avec : Brian J. Smith, Tuppence Middleton, Doona Bae
Créateurs : Lana et Lilly Wachowski, J. Michael Straczinsky
Netflix
8.5/10

Le monde des séries télévisées est devenu vraiment vaste ces dernières années multipliant les chefs d’oeuvres et damant le pion aux longs métrages. Netflix qui est devenu un gros joueur dans la distribution de séries ne cesse de m’étonner de par la qualité et la versatilité de ses choix de séries. J’ai écouté cette semaine la saison 1 de Sense8, une série dramatique et mystérieuse avec une bonne touche de science fiction qui pourrait être assez réelle au final.

La série se concentre sur huit individus résidant aux quatre coins du globe et qui sont nés en même temps. Ces huit personnes sont reliées entre elles grâce à un gène particulier ce qui les fait ressentir ce que les autres ressentent et peuvent se retrouver à plusieurs endroits différents avec les personnes de leur cercle. Étant un danger pour l’ordre établi et les humains ordinaires, les sensitifs sont traqués et pourchassés afin d’aboutir à leur extinction. Les huit doivent donc apprendre à apprivoiser leur don et s’entraider les uns les autres face à cet ennemi commun.

Bien que comportant certaines longueurs et étant difficile à assimiler, cette série est riche en émotions et élimine plusieurs tabous dont l’homosexualité. Les images sont à couper le souffle et les acteurs sont tous excellents dans leurs rôles respectifs. Sense8 est une série très différente des standards habituels et creuse beaucoup pour nous faire découvrir profondément chaque personnage. Il est important de bien se concentrer en écoutant la série car chaque détail, même anodin, est à sa place et est important au final. La saison 2 est prévue pour le 5 Mai 2017 et je l’attends fermement. A noter qu’en décembre 2016, un épisode de plus de deux heures a été présenté sous forme de spécial de Noël. Ce long épisode sert de pont entre les deux saisons et bien qu’il ne soit pas essentiel à la série, quelques points d’une certaine importance sont révélés pour faire place à la suite qui s’en vient. Un beau coup de cœur pour ma part, Sense8 est une excellente série intelligente à découvrir.

Radiant Knife – Radiant Knife – 2017

Radiant Knife – Progressive/Sludge Metal – États-Unis
Radiant Knife – 2017
Independant
9/10

Il y a une nouvelle mode qui et apparue depuis quelques années dans l’univers Métallique qui me dérange un peu et dont je me méfie énormément. La propension à se déclarer « Progressive Metal » est devenue petit à petit une nouvelle vague sur laquelle beaucoup de musiciens issus du Djent et du Mathcore surfent se donnant l’affabulation « Progressive » et « Metal » pour se donner un air élitiste. Le Progressive Metal est en quelque sorte du « core » technique déguisé pour la plupart des nouveaux groupes de cette tendance mode hautaine.

Il y a cependant des exceptions qui me surprennent et qui sortent des standards. La formation Américaine Radiant Knife est une de ces formations qui utilise le Progressif à bon escient sans pour autant tenir à tout prix se vautrer dans des prouesses techniques pour épater la galerie. Avec son premier mini album auto titré, Radiant Knife nous livre des sonorités dévastatrices et vraiment enrichissantes musicalement. La base même du groupe repose sur un Stoner explosif avec de grosses touches Progressives rappelant les premiers albums de Mastodon. Bien que relativement axé sur des sonorités puissantes et agressives, Radiant Knife insère des riffs et des arrangements planants au fil des pièces de l’album délivrant des passages plus vaporeux pour revenir en force avec une énergie fulgurante.

Ce premier mini album d’une durée de trente minutes est absolument conseillé à tous ceux qui aiment les expérimentations et la musique un peu plus chaotique qui dévie de la masse. Superbe découverte 2017 pour ma part, j,attends la suite avec impatience!

Ever Circling Wolves – Of Woe or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Gloom – 2017

Ever Circling Wolves – Death/Doom Metal – Finlande
Of Woe or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Gloom – 2017
Cimmerian Shade Recordings
8.5/10

Je suis toujours à l’affût des nouveautés et les groupes qui sortent de l’ordinaire m’interpellent en particulier. J’ai toujours aimé l’expérimentation et l’exploration musicale et plutôt que de rester confiné dans un confort musical, j’ai toujours cherché à découvrir de nouvelles sonorités, parfois qui peuvent sembler bizarres au commun des mortels.

Comme dans mon jeune temps, c’est la pochette de Ever Circling Wolves qui m’a attiré en premier avec son côté minimaliste et artistique. En écoutant un extrait de Of Woe or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Gloom, j’ai su que ce groupe était fait pour moi. Ever Circling Wolves sort vraiment des des standards avec sa lenteur et ses sons vaporeux. L’utilisation des guitares est faite de façon intelligente, très lourdes et puissantes pour passer de douces et mélodiques dans la même pièce. Le groupe Finnois est dans le créneau Doom avec des teintes Death Metal mais semble être influencé par plusieurs styles, du Rock Gothique au Black Metal en passant par le Progressif.

L’album fait plus de 66 minutes et les pièces sont plutôt longues, parfois peut-être trop longues donnat à l’album un effet de redondance par moments. Mais, on fait rapidement fi de cet aspect car les riffs et les arrangements viennent balancer le tout avec brio. Ever Circling Wolves est à écouter avec une attention particulière pour apprécier toutes les subtilités musicales. Un album destiné à ceux qui n’ont pas peur d’explorer.

Rude – Remnants – 2017

Rude – Death Metal – États-Unis
Remnants – 2017
FDA Records
6/10

La tendance du retour en arrière pour livrer des sonorités de la vieille école est décidément plus étendue que je ne le pensais. En plus de jouer exactement comme les groupes de la première vague, les nouveaux nous imposent également la production pas très bonne de cette époque avec en prime la maladresse du jeu sur les instruments. De plus en plus de clones apparaissent et la qualité musicale baisse à une rapidité assez phénoménale.

La formation Américaine Rude est une de ces innombrables entités de jeunots se complaisant dans les années 80 et se contentant uniquement de reproduire fidèlement le son et la façon de jouer de cette époque avec des musiciens pas très droits. Un genre d’imitation grossière et un croisement entre Possessed et Asphyx. Il y a de très bonnes idées de riffs qui auraient plu être exploitées mais c’est tellement réchauffé et redondant que le produit final devient excessivement poche et dénué de tout intérêt.

Il y a moyen de rendre hommage au passé sans pour autant y s’accrocher et s’y on tient absolument à faire revivre cette fabuleuse époque, faisons-le avec éclat et en offrant de la justesse musicale ainsi qu’une production décente. Un groupe pas « tight » c’est réellement désagréable mais un un groupe pas « tight » qui vomi la sauce d’il y a 30 ans, c’est pathétique.

Beheaded – Beast Incarnate – 2017

Beheaded – Brutal Death Metal – Malte
Beast Incarnate – 2017
Unique Leader
9/10

Beast Incarnate est le cinquième album de la formation Maltaise Beheaded depuis son entrée dans le monde du Death Metal vers le milieu des années 90. J’avais grandement apprécié le précédent album, Never to Dawn, paru en 2012. Les cinq années d’attente ont été longues mais ont largement valu la peine car Beheaded nous livre un chef d’oeuvre du genre cette année.

Ce nouvel album se veut beaucoup plus brutal que le précédent et le niveau de composition a monté d’un cran. Beheaded nous a concocté des riffs entraînants et fort bien construits avec une rythmique solide aux tempos variables, on passe de la rapidité à l’état pur à des rythmes plus groovy pour nous donner envie de se brasser la tête avec frénésie. La production est en béton armé et les arrangements très efficaces et bien imprégnés dans les pièces.

Beheaded signe ici son meilleur album depuis ses débuts et si vous aimez Suffocation ou Aborted, cet album est tout à fait indiqué pour égayer vos soirées métalliques et étancher votre soif de brutalité sonore. Un beau coup de cœur 2017 à écouter le volume au maximum, au diable le voisinage!

Phobiatic – Phobiatic – 2017

Phobiatic – Technical Death Metal – Allemagne
Phobiatic – 2017
Bret Hard Records
7.5/10

Le Death Metal technique est devenu un sous genre à part entière et nombreux sont les groupes et musiciens à embrasser cette facette de la brutalité ne serait-ce que pour repousser les limites de ce qu’un être humain est en mesure de faire. Bien que plusieurs de ces groupes soient spectaculaires et sont en mesure de composer des pièces intéressantes, en revanche nombreux sont les groupes qui se contentent de pousser des notes pour épater la galerie sans pour autant offrir un contenu original et musicalement hors de la moyenne.

La formation Allemande Phobiatic lance son 3e album qui se veut éponyme sur l’obscure étiquette Bret Hard Records. Je découvre donc la formation avec cet album qui est active depuis 2008 et dont le registre musical se situe entre Cannibal Corpse et Morbid Angel avec des éléments provenant de groupes tels Origin et Cephalic Carnage. En gros, Phobiatic est une sorte de photocopie du genre et malgré une très bonne production et une interprétation hors pair n’arrive tout simplement pas à mettre l’originalité en avant plan pour se démarquer. On se contente de remâcher ce qui a été fait depuis des lunes et on ne s’aventure pas plus loin. Du Death Metal générique de base sans éclat et sans nouveauté.

Phobiatic demeure très écoutable, beaucoup se plairont à écouter cet album mais pour ma part je le laisserai sans aucun doute dormir sur la tablette sans autre écoute dans un futur rapproché. Un album décent mais sans plus.

Santa Clarita Diet – Saison 1 – 2017

Santa Clarita Diet – Saison 1 – 2017
Comédie/Horreur
Avec : Drew Berrymore, Timothy Olyphant, Liv Hewson
Créateur : Victor Fresco
Netflix
8.5/10

C’est en terminant le dernier épisode de Narcos que j’ai eu vent de la série Santa Clarita Diet. Au départ, Netflix avait tout bonnement décidé de m’imposer le premier épisode en prenant bien soin de peser sur le bouton de lecture de l’épisode 1 à ma place. Ayant tout bonnement décidé de ne pas poursuivre la lecture et jugeant cette proposition un peu trop intrusive à mon goût, je me suis rabattu sur Stranger Things, que j’ai liquidé en deux soirs.

N’ayant plus rien à écouter et ayant vu mon mur Facebook s’inonder de critiques positives au lendemain de la sortie de la série, j’ai décidé de donner une chance à Santa Clarita Diet. Je ne suis pas le plus grand amateur d’horreur mais la perspective de combiner comédie et horreur pouvait après tout être un enrichissant visionnement. Dès le premier épisode, le ton est donné, il ne faut absolument pas manger en regardant la série, c’est pas très ragoutant…

En gros, Santa Clarita c’est une bourgade des environs de Los Angeles dans laquelle vivent un couple courtiers immobiliers et leur fille ado. La maman, jouée par Drew Berrymore, est morte vivante et développe rapidement un penchant pour la chair humaine. La série de dix épisodes de trente minutes tourne autour de cet aspect qui bouleverse le quotidien et la vie la petite famille. Tout se petit monde doit finir par accepter et aider maman à suivre ses pulsions sans que ça ne paraisse…

Santa Clarita Diet est une comédie loufoque dans laquelle on se bidonne de façon appréciable. Le tout est fait avec un certain bon goût et ne tombe pas dans l’horreur pure et simple. Le côté comédie prends rapidement le dessus et on embarque rapidement dans les péripéties de la petite famille. À écouter si votre cœur n’est pas trop sensible et que votre degré d’humour est assez grand.

Dopelord – Children of the Haze – 2017

Dopelord – Stoner/Doom Metal – Pologne
Children of the Haze – 2017
Green Plague Records
9/10

Voilà un album bien intéressant et vaporeux à souhaits! Children of the Haze est le troisième album de la formation Polonaise Dopelord et je découvre cet excellent groupe avec ce nouvel album. Plus je m’aventure dans le monde du Stoner et Doom, plus je fais des découvertes grandioses et je me délecte des sonorités profondes de cette musique du Diable.

Dopelord incorpore des éléments à la Black Sabbath avec la profondeur abyssale de Electric Wizard pour nous offrir un album planant et enfumé. On nage en plein délire psychédélique avec de longues pièces lentes et puissantes. Le fuzz est à l’honneur et le « delay » est utilisé à très bon escient donnant le ton du voyage cosmique et d’un éternel rêve éveillé. La production est granuleuse un brin ce qui colle parfaitement avec le genre souhaité. Les compositions sont de très haut niveau, Dopelord est très habile dans le choix de ses riffs le mettant en évidence sur une rythmique réglée comme une horloge.

Children of the Haze est un des meilleurs albums de 2017 à ce jour que je recommande vivement à tous les amateurs de musique ventilée et puissante!

Hellcraft – Apotheosis of War – 2017

Hellcraft – Death Metal – Ukraine
Apotheosis of War – 2017
Symbol of Domination Productions
8/10

Tiens, tiens, une nouveauté Death Metal à se mettre dans les oreilles. Les Ukrainiens de Hellcraft lancent leur troisième album intitulé Apotheosis of War limité à 500 copies. Ne connaissant aucunement Hellcraft, je me lance dans l’aventure d’une écoute qui devrait être explosive.

Hellcraft joue un Death Metal relativement assez commun et efficace dans la veine de Suffocation et Deicide. On ne tombe pas dans l’hyper blast, le groupe dose bien ses riffs entre le brutal et le mélodique puissant, le tout reposant sur une rythmique solide et efficace. Le niveau de composition est excellent et la dextérité des musiciens est au rendez-vous, c’est droit et bien ficelé. La production est elle aussi plus qu’acceptable, il y a du bon travail sonore à ce niveau et les arrangements sont intéressants. Pour les fans de Sinister, Aad Kloosterwaard fait une apparition sur la pièce titre de l’album ce qui ne change pas grand chose au final puisque le chanteur de Hellcraft a sensiblement le même timbre et le même style que celui de Kloosterwaard.

Apotheosis of War est un bon album de Death Metal classique mais ne réinvente absolument pas le genre. Pas très original mais tout de même fort efficace et agréable pour les tympans. Suffisamment de défonce métallique pour entrer dans la moyenne et se sortir légèrement la tête hors du flot de groupes de même acabit.

R.U.S.T.X. – T.T.P.M. – 2017

R.U.S.T.X. – Heavy Metal – Chypre
T.T.P.M. – 2017
Indépendant
6.5/10

Le trip des années 80 commence selon moi à devenir une vrai farce. Non pas que les groupes pionniers et cette époque soient une farce, au contraire mais la mode qui sévit depuis déjà quelques années est devenue réchauffée et sur-utilisée. Que les jeunes s’intéressent à cette superbe période, c’est correct et même souhaitable dans un sens, il y a un certain désir de connaître le passé chez la nouvelle génération, l’histoire musicale pourra ainsi perdurer et se transmettre. Mais de là à reprendre littéralement ce qui se faisait il y a 30 ans et de l’appliquer à la lettre avec tout ce qui vient, habillement inclus, je me dis que c’est un peu trop, c’est devenu une mode pure et simple à en devenir gênant par moments.

R.U.S.T.X. est exactement le genre de groupe qui recule en 1983 pour faire comme les autres groupes qui reculent à cette époque. Oui, c’est bien joué et bien composé. Oui, la production est très bonne. Sauf que c’est du copié/collé qui semble être fait avec une prétention beaucoup trop haute. Le groupe se contente de reprendre exactement les mêmes formulations et tous les ingrédients d’il y a 30 ans sans apporter la flamme et la conviction qui ont porté le Heavy Metal originel à bouts de bras et à grands coups de guitares. R.U.S.T.X. sonne comme un « cover band », vide et sans éclat.

Les musiciens du groupe sont très bons et auraient intérêt à trouver leur propre voie pour offrir une musique originale. On peut s’influencer des groupes du passé et imbriquer ces influences dans notre musique mais réutiliser exactement les éléments du passé sans avoir vécu cette glorieuse épopée ne donne absolument rien si ce n’est que devenir un genre de « poser » et tenter désespérément d’avoir l’air « in » et « cool ». Cet album s’adresse aux amateurs de photocopies et de musique de surface sans âme.

Stranger Things – Saison 1 – 2016

Stranger Things – Saison 1
Drame – Fantastique – Horreur
Avec : Winona Rider, David Harbour, Millie Bobby Brown
Directeurs : The Duffer Brothers
Netflix
8.5/10

Mon abonnement à Netflix depuis peu me fait découvrir de nouvelles séries fort intéressantes! Bien que très courte avec ses huit épisodes, la série Stranger Things en est une que je vais suivre en rafale et je suis déjà impatient de devoir attendre la saison deux.

Stranger Things se déroule en 1983 dans la petite ville de Hawkins en Indiana. Lorsque que Will Byers disparaît, ses amis et sa famille font tout pour le retrouver à l’aide d’une jeune fille dotée de pouvoirs télékinétiques. Will est en fait disparu dans une dimension parallèle ayant été enlevé par une créature à l’aspect humain sans visage. Bien qu’exploitant des sujets déjà vus à maintes reprises, Stranger Things se démarque de par sa parfaite incursion dans les années 80 avec ses images, décors, costumes et sa culture. On croirait vraiment écouter une série tournée à cette époque, les influences des Spielberg, Carpenter, King et Lucas y sont fortement bien ancrées. La trame sonore à elle seule est une totale réussite. S’inspirant des Vangelis, Jean Miche Jarre, Tangerine Dream et Goblin, la trame originale repose sur des sonorités de synthétiseurs typiquement du début des années 80 donnat un petit effet glauque et surnaturel à la série. S’ajoute une multitude de pièces de cette époque telles atmosphere de Joy Division, Elegia de New Order ou encore la chanson principale de la série, Should I Stay or Should I Go de The Clash.

Stranger Things est une excellente série à découvrir pour les amateurs des pionniers du genre au début des années 80. Une réussite sur toute la ligne où les acteurs sont convaincants et bien imprégnés dans leurs rôles respectifs.

Demonic Death Judge – Seaweed – 2017

Demonic Death Judge – Sludge/Stoner Metal – Finlande
Seaweed – 2017
Suicide Records
8.5/10

Mon expérience et mes connaissances en matière de Sludge et Stoner sont très limitées et à ses premiers balbutiements, je commence tout juste à découvrir ce monde musical lourd, lent et vaporeux. Ce genre du musique est directement lié à la consommation de gazon et autres substances procurant des effets brumeux, il est fort possible que cet aspect m’ait rebuté pendant longtemps et que j’aie jugé le style un peu trop rapidement. Quoiqu’il en soit, mes découvertes se font lentement et j’apprends à apprivoiser la bête tranquillement.

La formation Finnoise Demonic Death Judge ne sort aucunement des balises que je connais de ce type musical. La basse est très présente et surtout très « heavy » reposant sur des riffs lents et profonds. Les guitares sont abrasives et puissantes le tout bien implanté sur une solide base rythmique. Contrairement aux groupes que je connais dans le genre, Demonic Death Judge utilise un vocal très « harsh » au lieu des usuels vocaux clairs. Bien que le groupe est influencé par des sonorités issues des années 70, il n’en demeure pas moins qu’il y a une forte touche moderne et un son propre sur Seaweed. Les compositions sont inventives et originales, on ne tombe pas dans le piège de la redondance. Le groupe ajout quelques échantillonnages ici et là et même une partie de banjo qui colle vraiment bien à l’ambiance dégagée par cet album.

Seaweed est un album à mi chemin entre le sauvage et le psychédélique. Une musique profonde et vaporeuse mais puissante et décapante en même temps. Le genre de puissance que l’on retrouvait chez Butthole Surfers avec des pièces comme Jimi ou Helicopter. Demonic Death Judge est une belle découverte et je conseille Seaweed à tous ceux qui aiment ce qui décape!

Hour of Penance – Cast the First Stone – 2017

Hour of Penance – Technical Death Metal – Italie
Cast the First Stone – 2017
Prosthetic Records
9/10

J’ai fait la découverte de Hour of Penance avec Regicide en 2014. Un album que j’avais tout de même apprécié compte tenu de son léger manque d’originalité et de sa redondamce au fil des pièces. Mais, la brutalité et la technicité étaient au rendez-vous et en bout de ligne cet album en était un bon dans le domaine du Death Metal technique.

Cast the First Stone est le nouvel album de la formation Italienne et Hour of Penance s’est donné à fond pour celui-ci, on monte la barre beaucoup plus haut point de vue technicité mais aussi au niveau des arrangements et des textures musicales. La brutalité est toujours au rendez-vous mais le niveau de composition est beaucoup plus élevé et original. Hour of Penance se démarque avec ses riffs puissants et sa rythmique étourdissante.

Suivant la lignée des Nile, Behemoth, Decapitated ou encore Fleshgod Apocalypse, Hour of Penance se tisse une place bien haute parmi les sommités du genre et se taille une réputation qui n’est plus à envier de quiconque. Cast the First Stone est un album explosif, puissant et merveilleusement bien composé. Un petit bijou du Death Metal mondial qui deviendra un classique du genre à coup sûr!

Aborym – Shifting.Negative – 2017

Aborym – Industrial Black Metal – Italie
Shifting.Negative – 2017
Agonia Records
8.5/10

Pour n’avoir entendu que quelques parcelles de Aborym par le passé avec ses sonorités beaucoup plus Black Metal qu’Industriel, je m’attendais à un album de Black Metal Industriel typique à la Anaal Nathrakh ou toute autre formation de même acabit. J’ai donc écouté ce nouvel album de Aborym sans vraiment connaître la formation Italienne et c’est avec une oreille chaste que je me suis fait une bonne idée de quoi il en retourne.

Shifting.Negative n’est absolument pas un album de Black Metal. Il s’agit ici d’un album à 100% Industriel avec ses claviers, ses échantillonnages, son côté mécanique et tout ce qui vient avec pour un groupe Industriel. On nage dans les eaux de la moitié des années 90 avec les Nine Inch Nails ou encore KMFDM. Énormément d’électronique, d’étranges sonorités et de recherche expérimentale. Les parties dites plus Métal se rapprochent plus de Prong et de Ministry que du Black Metal et certains relents à la Skinny Puppy se font entendre ici et là ce qui est loin de me déplaire.

Certes, cet album est possiblement un suicide artistique et Aborym risque fort de se faire royalement crucifier, les fans du groupe vont pour la plupart détester et démolir cet effort qui sort de la zone de confort dont ils ont été habitués par le groupe. Pour ma part, je trouve que Shifting.Negative est un album Industriel fort intéressant, bien structuré et offrant de belles sonorités mécaniques. Ce nouvel album mérite d’avoir sa chance même si ce ne sera pas évident pour les fans purs et durs.

Lord Vigo – Blackborne Souls – 2017


Lord Vigo – Doom Metal – Allemagne
Blackborne Souls – 2017
No remorse Records
7/10

L’offre et la demande sont devenues diamétralement opposées à cette époque dans la grande sphère Métallique mondiale. Des groupes et des albums il y en a plus que ce que l’on peut consommer ce qui fait que le marché est sursaturé et malheureusement fortement dilué par le fait même. L’industrie du disque ne doit pas si mal aller puisque qu’il s’en crée beaucoup d’année en année des albums, parfois au détriment même d’une certaine dose de qualité musicale.

Je sais, le Doom est un monde à part et loin des standards proprement dit. Il n’en demeure pas moins que l’on doit garder une certaine fierté musicale par contre et tenter d’éviter de tomber dans le n’importe quoi. Ce qui au départ me semblait être une formation fort prometteuse s’est transformée en désagréable expérience musicale. Lord Vigo et son premier album Blackborne Souls était empli de promesses sonores qui se sont rapidement dégradées au fil de l’écoute de l’album

Je dois dire ici que musicalement parlant au niveau de l’instrumentation, de la composition et des arrangements, Lord Vigo excelle haut la main rivalisant avec de grosses pointures telles Candlemass, Saint Vitus ou encore Trouble. Les musiciens sont très bons et la performance aussi. Cependant, aussi puissantes soient elles, les parties vocales viennent carrément détruire tout le travail musical du groupe. Oui, la voix du chanteur a du tonus et un très bon timbre rappelant Messiah Marcolin et Lee Dorian sauf que ce chanteur est incapable de créer ses partitions vocales pour les intégrer efficacement à la musique de Lord Vigo. Il fausse tellement que ça devient complètement insoutenable pour les oreilles et rends les pièces réellement désagréables à écouter.

Il est très dommage de ruiner d’excellentes parties musicales de cette façon. Lord Vigo aurait intérêt à changer de chanteur pour permettre au groupe de monter d’un cran sa qualité musicale.

A Projection – Framework – 2017


A Projection – Post Punk/Gothic Rock – Suède
Framework – 2017
Tapete Records
6/10

Étant un grand amateur de Post Punk et de Gothic Rock de la période originelle des années 80, je ne puis m’empêcher de continuer à regarder ce qui ce fait à ce niveau dans notre réalité temporelle où tout a été inventé musicalement et où il y a plus d’offres musicales que de demandes. Certes, il y a d’excellents nouveaux groupes qui se taillent une place dans l’univers de cette musique alternative mais malheureusement il y a aussi beaucoup de groupes forts décevants qui ne font que diluer cette offre.

Les Suédois de A Projection sont le parfait exemple de groupe qui dilue à outrance les sonorités de l’époque glorieuse de l’après Punk. Prenez Joy Division et New Order, brassez jusqu’à obtention d’un mélange homogène pour que les sonorités des deux ne fassent plus qu’un. Ajoutez une incroyable quantité de The Cure et saupoudrez le tout d’une généreuse poignée de Depeche Mode. Le résultat obtenu donne Framework. Un album littéralement copié/collé ou « rip-off » des groupes mentionnés plus haut.

La production est plutôt bonne, l’interprétation musicale aussi. Il est cependant inutile de parler du niveau de composition tant le copiage est flagrant. De plus, le tout est joué sans convictions, sans profondeur et sans réelle passion. A Projection joue du Post Punk pour se donner un air cool tous vêtus de noir que les membres sont. Dans une époque lointaine j’aurais même eu l’idée de les classer parmi les « posers ». Ce terme n’est possiblement plus vraiment utilisé de nos jours car les « posers » se sont fondus dans la masse underground depuis des lustres. A Projection est à éviter et est une perte de temps monumentale. Rabattons-nous sur les originaux et conservons nos merveilleux souvenirs avec ceux-ci.

Kreator – Gods of Violence – 2017

Kreator – Thrash Metal – Allemagne
Gods of Violence – 2017
Nuclear Blast
8.5/10

Quatorzième album de la légendaire formation Allemande Kreator, Gods of Violence arrive à point en ce début 2017 maintenant la la tendance et la cadence depuis le retour au vrai Thrash avec l’album Violent Revolution en 2001. Mille Petrozza et Ventor gardent le cap confirmant leur position en tête du Thrash Metal Allemand.

Outre les riffs rapides et acérés qui ont fait la renommée de Kreator au fil de sa longue carrière, le groupe incorpore des éléments se rapprochant du Melodic Death Metal et renoue avec le Heavy Metal à la Judas Priest ou Iron Maiden sur certaines pièces tout en gardant le focus sur l’agressivité et la rapidité. Le groupe se permet même des extravagances en ajoutant une cornemuse sur Hail to the Hordes et en expérimentant certaines sonorités avec des effets et des structures sortant du cadre Métallique.

Gods of Violence est un très bon album de Kreator, Mille est en pleine forme et prouve encore une fois qu’il est un excellent compositeur. Ce nouvel album s’inscrit parmi les meilleurs albums de 2017 et une des réussites de Kreator depuis le début de sa formation en 1984.

Beth Blade and the Beautiful Disasters – Bad Habit – 2017

beth-bladeBeth Blade and the Beautiful Disasters – Hard Rock – Angleterre
Bad Habit – 2017
Indépendant
8.5/10

De plus en plus de groupes menés par des femmes font sensation depuis quelques années. Alors qu’il y a à peine dix ans la majorité des groupes ayant une femme en première place étaient des groupes de Métal Symphonique avec une chanteuse à la voix d’opéra portant un corset, maintenant les femmes se tournent vers le Rock pur et dur et laissent de côté les petites voix mielleuses et doucereuses au profit de la puissance et du sauvage.

Nouvellement arrivé dans l’univers musclé du Hard Rock, la formation Anglaise Beth Blade and the Beautiful Disasters ne fait pas dans la dentelle avec son Hard Rock explosif. Bad Habit c’est en tout dix pièces entraînantes et fort bien composées avec des riffs granuleux et vintage. Un habile mélange entre Kiss, Girlschool et Halestorm avec un son propre et très convaincant. Beth Blade a une superbe voix qui ne tombe pas dans les clichés des belles petites chanteuses qui veulent en montrer. Beth Blade n’a aucunement besoin d’en montrer, elle chante et ça frappe fort.

Une bonne grosse dose de nostalgie de la fin des années 70 et débuts 80 et un groupe à prendre vraiment au sérieux. Beth Blade and the Beautiful Disasters c’est du vrai bon Hard Rock comme il se doit d’être : de la grosse guitare sale, des rythmes percutants et de l’énergie à revendre!

Mangog – Mangog Awakens – 2017

mangogMangog – Doom Metal – États-Unis
Mangog Awakens – 2017
Argonauta Records
7/10

Fondé en 2014, Mangog est le projet principal de Bert Hall qui officie également à titre de bassiste de la formation Beelzefuzz. Le groupe Américain présente son premier album intitulé Mangog Awakens et nous livre un Doom Metal fortement influencé par les origines du genre.

Bert Hall et sa troupe a un niveau de composition assez appréciable allant chercher ses idées et sonorités directement chez des groupes tels Pentagram, Trouble ou encore Black Sabbath. Ici, rien de vraiment nouveau, Mangog remâche la même mixture que plusieurs formations nous servent depuis le retour aux origines du Doom un peu comme si ce type de musique lente était devenu la saveur du mois. Mangog est en mesure de livrer des pièces intéressantes et des riffs accrocheurs mais la redondance et l’étirement de la sauce me laissent perplexe sur le produit fini. Myke Wells n’est pas un très bon chanteur mais sans fausser à proprement parler, il a de la difficulté à agencer sa voix et ses partitions vocales à la musique du groupe apportant un certain fil décousu aux pièces.

Mangog Awakens comporte de très bons éléments mais dans son intégralité, il manque ce petit plus qui nous font lever de notre chaise et sourciller de surprise. Intéressant mais sans plus. Mangog est une formation dans la moyenne qui prendra sans doute de la maturité avec les années.

Ritual Day – Devila Grantha – 2017

ritual-dayRitual Day – Black Metal – Chine
Devila Grantha – 2017
Indépendant
9/10

Je resterai toujours surpris de voir la provenance de certains groupes de Métal extrême. La Chine est un endroit plutôt inusité pour produire des groupes, en l’occurrence Black Metal. Je découvre cette semaine la formation Ritual Day basée à Beijing (Pékin), capitale Chinoise ayant plus de 11 millions d’habitants.

La force de frappe de Ritual Day est assez sauvage et virulente par moments. Alliant des riffs acérés et des rythmiques tantôt ultra rapides tantôt plus lentes et mélodiques, la formation se démarque par l’ajout de sonorités issues du Bouddhisme Tibétain, notamment avec des voix gutturales et certains instruments à un seul ton utilisés par les moines. Les compositions sont axées sur la dissonance et les mélodies froides grandement mélancoliques apportant une très grande originalité au contenu des pièces et au son général de Devila Grantha.

Jouissant d’une excellente production, l’album s’écoute très bien d’un bout à l’autre au fil des 11 pièces. Aucune redondance ni de longueurs, un album parfait à se mettre dans les oreilles et à savourer à chaque note et parcelle de riff. Ritual Day est une belle découverte et Devila Grantha est un album fortement recommandé.

Grave Digger – Healed by Metal – 2017

grave-diggerGrave Digger – Heavy/Speed Metal – Allemagne
Healed by Metal – 2017
Napalm Records
8.5/10

Il est parfois surprenant de voir que de vieux routiers comme Grave Digger sont toujours en vie en portant la flamme du Heavy Metal à bouts de bras. Le groupe a changé de nom pour Digger en 1986 pour faire plus d’argent ce qui a conduit à un flop monumental. Il a ensuite été rebaptisé Hawaii entre 1988 et 1991 pour revenir en 1993 sous;e nom Grave Digger. Le groupe est demeuré constant depuis sortant des albums à peu près aux deux ans tout en gardant une certaine stabilité musicale ces 24 dernières années.

Healed by Metal est le petit nouveau qui a vu le jour le 13 Janvier sur Napalm Records. Rien de vraiment nouveau sur ce nouvel album, Grave Digger livre toujours le même Heavy Metal teinté de Speed Metal que sur Heavy Metal Breakdown paru en 1984. Rien d’original, un son fortement similaire à celui de Accept mais Grave Digger le fait fort bien et est encore en mesure de fournir de bons albums avec des hymnes épiques comme Call for War. Le groupe reste fidèle à lui-même en jouant le Heavy Metal originel en gardant une honnêteté sans pareil.

Grave Digger garde son cap et sa vitesse de croisière, Healed by Metal est un bon album de Heavy Metal pur et dur avec de très bons moments comme à la belle époque. Comme quoi les recettes traditionnelles sont généralement chaleureuses et rassurantes. Le Heavy Metal se porte bien et les vieux bonhommes sont encore là pour le porter bien haut.