Rotting Christ – Rituals – 2016

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Rotting Christ – Extreme Metal – Grèce
Rituals – 2016
Season of Mist
9/10

Généralement lorsqu’un groupe sort un album épique et grandiose, le poids sur les épaules est très lourd à porter pour l’album suivant. Il faut être à la hauteur et tenter à tout prix de ne pas descendre sous la barre qui a été montée. Paru en 2013, Kata Ton Daimona Eaytoy était l’exemple parfait de ce type d’album qui monte la barre assez haute pour un groupe..

Est-ce que Rituals est à la hauteur de son prédécesseur? Tout à fait! Rotting Christ a réussi à franchir la barre sans toutefois la monter d’un cran. Rituals est la suite logique du précédent album et comme son nom l’indique, ce nouvel album est un rituel s’échelonnant sur dix pièces pour 49 minutes de pure merveille auditive.

Comme pour les rituels, les pièces sont axées sur la répétition et les sonorités mystiques appuyées sur des effets de voix majestueux. Même si Rotting Christ s’appuie sur la simplicité pour la composition de ses pièces, c’est au niveau des arrangements et de l’ambiance que tout prends son sens. Rituals n’est pas tant différent de ce que le groupe nous a habitués par le passé, il s’agit d’une évolution naturelle et une exploration des sonorités avec des contrastes éclatants entre les instruments et les textures musicales.

Encore une fois Rotting Christ nous sert une bonne dose de noirceur, Rituals est en lice pour être un des albums explosifs de 2016.

Varg – Das Ende aller Lügen – 2016

vargVarg – Melodic Death/Black Metal – Allemagne
Das Ende aller Lügen – 2016
Napalm Records
8/10

J’entends parler depuis 2007 d’une formation allemande nommée Varg. Varg, veut dire Loup en ancien Suédois et en Norvégien. Les images de Loups sur les chandails m’ont toujours un peu ( beaucoup ) rebuté, il se peut que pour cette raison je n’ai jamais vraiment donné une chance à ce groupe. Qui plus est est catalogué comme étant Death Métal Mélodique, Varg partait avec deux prises en partant.

Qu’à cela ne tienne, en 2016 j,ai décidé de donner des chances qui auparavant n’auraient aucunement été possibles. Donc le dernier album de Varg est passé par mes hauts parleurs. Avec un recul et une écoute attentive je me suis mis à l’évidence que ces musiciens savaient jouer et avaient un talent sans équivoque pour la composition. Excellentes idées, excellents riffs, de belles textures musicales et mélodies.

Le chant en Allemand donne une ampleur plus guerrière au son de Varg. On a des influences provenant de plusieurs styles Métalliques, tantôt Thrash, tantôt Death avec des assaisonnements plus Black et des relents Heavy Metal. À quelques reprise j’ai ressenti une certaine mouvance vers le Neue Deutsch Arte auquel appartient les Rammstein ou Die Apocalyptischen Reiter. Pas trop brutal mais suffisamment puissant pour ne pas passer pour des moumounes. J’ai lu sur Metal-Archives que le groupe été classé comme ayant le mot Metalcore dans son étiquetage musical. Pour ma part je n’ai pas ressenti ce fléau de la musique bruyante moderne dans le son de Varg mais bon, je me suis peut-être laissé séduire par le côté lumineux de la Force après tout.

J’ai bien aimé Das Ende aller Lûgen mais je me dois de lancer une petite pointe acérée envers le groupe et vraisemblablement le label : Faire une version Anglophone d’un album pour séduire le marché Nord Américain c’est un peu ridicule. Dans le pire des cas, traduit tes paroles sur ton livret de CD mais le réenregistrement des voix en Anglais ça donne absolument rien, ça rends ton album dénaturé et ça sonne faux. C’est du Métal, pas de la Pop régurgitée!

Third Sovereign – Perversion Swallowing Sanity – 2016

third-sovereign
Third Sovereign – Death Metal – Inde
Perversion Swallowing Sanity – 2016
Transcending Obscurity India
6.5/10

Je me considère comme étant relativement ouvert d’esprit musicalement. Je sais ce que je veux et je sais surtout ce que je ne veux pas. Je suis aussi en mesure de considérer le talent même si je n’aime pas tel ou tel artiste ou album. Mais il y a des fois ou je me demande vraiment si certains musiciens font exprès pour nous sortir des albums remâchés.

Habituellement, lorsque je fais la connaissance d’un groupe qui provient d’un pays où le Métal est beaucoup moins susceptible d’être présent, je suis attiré par le dit groupe et généralement les résultats sont plus que satisfaisants. Malheureusement pour Third Sovereign, son statut de provenir d’une terre plus exotique n’a aucunement d’effet. Cette formation provenant de l’Inde n’a absolument rien à offrir d’intéressant malgré les capacités de performance de ses membres.

La formation nous offre un Death Metal générique tout de même bien exécuté, les musiciens sont très bons sur leurs instruments et l’album renferme plusieurs bons riffs accrocheurs. La production sonne par contre plutôt « flat » et manque grandement de puissance. Le groupe sait comment imbriquer ses riffs l’un dans l’autre pour former des pièces qui se tiennent mais les compositions manquent de mordant et d’intérêt. La musique du groupe n’a pas grand chose de vraiment captivant et d’étonnant. Cet album tombe rapidement dans le fond sonore dont on finit par ne plus prêter attention.

Dommage, les bonnes idées sont mal exploitées et Third Sovereign tombera assurément dans l’oubli pour ma part.

Pop.1280 – Paradise – 2016

pop1280Pop.1280 – Industrial/Cyberpunk – États-Unis
Paradise – 2016
Sacred Bones
8.5/10

Troisième album pour Pop.1280, formation Américaine qui m’était inconnue jusqu’à maintenant. On sot des sentiers battus avec cette formation qui combine des éléments Industriels et Post Punk avec un Noise Rock qui décape. Le groupe se targue d’ailleurs d’être Cyberpunk ce qui est assez près de la réalité.

Paradise est un album qui érafle et égratigne sauvagement les tympans. Quelque peu minimaliste, Pop.1280 mise sur les synthétiseurs gras et divers instruments agissant suivant les percussions. ¨ca frappe fort et c’est bruyant. On sent que Pop.1280 puise dans ses influences pour créer une musique Industrielle de haut calibre à l’image des pionniers du genre. Tout au long de l’album se succèdent des sonorités rappelant fortement Einstuerzende Neubauten, Cabaret Volatire, Alien Sex Fiend, P.I.L. Et même Butthole Surfers savamment utilisées à la sauce Pop.1280.

Il y a de l’espoir dans la musique underground qui sort des standards. Pop.1280 nous prouve que les mondes souterrains et inaccessibles au grand public regorgent toujours d’artistes dans tous les sens du terme qui se préoccupe vraiment de faire bouger les choses et offrir une musique Alternative à l’opposé du fast food musical servi en surface.

Belle découverte, j’adore!

Ulver – ATGCLVLSSCAP – 2016

ulverUlver – Experimental/Electronic Rock – Norvège
ATGCLVLSSCAP – 2016
House of Mythology
8.5/10

Ma connaissance de Ulver est somme toute assez limitée pour n’avaoir pas vraiment suivi la carrière du groupe. J’ai pris connaissance de quelques pi`ces ici et là tirées du répertoire du groupe sans jamais m’y attarder. De ce que je sais, c’est que Ulver a changé quelques fois de styles passant du Black Metal originel au Folk pour aboutir dans la musique Expérimentale.

ATGCLVLSSCAP est finalement le premier album de Ulver que j’écoute au complet donc je ne suis en aucun cas influencé par la discographie du groupe. Cet album regroupe plusieurs styles musicaux allant du Rock Progressif à l’Électronique en intégrant parfois du Blues, parfois des rythmes Latins et des sonorités provenant d’autres cultures le tout sur une base très Expérimentale comme si l,album était en fait un gros Jam session de 80 minutes.

J’ai ressenti des effluves de Pink Floyd par moments et certaines familiarités avec The Legendary Pink Dots dans la manière d’expérimenter avec les sons et les répétitions en boucle. Des particularités propres à The Residents se font aussi entendre ici et là au fil de cette masse sonore envoutante. Ici nous avons un album de musique très ambiante et planante sans aucune forme d’agressivité. Mais attention! C’est tout de même un mur de son dans lequel on se frappe assez durement. Ulver est en totale maitrise des instruments et n’hésite pas une seconde à jouer avec les sons et les textures pour remplir à bon escient tout l’espace requis sans rajouter de superflu.

Cet album est à des années lumière du Black Metal. Il faut avoir un esprit très ouvert pour en apprécier toutes les subtilités. Le Métalleux moyen fermé sur ses standards risque de se perdre dans la musique de Ulver. Moi, j’ai bien aimé et je constate que j’ai manqué quelque chose d’unique au niveau musical. Je devrai remettre les pendules à l’heure et faire un voyage dans le temps pour découvrir les parutions précédentes.

Spinebreaker – Ice Grave – 2016

spinebreakerSpinebreaker – Death Metal/Hardcore – États-Unis
Ice Grave – 2016
Creator-Destructor Records
7.5/10

Il y a des mélanges de styles qui donnent soit d’excellents résultats, soit des mauvais et d’autres qui sont relativement corrects sans vraiment être une révélation divine ou une illumination. Lorsque le Crossover a été créé dans les années 80, on assistait à un mélange de deux super puissances de la musique underground. Le Métal et le Hardcore fusionnaient ainsi pour créer une entité nouvelle pleine de promesses. Ce fut de courte durée mais fort explosif. De nos jours, on tente de recréer cette chimie tant bien que mal mais le passé est bel et bien derrière nous.

Depuis quelques années on assiste à une autre forme de mélange, celui du Death Metal accouplé au Hardcore de nouvelle génération. Un peu comme si Hatebreed avait eu une relation avec Cannibal Corpse. Même si les rejetons de cet accouplement peu orthodoxe ont parfois de bonnes idées, il n’en demeure pas moins que le mélange est un peu singulier.

Spinebreaker est un de ces groupes qui perpétuent cet hybride bizarroïde initialement instauré par des groupes comme Reprisal ou A Death for Every Sin vers la fin des années 90. Plus près de notre époque, Skinfather en est un parfait exemple et Spinebreaker se lance directement dans la même voie. De très bons riffs gras, un bon vocal rappelant Martin Van Drunen et de bonnes pièces entrainantes. La production laisse à désirer, on y va de la fameuse mode des guitares avec les « mids » dans le tapis, ça sonne sourd et ça vient irritant pour l’oreille à la longue. La partie Hardcore est trop présente avec les éternels rythmes « down tempo », la vitesse manque cruellement par moments et le tout devient rapidement redondant.

Sans être mauvais, car il y a de très bons riffs accrocheurs et d’excellentes idées, Spinebreaker a plus du Hardcore que du Death Metal ce qui doit attirer grandement les ramasseurs de patates et les ninjas dans les concerts. Trop sourd, trop core, trop prévisible.

The Last Witch Hunter – 2015

the-last-witch-hunterThe Last Witch Hunter – 2015
Action/Aventure/Fantastique
Avec : Vin Diesel, Elijah Wood, Michael Caine
Directeur : Breck Eisner
Lionsgate
7/10

Le sujet des sorcières ne date pas d’hier au cinéma. Étant un amateur de fiction et d’histoire, tout ce qui touche aux mythes, incluant la sorcellerie, me captive et suscite mon intérêt. Si on ajoute à ça une bonne dose de croyances religieuses avec ses factions guerrières secrètes, je suis certain de me concentrer sur l’histoire et le film.

The Last Witch Hunter réunit le guerrier immortel qui traque le mal depuis plusieurs siècles supporté par un ordre secret, l’Ordre de la Croix et de la Hache, qui tentent de préserver la paix en 2015 entre les sorciers et sorcières qui existent toujours en secret et les humains qui pour la majorité ignorent l’existence même de la magie. J’aime bien ce côté de l’histoire qui montre que les sorcières existent car au fond de moi j’ai la certitude qu’il y a une certaine forme de force utilisée par des gens ici même dans le monde réel. Pourquoi pas? De plus, je suis convaincu que l’Église cache bien des secrets qui ne doivent aucunement êtres divulgués à la population actuelle qui est remplie majoritairement d’esprits plus que fermés.

La partie où le chasseur de sorcières est immortel n’est pas une nouveauté en soi mais c’est toujours intéressant d’imaginer un humain ayant plus de 800 ans de vie, ça en fait de l’histoire à raconter! Dans le cas qui nous intéresse, le côté plausible de la chose vient du fait que le chasseur 8 fois centenaire en est venu à perdre certains souvenirs ce qui est normal après une si longue période. Ici, on fait appel à une jeune sorcière qui doit concocter une potion pour raviver un souvenir pour être en mesure de combattre la reine des sorcières qui, évidement est ressuscitée. Or, il se trouve que la jeune sorcière en question a l’habileté à s’introduire dans les rêves et aide le chasseur à faire la lumière sur son passé.

Il se trouve que l’Ordre lui a menti pendant 8 siècles et que le cœur de la Reine est conservé depuis ce temps uniquement pour conserver l’immoralité du fameux chasseur. Cet aspect du film est moins bien réussi car Kaulder ( le chasseur ) ne semble pas très en colère d’avoir été trahit par l’Ordre. Il finit par tuer une seconde fois la Reine un peu trop facilement et finit par se faire convaincre une seconde fois de ne pas détruire son cœur pour le bien de l’Humanité. Et oui, ça sent la suite à plein nez.

The Last Witch Hunter est un très bon divertissement avec une bonne histoire, des acteurs qui se tiennent et de bons effets spéciaux. J’apprécie de plus en plus Vin Diesel qui améliore son jeu d’acteur, Michael Caine est fidèle à lui-même et Elijah Wood aussi. On ne réinvente pas le thème mais ce fims fait amplement le travail et mérite une écoute attentive.

Witchcraft – Nucleus – 2016

witchcraftWitchcraft – Doom Metal/Psychedelic Rock – Suède
Nucleus – 2016
Nuclear Blast
8.5/10

Le regain pour le Doom depuis quelques années suscite un intérêt quand même assez marqué dans mon univers musical. Je découvre de plus en plus de groupes qui préfèrent utiliser la lenteur et les ambiances lourdes plutôt que la vitesse et je me suis surpris à vraiment aimer cette facette de la musique bruyante ayant toujours privilégié les rythmes rapides et endiablés.

Étant un inconditionnel des Beatles, mon ouverture d’esprit m’a fait rapidement embarquer dans un style de Doom s’inspirant directement du rock psychédélique des années 70. Avec les Ghost, Blood Ceremony, Jess and the Ancients Ones, Jex Thoth ou encore Uncle Acid and the Deadbeats j’ai découvert un monde musical élaboré et fascinant.

Je découvre la formation Suédoise Witchcraft avec son cinquième album Nucleus paru il y a quelques semaines. C’est directement dans la lignée des groupes que j’affectionne depuis quelques temps. Directement inspiré de Pentagram et de Black Sabbath, Witchcraft nous offre un Doom Hard Rock à la fois puissant et totalement flyé. On passe de la lourdeur avec des riffs lents et grandioses à une douceur mystique tout droit sortie d’un trip d’acide.

J’ai ressenti quelques soupçons de Candlemass ici et là au niveau de la voix et des structures musicales. Malgré son nom, Witchcraft n’est pas aussi noir qu’il n’y paraît. On ressent certaines introspections et recherches personnelles. Les compositions sont assez originales et les textures sont au rendez-vous laissant transparaître diverses émotions au fil des pièces.

Je recommande fortement cet album à tous les amateurs du genre. Nul besoin d’être extrême pour apporter une musique puissante et enlevante!

Utopia – Mood Changes – 2016

utopiaUtopia – Progressive Metal – Italie
Mood Changes – 2016
Anteo
5/10

Le terme Progressif est aujourd’hui utilisé n’importe quand et généralement pour désigner une musique un peu plus technique que les standards établis et ce même si le terme s’éloigne royalement de ce que le style était à son origine dans les années 70. On utilise également à outrance le terme « Progressive Metal » même si on ne fait pas vraiment du Métal. C’est rendu une mode et ça fait cool de se désigner ainsi. On se donne l’impression d’être une élite de musiciens avec un talent extraordinaire et on se donne également l’impression de devenir des « bad boys » à l’air méchant en utilisant le patronyme Métal pour donner une belle étiquette à son groupe.

A prime abord la formation Italienne Utopia me semblait être fort intéressante. Le nom du groupe étant assez évocateur et les quelques extraits que j,avais entendus semblaient être plutôt prometteurs. Mais, comme un mauvais film qui mise tout sur sa bande annonce pour attirer les foules, Utopia s’est révélé fort décevant me laissant même un arrière goût amer au fond de la gorge.

Pour être d’excellents musiciens, ils le sont c’est clair. On vomit des notes, on montre notre capacité à changer de tempo 40 fois dans la même chanson, on montre nos talents de virtuoses et on en beurre épais. Les compositions sont ultra techniques et incroyablement fades et dénuées d’un quelconque intérêt. On passe d’un Progressif sans saveur non sans rappeler Dream Theater pour se rapprocher d’un Hard Rock réchauffé au moins 5 fois pour aboutir sur un Arena Rock des années 80 plate à mourir.

Utopia est vraisemblablement un groupe de m’as tu vu dont le but premier est de démontrer qu’ils sont capables de jouer. Ennuyeux sans bon sens, on passe à un autre appel.

Time to Bleed – Die with Dignity – 2016

time-to-bleedTime to Bleed – Death Metal – Allemagne
Die with Dignity – 2016
Kernkraftritter
8.5/10

Premier album pour Time to Bleed, jeune formation Allemande de Death Metal dans la plus pure tradition. Die with Dignity comporte 9 pièces originales montrant ce que la formation est capable de faire : Du Death Metal de la vieille école qui frappe et qui fait mal.

Time to Bleed entre dans le créneau de groupes comme Vader, Grave ou encore Cannibal Corpse. Même si ce style de Death Metal est grandement exploité sur la scène mondiale, Time to Bleed le rend bien et ses compositions ne tombent pas le copié/collé proprement dit. Une bonne dose d’originalité et de savoir faire viennent habilement enrober ce qui se fait déjà ailleurs avec une production digne des grands de ce monde métallique.

Bons riffs, bonne exécution, beau travail de composition et une vitesse de croisière constante sont les principaux atouts de Die with Dignity qui est un album qui ne réinvente pas le bouton à 4 trous mais qui fait amplement le travail. J’aurai amplement de plaisir à réécouter l’album à maintes reprises avec un niveau sonore au dessus des normes.

Aborted – Termination Redux – 2016

abortedAborted – Death Metal – Belgique
Termination Redux
Century Media
8/10

Nouvelle parution de la part des Belges Aborted. Comme à son habitude depuis 2004, la formation nous offre un mini album entre deux albums complets. J’ai me l’idée, ça fait patienter les fans et ça ajoute des items dans une collection de disques. Donc, un mini album de 5 pièces intitulé Termination Redux disponible en format vinyle 10 », rien de moins pour le collectionneur!

Termination Redux comporte 5 pièces avec l’intensité que l’on connait de Aborted. De bons ruffs bien gras, de la rapidité et une production qui démolit tout. C’est du solide! Bien sûr, on ne réinvente pas le genre et Aborted demeure dans son créneau brutal très efficace. Un mini album très court pour 15 minutes incendiaires. Bref, un bon Death Metal pas gentil qui défoule et donne envie de bouger.

Un bon petit encas à se mettre sous la dent en attendant la pi;ce de résistance.

Abbath – Abbath – 2016

abbathAbbath – Black Metal – Norvège
Abbath – 2016
Season of Mist
8/10

La saga d’enfantillages reliée à Immortal est maintenant chose du passé, Abbath est parti de son côté utilisant son nom de scène en guise de nom de groupe ou plutôt projet solo. Est-ce que Abbath était l’âme de Immortal? Possible mais ceci est désormais une autre histoire qui se verra contée dans un futur plus ou moins rapproché.

Donc, notre Abbath avec sa voix reconnaissable parmi toutes vient de nous pondre un premier album solo aidé de son acolyte King ( I, Ov Hell, Gorgoroth ) à la basse. Des musiciens de session sont venus compléter la formation le temps de l’album qui ont rapidement été remplacés par d’autres musiciens de session pour les spectacles 2016. Alors, oui Abbath fait cavalier seul et semble avoir un égo assez élevé prenant son statut de pionnier du Black Métal très au sérieux.

Ce premier album est tout simplement un mélange entre Immortal et I. Sans plus. Je m’attendais à un album plus grandiose et plus flamboyant pour ce renouveau mais Abbath a tout misé sur son dit statut et a possiblement oublié l’essentiel : Être original en se ré-inventant. Attention, c’est loin d’être mauvais, au contraire. L’album comporte plusieurs excellentes pièces et des riffs comme seul Abbath peut nous concocter mais il comporte aussi quelques pièces de remplissage comme si Abbath avait été à cours d’idée et qu’il devait néanmoins honorer son contrat pour sortir un album dans les temps.

Je suis un peu déçu par cet album car mes attentes étaient plus grandes. Reste a voir si Abbath saura rectifier le tir pour son prochain album. Ce premier album est un album moyen de Immortal sans tonus et en manque d’inspiration.

Borknagar – Winter Thrice – 2016

borknagarBorknagar – Progressive Viking Metal – Norvège
Winter Thrice – 2016
Century Media
8.5/10

Winter Thrice est le dixième album studio de Borknagar, formation mythique ayant débuté sa carrière dans le Black Metal originel et comportant des figures de proues fort influentes en son sein. Borknagar nous a toujours impressionnée d’album en album ajoutant toujours quelque chose de différent en intégrant le Folk dans ses pièces et bifurquant vers le Progressif au fil des ans.

La formation nous donne toujours des albums de très haute qualité et Winter Thrice ne fait pas exception à cette règle auto imposée. Selon mes critères d’évaluation, cet album mérite une assez haute note mais je me garde toujours une marge qui vient changer la donne en bout de ligne : Celle de l’appréciation personnelle.

Winter Thrice est certes intelligemment bien composé et exécuté, la production et l’interprétation sont au dessus de la norme et les pièces de l’album ont toutes un petit quelque chose de très intéressant nous amenant à laisser notre esprit errer dans les rêves. Sauf que comparativement à Urd, le précédent album, Winter Thrice est un album un peu mou et qui manque de punch et de dynamique. Je m’attendais à plus de la part de ICS Vortex et de Vintersorg.

L’album s’écoute tout de même très bien et comporte d’excellents passages dans chacune des pièces. Mais après avoir pondu l’excellence avec Arcturus en 2015, l’attente du nouveau Borknagar me laisse avec une légère déception en bout de ligne. Peut-être que ça passera au fil des écoutes.

Megadeth – Dystopia – 2016

megadethMegadeth – Thrash Metal – États-Unis
Dystopia – 2016
Tradecraft
8.5/10

Si vous ne connaissez pas encore Megadeth c’est que vous n’avez aucun lien de près ou de loin avec la musique Métal. Illustre groupe faisnat partie du Big 4, Megadeth a eu une carrière en dents de scie, donc fortement inégale en qualité. Pour ma part, je vais dire les vrais affaires, Megadeth se limite seulement aux deux premiers albums. J’avais certes apprécié certaines pièces de Countdown to Extinction et Endgame m’avait paru quand même très correct. Pour le reste, soit je suis passé à côté, soit je n’en ai eu carrément rien à foutre.

Avec tout le battage médiatique entourant Dave Mustaine et Dave Elefson cette année, les changements de musiciens et tout le blablabla et les commentaires que toute cette troupe d’égocentriques se balançait par la tête l’un envers l’autre, je n’étais pas sûr de vouloir tenter l’expérience d’un nouvel album de Megadeth d’autant plus que j’avais trouvé Super Collider foncièrement mauvais. Mais étant de nature curieuse je n’ai pas pu résister à jeter une oreille ou deux sur ce Dystopia tant vanté par son compositeur.

Je m’avoue vaincu car Dystopia est un excellent album. J’ai eu l’impression de ré-entendre le Megadeth d’antan, celui de Chris Poland et Gar Samuelson. Les dix pièces originales se trouvant sur ce nouvel album sont très impressionnantes, un retour aux sources qui nous donne un véritable album de pur Métal, pas de taponnage, pas de tétage, on va droit au but. Mustaine et Elefson ont visé dans le mille en optant pour Kiko Loureiro et Chris Adler pour cet album. Ces deux « nouveau » apportent une fraîcheur métallique a Megadeth qui reprends le droit chemin après un bon moment d’égarement.

Va t-il y a voir encore des comparaisons entre Megadeth et Metallica à savoir qui est le meilleur? Avec Dystopia, Megadeth prouve qu’il est encore un groupe de Métal dans tous les sens du terme. Reste à savoir si son ancien groupe saura nous impressionner en 2016. Je ne gagerais pas ma paie là-dessus cependant. Mustaine vient de remonter assez haut dans mon estime.

The Sisters of Mercy – First and Last and Always – 1985

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The Sisters of Mercy – Gothic Rock – Angleterre
First and Last and Always – 1985
Mercyful Release

The Sisters of Mercy n’ont certes plus besoin de présentations pour plusieurs d’entre nous. Pionniers du mouvement Gothic Rock et du Post Punk, le groupe a laissé une marque indélébile sur la musique underground influençant non seulement des musiciens de la scène alternative mais aussi de la scène Métal.

First and Last and Always est le premier des trois albums laissés par la formation. Cet album fait suite à de nombreux « singles » devenus des classiques éternels et c’est le seul et unique album regroupant la formation dite classique avec les fondateurs Andrew Eldrtich et Gary Marx ainsi que Craig Adams et Wayne Hussey. Ce premier album est devenu rapidement un incontournable et une référence du genre avec ses ambiances froides et ses textures uniques. La basse avec « chorus » de Craig Adams mélangée avec la guitare 12 cordes de Wayne Hussey ont redéfini la sonorité dite gothique. Le talent de compositeurs de ces deux personnages est devenu une certaine marque de commerce pour The Sisters of Mercy et le groupe n’a jamais pu se relever du départ du trio Marx/Hussey/Adams par la suite.

First and Last and Always fait partie des albums qui ont façonné la culture underground et a aidé à forger des sonorités utilisées aujourd’hui par des groupes bien établis dans diverses scènes. Des groupes comme Behemoth, Cradle of Filth, Celtic Frost ou encore Kreator ont été grandement influencés par la formation de Leeds et la liste d’artistes influencés par Eldritch et ses nombreux musiciens ayant passé dans la formation au fil des albums est très impressionnante.

Donc, pour votre culture musicale, cet album fait indéniablement partie des Éternels et des incontournables.

The Borgias – 2011

the-borgiasThe Borgias – 2011-2013
Crime/Drame/Histoire
Avec : Jeremy Irons, François Arnaud, Holliday Grainger
3 saisons
Showtime
8.5/10

J’ai toujours eu une très grande attirance pour l’histoire en général. J’ai également un faible pour les histoires reliées à la religion Catholique et à sa folie démesurée. Vu le nombre incalculable d’excellentes séries mises à notre disposition, j’étais carrément passé à côté de The Borgias. C’est maintenant chose du passé, je me suis tapé récemment les trois saisons en rafale.

Historiquement très juste, la série tourne autour de la célèbre famille Espagnole Borgia dont le patriarche, le cardinal Rodrigo Borgia, s’est vu décerner avec des manigances le trône pontifical de 1492 à 1503 sous le nom de Alexandre VI. La série relate la félonie et les magouilles politiques de ce Pape ambitieux ainsi que de ses fils et sa fille qui l’ont aidé tout au long de son règne à grimper les échelons politiques jusqu’à pratiquement créer un Empire Papal.

On y voit les dessous du Vatican avec ses Cardinaux qui font tout pour éliminer le Pape. Meurtres, chantages, destitution de Cardinaux, accusations d’hérésie, tout est prétexte pour sauver le règne des Borgia d’un côté et l’anéantissement complète de la famille de l’autre. Certains dirons, autres temps, autres mœurs, mais personnellement j’en doute car même en 2016, j’imagine que rien n’a changé dans cet Empire religieux.

Il est intéressant de noter qu’à cette époque, le Pape et les Cardinaux avaient tous des maitresses et forniquaient à qui mieux mieux avec les prostituées au vu et au su de la population. Les scandales étaient monnaie courante et les alliances entre familles et royaumes étaient infestés de ses magouilles et scandales pour que chaque parti arrive à ses fins.

The Borgias a une très grande valeur historique en tant que série. I lest fort dommage, voire même frustrant, que Showtime ait annulé la quatrième et dernière saison qui nous aurait permis de voir la fin et la chute de cette illustre famille. Au final, Jeremy Irons est excellent dans son rôle d’Alexandre VI, le Québécois François Arnaud rends justice à Cezare Borgia. La majorité des acteurs sont assez convaincants mais Holliday Grainger n’est pas à la hauteur de la grandeur de son personnage, Lucrezia Borgia. Pour ceux qui aiment les drames historiques et qui n’ont pas peur de voir la religion Catholique comme elle l’est vraiment, The Borgias est une excellente leçon et un merveilleux divertissement.

Spectre – 2015

spectreSpectre – 2015
Action/Aventure/Thriller
Avec Daniel Craig, Ralph Fiennes, Léa Seydoux
Réalisateur : Sam Mendes
Columbia Pictures
7.5/10

J’ai connu la franchise de l’agent 007 avec Roger Moore alors que je n’étais encore qu’un gamin. Les Mooraker, Octopussy ou a View to a Kill m’ont fasciné tant au niveau action qu’au niveau gadgets. J’avais moins aimé Timothy Dalton et carrément détesté Pierce Brosman dans le rôle de James Bond si bien que j’ai laissé tomber mon espion préféré entre 1987 et 2006.

L’arrivée de Daniel Craig me laissait perplexe quant à la réussite d’une nouvelle version de l,agent 007. J’ai rapidement changé d’idée car selon moi, Craig est le meilleur James Bond depuis Sean Connery rendant le personnage plus vrai et plus humain. Moi qui était un maniaque des gadgets dans la série, j’ai dû apprendre à focuser sur le personnage, les gadgets étant quasi inexistants dans les quatre films avec Daniel Craig.

Dans Spectre, Bond doit renouer avec son passé lorsqu’il s’aperçoit que la tête dirigeante d’une organisation terroriste ayant pour plan de contrôler les communications mondiales est nul autre que son frère adoptif. Le programme double zéro est abandonné et démantelé par le nouveau patron du MI6 qui, bien évidement, est de mèche avec les terroristes. S’en suivent les classiques poursuites pour contrer le méchant et de sauver la belle dont Bond s’est épris.

C’est un film d’action classique pour un James Bond. Pas de surprises, un bon déroulement, une bonne histoire et une dose suffisante d’action et de cascades remplies d’explosions. Bref, un classique film de James Bond. L’espion l’a peut-être un peu trop facile cependant, la quête pour la recherche du pas gentil et le sauvetage de la charmante Bond girl étant relativement assez rapides et assez prévisibles. Mais, ce n’est qu’un divertissement et nous avons tout ce que que l’on doit de s’attendre de la part d’un film du célèbre 007.

En souhaitant que Daniel Craig restera encore un moment dans ce rôle car il incarne pour moi mon James Bond préféré depuis les 40 dernières années.

Savages – Adore Life – 2016

savagesSavages – Post Punk – Angleterre
Adore Life – 2016
Matador
9/10

La voici enfin arrivée cette suite à Silence Yourself, premier album explosif de Savages paru en 2013. Je l’attendais avec impatience Adore Life. Ce quatuor féminin m’avait grandement pris par surprise à la sortie de son premier album qui nous lançait un Post Punk furieux dans la veine des Joy division et Siouxie and the Banshees avec un son plus direct et surtout beaucoup plus sauvage.

Adore Life arrive avec des chansons plus matures et plus Heavy avec des textes encore plus profonds. La guitare est encore plus aiguisée et acérée que sur Silence Yourself, la distorsion prédomine l’album avec une rythmique qui cogne dur et qui nous frappe de plein fouet. Jehnny Beth est en pleine possession de ses moyens et sa mélancolie transpire énormément au fil de ses chansons. On ressent quelques réminiscences de Nick Cave et de The Smiths par moments ajoutant un peu plus de noirceur dans la musique du groupe.

Pour être Heavy, c’est Heavy et surtout très intense. Une intensité féroce qui respire la joie de vivre, ce qui contraste avec le côté noir projeté par le quatuor qui semble appercevoir une lumière au bout du tunnel. On passe par toutes les émotions au fil de l’album, Savages a réussi à garder le cap et ainsi continuer à tracer sa voie débutée par Silence Yourself.

A écouter à fort volume sonore pour apprécier toute la teneur émotive dégagée par l’album. Savages vient de s’ancrer les pieds et est dores et déjà un groupe culte à l’image de ses prédécesseurs.

Venomous Concept – Kick Me Silly-VCIII – 2016

venomous-conceptVenomous Concept – Hardcore Punk/Crossover – États-Unis
Kick Me Silly-VCIII – 2016
Season of Mist
8/10

Les super groupes donnent généralement de bons résultats et dans le cas de Venomous Concept qui regroupe des icônes Métalliques comme Danny Lilker (S.O.D., Nuclear Assault, Brutal Truth) et Shane Embury ( Napalm Death, Bujeria) c’est assez bien réussi. Les vieux bonhommes sont encore en forme et bottent des culs avec une force de frappe assez puissante.

Venomous Concept regroupe donc des vétérans de la scène Death Metal et nous offrent un Hardcore Punk teinté de Grind sans prétentions. Du vrai Hardcore de la vieille école sans fioritures ni attitude de poseurs. Des riffs acérés, de la vitesse et des pièces courtes directes, franches et dans ta face. Certes, on ne réinvente rien et ce n’est aucunement le but. Les « old timers » se font plaisir et ça transparait sur cet album.

Un album parfait pour partir la journée du bon pied avec un gros café. Une bonne dose d’énergie brute qui nous booster au maximum!

Exmortus – Ride Forth – 2016

exmortusExmortus – Technical Thrash Metal – États-Unis
Ride Forth – 2016
Prosthetic
8.5/10

Le Thrash Metal connaissant un regain de vie depuis quelques années a vu et voit encore son lot de clones déferler sur la scène mondiale tel un parasite à la recherche d’un hôte à posséder. Heureusement, il y a des groupes qui se démarquent en nous offrant une nouvelle vison du Thrash originel. La formation Américaine Exmortus redéfinit le Thrash en le rendant plus technique tout en utilisant une recette qui a été utilisée dans les années 80 dans un tout autre type Métallique.

D’entrée de jeu, Exmortus joue un Thrash légèrement noirci un peu à la manière de Skeletonwitch avec des éléments plus techniques à la Revocation. Mais un élément distinct vient tout changer pour éviter de sonner comme un groupe parmi tant d’autres : L’utilisation du « shredding » par les guitaristes. Ici, ce n’est pas un type de notes poussées comme le ferait Cheezedren of Boredom ou un groupe de Power Metal qui pousse sa virilité au bout de son manche de guitare. Non, ici on reprends exactement ce que notre tête enflée Suédoise Yngwie Malmsteen a toujours fait. Des arpèges à la vitesse de l’éclair directement influencé par Paganini ou Vivaldi.

J’entends d’ici la désaprobation de certains face à un mélange comme celui-ci. En fait, c’est très bien construit et les orgies de notes sont tout de même bien dosées rendant le tout fort complexe et vraiment intéressant. Exmortus joue la carte de la rapidité et le côté agressif est très présent. Ça cogne dur malgré l’accordement standard et c’est très entrainant. De bons riffs et de bonnes prouesses techniques, les musiciens y vont à fond pour éblouir et étourdir par leur savoir faire sur leur instruments respectifs.

Il y a quelques longueurs ici et là mais on peut facilement passer outre car le mélange est explosif et grandement plaisant. Belle réussite!

At the Graves – At the Graves – 2016

at-the-gravesAt the Graves – Melodic Death Metal – États-Unis
At the Graves – 2016
Indépendant
6.5/10

Parlons une fois de plus de clones. Pas les clones de Star Wars ou de Dolly, les clones du Métal. Je constate amèrement, en étudiant les sorties 2016. que des albums dans le Métal, il en pleut. Juste depuis le 1er Janvier c’est incroyable le nombre de sorties dans le monde du Métal. C’est une bonne nouvelle me direz-vous. Selon moi, pas tant que ça. Les sorties sont diluées et le marché est sursaturé et nombreuses sont les sorties moyennes ou pas très enviables.

De là ma parenthèse avec les clones. De nombreuses nouvelles formations cherchent à tout prix à sortir un album ou un mini album avant même de s’être forgé une identité. Avec la facilité d’enregistrement d’aujourd’hui, on assiste à une recrudescence de clones qui, faute d’avoir de bonnes idées, se lancent corps et âme dans la photocopie pure et simple. On joue du Métal juste pour jouer du Métal sans vraiment se soucier du côté original et artistique.

Le duo Américain At the Graves a été formé en 2015 et nous sert un mini album de 5 pièces totalisant 23 minutes de réchauffé maintes et maintes fois. At the Gates qui rencontre In Flames avec des éléments de Dark Tranquillity. Point de vue interprétation c’est très bien exécuté mais la composition laisse totalement à désirer, l’originalité est totalement absente, zéro avec une barre. Non pas que ce soit vraiment mauvais, ça serait bon pour du Gates at the Tranquillity Flames.

Je passe donc à un autre appel, ce mini album sera relégué aux oubliettes et ira rejoindre les autres clones dans la filière 13.

Shotgun Cure – Amorphous – 2016

shotgun-cureShotgun Cure – Thrash Metal – Canada
Amorphous – 2016
Independant
6.5/10

Depuis une bonne dizaine d’années déjà le Thrash Metal connait une vague de popularité au sein de la grande famille Métallique. Quelques groupes issus de cette nouvelle vague du Thrash sortent du lot en apportant une certaine fraîcheur. Le côté technique est beaucoup plus présent dans cette nouvelle version que dans sa forme originelle dans les années 80 avec des groupes comme Revocation ou Vektor qui ne se contentent pas uniquement de cloner un style qui avait jadis ses lettres de noblesse.

Le Thrash est maintenant un style à la mode avec son habillement et son idéologie mais aussi du point de vue musical et production. On tente de reproduire fidèlement les années 80 à tout prix. Shotgun Cure de Toronto a eu une brillante idée, soit celle de cloner les clones, se contentant de prendre la base du Thrash originel en le réchauffant avec les éléments techniques de Revocation, les ingrédients de Lamb of God et épiçant le tout avec Megadeth.

Ce n’est pas mauvais, Amorphous comporte plusieurs bons riffs, les musiciens ont un niveau de technicité assez élevé, la production est correcte et le produit global devrait plaire à ceux qui se sentent confortables dans un créneau sursaturé. Cet album, comme son titre l’indique, est totalement amorphe. Rien de très enlevant ni de flamboyant. Le niveau de composition n’est pas très élevé, la redondance coule à flot et on se lasse assez rapidement après 5 ou 6 chansons.

Je ne réécouterai aucunement cet album même en passant la balayeuse. D’un ennui mortel, à éviter d’écouter en voiture pour ne pas causer d’accident en s’endormant au volant.

Construct of Lethe – Corpsegod – 2016

construct-of-letheConstruct of Lethe – Death Metal – États-Unis
Corpsegod – 2016
Indépendant
8.5/10

Construct of Lethe est une relativement nouvelle formation mlagré que ses membres soient actifs depuis 2001 sous les pseudonymes Bethledeigne et Xaoc. Ces formations ne me disant strictement rien, je vais opter pour le terme nouvelle formation dans le cas qui nous intéresse.

Premier album donc pour cette formation Américaine. Dès la première écoute, nous sommes frappés de plein fouet par une vague sonore très puissante. Pour fesser, ça fesse! Un Death Metal légèrement noirci et tout de même assez technique sans tomber dans le Technical Death Metal mais sans non plus ressasser le passé avec un son Old School Death. Je dirais que le mélange de Behemoth, Morbid Angel et Nile serait assez juste avec toutefois une bonne partie assez disjonctée qui est propre à Construct of Lethe.

Jouissant d’une production fort excellente, la clarté des instruments est une force chez Construct of Lethe, tout est à sa place et parfaitement audible. La moindre parcelle de note ressort et chaque instrument est bien installé dans le mix. La formation joue beaucoup avec les dissonances sur une rythmique brutale réglée au quart de tour, les idées sont très originales et les musiciens sont à l’aise et sont droits comme une barre.

Une premier album captivant qui en arrache. A se procurer le plus rapidement possible!

Nawather – Wasted Years – 2016

nawatherNawather – Progressive Metal/Middle East Folk – Tunisie
Wasted Years – 2016
M&O Music
9/10

Vous connaissez tous mes goûts en matière musicale, surtout ceux qui sortent de l’ordinaire. Les mélanges non conventionnels et qui sont considérés contre nature par les puristes et les gens plus fermés d’esprit m’interpellent et me fascinent encore plus me poussant à l’exploration pure et simple. Alors, lorsque je constate qu’une formation provient de Tunisie, mon intérêt s’allume en sachant que rares sont les groupes qui osent faire du Métal dans ces contrées sablonneuses.

Il est d’autant plus intéressant lorsqu’une de ces rares formations du Moyen Orient ose offrir un mélange de Death Metal, de Progressif et de musique traditionnelle du Moyen Orient. En partant, ces sonorités traditionnelles ont toujours suscité chez moi un certain attrait, possiblement dû au fait que ces sonorités apportent une bonne dose de mysticisme et un bagage historique imposant.

Nawather, formation Tunisienne, a réussi avec brio le parfait mélange musical entre genres extrêmes de maintenant avec le passé. Wasted Years, premier album du groupe, est solidement basé sur un Death Métal Progressif où la technicité musicale est mise en avant plan. Une forte concentration de musique traditionnelle est savamment imbriquée avec l’utilisation d’instruments traditionnels, notamment le Qanûn, instrument à cordes pincées remontant à l’Empire Bysantin. Des éléments électroniques et symphoniques viennent agrémenter le tout avec des arrangements fort étonnants.

Jouissant d’une excellent production, Wasted Years a tout pour devenir un des meilleurs albums de 2016 et ce, même si l’année vient à peine de commencer. Le talent des musiciens est là, les guitares sont excellentes, la rythmique basse/batterie est solidement ancrée et les voix tant féminines que gutturales sont en parfaite symbiose avec la musique de Nawather.

Un excellent album à découvrir en ce début d’année pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux et qui souhaitent pimenter leur Métal et s’ouvrir l’esprit pour découvrir un monde fascinant.

Brutus – Merwgebeukt – 2016

brutusBrutus – Brutal Death Metal – Pays Bas
Meurwgebeukt – 2016
Rising Nemesia
7/10

Originaire des Pays Bas, la formation Brutus a connu une tragédie en 2006 suite au suicide d’un membre important soit le batteur Ploegbaas. Ayant de la difficulté à se relever d’un tel événement ces 10 dernières années, les membres restants du groupe ont décidé de poursuivre le travail commencé pour le deuxième album en 2006 utilisant les pistes originales de batterie.

Le Death Metal proposé par Brutus est brutal et profond rappelant parfois Deeds of Flesh. L’album regorge d’excellents riffs et les idées ne manquent pas, du Death de la vieille école pas gentil et féroce à l’extrême. La voix est grasse, gutturale et caverneuse faisant ressortir une certaine hargne tirant dangereusement sur le Grindcore.

Cependant, les seize pièces de l,album semblent en réalité ne faire qu’une seule pièce. 54 minutes de « blast Beats » sans aucun changement de tempo et sans réelles couleurs musicales ni de textures intéressantes. De la brutalité primitive dans le tapis, point final. Sans affirmer que c’est mauvais, l’agaçante redondance stagnant au fil des pièces m’a fais décrocher du fil conducteur rendant mon écoute évasive et non concentrée sur ce qui se passe, un peu comme dans une usine où l’on finit par ne plus entendre les bruits ambiants par habitude de les entendre.

Les musiciens du groupe sont tout de même très bons mais la musique de Brutus ne vient tout simplement pas me chercher. C’est fade et l’intérêt se perd rapidement.