L’Évolution Métallique selon Sinistros #668
Bal-Sagoth – The Power Cosmic – 1999
Angleterre
Avec The Power Cosmic, Bal-Sagoth poussait son Black Metal Symphonique encore plus loin et signait ce qui allait être son album le plus réussi en carrière. Bien que le groupe eût des riffs plutôt joyeux, la puissance de frappe était au rendez-vous et ces riffs étaient tout simplement grandioses mélangés aux éléments symphoniques dignes des trames sonores des grands films de science-fiction et d’aventure. Le groupe s’inspirait justement de la littérature fantastique et de la science-fiction pour donner du contenu à ses pièces et le résultat était assez percutant. Un excellent album plutôt méconnu qui a eu une large influence sur le métal symphonique du tournant des années 2000. À écouter sans réserve!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #667
Hate Eternal – Conquering the Throne – 1999
États-Unis
Vers la fin des années 90 et au tournant des années 2000, le Death Metal s’est transformé en une musique encore plus technique et surtout plus brutale. La formation Américaine a, dès son premier album, annoncé ses couleurs avec une musique extrême avec des riffs incroyables et une énergie époustouflante. Conquering the Throne avait un titre évocateur, Hate Eternal revendiquait le trône de la musique plus extrême en particulier celui du Death Metal Américain. Ce premier album fut très bien accueilli dans la grande scène Métallique mondiale, Hate Eternal venait de semer la graine du nouveau Death Metal et la suite serait très spectaculaire!
De nombreux groupes auraient pu avoir la place du #666 de mon Évolution Métallique. Le hasard a fait que cette place a été attribuée à Darkthrone et son huitième album, Ravishing Grimness. Cette ravissante noirceur est l’un des innombrables albums de Darkthrone à avoir influencé le cours de l’histoire Métallique avec sa production crue et ses riffs malsains directement influencés par Hellhammer et Celtic Frost. On dit souvent que rien ne se perd et rien ne se crée, c’est en partie véridique mais tout aussi faux en même temps. Le duo Darlthrone a su redéfinir le Métal en étant une des pionniers de ce qu’est devenu le Black Metal et la grande scène mondiale doit beaucoup au groupe Norvégien. Fenriz et Nocturno Culto continuaient sur leur lancée sans se soucier de l’opinion de qui que ce soit et c’est cette attitude qui a fait du groupe son honnêteté et son statut de grand du Black Metal mondial. Ravishing Darkness nous montrait que Darkthrone était encore maître de la situation et le resterait encore pour longtemps. À écouter avec un volume élevé pour ainsi savourer toutes les subtilités et la froideur qui se dégagent de cet excellent album!
Foce est de constater que les années 90 ont eu un effet sur certains groupes pionniers du Thrash ou du Heavy Metal. Suite au succès de Metallica, nombreux furent les groupes à tenter leur chance de percer dans le monde « mainstream ». La grande majorité d’entre eux ont tout simplement échoué s’attirant les foudres de leurs premiers fans. Kreator n’a pas échappé à cet exercice après Coma of Souls et c’est avec Endorama que le groupe Allemand a finalement touché le fond du baril, selon ses fans. Oui, Endorama est un album plus Rock et plus accessible mais est-ce un album aussi épouvantable qu’on le dit? Bien sûr que non! Si on écoute cet album avec un esprit ouvert, on constate que Mille Petrozza a tout simplement mis son influence Gothic Rock sur ses compositions. La nette influence Sisters of Mercy est là tout au long de l’album, le groupe a voulu tout simplement expérimenter d’autres sonorités et d’autres styles et affirmer que Kreator voulait absolument devenir populaire relève de la pure spéculation car cet album est loin d’être un album de musique populaire. Endorama est un album de Gothic Metal dans la plus pure tradition et un excellent album qui plus est. Donnons une chance à cet album qui a su donner un nouveau souffle à la grande famille métallique pour le tournant des années 2000.
Abbath – Black Metal – Norvège
Dread Reaver – 2022
Season of Mist
6,5/10
Après toute la saga pathétique entourant Abbath et les chicanes internes qui ont conduit au départ et au retour de la sorcière Mia Wallace au sein de la formation, je ne savais pas trop quoi penser à propos de la sortie d’un troisième album pour le projet solo de Abbath. J’avais apprécié les deux premiers albums à leur juste valeur mais que dire de Dread Reaver?
Est-il possible que je sois tout simplement tanné de ce type de black Metal réchauffé? En premier lieu, je dois avouer que la production est vraiment faible, cet album sonne comme de la merde en canne, tout est tellement sursaturé que l’on peine à identifier les mélodies et les divers instruments. Niveau composition, c’est du Abbath pur et dur comme seul Abbath sait nous remâcher depuis belle lurette, on revisite toujours les mêmes riffs et les mêmes structures musicales depuis les vingt dernières années. Il y a certes de bons riffs tout au long de l’album mais en bout de ligne ça demeure d’un ennui mortel et les trente-neuf minutes ont l’air de dure une éternité.
Dommage mais cet album ne m’a vraiment pas emballé ni convaincu. Un album à oublier pour ma part et une réelle déception pour les sorties 2022.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #664
Moonspell – The Butterfly Effect – 1999
Portugal
Le quatrième album de Moonspell en avait pris plusieurs par surprise et pour cause! The Butterfly Effect était un album audacieux qui brisait les barrières avec son habile mélange de Black Metal, de Gothic Rock, d’Industriel et de Darkwave. Ce mélange dérangeait les fans de la première heure qui s’attendaient à un album purement Black Metal mais c’est aussi cet album qui a permis à Moonspell d’aller chercher de nouveaux fans dans d’autres sphères musicales et ainsi se hisser au sommet des groupes de Gothic Metal. Encore une fois, nous constatons que ce qui dérange vraiment, c’est ce fameux changement si déroutant au oreilles des amateurs plus fermés d’esprit. The Butterfly Effect aura un impact assez important sur plusieurs groupes au tournant des années 2000, décennie qui sera propice aux mélanges et aux changements dans la grande famille Métallique. L’évolution, c’est ça!
Slaegt – Black/Heavy Metal – Danemark
Goddess – 2022
Century Media
8,8/10
Comme à chaque année, 2022 m’aura fait découvrir de nouveaux groupes et artistes musicaux qui m’étaient jusqu’ici inconnus. Mon ami Dominic Naud me suggère des nouveautés sur une base régulière et le nouvel album de la formation danoise Slaegt fait partie de la liste. Goddess est le cinquième album du groupe depuis ses débuts en 2011, voyons de quoi il retourne.
Dès la première pièce, Deceived by an Amethyst, j’ai été frappé par le mettre ressemblance avec Tribulation ce qui augure très bien compte tenu que la formation Suédoise est une de mes préférées dans la grande famille Métallique. La deuxième pièce nous propose un Speed Metal bien norici avec des éléments très techniques au niveau des guitares, ça rentre au poste et ça sonne très « old school ». À partir de cette pièce, on sent tranquillement l’influence de pur Heavy Metal se faire sentir. Décidément, c’est pas mal dans mes cordes! En tout, l’album compte six pièces qui, hormis Stabat Bloody Stabat, ont des longueurs variant entre les six et onze minutes, chaque pièce étant différente les unes des autres pour finir par former un tout qui se tient à merveille.
Bien sûr, Slaegt réinvente absolument rien mais ses choix de mélanges forment une sonorité propre et unique qui nous fait voyager au travers de divers sous genres Métalliques et parfois dans le Rock des années 70. Un album qui fait du bien à écouter et qui procure un quarante minutes de pur défonce Métallique à l’état pur!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #663
Type O Negative – World Coming Down – 1999
États-Unis
La réputation de type O Negative dans le monde du Doom et du Métal Gothique n’était vraiment plus à faire et son cinquième album allait réitérer le statut de géant du Doom auquel le groupe s’était attaché depuis quelques albums. World Coming Down fut le point culminant de Peter Steele et sa troupe avec des compositions encore plus lourdes, sombres et mystérieuses. Certains diront de cet album qu’il est définitivement le meilleur de la discographie du groupe et avec raison. Les structures et les arrangement étaient plus étoffés et kles compositions tellement parfaites que l’album avait atteint la 39e position du top 200 du fameux Billboard, ce qui n’est pas rien! Alors que le Grunge était en train de mourir et que le Nu Metal en était à son apogée, Type O Negative faisait fi de ces modes insipides pour imposer sa tristesse et son angoisse sur le monde musical de la planète entière. Un excellent album qui mérite amplement sa place dans le vaste univers de l’Évolution Métallique et un album des plus important pour ce qui allait suivre au tournant des années 2000.
Rebel Extravanganza, quatrième album de Satyricon, n’avait pas fait l’unanimité à sa sortie et ne fait toujours pas cette unanimité aujourd’hui, allons savoir pourquoi : Ah oui, le fameux changement tant méprisé par une certaine supposée élite. Satyricon avait osé bifurquer de sa sonorité crue si chère aux « trve kult » de ce monde en nous offrant des compositions plus léchées et plus audacieuses avec des riffs encore plus techniques et des changements de tempo spectaculaires. Rebel Extravaganza aussi mal aimé qu’il était nous montrait un Satyricon en pleine possession de ses moyens et nous montrait que le groupe était capable de s’aventurer vers d’autres horizons musicaux tout en gardant sa flamme noire intacte. Un excellent album a découvrir ou redécouvrir pour bien comprendre ce qui allait suivre au tournant des années 2000 dans l’évolution du Black Metal.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #661
Candlemass – From the 13th Sun – 1999
Suède
From the 13th Sun est le septième et dernier album de Candlemass avant son démantèlement au début des années 2000. Cet album était le deuxième et dernier album de Candlemass sans le classique alignement, c’était comme le précédent album, un genre d’album solo de Leif Edling ou de ce qui restait de Abstrakt Algebra. La sonorité de l’album se rapprochait beaucoup de ce que Candlemass avait fait à ses débuts avec des idées issues des deux albums précédents laissant ainsi une sorte de pont entre ces albums et le retour officiel du vrai Candlemass en 2004. On ne se le cachera pas, Leif Edling est un génie musical sous-estimé et à lui seul il incarne brillamment ce que le Doom se doit d’être : Macabre, froid et lourd. Même si From the 13th Sun n’est pas considéré comme étant le meilleur album du groupe, il va sans dire qu’il demeure dans la moyenne des albums de qualité de toute la discographie de la légende qu’est Candelmass. Un excellent album qui continuait à brandir bien haute la flamme du Doom Metal et un album très influent qui restera dans les classiques encore longtemps.
Le quatrième album de Katatonia fut un album de transition vers ce que l’on connait aujourd’hui. Tonight’s Decision fut possiblement une grande décision à prendre de délaisser tranquillement le Doom Metal dépressif pour se diriger vers des sonorités plus Gothiques et encore plus dépressives. Le groupe incorporait des éléments Alternatifs et Progressifs dans sa musique et le côté Métallique disparaissait des compositions, les vocaux « harsh » n’avaient plus leur place dans la musique du groupe et la puissance sonore non plus. Donc, une période transitoire vers un son plus doux et moins brutal qui a tout de même influencé bon nombre de musiciens à changer leur perceptions musicales en les aidant à explorer de nouvelles avenues pour faire avancer la grande famille Métallique au lieu de la fa voir stagner dans les même vieux clichés. Le tournant des années 2000 s’annonçait fort intéressant à bien des niveaux et une nouvelle révolution était en train de se préparer dans la grande scène mondiale.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #659
Megadeth – Risk – 1999
États-Unis
Parfois certains musiciens, lassés de faire toujours la même chose, prennent le risque de s’ouvrir à d’autres horizons musicaux en risquant de déplaire à ses fans. Risk de Megadeth, c’était effectivement un gros risque qui aurait pu coûter la carrière à Dave Mustaine. Risk fut le dernier album de Marty Friedman avec Megadeth et musicalement parlant, cet album brisait des frontières. Les fans n’ont tout simplement pas aimé la tournure des événements et pour cause : Dave Mustaine s’était lancé dans un espèce de Rock expérimental qui était loin de ce qu’il nous avait habitués, un véritable virage à 180 degrés. Mais oublions un peu que c’est Megadeth et attardons-nous plutôt aux compositions. Était-ce si mauvais? Disons les choses franchement, si un nouveau groupe avait sorti Risk comme premier album, il serait passé inaperçu et aurait été rapidement oublié. Mais! Toujours en oubliant que c’est Megadeth, force est de constater que les idées et les sonorités plus expérimentales de cet album sont tout à fait géniales. On retrouve un superbe travail de composition et d’arrangements qui ont vraisemblablement pris les fans de court. C’était un énorme risque pour Megadeth et même Dave Mustaine en a complètement oublié l’existence en ne faisant aucune pièce de l’album en spectacle. Risk nous enseigne deux choses : La chose à faire si on veut perdre la face et ses fans et la chose à ne pas faire si on veut éviter de prendre un gros risque et de s’enliser dans notre zone de confort.
La formation Polonaise Behemoth s’était doté d’une solide réputation dans le monde du Black Metal avec ses trois premiers albums. Avec Satanica, Nergal et ses acolytes avaient commencé à flirter avec le Death Metal tout en gardant sa profonde noirceur et ses éléments symphoniques pour augmenter sa puissance de frappe et se forger une sonorité propre. C’est avec cet album que le groupe a commencé à être connu à l’International et ainsi devenir l’un des meneurs du Métal extrême en Pologne. C’est aussi à partir de cet album que Nergal a débuté ses démêlés avec les autorités religieuses et politiques de son pays, notamment dû au fait de la nature Satanique de ses textes et de son engagement envers le Satanisme. Satanica était le point de départ d’un grand changement chez Behemoth et le premier album à propulser le groupe dans les hautes sphères du Métal Extrême.
Septicflesh – Symphonic Death Metal – Grèce
Modern Primitive – 2022
Nuclear Blast
9,9/10
Depuis son grand retour avec Comunion en 2008, Septicflesh ne cesse de nous étonner d,album en album, accumulant chef d’œuvre par-dessus chef d’œuvre. Le chef de file et pionnier du Métal extrême symphonique récidive avec son onzième album et perpétue sa tradition de qualité musicale et sonore.
J’ai écouté l’album en format deux vinyles de 180 grammes et la première impression laissée dès les premières notes c’est que ça sonne en *insérer ici un juron typiquement Québécois qui commence par un T*. La production est juste incroyable comme pour les parutions précédentes depuis Comunion. Le niveau de composition est toujours aussi élevé peut-être même encore plus élevé que sur le précédent album, Codex Omega. Christos Antoniou n’a pas lésiné sur la qualité de l’impressionnante orchestration jouée une fois de plus par le Philarmonique de Prague. La présentation graphique est encore une fois des plus réussies, la pochette de la version vinyle est beaucoup plus impressionnante que celle de la version CD, du grand art visuel et surtout du grand Septicflesh avec un album d’une puissance inégalée!
Le parfait mélange de brutalité et de sensibilité musicale fait de cet album un des tops de l’année 2022 et fort possiblement le meilleur album de la discographie de Septicflesh.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #657
Stormlord – Supreme Art of War – 1999
Italie
La nouvelle génération de groupes à tendances symphonique était en train de tranquillement s’installer dans la vaste scène métallique mondiale et les Italiens de Stormlord ont, dès le premier album du groupe, réussi à s’imposer comme chef de file de cette nouvelle génération de musiciens désireux de produire un Métal symphonique de qualité. Supreme Art of War fut des plus réussis en ce sens malgré un petit côté peut-être un peu trop joyeux qui conduira Stormlord vers des sonorités plus axées vers le Power Metal noirci. Ce premier album a été suffisamment influent pour permettre à d’autres musiciens à faire évoluer le genre dans les années 2000.
Cauchemar – Heavy/Doom Metal – Canada
Rosa Mystica – 2022
Temple of Mystery Records
8,6/10
Qui a dit que le Métal chanté en Français n’était pas une bonne idée? Il est vrai qu’au Québec, chanter du Métal en Français ce n’est pas très commun mais la formation Québécoise Cauchemar réussi très bien dans la langue de Molière et son troisième album, Rosa Mystica, nous le prouve une fois de plus.
Sur ce troisième opus, Cauchemar poursuit avec son Doom Metal avec ses éléments de pur Heavy Metal et le son de la vieille école est toujours tout aussi présent que sur les précédentes parutions. Le groupe y va même d’une pièce plus rapide en ouverture d’album, rapidité qui se poursuivra sur la pièce suivante. Le mot d’ordre sur ce nouvel c’est le riff et les riffs, il y en a des excellents tout au long des pièces de l’album! La production a cependant été mise un peu de côté comparativement à Chapelle Ardente. Ça sonne « Old School » mais ça manque de punch et de puissance surtout au niveau de la batterie et de la voix. L’ajout de sonorités d’ogue dans le style B3 apporte une belle touche très 70’s au son global de Cauchemar ce qui est loin de me déplaire.
Une troisième offrande digne de ce nom pour Cauchemar qui continue de perpétuer la flamme de la vieille école à bout de bras!
Le passage vers l’Industriel avec son précédent album, Samael se devait de peaufiner sa nouvelle orientation sonore et de même coup l’apprivoiser. Eternal était beaucoup électronique que Passage, les claviers étaient maintenant toujours à l’avant plan et les compositions de plus en plus mécaniques. Le ton était donné et Samael ne reculerait plus vers le Black Metal de ses débuts, du moins pas pour les quatre albums suivants sur lesquels les Suisses perfectionneront les ambiances et les sonorités qui font de Samael un groupe à part. Les Métalleux de l’époque n’avaient pas apprécié Eternal et ne l’avaient tout simplement pas compris. Les frères Locher signaient leur premier chef d’œuvre mécanique et l’utilisation des machines pour parfaire leur musique allait rester pour tous les albums suivants.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #655
Empyrium – Where at Night the Wood Grouse Plays – 1999
Allemagne
Quand on parle de retour dans le passé et de l’insertion de musique traditionnelle dans le Métal, il ne faut pas oublier le duo Allemand Empyrium qui est devenu l’un des piliers du mouvement Folk Metal et par le fait même avec son troisième album, l’un des instigateurs et pionnier du Neofolk qui influencera bon nombre de musiciens à revisiter les valeurs et sonorités ancestrales. Même si cet album n’avait pratiquement plus rien de Métallique, il faut reconnaître que la façon de composer était toujours très axée sur des idées très Métal malgré les guitares acoustiques et les flûtes. J’ai comme l’impression que Empyrium avait voulu faire un petit saut au début des années 70 alors qu’il y avait un regain de popularité de la musique Folk au sein du mouvement Progressif avec l’utilisation d’instruments naturels, Empyrium faisait un peu la même chose mais en plus sombre et plus mélancolique. Un excellent album rempli de sensibilité qui me fait penser à certains passages utilisés par Mike Oldfield dans certaines des majestueuses compositions. Un must pour les fans de musique douce et tranquille.
Le mélange de musique traditionnelle et de Métal était chose courante depuis le début des années 90 mais peu de groupes avaient réussi à rendre le côté traditionnel le plus près possible de ce qui se faisait musicalement il y a des centaines d’années. Vintersorg avait réussi à faire de son projet Otyg l’un des chefs de file du mouvement Folk Metal en mettant les éléments stradiotes en avant plan avec suffisamment de textures métalliques pour faire le mélange parfait et ainsi nous transporter dans des histoires lointaines qui racontaient la vie et les us et coutumes des ancêtres. Le talent de compositeur de Vintersorg n’était plus à contester, le bonhomme avait la fibre musicale dans le sang et ça se transposait dans ses compositions. Le r`gne de Otyg fut de courte durée mais avec ses deux albums, le groupe a su tenir la flamme trigonelle bien haut et ainsi montrer la voie à plusieurs autres formations à s’aventurer dans cette voie magique à raconter les exploits ancestraux.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #653
Primal Fear – Jaws of Death – 1999
Allemagne
Le Speed Metal avait été sauvé dans les années 90 notamment grâce à la formation Allemande Primal Fear. Après un premier album éclatant, le groupe avait récidivé avec Jaws of Death en reprenant les ingrédients laissés par les Judas Priest, Accept et Grave Digger pour concocter une toute nouvelle recette plus épicée qui allait propulser le véritable Power Metal à l’avant plan de la grande scène Métallique. C’est à grands coups de riffs incendiaires et une puissance de frappe percutante que Primal Fear avait remis le Speed Metal sur la carte et avec la voix de Ralf Scheepers, le son caractéristique du groupe prenait toute la place qui lui était due. On pense souvent à tort que le Power Metal est un genre de Métal plus doux et plus mielleux justement à cause des voix de castrats qui ont forgé le genre mais détrompez-vous, Primal Fear était loin d’être doucereux et rose bonbon. Jaws of Death c’est de la puissance à l’état brut et un incontournable album du monde Heavy, speed et Power Metal. Un must pour les nostalgiques des années 80!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #652
Testament – The Gathering – 1999
États-Unis
Après être tombé assez bas avec Low et s’être complètement planté avec Demonic, Testament s’était vraisemblablement aperçu qu’il ne serait jamais le prochain Metallica et en était venu à la conclusion que revenir à ses racines purement Thrash Metal était la meilleure solution qui soit. The Gathering a été le résultat époustouflant de ce retour avec Dave Lombardo à la batterie et avec cet album, Testament signait son ultime album avant de nous servir du remâché album après album par la suite. The Gathering prouvait que le Thrash Metal était encore bien en vie et l’album allait donner un nouveau souffle à une toute nouvelle génération de groupes qui perpétueront la flamme des années 80 avec une sonorité plus moderne. Un incontournable de l’Évolution Métallique qu’il faut absolument écouter!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #651
Ministry – Dark Side of the Spoon – 1999
États-Unis
Dark Side of the Spoon marquait l’album le plus troublé et le plus troublant de Ministry. Après avoir considérablement ralenti le pas sur son précédent album, Oncle Al revenait à la charge avec une pièce d’entrée d’album rapide et énergique avant de tomber dans la lenteur puissante. Cet album n’avait pas été bien reçu par les Métalleux de l’époque mais les amateurs de musique Industrielle retrouvaient le Ministry mécanique des premiers albums avec une touche plus dure et surtout plus bizarre. Certes, Dark Side of the Spoon ne plaisait pas au métalleux moyen mais a tout de même réussi à influencer bon nombre de groupes et d’artistes Métal à imbriquer des éléments purement Industriels et électroniques dans leur musique. Al Jourgensen aura encore beaucoup à donner avec les quatre albums suivants, Dark of the Spoon était le pont avec ce qui s’en venait. Un excellent album méconnu et surtout très sous-estimé qu’il faut réécouter pour l’apprécier à sa juste valeur.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #650
Agalloch – Pale Folklore – 1999
États-Unis
Il y a de ces groupes qui passent inaperçus mais qui réussissent à influencer le cours de l’histoire musicale, ça j’en ai déjà parlé à quelques reprises depuis le début l’Évolution Métallique. Mais il y a des groupes encore plus obscurs qui changent vraiment le cours de cette histoire sans même s’en rendre compte et sans même que la majorité du monde s’en rende compte. La formation Américaine Agalloch est une de ces formations qui ont apporté une nouvelle facette dans la musique qui contribuera à changer certaines perceptions et ainsi faire évoluer tout un genre. Sur son premier album, Pale Folklore, Agalloch avait mélangé des éléments très atmosphériques avec des sonorités Folk, le tout ben ancrés dans un Black Metal froid et lent avec des pièces excessivement longues qui s’étirent en progression. Le résultat est unique et totalement de ce que nous avions pu entendre jusque-là, du moins pour un groupe Métal. Bien sûr cet album était imparfait sur quelques points mais le groupe avait planté une graine qui allait devenir un arbre majestueux au fil des albums suivants. Un superbe début qui ouvrira la porte à de nouvelles branches de la grande famille Métallique.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #649
In Flames – Colony – 1999
Suède
Avec son quatrième album, In Flames poursuivait sur sa lancée du Death Metal Mélodique au son de Gothenburg. Le groupe ne se réinventait pas du tout et malgré d’excellente pièces, on snetait que les Suédois commençaient tranquillement à s’essouffler. Malgré tout, In Flames était toujours en mesure de nous offrir de super riffs à la fois mélodiques et puissants et continuait à influencer un bon nombre de musiciens à persévérer dans cette voie. Colony n’était pas le meilleur album de la discographie jusque là mais c’était tout de même un album efficace qui tirait bien son épingle du jeu. À écouter ou réécouter pour prendre connaissance de l’histoire du métal plus mélodique et moins brutal.
On ne pourra pas dire que Peter Tagtgren n’a jamais essayé d’évoluer et d’expérimenter. Au lieu de stagner avec une sonorité unique tout au long d’une carrière, il a réussi à se réinventer à chaque album de Hypocrisy et son sixième album éponyme le prouvait une fois de plus. Sur cet album, Tagtgren délaissait quelque peu la vitesse et la sauvagerie pour des sonorités plus vaporeuses et atmosphérique tout en gardant son côté puissant et très lourd avec des pointes rapides au fil des pièces tout en peaufinant ses mélodies et ses structures musicales. Certains diront de cet album que ce serait le « peak » de la discographie du groupe. Quoiqu’il en soit, cet album était tout un chef d’œuvre de Death Metal mélodique qui a été très influent pour la suite des choses.
Le troisième album de Arch Enemy marquait plusieurs nouveautés tant dans l’alignement que dans le son en général. C’est sur Burning Bridges que Sharlee D’Angelo a fait ses débuts avec le groupe et c’est aussi sur cet album que Johan Liva a livré sa dernière performance sur disque avec son groupe avant d’être remplacé par une chanteuse. Point de vue sonorité, le groupe gardait son côté mélodique tout en durcissant le ton dans les rythmiques pour offrir un album sauvage et décapant. Certains diront de Burning Bridges que c’est l’album ultime de Arch Enemy, chose certaine, c’est l’album qui a officialisé le saut du groupe dans les hautes sphères métallique mondiales. Définitivement un chef d’œuvre du Death Metal mélodique Suédois et un incontournable du Métal tous styles confondus.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #646
Stormtroopers of Death – Bigger Than the Devil – 1999
États-Unis
S.O.D. avait généré toute une commotion en 1985 avec Speak English or Die. Cet album se devait être le seul d’un projet éphémère qui est devenu malgré lui excessivement culte et surtout très influent. Le retour du projet légendaire en 1999 laissait présager un triomphe mais Speak English or Die était tellement ancré dans les archives et les classiques du Métal que Bigger Than the Devil avait fait pâle figure à sa sortie. Non pas que ce deuxième album soit mauvais, au contraire. On retrouvait le S.O.D. d’antan, toujours tout aussi irrévérencieux et caustique avec d’excellentes pièces et d’excellents riffs. Cependant, la magie était passée depuis plus d’une décennie et nombreux étaient les groupes qui faisaient ce type de musique et l’avaient amélioré donnant l’impression que ce retour de S.O.D. sonnait le réchauffé et manquait cruellement de punch, la surprise était passée depuis longtemps. Mais, Bigger Than the Devil est tout de même un très bon album de Crossover si on fait abstraction du nom écrit sur la pochette. Un album qui n’a pas influencé grand-chose mais qui mérite sa place dans l’Évolution Métallique pour sa valeur historique.
Si on compte les deux mini albums, 9 était effectivement le neuvième et dernier album de Mercyful Fate. Qui peut se vanter d’avoir toujours sorti d’excellents albums? Pas beaucoup d’artistes me direz-vous mais King Diamond a réussi l’exploit de le faire non pas avec un seul groupe mais avec deux, en l’occurrence son projet King Diamond qui cumulait lui aussi perfection par-dessus perfection. Même si Mercyful Fate n’a jamais eu le statut qu’il méritait vraiment en demeurant dans l’ombre de groupes qu’il a influencé, il est indéniable que l’apport du King et de ses musiciens a été extrêmement considérable pour toute la grande famille métallique. 9 pour suivait l’héritage que le groupe avait laissé dès le début de sa carrière et même si Michael Denner n’était plus de la partie, Hank Shermann poursuivait cette tradition de riffs exemplaires et de compositions incroyablement bien structurées. Cet album marquait la fin définitive pour Mercyful Fate jusqu’à aujourd’hui où un nouvel album a été annoncé pour 2022. Espérons que ce nouvel album soit tout aussi percutant que les neuf autres parutions!
Arkaik – Technical Death Metal – États-Unis
Labyrinth of Hungry Ghosts – 2022
The Artisan Era
8.3/10
Bon, le Death Metal a évolué pas mal depuis ses débuts vers la fin des années 90. La technicité a été grandement améliorée depuis les trois dernières décennies et aujourd’hui nous assistons à une sursaturation de groupes ultra techniques qui en mettent de plus en plus au point où c,en set rendu pratiquement une mode.
La formation Américaine Arkaik est l’une de ces formations extrêmement techniques qui nous vomissent des notes plus que nous sommes capables d’en assimiler et ce sixième album nous le prouve une fois de plus. Pour ajouter à cette surdose de technicité, nous avons droit à une production des plus synthétique qui fait sonner le groupe comme une machine réglée au quart de tour. Justement, les membres de Arkaik sont des machines sur leurs instruments, ça en fait peur! Le groupe est en mesure de nous livrer de bons riffs avec de belles idées, le tout exécuté à la perfection, pas de place à l’erreur, on se doit d’être à la milliseconde près ce qui enlève toute saveur musicale et chaleur sonore. Comme dit le dicton, trop c’est comme pas assez, il faut savoir doser. Il est cependant évident que les amateurs de musique très technique et de Métal plus moderne vont sans aucun doute apprécier ce nouvel album mais pour ma part, je décroche rapidement même si je suis émerveillé par les prouesses des musiciens.
Dommage, j’avais bien aimé Metamorphignition en 2012 mais depuis, Arkaik m’a vraiment perdu dans son flot démesuré de notes et de changements.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #644
Aborted – The Purity of Perversion – 1999
Belgique
La Belgique était entrée dans la scène du Death Metal Brutal avec le premier album de Aborted. Bien que ce premier album souffrait d’une production pauvre, les riffs contenus sur celui-ci étaient d’une autre trempe, comme si le groupe réinventait ce Death Metal Brutal déjà bien établi aux États-Unis en incorporant des éléments de Grindcore et des échantillonnages au fil des pièces de l’album. Les changements soudains de tempo apportaient un côté encore plus sauvage et brutal aux pièces et en bout de ligne, The Purity of Perversion était un excellent début pour le groupe Belge. Les albums suivants auront une nette amélioration dans la production et dans le jeu des musiciens plaçant ainsi le groupe parmi les grands de genre.