Tant qu’à revenir vers le Métal, aussi bien chercher plus profondément et utiliser les outils comme Internet pour faciliter les recherches. Les forums de discussion étaient chose courante et nombreux étaient les forums directement dédiés au Métal. L’Édition Métallique était le plus gros site web Métal au Québec à cette époque et son forum était fort achalandé ce qui m’a permis de découvrir un bon paquet de groupes en peu de temps pour faire ma ré-éducation. C’est en devenant chroniqueur pour le zine que j’ai découvert God Forbid et que j’ai pu enfin constater que le Métal était loin d’être mort. Avec ses sonorités Thrash Metal en version plus moderne, le groupe Américain m’a remis sur le droit chemin avec son album Determination, titre d’album assez véridique pour mon retour d’une dimension parallèle. 2001 fut également l’année des changements dans Rebearth: Je reprenais mon instrument principal, la basse et un changement de batteur et de guitariste s’est avéré fort nécessaire pour bâtir ce qui allait devenir quelques mois plus tard Lapse of Memory. Le Métal était revenu pour de bon.
La Chronosphère: Mercredi 19 août 2015
God Forbid – Broken Promise – 2001

Mon retour dans le monde de la musique Heavy se faisait tranquillement en analysant ce qui s’offrait à moi selon diverses suggestions provenant de mes camarades de band. J’avais toujours la sensation qu’il manquait un élément important, comme si les groupes que je découvrais manquaient tous de puissance et de flamboyance. J’avais certes découvert Korn quelques temps auparavant et j’avais apprécié quelques pièces mais pas suffisamment pour avoir un coup de coeur. C’est la pièce Chop Suey de System of a Down qui m’a enfin permis de regagner un peu d’espoir avec la musique Heavy intelligente. Avec son mélange de Métal comme dans le temps et ses riffs incendiaires, sa tendance et ses sonorités alternatives, ses harmonies vocales géniales et ses arrangements presque parfaits, SOAD m’a redonné le goût de creuser plus loin puisque le groupe affirmait publiquement que ses principaux héros étaient Slayer. Grâce à la magie de l’Internet j’ai réalisé que le Métal n’était pas mort du tout et que je cherchais dans la mauvaise branche de la musique dite Heavy.
J’avais réalisé tout d’un coup que j,avais pas mal de chemin à rattraper car en 10 il s’en passe des choses et j,avais l’impression que le monde de la musique Heavy avait changé radicalement durant ces 10 années. J’étais inondé de nouveaux groupes à découvrir et grâce aux défunts Mp3.com et Napster, j’ai pu me remettre tranquillement à jour. Bien que mes nouveaux amis faisaient des efforts pour me fournir en musique, j’étais un peu découragé de voir ce que c’était devenu. Le Nu Metal avait fait son apparition et le Hardcore semblait prendre toute la place me laissant redouter le pire et penser que le vrai Métal était réellement mort. J’ai quand même accroché sur certains groupes comme Vision of Disorder. Je reconnaissais certains éléments du Métal avec une touche de Hardcore de l’époque ainsi qu’un soupçon d’Alternatif. J’ai bien aimé VoD, le groupe m’a vraisemblablement influencé mais j’avais toujours la sensation d’avoir perdu quelque chose comme si le Métal était devenu mou et avait perdu sa furie et sa puissance.
Au tournant des années 2000 j’ai fais la connaissance de jeunes individus qui étaient musiciens et jouaient dans des groupes locaux. Ayant perdu de vue ce qui se passait du côté underground durant une décennie, ces garnements m’ont fait subir d’innombrables écoutes de divers groupes issus, disaient-ils, du mouvement Hardcore. Je trouvais que leur Hardcore avait évolué d’une façon très métallisée et mon goût pour la musique hors normes s’est mise à revenir assez rapidement au point où à la fin de l’année 2000 je me retrouvais guitariste dans une formation nommée Rebearth avec les chenapans rencontrés plus tôt dans l’année. Une des formations qui avait retenu mon attention était One King Down. Certes, ce n’était pas le métal auquel j,avais été habitué dans les années 80 mais j’aimais bien les riffs de guitare et le côté bruyant de ce groupe. Je pourrais dire que One King Down m’a influencé à sa manière mais je crois que c’est plus le contexte et mes nouveaux amis qui ont plus mis l’emphase sur cette nouvelle influence. en revenant dans l’arène avec ma guitare, je me replongeais 10 ans plus tôt et ça faisait du bien!
Les plus vieux d’entre vous se rappellent peut-être une jeune starlette Canadienne avec une tignasse gonflée et un succès dance pop ayant pour titre « Too Hot » au début des années 90. Qui à cette époque aurait cru que cette Alanis allait nous lancer en plein visage un rock Alternatif puissant et intelligent en 1995? Jagged Little Pill était destiné à des ventes moyennes suffisantes pour financer un autre album mais il en fut tout autrement. J’ai découvert cet album 2 ans après sa sortie et je suis tombé sur le cul en entendant la voix unique et chaude de la nouvelle Alanis Morrissette. C’est en parolière et compositrice accomplie que cette petite dame nous est revenue avec une fureur et un cri tel un ouragan prêt à dévaster la planète entière. J’ai eu bien du plaisir à jouer ses chansons avec ma conjointe de l’époque, l’influence étant toujours présente aujourd’hui.
Le groupe Québécois des années 90 qui m’a le plus accroché et influencé est sans contredit Les Frères à Ch’val. Avec ses influences Punk, Metal, Folk ou encore Country, le groupe a apporté un vent de fraîcheur avec des pi`ces énergiques, des harmonies vocales de haut niveau et une dextérité instrumentale à couper le souffle. Les deux premiers albums sont des chefs d’oeuvres du rock Québécois et le succès de ceux-ci a été relativement impressionnant pour le style musical proposé.
L’arrivée des Colocs dans le paysage sonore Québécois a créé de vifs remous et a ébranlé la structure même de l’industrie du disque au Québec. Naviguant sur de multiples styles musicaux sur des textes profonds, Les Colocs ont littéralement fait revivre la fièvre des grands groupe qui sévissait dans les années 70. Le premier album éponyme m’a influencé quand même beaucoup au point de vue instrumentation et arrangements mais aussi au niveau orientation de groupe pour arriver à bannir les compromis avec l’establishment populaire contrôlant. Fait intéressant, Dédé Fortin avait réalisé en 1984 le vidéoclip de la pièce Voïvod, pensant que le groupe du même nom venait de l’étranger alors que les deux étaient de la même ville… Plusieurs musiciens connus sont passés par Les Colocs dont Mononc Serge, Mara Tremblay et Marc Déry.
Sans avoir été d’une très grande influence, il demeure que l’album Les insomniaques s’amusent de Daniel Bélanger a eu un certain impact sur mon cheminement musical. Avec sa poésie intelligente et sa musique planante, Bélanger a su prouver qu’il était un excellent compositeur et parolier et a en quelque sorte bousculé l’univers de la chanson Québécoise en offrant une musique intéressante et riche en sonorités. Sa carrière a été basée sur ses idées sans compromis envers l’industrie et c’est pourquoi il mérite notre respect en tant que véritable artiste qui a fait évoluer la culture Québécoise au lieu de tenter de l’enterrer comme bon nombre d’épouvantables et pathétiques chanteurs et chanteuses de la supposée « relève » Québécoise.
Comme j’expliquais dans un récent texte, moi et la musique Québécoise font deux. Au début des années 90 nous avons eu une mince lueur d’espoir avec quelques artistes qui ont réussi à se maintenir la tête hors du flot des quétaineries sirupeuses qui sévissait depuis le début des années 80. Les prochains jours seront consacrés à certains de ces artistes qui m’ont accroché et influencé d’une manière ou d’une autre et qui m’ont redonné le goût de croire que la culture Québécoise n’était pas vraiment morte. Avec ses textes profonds et sa poésie crue faisant réfléchir le tout sur une musique tantôt Jazz, tantôt classique avec des relents de Country et de Rock and Roll, Richard Desjardins est apparu dans le décor médiatique comme un cheveu sur la soupe et sans trop comprendre pourquoi, il a réussi à prendre beaucoup de gens par surprise.
Aux alentours de 1993, j’ai redécouvert un groupe de ma jeunesse qui allait devenir mon préféré à vie. J’ai consacré une grande partie de cette décennie exclusivement aux Beatles à peu de choses près, je suis devenu collectionneur, devenu membre du RQAB, allé à des conventions, décortiqué chaque son de chaque chanson et en connaître l’histoire par coeur. Lors de l’émission Tous pour un qui portait sur les Beatles, je me suis surpris à réussir toutes les questions mais trouver faciles bon nombre d’entre elles. L’influence des Fab Four sur moi est énorme et indéniable, le quatuor est selon moi le plus formidable groupe de toute l’histoire du Rock. Pour ma part, reprendre une chanson des Beatles est un sacrilège et peu d’artistes ont réussi à rendre pleinement justice aux pièces reprises. J’ai eu droit à de grosses surprises à la sortie de l’anthologie dont deux nouvelles pièces mais aussi bon nombre de pièces enregistrées à l’époque qui n’ont jamais vu le jour sur un disque. Encore aujourd’hui quand il s’agit de discuter Beatles, vous avez intérêt à connaître le sujet avant d’en débattre.
Ma passion pour l’histoire et la musique traditionnelle a mis une grande dame sur ma route au début des années 90. Ma rencontre avec sa voix chaude et puissante, ses textes historiques et avouons-le, épiques ainsi que la musicalité incroyable de ses compositions ont fait de Loreena McKennitt une des artistes se hissant au sommet de ma liste des grands musiciens de ce monde. Loreena McKennitt s’imprègne de la culture Celtique en voyageant et faisant des recherches dans des pays comme l’Irlande ou l’Espagne avant de composer un album et cette culture transparait dans sa musique donnant l’impression d’un retour dans le passé. Ses albums sont un véritable cours d’histoire, on pourrait qualifier cette grande dame de barde moderne aux allures de la Dame du Lac.
Lorsque le Grunge est apparu au tournant des années 90, j’étais perplexe face à ce nouveau genre musical. Certaines sonorités de groupes tels Soundgarden, Alice in Chains, Stone Temple Pilots et Pearl Jam étaient intéressantes mais pas suffisamment pour m’accrocher à un niveau élevé. Mais quand j’ai vu le clip de Smells Like Teen Spirit de Nirvana je suis tombé sur le derrière et je me suis dis qu’on tenait quelque chose de solide. En creusant dans le passé de Nirvana, j’ai tout de suite été ébranlé par ce son cru rappelant certains éléments de Black Sabbath, Sonic Youth, Big Black et Pixies. Je ne voyais pas un groupe de Grunge mais bien la suite logique et l’évolution de la musique Alternative et du Punk avec une pincée de Métal en fusion.
Rares sont les artistes Québécois qui m’ont accroché, du moins les artistes qui sont sur la sellette et en avant plan. J’ai toujours trouvé que la culture musicale d’ici était très pauvre et sans réelle imagination suivant tous le même chemin proposé par l’ADISQ et autres hypocrisies de même acabit. Certes, les Beau Dommage, Offenbach, Corbeau, Octobre et les nombreux groupes progressifs des années 70 étaient là, une chance, mais il aura fallu attendre le début des années 90 pour voir apparaître une icône du rock Québécois avec son irrévérence, ses textes intelligents et surtout une musique qui Rock vraiment. Avec ses Doc Martens, ses influences punk et son attitude de Rockstar dévergondée, Jean Leloup a réussi à ramener le Rock and Roll en avant plan, faisant un doigt d’honneur à tous ces pseudos artistes se pavanant devant les matantes pour vendre leur musique insipide. Moi, je l’aime Jean Leloup et il a été une grande influence pour ma musique.
Lorsque j’étais jeune le Jazz faisait partie de l’univers sonore général à la maison. J’ai donc grandi avec les Wynton Marsalis, Miles Davis, Dave Brubeck, Oscar Peterson et j’en passe. Sans vraiment le vouloir ou y penser, le Jazz fait réellement partie de mes influences musicales et se reflète vraisemblablement dans mes compositions ici et là. Je dois donc dire merci à mes parents pour m’avoir inculqué cette culture musicale qui m’a amené à cheminer vers des musiques moins standard et selon moi plus intelligentes et pleines de contenu riche en sonorités.
Au début des années 90 j’ai fais connaissance avec un groupe Américain très avant-gardiste qui utilisait l’art avec un grand A sous toutes ses coutures pour produire plus de soixante albums en carrière. Formé en 1969, The Residents a commencé à expérimenter avec des rubans à bobines et divers instruments et ainsi créer une musique unique qui démolissait les standards musicaux de l’époque tout en focusant sur l’art avec leurs costumes, leurs pochettes d’albums et autres imageries utilisées dans un concept global qui rendait les membres du groupe anonymes.
Le Hardcore pur d’origine avec sa férocité et ses engagements politiques et sociaux a, selon moi, bien mal évolué au cours des décennies qui ont suivi diluant le genre et le plongeant dans la violence gratuite un peu à la manière du Hip Hop. Des groupes comme Dayglo Abortions ont lutté et travaillé fort pour garder le genre intègre et loin des modes en frappant là où ça faisait vraiment mal s’attirant plus souvent qu’à leur tour les foudres des hautes sphères gouvernementales. Le groupe était dérangeant et cette mission à été un succès sur toute la ligne. L’album Feed us a Fetus montrant Ronald et Nancy Reagan devant une assiette dans lequel était couché un fœtus a fait couler beaucoup d’encre et chacune des 22 pièces composant cet album était criant de vérité. Encore aujourd’hui, cet album est toujours d’actualité et nous fais prendre conscience que la population préfère jouer à l’autruche et se laisser manger la laine sur le dos par ses dirigeants plutôt que de dénoncer et agir…
Le Punk a évolué et migré vers de nombreux sous-genres forts variés depuis sa création au milieu des années 70. New Wave, Gothic Rock, Post Punk ou encore Rock Alternatif sont les principales sous branches. Le Punk a aussi migré vers une branche beaucoup plus dure, rapide et abrasive qui est devenue le Hardcore. Formée en 1979, la formation Américaine Hüsker Dü a été dans les premières à faire du Punk plus corrosif et inclure des paroles beaucoup plus politiques mais la formation ne s’est pas contentée de stagner dans le Hardcore proprement dit puisque ses musiciens ont continué à ne pas renier leurs influences Classic Rock et ont intégré de la mélodie dans leurs compositions flirtant parfois avec le Rock Alternatif et le Post Punk. Hüsker Dü a largement contribué à faire évoluer le style en influençant directement des groupes comme Pixies et Nirvana.
La plus forte concentration de musique Alternative a toujours été originaire de l’Europe, spécialement de l’Angleterre. Les États-Unis ont été plus lents à adopter cette grande famille musicale mais ont tout de même été le bassin de plusieurs groupes influents. Formé au milieu des années 80, la formation de Boston Pixies a été pionnière d’un nouveau son qui mélangeait le Surf Rock des 60’s, le Hard Rock et le Noise Rock pour éventuellement influencer des groupes comme Nirvana, Radiohead, Blur ou encore Weezer. Pixies a frappé fort avec les albums Surfer Rosa et Doolittle se dotant d’une notoriété certes modeste mais mondialement connue. En composant une musique unique et non standard, Black Francis et sa bande ont ouvert la voie à de nouveaux horizons rendant une facette de la musique underground plus accessible à un plus large public et ainsi ouvrir une brèche dans le mainstream pour permettre à des groupes désormais notoires de s’y installer confortablement.
Les mélanges de styles, les sonorités mécaniques, les textes revendicateurs et la non conformité face au mainstream ont toujours été des valeurs qui m’attiraient et que je prône encore aujourd’hui en tant que musicien et compositeur. La formation Américaine Big Black réunissait ces valeurs et j’ai immédiatement embarqué dans la musique et les textes de Steve Albini. Utilisant des guitares agressives et tranchantes, une batterie électronique martelante et puissante et n’ayant pas peur d’utiliser des effets sur la voix, Big Black a été un précurseur du rock Industriel gardant toujours en tête d’avoir le contrôle sur sa carrière, sa musique et sa création artistique évitant soigneusement les labels majeurs afin de ne pas tomber dans le piège commercial comme bon nombre de groupes à cette époque. Steve Albini est devenu producteur par la suite réalisant notamment le albums Surfer Rosa de Pixies et In Utero de Nirvana. L’attitude et la voix laissée par Big Black est un modèle à suivre pour demeurer intègre et fidèle à la notion même de la musique underground.
Après leur passage houleux dans The Sisters of Mercy et leur départ précipité du groupe, Wayne Hussey et Craig Adams ont formé The Sisterhood dans l’intention de sortir un album avec plusieurs pièces écrites pour Sisters of Mercy. Avec une poursuite de 25 000 £, Andrew Eldritch s’est accaparé le nom The Sisterhood. Hussey et Adams ont donc opté pour The Mission comme nom de groupe avec les résultats que l’on connait aujourd’hui.
Le Garage Punk est une autre facette de la musique Alternative ayant le Punk pour origines mais cette fois directement inspiré du rock du début des années 60. Tirant son nom d’une famille de monstres dans les Pierrafeu, la formation Montréalaise The Gruesomes a été prolifique entre 1985 et 1990 sortant deux excellents albums et un mini album sur le label OG Records appartenant à Déjà Voodoo. Le look et le son des années soixante a été la marque de commerce du groupe et l’énergie dégagée sur scène était contagieuse. J’ai toujours apprécié le rock sale et cru et The Gruesomes a été une grande inspiration dans mon jeu de guitare et de basse.
Vers le milieu des années 80, le Indie Rock était une entité underground pratiquement inaccessible au commun des mortels jusqu’au jour où les médias se sont intéressés d’un peu trop près à ce genre musical à la fin des années 90 pour ainsi devenir une musique à la mode très prisée par les hipsters. A l’époque, le terme Indie Rock était pratiquement inexistant, le terme Alternatif étant plus utilisé pour désigner ce genre. Provenant de Leeds en Angleterre, The Wedding Present est arrivé au début de la vague d’origine avec ses guitares tranchantes et ses tempos rapides et une voix feutrée fort différente des voix habituelles connues des autres groupes du même style.
Tout comme le Métal, le monde de la musique Alternative est scindé en plusieurs catégories, certes différentes, qui finissent toujours par se rejoindre à une seule source: Le Punk. Tout comme le Gothic Rock, le Indie Rock est issu du Post Punk en combinant des éléments et influences des groupes de guitares des années 60 dans la veine des Beatles, des Rolling Stones, The Animals ou The Kinks. Avec ses partitions de basse définissant la mélodie et les guitares Rickenbacker sursaturées, la formation The Mighty Lemon Drops a grandement contribué à définir le son du Indie Rock tel qu’il est aujourd’hui grâce à son premier album, Happy Head, que l’on peut qualifier de chef d’oeuvre et d’album significatif du genre. Le son des Lemon Drops a par la suite donné des groupes encore plus importants et a défini les sonorités des villes Anglaises comme Manchester.
Le Post-Punk et le Gothic Rock sont étroitement liés puisque le dernier est issu du premier. Les deux genres sont une réponse plus positive au Punk et entrevoient un mince filet de futur comparativement au genre d’origine. Le Post-Punk étant plus expérimental et le Gothic Rock plus sombre, il arrive parfois que des groupes combinent des éléments des deux genres pour former une nouvelle entité. Quand on parle de Gothic Rock, plusieurs ont en tête The Sisters of Mercy. Mais, ces derniers ne sont aucunement les instigateurs du mouvement proprement dit puisque le groupe puise ses sources dans des formations comme The Stooges ou The Velvet Underground.
J’ai eu ma première guitare en Avril 1987 et je n’avais jamais joué de cet instrument auparavant. En Juin de la même année je devenais second guitariste dans un groupe de New Wave à Nicolet. Bien que ma partition de guitare était plus que limitée, Thieves Like Us de New Order a été la première chanson que j’ai joué avec un groupe. Je n’étais pas très sûr à savoir si j’aimais ou non cette pièce et le style musical s’y rattachant mais petit à petit j’ai appris a apprécier le style et à connaître New Order plus en profondeur. Le côté plus « dance » de ce groupe me plaisait beaucoup moins mais le son et les partitions de la basse venaient me chercher. J’ai appris à apprécier New Order lorsque j’ai su que ce groupe était en fait Joy Division nouvelle version.
La musique Industrielle Canadienne a eu un impact fort important sur ce genre à l’échelle mondiale notamment grâce à Skinny Puppy. Un des membres d’origine de ces pionniers a d’ailleurs fondé au milieu des années 80 une formation d’envergure qui a marqué considérablement ce mouvement. Sans connaissance musicales et ne jouant d’aucun instrument, Bill Leeb s’est joint à Skinny Puppy au début de leur carrière pour fonder Front Line Assembly quelques années plus tard. Leeb a su se tailler une place sur la scène mondiale avec une sonorité propre et unique fleurtant même avec le Métal sur certains albums et l’influence laissée par Front Line Assembly est indéniable et très importante pour la musique électronique underground.
Lorsque j’étais un Metalhead pur et dur dans la première moitié des années 80, la majorité des mes confrères avaient en totale aversion les synthétiseurs et tout style de musique utilisant ces épouvantables machines. Selon eux, l’utilisation de ces boites de plastique était un sacrilège dans le métal et l’existence même de ces instruments était une abomination. Encore aujourd’hui en 2015, j’observe encore ce phénomène chez certaines personnes, ce qui est triste dans un sens quand on connait l’étendue des possibilités de ces machines infernales. Ces merveilleuses machines ont eu un effet contraire pour moi. Un ami avait un DX7 et j’ai été tout de suite émerveillé par tant de possibilités ce qui m’a amené à assimiler assez facilement ces instruments et les musiques qui les utilisaient.
Le Gothic Rock et le Post Punk sont deux mouvements distincts qui se chevauchent régulièrement. Ces deux styles sont un peu une réponse plus terre à terre au mouvement punk et nombreuses sont les formations qui ont forgé ces tendances. La formation Anglaise The Danse Society est une formation pionnière pour les deux genres car elle mélangeait adroitement les caractéristiques de chacun en incorporant des éléments électroniques du New Wave et du Synthpop. La formation a connu son apogée avec son deuxième album, Heaven is Waiting et a peu à peu sombré dans l’oubli suite à son troisième album. Une réunion a eu lieu en 2009 qui a résulté en deux albums sans toutefois atteindre des résultats significatifs. The Danse Society demeure tout de même un incontournable et les deux premiers albums méritent amplement leur statut culte dans le monde underground.
Dans les prochains jours, je vais vous parler de quelques formations qui m’ont un peu moins influencé mais qui ont eu une certaine importance dans mon cheminement musical. Il se peut qu’il y ait des « flashbacks » ou retours en arrière dans certains cas. Reculons en 1987 alors que je terminais mon secondaire. Ma rencontre avec deux punks ( chose très rarissime à Nicolet ) m’avait fait découvrir un nouvel univers et de nombreux groupes underground. Parmi ceux-ci, il y avait une formation Anglaise, instigatrice du mouvement Gothic Rock Londonien appelé Batcave. Le Batcave était en fait un bar underground où se produisaient des groupes obscurs comme Bauhaus pour ne citer que celui-ci. Alien Sex Fiend est né dans ce bar et a été fondé par Nick Fiend qui y travaillait. La sonorité du groupe était nouvelle et incorporait des éléments Industriels mélangé au Gothic Rock d’origine. Possiblement une des premières formations de Deathrock, Alien Sex Fiend offrait une musique minimaliste avec des paroles de mauvais goût et généralement très offensantes.
Souvent confondu avec l’Industriel, le EBM ( Electronic Body Music ) d’origine puise tout de même une de ses sources dans des formations comme Throbbing Gristle. Avec un côté plus rythmé et plus accessible, ce type de musique électronique est surtout issu de groupes comme Kraftwerk, DAF et Die Krupps. Au début des années 80 le genre était dans son tout jeune âge et ses principaux instigateurs tels Front 242 ou Skinny Puppy ont tôt fait de créer des rejetons qui allaient influencer le mouvement pour élargir les possibilités sonores et s’implanter sur toutes les pistes de danse underground de la planète. Basée sur une rythmique réunissant basse et batterie, la formation Anglaise Nitzer Ebb a changé le style en mélangeant l’électronique et le punk pour se doter d’un son très agressif et très mécanique. Le look très militaire durant les concerts apportait une dimension oppressante donnant l’illusion d’être structuré et très propre malgré le ton violent et révolutionnaire dégagé par le groupe. Même si Nitzer Ebb est Anglais, la sonorité du groupe a contribué a influencer le » Neue Deutsche Härte » dans lequel est issue la controversée formation Rammstein.