L’Évolution Métallique selon Sinistros #1953
Crystal Viper – The Silver Key – 2024
Pologne
The Silver Key est le dernier album de Crystal Viper et en quelque sorte le chat du cygne pour le groupe. Marta Gabriel a annoncé la fin du groupe en août 2025 avec un bref message sur sa page Facebook. Quoiqu’il en soit, ce dernier album de la formation Polonaise nous montre qu’elle peut partir la tête haute et que les dix pièces de l’album concluent de manière magistrale la carrière de l’entité connue sous le nom de Crystal Viper. Marta Gabriel et ses camarades auront tenu le Heavy Metal originel à bout de bras pendant plus de vingt ans en brandissant la flamme originelle. The Silver Key est comme ses prédécesseurs un album solide qui termine à merveille une discographie éclatante!
Si vous êtes un amateur de Black Metal à la sauce plus Thrash et que vous ne connaissez pas encore Sarke, il serait grand temps de vous y mettre et de rattraper le temps perdu. Le projet a été initié par Thomas Berglie et Ted Arvid Skjellum dont les noms de scène sont respectivement Sarke et Nocturno Culto. À ce duo se sont greffés au fil des ans et des albums plusieurs musiciens provenant de groupes tels Satyricon, Enslaved, Tulus ou encore Khold pour être en mesure d’avoir une formation digne de ce nom. Le groupe a toujours livré de très bons albums depuis ses débuts en 2008 et Endo Feight, huitième album de la discographie, ne fait aucunement exception à cette règle de qualité musicale.
Bien que le groupe ait gardé à peu près la même sonorité depuis son tout premier album, il a tout de même réussi à évoluer au fil des années afin de se réinventer et de ne pas nous servir le même album deux fois. Sur Endo Feight, on a misé sur les claviers et les atmosphères plus vaporeuses et une approche plus Rock par moments avec des riffs plus complexes et des structures à la limite du Progressif sans toutefois s’éloigner de la route initialement tracée par les deux compères. Endo Feight est en quelque sorte un album un peu plus introspectif et très cosmique avec des passages rappelant Pink Floyd par moments sans tomber dans le piège du hippie rock des années 70. La production est une fois de plus des plus solides, les instruments sont tous à leur place et ça sonne très large, à l’image de l’infini cosmos. Endo Feight est sans contredit l’album le plus complet et le plus abouti du projet Sarke et malheureusement pour nous, le projet a tiré sa révérence au début 2025 citant que ses membres avaient accompli ce qu’ils avaient à accomplir. Dommage!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1951
Rotting Christ – Pro Xristou – 2024
Grèce
Rotting Christ est une incontournable figure de la musique extrême sombre depuis plus de trois décennies. Dès ses débuts typiquement Black Metal, la formation grecque a su se tailler une place enviable dans le vaste monde de la musique peu conventionnelle en influençant bon nombre de groupes et en contribuant au développement du Black Metal et du Gothic Metal avec son style particulier qui mise plus sur la puissance et la lenteur que la vitesse excessive et les envolées de notes rocambolesques. Pro Xristou est le quatorzième album des frères Tolis qui sont les deux seuls maîtres à bord et la seule force au sein de Rotting Christ. Rotting Christ ne plait pas à tous et Pro Xristou n’y fera pas exception. Si vous vous attendez à un album comme les premiers, passez votre chemin, cet album n’est définitivement pas pour vous. Le duo a depuis longtemps évolué et migré vers d’autres sonorités en misant plus sur la finesse que l’agressivité et les dix pièces incluses sont à l’image de ce que le groupe propose depuis une vingtaine d’années, c’est à dire de longues pièces vaporeuses avec des riffs simples mais très efficaces et des arrangements extraordinaires. Le son typique de Rotting Christ est toujours présent mais contrairement à son prédécesseur, les compositions sont plus orientées vers le grandiose que sur le brut avec des textures profondes et des éléments plus atmosphériques en formant un tout comme un album concept. Est-ce que cet album est l’un des meilleurs de la discographie? La réponse est non mais est-ce que le groupe a déjà produit un mauvais album? La réponse est aussi non. Les frères Tolis continuent à évoluer et expérimenter avec les sons et les idées tout en demeurant intègres et respectueux de leur idéologie et de leurs origines. La production est une fois de plus spectaculaire et l’aspect graphique est soigné et de très haute qualité. Rotting Christ signe un autre excellent album qui se marie bien à sa discographie. Pro Xrstou offre tout ce qu’on se doit d’espérer de la part d’un groupe de cette trempe!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1950
Nocturnus AD – Unicursal – 2024
États-Unis
Mike Browning est une figure emblématique du Death Metal Américain ayant œuvré dans des formations comme Morbid Angel et Nocturnus et le bonhomme se doit d’être considéré comme étant un pionnier du genre. En 1992, la majorité des membres de Nocturnus avaient acquis les droits sur le nom et avaient renvoyé Mike Browning de son propre groupe ce qui avait eu pour effet d’annuler le contrat de disques avec Earache Records. Browning allait fonder After Death en 2008 qui se transforma en Nocturnus AD en 2013 pour poursuivre ce qui avait été initié à la fin des années 80. Unicursal est le deuxième album de cette mouture de Nocturnus qui garde les éléments essentiels qui avaient fait du groupe ce qu’il était, en particulier au niveau des claviers. Ce qui frappe le plus en écoutant cet album c’est le retour exceptionnel dans un passé pas si lointain dans lequel le Death Metal originel était en train de bouillir et se transformer avec des groupes comme Nasty Savage, Death ou encore Morbid Angel. Cette essence est palpable tout au long de l’album bien mélangée à des idées plus modernes et on n’hésite pas à utiliser des instruments percussifs comme le Djembe pour obtenir des textures différentes comme sur l’excellente Mesolithic qui est une fresque presque Progressive qui nous transporte avec technicité dans la préhistoire. La production en béton et les arrangements de claviers apportent une touche atmosphérique à cette puissance musicale tout au long de l’album en prenant juste assez de place pour ne pas dénaturer cette essence originelle qui frappe fort. Bien sûr, Nocturnus relève des formations légendaires et sa nouvelle version en tant que Nocturnus AD n’est pas des plus connues mais ce deuxième album vaut amplement le détour. Les fans du Death Métal des débuts se retrouveront amplement dans les riffs complexes et les expérimentations sonores de cet album majestueux!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1949
Kerry King – From Hell I Rise – 2024
États-Unis
Lorsque Slayer a tiré sa révérence en 2019, Kerry King avait annoncé qu’il continuerait en formant un nouveau groupe. Les années se sont succédé sans trop de nouvelles de la part de King si ce n’est que le projet serait la continuité de Slayer. Kerry King avait même annoncé que c’est la seule chose qu’il savait faire et tout portait à croire qu’on aurait droit à un album de Slayer mais avec d’autres musiciens d’autant plus que certaines pièces du dit album étaient des pièces destinées à la suite de Repentless. Sachant cela, est-ce que vous vous attendiez à une surprise de taille qui allait chambouler le Thrash Metal? Alors pourquoi faire les surpris en entendant From Hell I Rise? Chose promise, chose due. Ce premier album solo de Kerry King c’est du Slayer, point final. Pour ceux qui sont fans de Slayer et qui ont aimé Repentless, on demeure dans la même veine avec de très bonnes compositions et des riffs incendiaires comme seul King sait nous concocter. Il est intéressant d’entendre les solos de Phil Demmel qui apportent une touche un peu différente à la sonorité, Mark Osegueda a pratiquement le même timbre de voix que Tom Araya en un peu plus agressif et il fait un excellent travail tout au long de l’album. La section rythmique composée de Paul Bostaph et de Kyle Sanders est des plus solides et en bout de ligne la production est puissante rendant justice aux pièces. L’album dure un peu plus de quarante-cinq minutes et ne contient pas vraiment de remplissage, ça passe rapidement ce qui est un bon signe. Finalement, j’ai exactement ce à quoi je m’attendais, ni plus ni moins. Un bon album de pur Thrash à la Slayer qui nous fait passer un bon moment. Les détracteurs sont toujours présents quoiqu’un artiste de cette trempe puisse sortir et il y aura toujours des mécontents. Pour ma part, j’ai apprécié l’album même si l’originalité n’est pas au rendez-vous, c’est bien composé, c’est bien rendu et ça sonne. Que demander de plus? Slayer is Dead, Long Live the King!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1948
Uncle Acid and the Deadbeats – Nell’ ora blu – 2024
Angleterre
Depuis ses débuts en 2009, Uncle Acid and the Deadbeats n’a jamais cessé de nous étonner en nous proposant des albums incroyables. Faisant partie des pionniers du fameux retour aux années 70, Uncle Acid s’est démarqué sur la scène Doom et Psychedelic Rock au fil de ses albums sans jamais répéter quoi que ce soit mis à part cette soif de faire briller la flamme originelle des Black Sabbath et compagnie. Il en faut de l’audace pour proposer un album comme Nee’ ora blu. Oui, on retrouve le Uncle Acid des albums précédents mais pour celui-ci, Kevin Starrs a pratiquement fait tout en solo, de la composition à l’écriture en passant par la performance musicale. Le compositeur a voulu rendre un vibrant hommage au cinéma Italien en particulier avec les styles Poliziotteschi (crime) et Giallo (horreur) en allant chercher des acteurs fétiches de ces styles pour mettre des extraits parlés tout au long de l’album qui fait office d’une parfaite bande sonore comme aurait pu retrouver dans les films Italiens des années 70. À la première écoute, je dois avouer que j’ai été quelque peu dérouté par la direction musicale entreprise sur cet album mais à force de l’écouter, je me rends compte que Starrs est tout un génie de la composition et des arrangements car il a su capturer à merveille l’essence même qui faisait de ces films culte un élément indispensable du cinéma Italien de cette époque. Il ne faut pas se leurrer, cet album est assez long du haut de ses 78 minutes et si vous rechercher un album typique de Uncle Acid comme The Night Creeper ou Mind Control, vous serez possiblement déroutés voire déçus. C’est un album rempli d’ambiance tantôt vaporeuse, tantôt mystérieuse avec des textures profondes rappelant Ennio Morricone et des arrangements sombres qui prouvent une fois de plus ce génie musical commencé par Starrs avec som premier album. Prenez votre temps pour apprivoiser la bête, vous n’en serez que récompensés!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1947
Dååth – The Deceivers – 2024
États-Unis
Dååth n’est pas la formation la plus connue de l’univers métallique mais le groupe Américain a su tirer son épingle du jeu avec un savant mélange de Death Metal et d’industriel pas piqué des vers au cours de sa carrière. Le groupe s’était séparé en 2013 pour revenir en force en 2022 avec un tout nouvel alignement. The Deceivers, cinquième de la discographie, reprends là où le groupe nous avait laissés en 2013 avec de nouveaux musiciens dont Krimh de Septicflesh à la batterie venant appuyer Elya Levi et Sean Zatorsky dans les arrangements et les compositions. Dès les premières pièces on dénote un changement dans les compositions. Les claviers prennent beaucoup de place en avant plan et le côté joyeux de ceux-ci, mélangé à des riffs plus sombres, apporte un contraste plutôt intéressant au niveau des atmosphères. La dualité entre le bien et le mal est palpable tout au long de l’album et les pièces ont une puissance plutôt enviable. On a aussi mis le paquet sur la production, c’est léché, bien poli et extrêmement puissant. Bref, ce retour de Dååth est un succès sur toute la ligne! The Deceivers est un excellent album à la fois très technique, très vaporeux et surtout très mécanique. À écouter sur le champ!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1946
Deicide – Banished By Sin – 2024
États-Unis
Deicide est un gros nom du vaste monde métallique et pour un métalleux averti, ne pas connaître ne serait-ce que de nom ce groupe légendaire relève de l’hérésie pure. Les détesteurs seront toujours des détesteurs peu importe la qualité musicale proposée. Deicide n’a jamais vraiment flanché en termes de contenu sauf peut-être pour In Torment in Hell en 2001 mais ceci est du passé qui a servi de leçon à Glen Benton. Banished By Sin c’est du Deicide comme on s’attends de la part du groupe, De la musique brutale qui frappe fort, des riffs bien gras et bien lourds et une rythmique puissante qui ravage tout. Ici, on ne nous sert rien de vraiment nouveau si ce n’est qu’une nouvelle approche au niveau des guitares avec le petit nouveau Taylor Nordberg qui semble apporter une certaine brise plus fraîche au sein de la formation Floridienne. La production est excellente, c’est limpide, puissant et tout est à sa place ce qui rends justice aux pièces. Banished By Sin est un album court, cru et direct qui ravira tant les fans de la première heure que tout amateur de Death Metal brutal qui frappe fort.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1945
Darkthrone – It Beckons Us All……. – 2024
Norvège
Le duo Darkthrone est un incontournable de l’ensemble des genres et sous genres métalliques depuis ses débuts en 1987. Au fil de ses 21 albums, le groupe Norvégien est passé du Death Metal à pionnier du Black Metal pour bifurquer vers le Heavy Metal et le Speed Metal teinté de Punk au fil des sorties des 30 dernières années. Si vous ne connaissez pas encore Darkthrone, tant pis pour vous car le groupe est un acteur des plus importants du développement de plusieurs sous genres de musique plus extrême.
It Beckons Us All……. est le 21e album de la discographie et comme à son habitude, Darkthrone fait fi de ce que les fans ou non fans peuvent bien penser. En fait, Fenriz et Nocturno Culto s’en « calissent » pas mal de notre opinion. Ils font ce qu’ils veulent avec la plus grande intégrité possible sans rendre de compte à quiconque. Ceci résulte en une musique vraie et des plus honnêtes, cet album réitérant cet aspect significatif du célèbre duo. Les 7 compositions inclues sur l’album sont du Darkthrone pur à 100%, ici aucune surprise de taille, on continue sur ce qui a fait du groupe ce qu’il est : Aucun compromis. Vous voulez du « old school » bien ficelé, noir et grinçant? It Beckons Us All…….. propose tout cela avec l’originalité légendaire des deux comparses et leur ouverture musicale. Ceux qui préfèrent le Darkthrone des premiers albums seront possiblement une nouvelle fois déçus car le Black Metal originel est dilué avec différents éléments issus de diverses branches toutes aussi originelles les unes des autres. Darkthrone continue à faire briller la véritable flamme métallique sans artifices ni technologie moderne, seule la vieille école est de mise avec tout ce qui vient avec, les imperfections et la chaleur de la production plus granuleuse. Un autre excellent album de Darkthrone qui prouve que le duo est toujours bien en vie et en pleine possession de ses moyens. On ne réinvente pas la roue métallique mais on la rend merveilleusement bien!
Il y a des périodes du groupe qui sont à oublier, des retours possiblement inutiles en bout de ligne mais quand on repense à l’histoire, on peut aisément dire que Wolf Hoffmann est un sacré compositeur et qu’Accept a fait plus de bonnes que de mauvaises choses dans sa carrière. Le groupe est rendu à une étape de sa 2e carrière avec Mark Tornillo à la voix. C’est une étape où il n’en faut pas beaucoup pour vaciller dans le confortable et Hoffmann se dirige tranquillement dans le piège avec Humanoid. Ici je ne dis pas que cet album soit mauvais en soi, au contraire. On a droit à un léger vent de changement puisque Wolf Hoffman a décidé de donner de la place à ses musiciens pour la composition ce qui peut être une bonne et mauvaise chose. Je vais aller droit au but : Humanoid est le plus faible de la discographie avec Tornillo à la voix. La composition n’est pas toujours au niveau de ce que Hoffmann peut accomplir, on tombe dans le réchauffé par moments et dans une certaine facilité, surtout au niveau des paroles qui sont loin d’être les textes incisifs de Deaffy. Mais malgré tout, Humanoid contient de très bons riffs et de très bonnes pièces accrocheuses et être le plus faible d’une période définie ne signifie pas pour autant pas bon. C’est un bon album de Accept qui manque de punch et de surprises. Un album qui ne restera pas dans les annales du groupe mais qui s’écoute bien.
Týr est un fier défenseur de l’histoire de ses ancêtres depuis 1998. Le groupe Danois cumule un peu plus de 25 ans de qualité musicale répartie sur 9 albums. Bien que plutôt méconnue, la formation se doit d’être considérée comme l’un des chefs de file du viking metal et son neuvième album prouve que le groupe est toujours tout aussi crédible. Battle Ballads ne réinvente aucunement la musique du groupe. Ses membres continuent à nous servir des riffs mélodiques épiques bien assis sur des structures à saveur progressive avec beaucoup de textures provenant du folk pur et dur. Battle Ballads est un très bon album de la discographie à écouter pour la richesse de ses mélodies!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1942
The Vision Bleak – Weird Tales – 2024
Allemagne
The Vision Bleak a redéfini le terme Gothique et ici, je ne parle pas du Gothique de pacotille que l’on voit dans les concerts de Combichrist. Je parle du vrai Gothique dans toute sa splendeur, sa tristesse et son allure effrayante issue de la fin des années 1700. The Vision Bleak, c’est ça. L’esthétique de Dracula, Frankenstein, les recoins sombres éclairés par des réverbères dont la lumière faiblarde se reflète sur les rues en pavé des villes du 18e siècle. Weird Tales ne comporte qu’une seule pièce de près de quarante-deux minutes qui fait une synthèse de tout ce que le duo a pu raconter depuis ses débuts en 2001 avec la même fougue et la même délicatesse musicale que sur les albums précédents. Le talent de compositeurs de Schwadorf et Konstanz est encore une fois à la hauteur des attentes et les arrangements sont à couper le souffle. Sur Weird Tales, le duo joue plus avec les contrastes que sur le riff brut donnant une atmosphère glauque et théâtrale à l’unique pièce séparée en douze chapitres un peu comme une trame sonore de film d’épouvante se passant à Londres au temps des calèches et des chapeaux haut de forme. Le duo joue de tous les instruments, Shwadorf officiant sur les cordes, les vocaux gras et les claviers tandis que Konstanz prends soin des vocaux chantés et de la batterie. La production est une fois de plus incroyablement fluide et claire sans compter l’énorme travail au niveau des arrangements. Weird Tales est un autre chef d’œuvre de la part du duo The Vision Bleak et même si mon préféré demeure encore Set Sail to Mystery, je m’étonne toujours devant un nouvel album du groupe. À écouter en se laissant bercer par la grande noirceur et la tristesse infinie!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1941
Sabbat – Sabbaticult – 2024
Japon
Très méconnue du grand public mais aussi de beaucoup de métalleux, la formation Japonaise Sabbat est pourtant l’une des pionnières du Black Metal mondial. Ayant été formé en 1983, le trio nous bombarde avec ses riffs crus depuis sa première parution en 1985 qui jetait les bases du Black Metal actuel en même temps que Bathory et Celtic Frost. Plus de quarante ans plus tard, le trio est toujours en vie et continue à nous écorcher les oreilles sur son treizième album. Sabbaticult nous plonge dans un univers sonore cru et direct avec une bonne dose de technicité et d’irrévérence nous prouvant que Sabbat est encore le groupe influent qu’il a toujours été en réitérant le statut de pionnier du groupe. À découvrir ou redécouvrir et surtout à écouter avec du son! Cultissime!
Autant Korpiklaani avait dominé la scène Folk Metal dans la première partie des années 2000 avec ses compositions festives autant le groupe a perdu des plumes après son cinquième album pour devenir un groupe de seconde et troisième zone ayant rapidement été oublié, du moins de notre côté. Il est vrai que le groupe s’est égaré en sortant quelques albums douteux mais au tournant des années 2020, les Finlandais étaient revenus à l’essentiel et à leurs origines offrant ainsi des albums comme à leurs débuts. Alliant habilement Thrash Metal et musique traditionnelle joyeuse et très festive, Rankarumpu, douzième album de la discographie, nous prouvait que Korpiklaani était toujours un excellent groupe de Folk Metal qui avait encore des choses à raconter malgré le désintérêt de la communauté métallique. Bien sûr la fureur des premiers albums est passée depuis longtemps mais ce douzième album est à écouter lors de vos soirées arrosées entre « pwells » aimant le côté épique et de party du métal entraînant et joyeux!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1939
Hour of Penance – Devotion – 2024
Italie
Le piège avec les groupes ultra techniques est que ces derniers peuvent devenir redondants et stériles s’ils demeurent dans leur zone de confort trop longtemps. C’est ce qui s’est passé avec Devotion, neuvième album des Italiens de Hour of Penance. Non pas que cet album soit mauvais mais les membres du groupe nous remâchent une fois de plus les mêmes riffs et les mêmes ritournelles que sur les huit albums précédents sans tenter quoi que ce soit de plus osé. Mais bon, est-ce un crime que de se concentrer sur son éternelle sonorité qui a fait ce que nous sommes? Bien sûr que non! Devotion n’est certes pas le meilleur album du groupe mais il est loin d’être une calamité. Il regorge de très bons riffs avec une puissance démesurée pendant près d’une quarantaine de minutes de pure défonce technique à couper le souffle. Allons, redonnons-lui une autre chance et apprécions-le à sa juste valeur!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1939
Vltimas – Epic – 2024
International
Le premier album du supergroupe Vltimas paru en 2019 avait beaucoup plu avec son habile mélange de Black Metal et de Death Metal mordant et la question était à savoir si Vltimas sortirait un autre album après ce premier opus. La réponse est venue avec Epic qui est en revanche un peu moins épique que le premier effort du groupe. Sur cette suite, on retrouve sensiblement le même type de sonorité sans réelle amélioration dans quoi que ce soit. On poursuit sur la lancée initiée en 2019 avec des riffs incendiaires et une rythmique ultra précise sans trop de prouesses techniques. Les compositions sont d’une efficacité déconcertante et l’album ne contient aucun remplissage : Les trente-sept minutes passent à la vitesse de l’éclair ce qui est généralement bon signe. La production est une fois de plus à la hauteur des attentes, c’est puissant, cristallin et fluide ce qui rends justice aux pièces sur l’ensemble de l’album. Un petit bémol est venu un tantinet agacer au niveau de la voix de David Vincent. Les essais de vocaux plus « cleans » ne semblent pas tout à fait à leur place, comme si un chanteur de Heavy Metal dans la cinquantaine qui en met trop avait pris la place de Vincent sur certains passages ce qui détonne avec le reste. Ce deuxième album est un peu plus faible que son prédécesseur mais est toutefois fort réussi et plus élevé que la moyenne en termes de qualité musicale. Fortement recommandé à tout amateur de Death Metal noirci.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1938
Midnight – Hellish Expectations – 2024
États-Unis
Est-ce qu’être irrévérencieux a toujours sa place dans le vaste monde métallique? Bien évidemment! Il faut toujours une bonne dose de « fuck off » pour permettre à la musique abrasive de survuvre dans un monde où le synthétique et le superficiel reignent enmaître absolus nous dictant ce que nous devons faire ou quoi aimer. Midnight nous offre encore une fois cette irrévérencieuse musique du diable sur Hellish Expectations avec ses riffs bien caustiques et sa sonorité décapante entre le Thrash Metal et le bon vieux punk revendicateur. Un excellent album qui défrise et qui détruit les tympans! À écouter à haut débit sonore!
Si vous vous proclamez métalleux et que vous ne connaissez pas le nom de Judas Priest, il serait grand temps d’aller fouiller un peu pour connaître le père du Heavy Metal et un des instigateurs du Speed Metal et du Power Metal. Qu’on aime ou pas, Judas Priest fait couler beaucoup d’encre virtuelle à chaque sortie d’album et ce dix-neuvième album, ayant pour titre visible Shield, fait jaser partout sur la planète. Oui, il fait jaser cet album et positivement qui plus est. Disons que ce qui frappe le plus sur cet album, c’est le riff, le riff et encore le riff sur des pièces rapides et musclées. Judas Priest signe possiblement son meilleur album depuis Painkiller (quoiqu’on avait dit ça aussi pour Firepower), du moins un excellent album sans trop de remplissage, hormis Trial by Fire qui est selon moi la plus faible de l’album. Même la sirupeuse et très sucrée Crown of Thorns réussi à nous trotter dans la tête à longueur de journée. Une fois de plus la production a été confiée à Andy Sneap qui a effectué un travail remarquable pour donner de la puissance et du tonus à cet album. Invincible Shield nous prouve que Judas Priest est toujours invincible et qu’il est le maître incontesté du Heavy Metal. À écouter sans retenue!
L’écurie Nuclear Blast est l’une des plus importantes étiquettes de production d’albums Métal au monde et compte dans ses rangs tant de petits joueurs que de grosses pointures Internationales. Nuclear Blast a toujours laissé la chance à de petits groupes de briller et Suicidal Angels est l’une des formations moins connues protégées du label qui sort très bien son épingle du jeu avec d’excellents albums et une droiture musicale des plus professionnelles. Le groupe Grec en est rendu à son huitième album depuis ses débuts en 2001 et n’a jamais failli à la tâche de livrer un album de qualité. Profane Prayer est là pour le prouver, le Thrash Metal est encore bien en vie et se porte très bien et Sucidal Angels perpétue la flamme originelle de façon magistrale. Quand la composition est guidée par la passion, ça donne généralement de très bons résultats et ce, même si certains trouvent que ce n’est pas original et souvent copié sur ce qui a été fait auparavant. Suicidal Angels ne renie aucunement ses influences, au contraire, le groupe rends hommage aux pionniers comme Slayer, Exodus ou encore Kreator tout en mettant son grain de sel plus moderne à la façon de composer et de jouer. Suicidal Angels est le meilleur des mondes entre la vieille et la nouvelle école et le groupe fait entrer brillamment le Thrash Metal dans la deuxième moitié des années 2020, plus de quarante ans après les débuts du genre. On retrouve quelques invités de marque dont Sakis Tolis de Rotting Christ sur la pièce Deathstalker et notons l’excellente production une fois de plus signée Nick Melissourgos, chanteur et guitariste du groupe. Un très bon choix d’écoute à quiconque aime le Thrash Metal plus technique avec des sonorités provenant directement de la source des pionniers du genre.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1935
Ministry – Hopiumforthemasses – 2024
États-Unis
Tel une girouette, Al Jourgensen a annoncé plusieurs fois sa retraite au cours de la dernière décennie pour revenir avec un nouvel album à chaque fois. Les quatre derniers albums ont été sévèrement critiqués par la communauté mais en réalité, il y a du bon dans chacun de ces albums. Le dernier album original en date de cette chronique nous montre que Jourgensen et Ministry, ce n’est peut-être pas fini comme Oncle Al veut bien nous laisser croire. Hopiumforthemasses est un excellent album de Ministry qui revisite plusieurs périodes du groupe en nous offrant ce qu’il fait le mieux : Une musique mécanique et abrasive avec une forte dose de provocation pure et simple. Ministry, on aime ou pas, on ne peut pas aimer ou ne pas aimer juste à moitié et il faut s’imprégner de cette sauce Industrielle et mécanique si on veut comprendre et apprécier la démarche artistique de Al Jourgensen. Justement, il fait ce qu’il veut Jourgensen et se fout complètement de notre opinion. Il est comme Jello Biaffra, il fait réagir, réfléchir et tape sur la stupidité humaine avec des compositions originales et ce, sans compromis. Hopiumforthemasses c’est exactement ça. Un album qui frappe fort en nous faisant réfléchir sur la société dans laquelle on vit. C’est du pur Ministry comme ça toujours été et bien que quelques albums de la discographie soient évidemement plus faibles, Hopiumforthemasses ne fait pas partie de la liste. D’excellentes pièces, des riffs décapants, une rythmique réglée comme horloge et une production en béton armé, tous les ingrédients sont réunis pour faire un véritable album de Ministry, avec le grand Jello Biaffra en prime une fois de plus en guise d’invité qui plante le clou plus loin avec son discours acéré. Ce seizième album s’inscrit parmi les très bons de la discographie et est à écouter sans réserve avec un maximum de volume sonore!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1934
Borknagar – Fall – 2024
Norvège
À quoi devrait-on être en droit de s’attendre de la part de Borknagar pour un album? Bien évidement à de la qualité musicale sans compromis et si vous ne connaissez pas encore le groupe Norvégien, il est grand temps de vous y mettre car il est l’un des pionniers du Black Metal Scandinave et roule sa bosse de façon magistrale depuis 30 ans. Le groupe en a fait du chemin en 30 ans et Fall, son dernier album en date de cette chronique, témoigne de ce chemin tortueux rempli de changements et d’évolution spectaculaire au fil des années. Est-ce que Borknagar a déjà fait un mauvais album? Au grand jamais! Il y a eu quelques albums un peu plus faibles mais pas suffisamment faibles pour les oublier ou les renier. Fall est le onzième album du groupe et deuxième depuis le départ de Vintersorg. ICS Vortex fait maintenant tous les vocaux, enfin presque tous puisque le claviériste Lars A. Nedland en propose ici et là sur l’album. Fall s’inscrit sans aucune hésitation dans le top 5 des meilleurs albums de la discographie du groupe avec des compositions savamment construites et des arrangements à couper le souffle. Oui, n’en déplaise à certains vieux fans, le Progressif est toujours en avant plan et les éléments Folk sont toujours présents, normal pour un groupe de Vikings purs et durs! En revanche, ce qui en rendra plusieurs heureux, les parties Black Metal sont assez intenses et dignes des premiers albums, surtout The Olden Domain. Il est intéressant que des pionniers comme Borknagar finissent à un moment donné par délaisser le côté primitif de la sonorité de leurs débuts au profit d’une production beaucoup plus fluide et cristalline pour rendre justice aux compositions complexes remplies de textures et de couleurs flamboyantes. Une autre belle réussite pour Borknagar qui signe un chef d’œuvre instantané qui passera à l’histoire!
Si le nom de Ihsahn vous est totalement inconnu, il y a fort à parier que vous n’êtes pas un amateur de Black Metal ni de Métal plus extrême. Ihsahn a commencé sa carrière musicale à l’âge de 16 ans en fondant le légendaire groupe Norvégien Emperor. Il agit depuis 2005 entant qu’artiste solo qui a fait ses preuves depuis longtemps. Étant un pionnier fondateur du mouvement Black Metal en Scandinavie, le bonhomme a accumulé tout un bagage musical au fil des décennies et à chaque sortie d’album, il en étonne plus d’un avec ses talents innés pour la composition et les arrangements spectaculaires. Est-ce que son huitième album solo perpétue cette tradition d’excellence et d’étonnement? La réponse est un oui absolu! Ihsahn a toujours mis un point d’honneur sur la qualité musicale et rien ne change à ce propos sur cet album éponyme. Cependant, pour l’étonnement, Ihsahn nous livre une musique jusqu’ici pratiquement jamais explorée. Outre le penchant très Progressif et le côté plus extrême de ses origines Black Metal, Ihsahn nous a concocté un album typiquement axé sur le symphonique donnant l’impression d’écouter une bande sonore de film. Un film postapocalyptique, certes, mais tout de même haut en couleurs et en textures qui nous envoie dans un monde parallèle hostile et impressionnant. Décidément, Ihsahn est un sacré génie musical et il le démontre admirablement sur ce nouvel album. Il démontre également son immense talent d’instrumentiste car hormis la batterie, le violon et les percussions, il a joué et enregistré tous les instruments et les voix en plus de produire l’album comme un artiste multi-tâches accompli. La production est percutante, ça sonne, c’est dynamique et tout est à sa place dans le mix. Ihsahn explore, expérimente et évolue magistralement tout en gardant ses origines bien en tête. À écouter immédiatement si ce n’est déjà fait!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1932
Spectral Voice – Sparagmos – 2024
États-Unis
Qu’est-ce que Blood Incantation et Spectral Voice on en commun? Les deux groupes partagent le même trio de compositeurs et les deux entités nous ont servi avec brio chacun album mémorable en 2024! Spectral Voice joue la carte du Death Metal très profond et surtout très lent avec des pièces longues et des idées plutôt expérimentales. Ce n’est pas parce qu’on a grandement apprécié le Absolute Elsewhere de Blood Incantation qu’on peut facilement s’imprégner de la musique proposée sur Sparagmos, deuxième album de la discographie de Spectral Voice. La sonorité et les textures des deux groupes sont très différentes et bien qu’ils partagent certains éléments dans leur sonorité respective, Spectral Voice est beaucoup plus lugubre et angoissant en termes de musique extrême. Le groupe n’en est pas encore au Funeral Doom Metal mais il est suffisamment lourd et oppressant pour foutre les jetons à quiconque n’a pas l’oreille acclimatée à ce genre d’atmosphère glauque. Pour rendre l’expérience musicale encore plus malsaine, la production est assez floue et granuleuse avec beaucoup de réverbération pour donner un effet d’outre-tombe et de profondeur abyssale aux quatre pièces de l’album. Sparagmos est un album dérangeant et impitoyable dans ce qu’il dégage, ce n’est définitivement pas pour tout le monde mais une fois qu’on entre bien dans la musique de Spectral Voice, on se laisse bercer par la grande noirceur qui nous transporte vers un voyage irréel.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1931
Lucifer – Lucifer V – 2024
International
Avec son cinquième album, la formation Lucifer, menée d’une main de fer par Johanna Platow faisait un retour vers le Doom Metal de ses origines sans pour autant délaisser son côté rock occulte qui avait fait connaître le groupe à l’échelle mondiale. Lucifer fait partie des piliers de la vague qui puise ses éléments directement à la source des années 70 avec Black Sabbath comme point de référence. Lucifer V est le plus abouti et le meilleur album de Lucifer depuis Lucifer I. Ce sera aussi la fin d’une époque et la fin abrupte d’une collaboration prolifique en Nicke Anderson et la belle Johanna qui sew sont déparés en 2025 forçant ainsi Johanna Platow à revoir complétement l’alignement du groupe. Ce cinquième opus est peut-être la fin de quelque chose mais il ouvrira la voie à un genre de renaissance pour miss Platow qui ne s’est jamais laissé abattre depuis sa décision de mettre un terme à The Oath et à fonder Lucifer. Lucifer V est un pur chef du genre qui prouve une fois de plus que ce retour aux années 70 est bénéfique pour le rock musclé en général et que finalement, rien ne se perds et rien ne se crée. À écouter sans retenue!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1930
Saxon – Hell, Fire and Damnation – 2024
Angleterre
Qui a dit que le Heavy Metal pur était mort? Probablement quelqu’un qui n’est pas au fait de ce qui se fait de nos jours en matière métallique car le Heavy Metal se porte tellement bien que des perles sortent année après année. Les Anglais de Saxon, qui roulent leur bosse depuis 1970, sont plus en forme que jamais et ça se ressent sur leur 27e album Hell, Fire and damnation. Curieusement, même si Saxon fait partie des pionniers du NWOBHM avec les Judas Priest et Iron Maiden, il n’a jamais eu le succès qu’il méritait. Était-ce dû à ses pochettes peu invitantes? À une difficulté à percer le marché Américain? Nul ne le saura mais quoiqu’il en soit, le groupe a toujours livré un Heavy Metal pur et dur digne des plus grands et Hell, Fire and damnation le prouve amplement. Ce 27e album est fort possiblement le meilleur du groupe depuis les vingt dernières années, ici, pas de balades inutiles, que du Heavy Metal qui frappe fort avec des riffs incendiaires et une rythmique explosive. Certains diront que Saxon ne réinvente rien et c’est vrai mais, pourquoi réinventer ce qu’on a initialement inventé? La troupe de Biff Byford nous livre toujours une musique solide et enlevante qui n’a rien à envier à quiconque. Notons l’arrivée de Brian Tatler à la guitare en remplacement de Paul Quinn qui a quitté la formation en 2023 pour poursuivre d’autres projets. Hell, Fire and Damnation est un album plus que surprenant qui réaffirme la place de Saxon en tant que fier et valeureux pionnier du Heavy Metal!
Rogga Johansson est reconnu en Suède pour ses nombreux ou plutôt très nombreux projets comme Paganizer et Ribspreader. Le bonhomme est responsable d’un nombre incalculable d’albums et on doit avouer qu’il est un des grands influenceurs du genre en Suède. Moins connu sur la scène mondiale, il tire tout de même son épingle du jeu en allant chercher des fans à travers le globe et le projet Ribspreader n’est pas étranger des amateurs de pur Death Metal à la sauce Suédoise. Reap Humanity est le dixième album du groupe depuis ses débuts très remarqués en 2003. Sans avoir rien changé depuis ces vingt dernières années, Ribspreader continue à nous balancer un Death Metal vicieux et brutal en pleine tronche avec des riffs bien gras et une rythmique furieuse et dévastatrice. Je sais, la musique de Ribspreader n’est pas tant originale et ressemble à beaucoup de groupes dans la veine des Bloodbath, Grave et Unleashed mais Johansson fait ce type de musique depuis des lustres et fait partie des pionniers du genre. Il est donc normal que ça sonne comme ce que font les pionniers du genre en fin de compte. Donc, si vous aimez votre Death Metal bien graisseux avec une forte dose de brutalité, Reap Humanity est tout à fait indiqué pour se décrasser les tympans!
Aggression est l’un des pionniers du Thrash Metal Canadien et fait partie des légendes du genre. Par suite de sa séparation en 1989, le groupe était revenu dans l’univers métallique avec la sortie de Forgotten Skeleton en 2004 suivi d’un bref retour sur les planches pour quelques spectacles en 2005-2006. Le groupe était officiellement de retour en 2014 avec un tout nouvel alignement tournant autour de Denis Barthe. Trois albums plus tard avec des sonorités différentes, Aggression faisait son retour en grande avec un album des plus explosifs dans la veine de The Full Treatment, premier album officiel paru en 1987. Frozen Aggressors nous replonge dans le passé avec un titre tout à fait indiqué qui relie justement ce passé lointain à cette nouvelle mouture de Aggression. Denis Barthe est maintenant à la voix depuis From Hell With Hate, le précédent album, ramenant ainsi l’aspect chaotique et dans les dents qui caractérisait le groupe à ses débuts. Les riffs sont hautement corrosifs, la rythmique solide et bien huilée prouvant que cet alignement comporte des musiciens chevronnés et des créateurs hors pairs. Les huit pièces se succèdent à une vitesse phénoménale nous laissant abasourdis sur ce qui vient de se passer. Frozen Aggressors est sans l’ombre d’un doute le meilleur album de Aggression depuis son retour en 2014 et un excellent album de Thrash noirci qui fesse fort!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1927
High Spirits – Safe ont the Other Side – 2023
États-Unis
On entend souvent parler d’un certain réveil du Heavy Metal traditionnel depuis quelques années. Mais est-ce qu’il y a vraiment un tel réveil, communément appelé « revival » en anglais? Je crois que non car le Heavy Metal a toujours été présent depuis ses tout débuts au milieu des années 70. Cependant, il y a bel et bien un certain engouement pour le genre originel et plusieurs jeunes formations retournent de leur plein gré vers les sonorités du passé et ainsi brandir bien haut la flamme d’origine. La formation Américaine High Spirits revisite avec brio ces vielles sonorités alliant pur Hard Rock à la Thin Lizzy avec un Heavy Metal des premières années à la Scorpions pour nous faire remémorer cette époque grandiose où tout était en pleine ébullition. Safe on the Other Side, cinquième album de la discographie, nous offre ce retour dans le temps avec des compositions accrocheuses et des riffs mélodiques mordants. Bien sûr, High Spirits ce n’est pas tellement « Heavy » comparativement à ce qui se fait depuis les 40 dernières années mais le groupe garde l’esprit de l’époque intacte et ce cinquième album nous prouve que le Hard Rock/Heavy Metal est loin d’être mort! Amateurs de nostalgie, cet album est définitivement pour vous!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1926
Sadus – The Shadow Inside – 2023
États-Unis
En fier défenseur de la musique extrême et technique depuis 1988 avec son premier album Illusions, Sadus a en quelque sorte poussé la machine vers des sommets inégalés avec les trois albums suivants pour disparaître de la carte en 1997 jusqu’à 2006, année de sortie de son cinquième album « retour » qui avait été fort décevant tant pour les fans que pour la communauté métallique. Puis en 2023, Sadus devenu un duo, nous balançait The Shadow Inside en pleine face. Un album rempli de technicité et de riffs mordants comme seul Sadus pouvait nous offrir, balayant du revers de la main l’album précédent qui avait fait mal paraître la légendaire formation Américaine. Bien que le duo revenait un peu aux sources, il le faisait avec une bonne dose de nouveauté qui apportait un vent de farîcheur dans la discographie complète. À écouter avec un maximum de puissance sonore pour bien apprécier le tout comme il se doit!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1925
Dogma – Dogma – 2023
International
En date de cette chronique, fin 2025, nous assistons à un drame médiatique digne des pires « drama queens »de l’histoire métallique. Certains membres du groupe féminin Dogma sont sorties dans les médias pour dénoncer des abus de la part de leur management et ce management se défend comme il le peut. Il faut dire ici que Dogma est un groupe 100% préfabriqué qui copie en bonne partie l’esthétique de Ghost et certaines parties de sa sonorité. Ême si les membres du groupe Dogma sont de talentueuses interprètes, elles n’ont absolument pas participé à l’écriture des pièces et techniquement, ce groupe et en « girls band », un genre de Spice Girls version plus ou moins métallique. Si j’en parle aujourd’hui c’est pour vous expliquer que ce genre de groupe est totalement pathétique et détruit en partie ce que la musique métal se doit d’être : Honnête et véridique. Au niveau musical c’est un peu comme Ghost en version bon marché dont le public cible est possiblement les ados en quête de sensations fortes. Pas que c’est ultra mauvais mais au moins ce n’est pas de l’intelligence artificielle. Ceci est un parfait exemple de la cupidité de producteurs voulant exploiter un filon qui a déjà été exploité par d’autres. Allez, on passe à un autre appel!