Devin Townsend – Terria – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #762
Devin Townsend – Terria – 2001
Canada

Ahhh ce cher Devin Townsend! Non content de nous avoir varlopé les oreilles avec Strapping Young Lad et sa musique incisive, voilà qu’en carrière solo le bonhomme nous en mettait plein les tympans avec différentes sonorités toujours plus spectaculaires d’album en album. D’abord avec Ocean Machine, puis avec Devin Townsend ou The Devin Townsend Band en passant par The Devin Townsend Project pour revenir à Devin Townsend tout court, l’excentrique compositeur nous en a toujours fait entendre de toutes les couleurs et toutes les textures musicales. Avec Terria, Townsend explorait les sonorités plus vaporeuses et toujours tout aussi progressives avec une fois de plus une production à couper le souffle. Certains diront de cet album que c’est le plus accessible de sa carrière mais personnellement, j’en doute fort. Devin Townsend n’a jamais été accessible. Terria est le résultat d’un grand voyage intérieur et extérieur qui nous embrouille le cerveau et qui nous fait nous aussi voyager loin, très loin. Un autre chef d’œuvre d’un musicien chevronné qui ne laisse rien au hasard et qui se force le cul pour se réinventer à chaque fois.

Krisiun – Ageless Venomous – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #761
Krisiun – Ageless Venomous – 2001
Brésil

La tornade Brésilienne Krisiun lançait son quatrième album au début du 21e siècle en augmentant sa vitesse et sa technicité. Ageless Venomous était un album un peu plus audacieux pour le trio malgré une production plus fade et beaucoup moins percutante que sur les trois précédents albums. Cependant, la fluidité y était et les instruments étaient distincts sans tomber dans une bouillie sonore. Malgré un niveau de composition assez élevé, cet album n’avait pas réussi à soulever l’unanimité et les avis étaient partagés face à l’album. Quoiqu’il en soit, Krisiun était toujours en excellente forme et Ageless Venomous serait tout de même un album des plus solides avec de superbes idées.

Sigh – Imaginary Sonicscape – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #760
Sigh – Imaginary Sonicscape – 2001
Japon

L’évolution Métallique ne serait pas la même sans l’apport considérable du groupe japonais Sigh en particulier avec son cinquième album, Imaginary Sonicscape. Même si Sigh a eu une carrière fort prolifique et est toujours demeurées constante jusqu’à nos jours, Imagaginary Sonicscape est fort probablement l’album le plus éclaté et le plus ouvert d’esprit de toute l’histoire du Heavy Metal. Mirai Kawashima explorait divers genres musicaux en utilisant des instruments qui n’ont rien à voir avec les standards du Métal et apportai des structures musicales hors du commun pour peaufiner des pièces grandioses et riches en sonorités de toutes sortes. Pour cuex qui ne connaissent pas encore Sigh, cet album est un point de départ fort révélateur de ce que le groupe pouvait faire et de ce qui allait suivre. Mais attention, tout comme Kawashima, il faut être ouvert d’esprit pour comprendre ce qui se passe vraiment tant les sonorités et les différents styles nous transportent loin de notre zone de confort. Un immense chef d’œuvre de l’évolution métallique tous sous-genres confondus.

As I Lay Dying – Beneath the Encasing of Ashes – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #759
As I Lay Dying – Beneath the Encasing of Ashes – 2001
États-Unis

As I Lay Dying est l’un des derniers groupes à avoir pu garder le Metalcore originel intact, du moins sur son premier album. Beneath the Encasing of Ashes contenait des riffs suffisamment puissants pour permettre au groupe Américain de paraître dans cette évolution métallique. As I Lay Dying a popularisé les petits accords dissonants et les changements de tempo bizarres propres au Metalcore et ce premier album fut une influence majeure pour le développement du genre. Mais ne vous méprenez pas! Si je parle de cet album c’est uniquement pour ses sonorités un peu plus brutales et son soupçon d’originalité. C’est le type d’album qui donnait espoir aux fans de Metalcore d’enfin faire partie du vaste univers métallique mais dans les faits, est-ce que le Metalcore peut faire partie de la grande famille? Quoiqu’il en soit, cet album a été tout de même un des pionniers du genre avant que tout ne dégringole vers le rose bonbon commercial que l’on connait.

Absu – Tara – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #758
Absu – Tara – 2001
États-Unis

Le trio Américain Absu n’est pas le plus connu de l’histoire métallique mais son apport au Black fut considérable et ce, dès son premier album par en 1993. Tara fut le premier d’une trilogie qui mènera à la fin du groupe en 2020. Avec tara, le groupe changeait légèement de direction pour se consacrer à un Black Metal très cru mais aussi très technique avec des structures chaotiques et étonnantes. L’influence du Heavy Metal originel était palpable tout au long de l’album et ses soubresauts Speed Metal apportaient une fraîcheur dans la musique de Absu. Certes, la production laissait un peu à désirer mais en bout de ligne, toute l’atmosphère dégagée sur cet album rendait justice aux compositions rapides et complexes. Tara est considéré comme étant le chef d’œuvre du groupe et un album phare du Black Metal Américain.

Megadeth – The World Needs a Hero – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #757
Megadeth – The World Needs a Hero – 2001
États-Unis

Après l’album Risk et le départ de Marty Friedman, Megadeth aurait pu sortir le meilleur album de sa carrière que les fans l’auraient boudé et démoli quand-même. The World Needs a Hero, neuvième album du groupe, n’est pas un album parfait mais ne méritait pas cette haine engendrée à l’époque, haine qui sévit toujours aujourd’hui. Quand on roule sa bosse depuis plusieurs années et qu’on sort album après album pour honorer ses contrats de disque, il peut parfois arriver que le manque d’inspiration soit au rendez-vous. Malgré cela, Dave Mustaine a toujours tenté de se réinventer avec de nouvelles approches quitte à se planter royalement. The World Needs a Hero, quand on le réécoute attentivement, regorge de très bonnes idées et de très bons riffs fort possiblement mal exploités j’en convient. Mais cet album est loin d’être une abomination pure et simple. Pas le meilleur de la discographie mais une bon disque qui nous montre la versatilité d’oncle Dave en tant que compositeur et en tant qu’influence musicale. On lui donne une autre chance à cet album?

Katatonia – Last Fair Deal Gone Down – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #756
Katatonia – Last Fair Deal Gone Down – 2001
Suède

Parler de l’évolution musicale de Katatonia peut paraître simple aux yeux de certains mais c’est loin d’être partie facile que de décortiquer correctement le parcours du groupe au cours de sa carrière et de ses albums. Nous connaissons pour plusieurs d’entre nous les débuts Death/Doom noirci des premiers albums, genre qui a migré vers un Gothic Metal dépressif et plus doux après l’excellent Brave Murder Day. Ce qui allait suivre allait possiblemnt faire fuir les fans de la première heure mais en faire gagner d’autres et Last Fair Deal Gone Down, titre emprunté au bluesman Robert Johnson, allait définitivement séparer l’ancien Katatonia avec le nouveau avec des sonorités beaucoup plus rock tout en gardant les idées vaporeuses des précédents albums. Le groupe embrassait également un petit côté alternatif pas piqué des vers qui ira influencer une multitude de musiciens à s’ouvrir l’esprit vers de nouvelles sonorités hors du cadre métallique préétabli. Un superbe album à prendre en considération dans cette grande aventure historique!

Amon Amarth – The Crusher – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #755
Amon Amarth – The Crusher – 2001
Suède

Amaon Amarth a basé son succès sur la répétition. D’album en album, le groupe Suédois nous redonnait toujours la même sonorité et le même type de riffs et a atteint sa notoriété de cette façon. Quand on regarde tout ¸va avec le recul, est-ce bien grave? Bien sûr que non! Plusieurs groupes ont utilisé la même recette durant des décennies et sont devenus des icônes de leur genre respectif. Amon Amarth c’est ça. À quoi bon changer une formule gagnante quand elle est bonne et que les fans en redemandent? Le troisième album du groupe perpétuait cette sonorité caractéristique avec de très bonnes compositions pleines d’entrain dans lesquelles le glorieux était mis en avant. Le Viking Metal a été popularisé par Amon Amarth, on aime ou on n’aime pas. Chose certaine c’est qu’on ne peut pas passer sous silence l’apport considérable du groupe sur l’évolution métallique avec ses riffs épiques. Comme la majorité des albums de la discographie du groupe, The Crusher est un incontournable du genre à placer dans sa liste d’écoute.

Arch Enemy – Wages of Sin – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #754
Arch Enemy – Wages of Sin – 2001
Suède

Le quatrième album de Arch Enemy allait non seulement marquer la carrière du groupe mais allait aussi marquer la scène métallique mondiale. Le départ de Johan Liva allait secouer le monde métallique pour une bonne raison : L’arrivée de Angela Gossow au poste de chanteuse du groupe. Ce petit bout de femme sera une des premières « growleuses » à se démarquer à l’échelle internationale et deviendra malgré un symbole dans la communauté métallique et par le fait même une influence majeure qui dira aux femmes qu’elles peuvent faire aussi bien sinon mieux que les hommes dans un monde musical dominé par ceux-ci. Le groupe avait grimpé en puissance et ce premier album avec Gossow sera un des meilleurs de cette période pour le groupe. Arch Enemy prendra du gallon partout sur la planète et se placera en tête de liste des groupes importants de son époque. La fureur de Gossow à la voix était assez impressionnante et donnera le ton à ce qui allait suivre.

God Forbid – Determination – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #753
God Forbid – Determination – 2001
États-Unis

Après un premier album plus que médiocre sur lequel God Forbid tentait de recopier ce qui existait dans le Metalcore, le groupe avait musicalement changé de cap en s’inspirant des groupes de Thrash Metal des années 80 et de la nouvelle vague de groupes comme Lamb of God, Shadows Falls ou Killswitch Engage pour se doter d’une sonorité propre et un peu plus originale. Une signature avec Century Media avait aidé à avoir plus de moyens pour la production et ce deuxième album allait propulser God Forbid dans de plus hautes sphères métalliques notamment grâce à ses puissants riffs mélodiques et à la force de frappe de sa rythmique. Le groupe aura un certain succès par la suite mais pas suffisamment grand pour faire partie des sommités du genre. Doc Coyle ira embrasser le maintream avec son groupe Bad Wolves un quinzaine d’années plus tard. Determination est un album important pour la suite des choses et sera assez influent pour avoir sa place dans cette évolution métallique.

Marduk – La Grande Danse Macabre – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #752
Marduk – La Grande Danse Macabre – 2001
Suède

Selon Marduk, son album La Grande Danse macabre serait le troisième volet d’une trilogie servant les bases du Black Metal Metal, soit le sang, la guerre et la mort, ce troisième album étant bien sûr la mort. Quoiqu’il en soit, ce septième album du géant du Black Metal Suédois avait eu son lot de détracteurs et comme tout groupe qui effectue des changements dans sa sonorité, il fallait s’y en attendre. Certains disaient que Marduk s’était ramolli mais dans lesfaits, en écoutant bien cet album, il n’en était rien. Le groupe était toujours tout aussi puissant qu’auparavant même s’il explorait des avenues plus Doom et plus mélodiques par moments. Marduk jouait toujours du Black Metal comme le Black Metal se doit d’être joué et il continuait sur sa lancée d’excellence musicale. La Grande Danse Macabre n’est peut-être pas le summum de la discographie du groupe mais cet album est un incontournable pour la suite des choses et un excellent album de pur Black Metal que l’on doit écouter et ainsi comprendre cette belle évolution de la musique noire.

Bal-Sagoth – Atlantis Ascendant – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #751
Bal-Sagoth – Atlantis Ascendant – 2001
Angleterre

Avec Atlantis Ascendant, Bal-Sagoth avait signé son chef d’œuvre d’une vie et avait poussé le métal symphonique plus loin influençant grandement bon nombre de musiciens à se surpasser dans ce domaine dans les années qui suivront la sortie de ce cinquième album. Les riffs épiques et la forte dose de musique classique rajoutée à toutes cette puissante allaient faire de bal-Sagoth l’un des groupes importants dans ce qui est maintenant devenu le Black Metal Symphonique. Cet album était effectivement beaucoup plus sombre et moins joyeux que ses prédécesseurs et le talent de composition du groupe n’était plus à prouver. Un excellent album épique à souhait et des plus influents dans le vaste monde métallique.

Akercocke – The Goat of Mendes – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #750
Akercocke – The Goat of Mendes – 2001
Angleterre

Au début des années 2000 nous étions loin d’imaginer ce que serait le Métal extrême une vingtaine d’années plus tard. Le terme Métal Extrême n’existait même pas encore et cet extrémisme musicale était à l’époque en pleine ébullition et en constante transformation. La formation Anglaise Akercocke a dès son premier album grandement contribué à forger cette musique ultra brutale et complètement disjonctée. Sur son deuxième album, The Goat of Mendes, le groupe avait poussé l’extrême à un point culminant dans lequel la folie et la réalité n’étaient séparés que par un mince fil conducteur. Musicalement parlant, Akercocke offrait une musique difficile d’approche pour le non-initié en mélangeant des éléments du Death Metal et du Black Metal tout en complexifiant ses compositions avec des éléments tantôt progressifs avec des structures pas très standards et plus souvent qu’à son tour avec une expérimentation sonore en utilisant des claviers et des guitares sans distorsion. Le thème du Satanisme était poussé au plus haut point et si Akercocke avait été plus connu dans la vaste scène métallique, il aurait fait peur à n’importe qui prônant la piété et la religion. Un album méconnu hyper important pour la suite des choses. Bien évidement à écouter sur le champ mais attention, âmes sensibles s’abstenir!

Gojira – Terra Incognita – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #749
Gojira – Terra Incognita – 2001
France

L’arrivée des Français de Gojira dans le vaste univers métallique a été plus que fracassante grâce à Terra Incognita, premier album du groupe. La technicité exemplaire et les changements soudains allaient devenir la marque de commerce distinctive du groupe et son influence s’installera rapidement notamment avec les sonorités progressives mélangées à un Death Metal à la fois mélodique et puissant qui sortait des sentiers battus. D’abord connu sous le nom de Godzilla, le groupe avait, dès 1996, eu le temps de peaufiner sa dextérité et ses compositions avec la sortie de quatre démos pour changer son nom en Gojira (qui est le nom original de Godzilla) à cause de droits sur le nom Godzilla. Ce premier album a valu au groupe d’être reconnu en Europe et un peu en Amérique du Nord via les distributeurs indépendants pour ainsi se tailler une belle place en faisant des premières parties de plus gros groupes lors de tour nées et de festivals. Un premier album fort réussi qui sera la première pierre d’une longue et incroyable carrière.

Melechesh – Djinn – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #748
Melechesh – Djinn – 2001
Israel

Avec son deuxième album, la formation Israélienne Melechesh avait dû quitter son pays pour diverses raisons d’ordre politique, religieux et personnel. Les Pays-Bas avaient été la terre d’acceuil du groupe et le batteur Lord Curse ne pouvant pas suivre vers d’autres contrées fut forcé de céder sa place à Proscriptor, batteur de Absu. Musicalement, Melechesh avait monté de plusieurs crans sa dextérité et sa technicité pour être en mesure de composer des pièces beaucoup plus complexes et surtout plus fignolées. La musique traditionnelle du Moyen Orient faisait maintenant partie intégrante des pièces ce qui conférait à Melechesh une sonorité mystérieuse et épique. Grâce à Osmose productions, Djinn put avoir une distribution partout en Europe et ainsi être reconnu à sa juste valeur. Ce n’était que le début pour Ashmedi et sa troupe, la suite serait épique et grandiose.

Primus – Conspiranoid – 2022

Primus – Experimental / Progresive Rock – États-Unis
Conspiranoid – 2022
ATO Records
9,7/10

Si on s’intéresse un tant soit peu à la musique pas trop commerciale et « radio friendly », on connait Primus au moins de nom. Primus, on aime ou on n’aime pas et on ne peut pas aimer ça juste un petit peu. Bref, il nous faut avoir un esprit un peu plus élargi musicalement pour comprendre ce qui se passe avec la musique du trio Américain.

Cette années, Les Claypool, Larry Lalonde et Tim Alexander nous reviennent avec un mini album haut en couleurs musicales comme dans les habitudes de Primus mais cette fois-ci, l’influence de la tournée A Farewell to a King se fait ressentir pas mal. Sur la longue pièce Conspiranoia, les éléments similaires à Rush sont très clairs et le groupe ne doit pas s’en cacher outre mesure, l’hommage au trio Progressif Canadien se poursuit de plus belle au fil des trois pièces du mini album. Pour le reste, c’est du Primus pur à 100%, ça demeure à la fois sans surprises et avec beaucoup de surprises justement, comme à chaque fois, à chaque sortie d’album. On nage en pleine folie musicale avec une multitude de sons et d’atmosphères disjonctées bien ancrées à des structures plus bizarres que le commun des mortels est capable d’en prendre.

Vous aimez la musique complètement capotée, hors normes et qui sort des sentiers battus? Primus nous en sert encore et encore et moi, ça me fait grandement plaisir, surtout pour mes oreilles. Bien évidemment, Conspiranoid fera partie des tops 2022!

Composition : 10
Exécution : 10
Arrangements : 9,5
Production : 9,5
Appréciation : 9,5

Dimmu Borgir – Puritanical Euphoric Misanthropia – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #747
Dimmu Borgir – Puritanical Euphoric Misanthropia – 2001
Norvège

La pièce d’entrée du cinquième album en avait pris plusieurs par surprise par sa longueur et surtout sa nature. Cet intro de musique classique de près de trois minutes semblait pompeux mais à mesure que l’auditeur s’enfonçait dans les pièces de l’album il marquait que cet intro était en fait la mise en situation de ce qui allait suivre au fil des dix autres pièces de Puritanical Euphoric Misanthropia. Cet album est aussi marqué par l’arrivée du cerveau derrière Old Man’s Child qui venait prêter main forte avec son savoir faire en matière de composition et d’arrangements. Qu’on le veuille ou non, l’arrivée de Galder au sein de Dimmu Borgir a changé la formation à jamais. Le changement d’alignement fut aussi marqué par l’arrivée de ICS Vortex de Borknagar à la basse et aux voix « clean », voix qui contrastaient avec ce que le groupe avait fait auparavant. Certains fans de la première heure ont eu du mal a accepter les changements et la nouvelle direction musicale avec sa production léchée et ses instrumentations épiques. Quoiqu’il en soit, même si cet album a été mal aimé par certains, il a fait monter le groupe de plusieurs échelons sur la scène métallique mondiale, devenant ainsi l’un des plus gros groupes de Black Metal. Cet album laissait entrevoir ce qui s’en venait avec ce nouveau son moderne. Dimmu Borgir sortira par la suite deux autres albums dignes de mention avant de perdre sa crédibilité en s’enfonçant dans le réchauffé et la platitude extrême.

Opeth – Blackwater Park – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #746
Opeth – Blackwater Park – 2001
Suède

Comme pour les quatre précédents albums, Opeth avait réussi à sortir un autre chef d’œuvre mais cette fois-ci, ce chef d’œuvre allait consacrer le groupe Suédois au titre de l’un des groupes les plus influents du Death Metal Progressif. La sensibilité des pièces de Blackwater Park était sans équivoque et la technicité de celles-ci assez extraordinaire. La troupe de Mikael Akerfeldt avait misé sur beaucoup plus d’éléments issu des années 70 pour agrémenter et pimenter son Death Metal déjà très éclaté et riche en sonorités. Ne se contentant pas de stagner sur la même voie d’album en album, Opeth avait aussi imbriqué des sonorités plus Hard Rock au travers ce cet amalgame musical faisant de Blackwater Park le pont avec le passé et ce qui s’en venait tranquillement. D’ailleurs, le nom de l’album fait référence à un groupe Allemand des années 70 portant le nom de Blackwater Park. Les dés étaient jetés et le changement sonore et d’orientation musicale allait s’effectuer très rapidement au fil des trois albums qui suivront.

Gorguts – From Wisdom to Hate – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #745
Gorguts – From Wisdom to Hate – 2001
Canada

From Wisdom to Hate fut le quatrième et dernier album de Gorguts avant sa séparation en 2005. Le groupe reprenait les éléments dissonants et les structures musicales bizarres de Obscura tout en gardant son côté Death Metal puissant d’origine. Cet album marquait l’arrivée de Daniel Mongrain de Martyr à la guitare et à la composition, ce dernier avait mis ses couleurs dans les compositions de Gorguts qui, mélangées aux idées de Luc Lemay, formaient des pièces avec une sonorité différente de ce que Gorguts avait fait par le passé. From Wisdom to Hate prouvait que le groupe Sherbrookois était le pionnier du Death Metal technique qu’il avait toujours été depuis ses débuts en plaçant le groupe dans la liste des meilleurs groupes du genre. Luc Lemay mettra fin à Gorguts en 2005 pour quelques années avant le grand retour sur disque en 2013. Un incontournable du Death Metal technique et d’avant-garde que tout amateur de musique non standard se doit de posséder.

Mork Gryning – Maelstrom Chaos – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #744
Mork Gryning – Maelstrom Chaos – 2001
Suède

Avec son troisième album, la formation Mork Gryning frappait un grand coup dans le vaste univers métallique, en particulier dans le monde du Black Metal Scandinave. Malestrom Chaos est un de ces albums qui sont pratiquement parfaits, sur lequel chaque pièce est à sa place et mérite d’être mise à l’avant plan. Le groupe Suédois avait maximisé ses compositions avec des arrangements extraordinaires bien ancrés à des riffs puissants et acérés. La vitesse de croisière allait de rapide à plus lent dans une même pièce et donner une force de frappe exemplaire à chacune d’entre elles. Cet album est un incontournable du genre très influent qu’il faut au moins écouter une fois dans sa vie pour bien comprendre son importance et surtout sa qualité musicale. Un chef d’œuvre monumental du Black Metal!

Cathedral – Endtyme – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #743
Cathedral – Endtyme – 2001
Angleterre

Le Doom, cette musique puissante et lente, était et sera toujours à l’opposé du Métal axé sur la vitesse. Qui dit musique extrême ne veut pas forcément dire Death Metal ou Black Metal. Cahtedral avait compris que la lenteur et la toute puissance des riffs bien assis étaient tout aussi efficaces pour frapper le public de plein fouet. Endtyme qui était le sixième album des Anglais prouvait une fois de plus que non seulement Cathedral était passé maître des riffs destructeurs, il était passé maître du Doom Metal tout court et était ainsi devenu un des groupes les plus importants du mouvement Doom. Endtyme est tout simplement un chef d’ouvre du groupe tout comme les précédents albums et ceux qui suivront. Un album qui doit impérativement se retrouver dans une collection digne de ce nom!

Zyklon – World ov Worms – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #742
Zyklon – World ov Worms – 2001
Norvège

L’idée de mélanger la musique Industrielle et le Métal ne date pas d’hier et les deux genres ont rapidement fusionné vers la fin des années 80 pour former un genre unique, puissant et riche en sonorités. Ce mélange mécanique avait aussi rejoint les rangs du Black Metal et avait évolué grâce à des groupes comme Samael. Cette influence avait rapidement gagné du terrain et possédé d’autres musiciens à faire de même. Samoth et Trym Torson de Emperor avaient fondé Zyklon dans le but de générer toute la puissance du Death Metal avec la noirceur du Black Metal en incorporant des éléments plus mécaniques basés sur des riffs à la fois incendiaires et très froids. Le premier album du projet fut une réussite sur toute la ligne et même si le projet n,a pas duré très longtemps, il est devenu un incontournable du genre. World ov Worms est aussi un de ces albums forts influents qui changent la donne. Petite parenthèse, même si Samoth a joué et dans Zyklon et Zyklon-B, les deux formations ne sont aucunement reliées.

Behold! The Monolith – From the Fathomless Deep – 2022

Behold! The Monolith – Stoner/Sludge/Progressive Doom Metal – États-Unis
From the Fathomless Deep – 2022
Ripple Music
9,3/10

Les groupes utilisant les sonorités vaporeuses et la lenteur sont monnaie courante depuis les tout débuts de l’évolution métallique et nombreux sont les groupes ayant emboîté le pas à Black Sabbath pour améliorer le son caractéristique de ce qui est devenu le Doom Metal. From the Fathomless Deep, quatrième offrande des Américains de Behold! The Monolith, est un de ces albums qui vous prennent par les trippes et qui dégage plus que de la puissance. Si vous aimez la profondeur, la lenteur et les atmosphères glauques, vous serez servi avec ce superbe album.

Attention, Behold! The Monolith ne fait pas dans la dentelle. Le groupe offre des riffs profonds sur une rythmique percutante qui cogne dur et malgré les éléments Stoner et Doom, il y a une bonne portion suffisamment technique pour que les compositions du trio flirtent avec le Progressif pur et dur. J’étais tombé sous le charme du groupe en 2012 avec son deuxième album Defender, Redeemist et depuis j’attends avec impatience chaque sortie. Justement, entre le dernier album et cette nouveauté, il s’est écoulé pas moins de sept années ce qui est passablement long entre deux albums. Mais, l’attente aura valu la peine car From the Fathomless Deep est un album éclatant rempli de sonorités diverses tant lourdes qu’intrigantes en passant par de la pure défonce brutale d’une pièce à l’autre. Le groupe est au sommet de sa forme et nous livre une excellente prestation haute en émotions fortes en nous faisant voyager dans les profondeurs les plus sombres.

Ce nouvel album est à la hauteur des attentes et fera partie des tops de 2022. Si vous ne connaissez pas encore ce trio infernal, mettez ce nouvel album dans vos oreilles et laissez-vous secouer pendant un bon trois-quarts d’heure!

Composition : 9,5
Exécution : 9,5
Arrangements : 8,5
Production : 9,5
Appréciation : 9

Moonsorrow – Suden Uni – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #741
Moonsorrow – Suden Uni – 2001
Finlande

Le Folk Metal a explosé au tournant des années 2000 notament en Scandinavie grâce à des groupes comme Moonsorrow. La formation Finlandaise avait été formée en 1995 par Henri Sorvali qui fondera également Finntroll quelques années plus tard. Œuvrant d’abord dans un Black metal cru et direct, Moonsorrow avait migré vers des sonorités beaucoup plus Folk et majestueuses sur son premier album en 2001, deux anas après la sortie du premier album de Finntroll. Jouissant d’une production irréprochable, Suden Uni avait frappé très fort dans l’univers métallique Scandinave devenant l’un des pionniers de la nouvelle vague de Folk Metal mondiale. Tout comme Finntroll, Moonsorrow utilisait des éléments issus de la musique ancestrale pour concocter des pièces froides et puissantes qui engendreront de nouvelle idées pour permettre à d’autres groupes à emprunter cette voie dans laquelle la musique ancestrale est mise à l’avant plan. Même si Fintroll passera en avant de Moonsorrow, ce dernier est d,une importance capitale pour le développement du Folk Metal et du Métal extrême issu des années 2000. La suite allait être tout aussi spectaculaire que ses origines!

Primal Fear – Nuclear Fire – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #740
Primal Fear – Nuclear Fire – 2001
Allemagne

Lors de sa création, la formation Allemande Primal Fear s’était fait un devoir de rendre justice au Heavy Metal originel en le musclant un peu plus. Le groupe avait repris ce que Judas Priest et Accept avaient instauré en augmentant la vitesse et la puissance et utilisant certains éléments du Speed metal pour parvenir à leur fin. Le résultat fut flamboyant et avec le troisième album, Nuclear Fire, Primal Fear avait assis sa suprématie en tant que véritable groupe pionnier du Power Metal, nom de genre qui prenait tout sons sens avec les compositions de groupe. La finesse, la technicité et surtout cette puissante force de frappe faisaient de Primal Fear une sommité du genre qui avait bien appris de ses prédécesseurs. Avec Nuclear Fire, le Speed Metal était encore en vie et le véritable Power Metal était enfin forgé. On dira de cet album que c’est possiblement le meilleur de la discographie du groupe mais dans les faits, Primal Fear aurait amplement de quoi offrir à ses fans au cours des années qui suivront ce chef d’œuvre de pur Métal originel grinçant et puissant à souhait!

Lacuna Coil – Uleashed Memories – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #739
Lacuna Coil – Uleashed Memories – 2001
Italie

La belle Christina Scabbia avait pris plus d’assurance et avait montré plus de puissance dans sa voix pour le deuxième album de Lacuna Coil. Sans réellement durcir le ton, le groupe avait ajouté des sonorités plus disparates et avait étoffé ses compositions se rapprochant plus du Rock Alternatif que de ses débuts plus Gothiques même si le petit côté sombre persistait toujours au fil des pièces. Il est indéniable que Lacuna Coil a été important pour le genre qu’est devenu le Gothic Metal avec ses éléments issus du Doom mais a été plus important pour la démystification de la musique plus sombre et un peu plus musclée, allant chercher des fans fans dans toutes les couches de la société et ainsi adoucir l’image du méchant métalleux. Christina Scabbia est évidement devenue l’une des figures de proue féminines de la grande scène métallique mondiale et malgré sa douceur et sa lenteur, Lacuna Coil a amplement sa place dans la grande évolution comme pionnier du métal gothique.

Unearth – The Strings of Conscience – 2001

L’Évolution Métallique selon Sinistros #738
Unearth – The Strings of Conscience – 2001
États-Unis

Unearth est un des groupes de la vague originelle du Metalcore issu des États-Unis. Sur son premier album, la formation de Boston est totlalement responsable de ce que le Metlacore allait devenir avec ses vocaux braillards et criards, ses breakdown à un accord interminables et ses compositions chaotiques qui ne mènent nulle part. En fait, Unearth est exactement le pourquoi de la déchéance rapide du Metalcore et du rejet du genre par la communauté Métallique. Était-ce si épouvantable que ça? Probablement que non pour les fans de « core » mais pour une bonne majorité de Métalleux, ce nouveau genre était tout simplement une abomination pur et simple. C’est avec des albums comme The Strings of Conscience que l’on constate que le Metalcore n’a absolument rien à voir avec tous les autres genres Métalliques. Alors Sinistros, pourquoi tu en parles? Tout simplement pour remettre les pendules à l’heure et expliquer que le Metalcore et le Deathcore qui suivra sont deux genres issus du mouvement Hardcore et n’ont pas grand-chose à voir avec la culture Métal. Ceci est évidement encore une fois mon opinion mais qui, je crois, est partagée par un bon nombre de Métalleux.

The Lord Weird Slough Feg – Down Among the Deadmen – 2000

L’Évolution Métallique selon Sinistros #737
The Lord Weird Slough Feg – Down Among the Deadmen – 2000
États-Unis

Bien que la formation Américaine The Lord Weird Slough Feg soit une de ces formations plutôt méconnues, il est important de mentionner ses albums dans la grande évolution métallique car son apport pour le Heavy Metal a été plus que considérable. Alors que le genre s’était pratiquement éteint dans les années 90, The Lord Weird Slough Feg avait pris sur lui de brandir la flamme sacrée et la perpétuer de façon magistrale. Le troisième album du groupe est un parfait exemple de pureté Heavy Metal avec des pièces tantôt techniques, souvent épiques et toujours grandioses dans lesquelles la troupe de Mike Scalzi relatait des faits historiques et des histoires folkloriques et fantastiques en incorporant certains éléments empruntés au Prog et au Hard Rock des années 70 et beaucoup d’éléments issu de la musique Folk bien ancrés dans un mur de son électrique. Ce troisième album frisait la perfection et est un petit bijou du Heavy Metal Américain que l’on doit considérer dans sa liste d’écoute.

Thanatos – Angelic Encounters – 2000

L’Évolution Métallique selon Sinistros #736
Thanatos – Angelic Encounters – 2000
Pays-Bas

Thanatos est un de ces groupes moins connus à qui l’on doit beaucoup. Le groupe fut l’un des premiers à faire du Death Metal plus extrême aux Pays-Bas, bien avant Pestilence et Asphyx. Le troisième album du groupe est un parfait exemple de la sonorité granuleuse typique qui provient directement des Pays-Bas Ce son si caractéristique qui a forgé les Asphyx, Hail of Bullets ou encore Grand Supreme Blood Court se retrouve sur Angelic Encounters avc ses riffs bine aiguisés et bien gras et sa rythmique qui frappe comme un char d’assaut. J’ai déjà entendu de mauvaises langues affirmer que Thanatos ne réinventait rien. Comment peut-on réinventer un son que l’on a nous-mêmes inventé?

Shining – Within Deep Dark Chambers – 2000

L’Évolution Métallique selon Sinistros #735
Shining – Within Deep Dark Chambers – 2000
Suède

À l’aube du 21e siècle, le Black Metal était en train de se réinventer et de se multiplier en plusieurs sous genres pour ainsi étendre ses tentacules sur le monde métallique. La formation, ou plutôt le « one man band » Suédois Shining, allait révolutionner le Black Metal avec son premier album en le rendant encore plus angoissant, torturé et complètement dépressif. Le désespoir et le goût d’en finir avec le passage sur terre était fortement palpable au fil des longues pièces contenues sur l’album et le nom du projet définissait exactement ce que Niklas Kvarforth vivait et voulait représenter dans sa musique : Le chemin vers l’illumination fort probablement par le suicide. Within Deep Dark Chambers était le premier d’une longue série d’albums tous aussi dépressifs les uns que les autres qui influencera bon nombre de musiciens à visiter cette noirceur et ce mal de vivre.