Six Feet Under a été formé comme projet connexe par le chanteur de Cannibal Corpse, Chris Barnes. Le grojupe deviendra deux ans plus tard le principal projet de Barnes suite à son départ de Cannibal Corpse en 1995. Déjà à cette époque, la scène Métal mondiale avait son lot de ce que nous appelons aujourd’hui « haters » et le premier album Haunted avait reçu les foudres de certains fans à l’époque. Pourtant, cet album renferme d’excellentes compositions et de très bons riffs qui peuvent aisément faire partie de cette belle évolution métallique et qui ont fait de Six Feet Under un groupe quand même assez influent pour le genre. Bien sûr, Six Feet Under ne réinventait pas le Death Metal mais il le faisait bien au point de devenir un des groupes très connus du Death Floridien. Il est clair que le groupe aura une carrière en dent de scie et ne sera jamais égal à lui-même au fil des sorties mais bon, ce premier album est excellent et il a eu son mot à dire dans le développement du Death Metal à l’échelle mondiale.
Catégorie : L’Évolution Métallique
L’Évolution Métallique selon Sinistros de 1970 à nos jours
Voïvod – Negatron – 1995
Negatron, huitième album des québécois Voïvod, marquait de gros changements tant au niveau du personnel qu’au niveau musical. L’année précédent la sortie de l’album, Snake avait quitté le groupe laissant Piggy et Away avec le choix de terminer le groupe ou de poursuivre avec un ou des nouveaux membres. Eric Forrest fut recruté pour les deux postes laissés vacants par Balcky et Snake et un nouvel album fut mis en chantier. Negatron montrait un Voïvod qui effectuait un genre de retour aux sources en étant plus « heavy » que sur les deux derniers albums mais aussi montrait que le groupe était encore en mesure de composer des pièces incroyables et de toujours innover. Cette fois-ci, fini les escapades progressives, on y allait avec des riffs plus simples et des structures plus percutantes avec des relents Industriels pas piqués des vers. Le « nouveau » Voïvod » ne mis pas trop de temps pour se faire accepter, le groupe était de retour sur les rails avec un album qui frappait fort et qui allait indéniablement influencer une toute nouvelle générations de musiciens.
Primordial – Imrama – 1995
Le Folk et la musique traditionnelle avait commencé à s’imbriquer dans le Métal vers la fin des années 80 avec entre autres Bathory mais inclure ces musiques ancestrales avec de la musique Rock n’était pas une nouveauté, au contraire. Dans les années 70, plusieurs groupes de Progressif avaient déjà commencé à inclure ces musiques traditionnelles avec des sonorités plus avant-gardiste et le fait que des musiciens Métal aient eu l’idée de chanter les histoires des ancêtres était tout simplement une suite logique des choses. Al formation Irlandaise Primordial est une de ces formations qui ont forgé le nouveau genre qu’est le Folk Metal dès son premier album en mélangeant des sonorités Blak Metal, Progressives et surtout très Folk en chantant des histoires de la vie des Celtes en utilisant des instruments typiques d’un temps Ancient comme le Bodhrán et le feadog (tin whistle ou flûte Irlandaise). Imrama n’était que le début d’une longue et parfaite épopée vers des temps immémoriaux pour Primordial et deviendra une influence majeure pour d’autres groupes voulant visiter leur passé. Primordial deviendra du même coup un chef de file pour le genre et contribuera à ce que nous nous souvenions du passé.
Krisiun – Black Force Domain – 1995
Il arrive souvent d’avoir des membres issus d’une même famille dans un groupe. Il est cependant plus rare que les membres d’un groupe soient tous frères et encore plus rare pour un groupe de Death Metal. La tornade Brésilienne Krisiun est un de ces groupes dont les trois frères forment l’ensemble en tant que trio qui restera soudé jusqu’à nos jours. Black Force Domain, premier album de ce trio maléfique avait poussé le Death Metal Sud-Américain beaucoup plus loin avec des riffs rapides et puissants basés sur une rythmique tout aussi puissante et qui frappe fort. Avec son premier album, Krisiun était une réponse directe à Sepultura et Sarcofago en étant beaucoup plus heavy et puissant que ces deux derniers. La carrière de Krisiun sera fort influente et le groupe deviendra le porte étendard du Death Metal Brésilien.
Die Krupps – III – Odyssey of the Mind – 1995
Tout comme Ministry, le groupe Allemand Die Krupps avait commencé sa carrière en tant que groupe de Synthpop et avait rapidement migré vers la musique Industrielle et EBM. À partir de 1992, Die Krupps avait pris un tout autre virage et avait entamé ce qui est devenu la trilogie « Metal » en combinant tous ses éléments originels et en incorporant des éléments typiquement Thrash Metal ce qui avait donné un résultat plutôt explosif. Sur le deuxième album de cette trilogie, le groupe avait fait appel à un guitariste répondant au nom de Lee Altus, ce dernier avait joué entre autres avec Heathen et Angel Witch et serait plus tard connu pour faire partie des vétérans du Thrash Metal, Exodus. Sur Odyssey of the Mind, troisième album d’une trilogie qui s’étirera finalement sur cinq albums, on retrouvait une sonorité très lourde et surtout très puissante menant Die Krupps vers un statut de chef de file du Metal Industriel qui finira par influencer des géants du genre comme White Zombie et Hanzel und Gretyl. Ce troisième album doit être considéré comme étant un tournant de la musique mécanique et un incontournable du genre.
Sinister – Hate – 1995
On attribue souvent le son typique du Death MEtal des Pays-Bas à Asphyx mais il ne faut pas oublier que les pionniers du Death de ce pays fut Sinister. Avec son troisième album, Sinister augmentait la cadence tout en mélangeant divers tempos pour passer d’ultra rapide à ultra lent tout en concoctant des riffs plus complexes que sur ses précédents albums. Sur Hate, le côté plus technique et presque Progressif du groupe commençait à prendre racine comme si cet album allait être un genre de pont entre le Death Metal cru des premières parutions à celui beaucoup plus technique auquel le groupe nous habituera par la suite. Sinister s’imposait tranquillement comme l’une des puissances du Deat Metal mondial. Malheureusement pour le groupe, les deux albums suivants ne seraient pas à la hauteur de son talent ce qui conduira à une séparation en 2003 mais le batteur n’aura pas dit son dernier mot en revenant à charge à partir de 2005 avec une nouvelle formule…
Deinonychus – The Silence of December – 1995
Il y a des groupes et des albums beaucoup plus obscurs qui, sans avoir été très connus, réussissant tout de même à se tailler une place dans l’univers de la grande Évolution Métallique. Dans le cas de Deinonychus et de son premier album, nous pourrions aisément parler de Révolution plutôt que d’Évolution. Je concède que la production de The Silence of December est totalement nulle à chier mais cette production épouvantable tracera le chemin de plusieurs groupes qui forgeront un nouveau genre de Black Metal plus cru et plus caustique qui deviendra le « Raw Black Metal ». Deinonychus utilisait des riffs très simplistes avec des claviers en avant plan pour donner une atmosphère très glauque et malsaine. Ce premier album est toujours demeuré très « underground » et méconnu et c’était probablement le but premier. Quoiqu’il en soit, il a été fort influent dans le monde du Black Metal et a contribué à sa manière à son développement.
Vader – De Profundis – 1995
La formation Vader a été grandement reconnue pour ne pas garder ses musiciens bien longtemps ce qui nous fait penser que le nom Vader est tout simplement le projet d’une seule et unique personne, Piotr Pawel Wiwczarek. Qu’à cela ne tienne, Vader a été l’un des premiers groupes Polonais a franchir les frontières de son pays pour envahir le monde avec son Death Metal vicieux et brutal. Le deuxième album, De Profundis, se doit de figurer dans la grande Histoire Métallique dû à sa grande influence sur le Death Metal Européen et sa capacité à fournir des riffs caustiques et une musique suffisamment technique pour éviter de tomber dans le piège de la simplicité. C’est également avec cet album que Vader a trouvé sa sonorité propre qui le conduira à devenir chef de file du Métal Polonais mais aussi un des grands acteurs du Death Metal tout court. Un album puissant à l’origine de bien des maux de tête dans l’industrie du disque « mainstream ».
Kreator – Cause for Conflict – 1995
Alors que plusieurs groupes de la première vague de Thrash Metal tendaient à s’adoucir pour devenir plus accessible, d’autres comme Slayer et Kreator demeuraient intègres au genre en continuant à sortir des albums de qualité. Cause for Conflict, septième album de légendaire groupe Allemand, avait reçu des avis partagés de la part des fans à sa sortie. Pourtant, bien que Kreator évoluait et proposait un Thrash plus technique, cet album était fichument bien composé et comportait des riffs de très haute qualité et une sauvagerie sonore toujours aussi pertinente. Kreator gardait le cap et tenait toujours la flamme du Thrash Metal originel à bout de bras. Cause for Conflict est album album bien de son temps qui prouvait que le Thrash Metal était toujours bien en vie et que le Métal « underground » était là pour rester.
Fear Factory – Demanufacture – 1995
L’ère Industrielle dans le vaste monde du Métal a été instaurée par Ministry et Godflesh qui, à leur tour, ont influencé d’autres musiciens à leur emboiter le pas. La vraie révolution du Métal Industriel provient toutefois de Fear Factory qui, dès son premier album, avait pris le taureau par les cornes en mélangeant du pur Death Metal avec des sonorités plus mécaniques. Ces sonorités ont grandement évolué avec le deuxième album alors que Dino Casares et Burton C. Bell avaient fait appel à Rhys Fulber (Front Line Assembly) pour les parties de claviers et de programmation. Le résultat fut si époustouflant que Demanufacture peut aisément être considéré comme étant le tout premier album « Industrial Metal » pur à 100%. Sans être un membre à part entière de Fear Factory, Rhys Fulber fera office de claviériste sur tous les albums du groupe à partir de Demanufacture. Les riffs incendiaires de Casares biens ancrés sur une puissante rythmique mécanique donneront le tout à ce nouveau mélange musical et contribuera à son développement par la suite.
Paradise Lost – Draconian Times – 1995
Sur Draconian Times, Paradise Lost poussait plus loin sa sonorité et son attitude Gothique en tentant même de devenir légèrement plus accessible à un certain niveau. Mais qui dit plus accessible ne dit pas nécessairement mauvais! Ce cinquième album prouvait que Paradise Lost était devenu l’un des piliers du Doom et Gothique Metal avec des pièces superbement bien composées et des atmosphères sombres dignes de ce nom. Le mélange de musique Gothique des années 80 avec le Métal était si bien fait que nous avions une impression de déjà entendu, un peu comme si James Hetfield avait fait un album avec The Sisters of Mercy. Certains diront que Draconian Times est le dernier album Doom digne de ce nom avant des décennies, ce qui pourrait s’avérer vrai et ce qui prouve hors de tout doute que cet album est un chef d’œuvre du genre.
King Diamond – The Spider’s Lullaby – 1995
Peu de groupes ou projets musicaux peuvent se vanter d’avoir eu une carrière sans faille et sans album qui laissait à désirer. King Diamond est l’un de ces artistes qui n’ont jamais faibli en qualité musicale et ce depuis ses tout débuts avec Mercyful Fate. Avec son sixième album, le King allait assoir solidement une fois de plus son règne sur le Heavy Metal avec dix nouvelles pièces épiques, techniques et incroyablement bien composées. The Spider’s Lullaby était tout simplement un autre chef d’œuvre de la part de King Diamond et cet album allait entrer directement dans l’histoire en devenant un classique instantané comme tous les précédents albums. Le fait que King Diamond soit toujours demeuré plus « underground » que bien d’autres groupes de sa génération a contribué au mythe derrière le personnage et son importance pour le développement de tous les sous sous-genres de la grande famille Métallique.
Darkthrone – Panzerfaust – 1995
La réputation de Darkthrone en tant que pionnier du Black Metal Norvégien n’était plus à faire et sa notoriété était de plus en plus grandissante. Le duo le prouvait une fois de plus avec son cinquième qui allait contribuer à solidifier le Black Metal à jamais. Panzerfaust était tout aussi cru que les précédents albums hormis le premier mais avait un petit quelque chose de différent au point de vue stylistique pour une raison bien simple : Fenriz jouait de tous les instruments sur cet album en plus de composer la grande majorité des pièces de l’album laissant Nocturno Culto s’occuper uniquement des voix qui se voulaient encore plus torturées qu’auparavant. L’influence de Celtic Frost était maintenant indéniable surtout au niveau de la pièce Trimphant Gleam qui partageait des riffs et des structures étrangement semblables à The Usurper et quelques autres pièces issues de To Mega Therion de Celtic Frost. Darkthrone ne s’en cachera jamais en faisant même un point d’honneur à rendre hommage à Cetlic Frost. Panzerfaust est évidement un album important pour le développement du Black Métal et Darkthrone un des groupes les plus symboliques du genre.
Septic Flesh – Esoptron – 1995
À partir de la moitié des années 90, le Death Metal et autres genres extrêmes de la grande famille Métallique évolueraient à une vitesse phénoménale en se métamorphosant en plusieurs hybrides tout aussi créatifs les uns des autres. Avec Esoptron, deuxième album de Septic Flesh, une autre barrière avait été franchie vers de nouvelles contrées sonores qui semblaient être de l’autre côté d’un miroir. Le groupe mettaient l’emphase sur des textures plus atmosphériques tout en augmentant le niveau symphonique de ses compositions ce qui changeait radicalement le Death Metal proposé par les frères Antoniou et qui allait changer le Métal extrême à jamais. L’habile mélange de Death puissant avec de la musique classique et des éléments plus gothiques allait devenir la marque de commerce de Septic Flesh et une incontournable influence pour plusieurs groupes qui prendront les rênes de l’Évolution Métallique.
Malevolent Creation – Eternal – 1995
Le Death Metal Floridien est réputé pour sa grande influence sur le Métal mondial et aussi pour avoir été le pionnier du genre avec des groupes comme cannibal Corpse, Morbid Angel et Malevolent Creation. Ce dernier fait partie des tout premiers groupes de Death Metal et sa carrière est un gage de ce que l’on pourrait appeler succès même si c’est un grand mot pour un groupe Métal. Malevolent Creation a toujours conservé cette sonorité brutale et puissante et a toujours misé sur le lent plutôt que le rapide pour faire évoluer sa musique et le genre tout entier. Son quatrième album Eternal gardait la même formule que sur les précédents albums tout en améliorant ses structures musicales et ses riffs incendiaires. Avec ses douze pièces courtes et concises, le groupe a su maintenir la flamme du Death Metal bien haute pour que d’autres groupes prennent la relève par la suite. Un album à là hauteur du son Death Metal Américain et une incomparable influence pour le genre.
My Dying Bride – The Angel and the Dark River – 1995
L’évolution Métallique était encore en plein bouleversements alors que la lutte vers des extrémités musicales forgeait des groupes plus malsains et plus sombres les uns que les autres, là où le Black Metal et le Death Metal étaient les sous genres les plus prisés, certains groupes chosissaient plutôt la lenteur et la grandeur pour faire évoluer cette immense masse métallique. Avec son troisième album, My Dying Bride avait totalement embrassé la musique et l’attitude Gothique dans lesquelles se mélangeaient beauté, tristesse et mélancolie. C’est avec de longues pièces sombres et nostalgiques que le groupe avait contribué à forger ce qui est devenu le Gothic Metal avec une habile mixture de la musique dite Gothique des années 80 et de Doom Metal très puissant d’une incroyable lenteur. The Angel and the Dark River est devenu un incontournable du genre et encore aujourd’hui, il est l’une des grandes références pour le genre.
Opeth – Orchid – 1995
En plein bouillonnement du Black Metal et du Death Metal dans les milieux underground de la planète, une cassure s’était radicalement faite avec le premier album de Opeth. Orchid arrivait en grandes pompes avec des pièces plus qu’étoffées et excessivement longues, on retrouvait des éléments du Progressif des années 70 mais avec une fougue et une sauvagerie sonore sans précédent. Mikael Akerfeldt nous lançait en pleine face son génie musical et ses compositions étaient complètement à l’opposé de ce qui se faisait dans le Grunge, style qui prédominait et qui avait éclipsé le Métal des palmarès. Au lieu de se contenter de simplicité, Opeth y allait avec des pièces complexes et brillamment composées et le groupe semblait dire « regardez, nous sommes capables de faire de la musique intelligente et complexe comme nos idoles qui dominaient dans les années 70. » Opeth est rapidement devenu une référence dans le monde du Métal et Orchid n’était que le début d’une fantastique aventure musicale qui changerait le genre à jamais.
Immortal – Battles in the North – 1995
Immortal a été un des pionniers du Black Metal Norvégien et avec son troisième album, le groupe nous transportait dans un autre univers sonore avec une production curieusement pauvre. Les compositions étaient un peu plus étoffées et il serait aisé de dire que Battles of the North est l’un des points culminants qui allait changer bien des choses dans le Black Metal, notamment au niveau de la sonorité crasseuse et très « lo-fi », sonorité qui sera reprise par plusieurs groupes par la suite pour faire plus « grim ». Bien que la majorité des pièces de Battles in the North soient toutes bâties sur le même moule et se ressemblent pratiquement toutes, il est indéniable que Immortal tenait quelque chose qui allait faire changer le cours de la musique extrême. Qu’on aime ou non, cet album a été très important pour l’évolution du Black Metal dans son ensemble et est encore aujourd’hui considéré comme l’un des classiques du genre.
Bal-Sagoth – A Black Moon Broods over Lemuria – 1995
Quand on parle de Métal Symphonique plusieurs noms nous viennent en tête mais nous oublions souvent d’où proviennent les origines de ce mélange de musique classique et de Métal extrême. Bal-Sagoth est certes une formation qui est passée sous les radars en demeurant méconnue mais qui est sans aucun doute en grande partie responsable de la montée en flèche de la musique classique et surtout Symphonique notamment dans le Black Metal. Avec son premier album le groupe avait frappé très fort en qualité musicale en composant des pièces viscérales à la fois brutales, sombres et mélancoliques. Le tout était magistralement orchestré avec des parties de musique classique dignes des films d’horreur. Sans l’apport de Bal-Sagoth, il y a fort à parier que des groupes comme Carach Angren ou Fleshgod Apocalypse n’auraient possiblement pas vu le jour. A Black Moon Broods over Lemuria est un album très important pour le Métal Symphonique et par le fait même, la discographie de Bal-Sagoth est à prendre en considération pour mieux comprendre cette partie de l’Évolution Métallique.
Meshuggah – Destroy, Erase, Improve – 1995
Un autre album qui ne faisait pas l’unanimité en 1995 fut le deuxième album de Meshuggah. Il faut croire que le côté mécanique et les changements de tempos bizarres générés par le band avaient eu raison de certains fans à l’époque. De plus, sur Destroy, Erase, Improve, Meshuggah s’immisçait dans des univers sonores différents flirtant avec le Jazz et l’Industriel conférant ainsi au son de Meshuggah quelque chose d’unique qui finira par façonner un genre entier qui deviendra le Djent. Avec Meshuggah, le Thash Metal devenait extrêmement technique et s,en allait vers de nouvelles contrées inexplorées et l’influence du groupe Suédois sur ce qui s’en venait fut des plus importantes pour le développement du Métal technique et disjoncté.
Morbid Angel – Domination – 1995
Se fier à une pochette pour se procurer un album peut parfois nous créer des surprises ou des déceptions selon le cas. S’il avait fallu se fier à la pochette du cinquième album de Morbid Angel, on serait passés à côté de quelque chose car la pochette de Domination est vraiment horrible. Certains métalleux de l’époque avaient tout simplement dénigré cet album dû à sa différence et au changement de cap pour Morbid Angel. Ce phénomène de dénigrement a pris de l’ampleur dans la communauté Métal au fil des années mais ceci est une autre histoire que nous raconterons plus tard. Domination était certes différent mais non moins riche en puissance et en sonorités grasses avec des riffs écrasants et d’une technicité exemplaire. Les guitares étaient accordées plus bas qu’à l’habitude ce qui donnait une sensation d’oppression en plus d’ajouter de la lourdeur aux compositions du groupe. Est-ce que Domination était un si mauvais album comme certains semblaient vouloir nous le faire croire? Bien sûr que non! Domination est tout sauf un mauvais album, il ne faisait que renforcer l’influence que Morbid Angel avait sur le Death Metal et montrait que Trey Azagthoth pouvait se réinventer tout en demeurant fidèle à lui-même. Morbid Angel était loin d’être mort et continuerait son règne pendant encore longtemps!
Suffocation – Pierced from Within – 1995
Avec son troisième album complet, Suffocation réaffirmait et solidifiait son statut de pionnier du Death Metal avec des pièces de plus en plus techniques et incroyablement brutales. En pleine ascension vers les sommets du Death Metal, le groupe avait acquis une renommée mondiale et Frank Mullen était considéré comme étant le vocaliste le plus emblématique du genre avec ses vocaux gras et profonds. Suffocation ne se contentera pas seulement d’influencer le Death Metal à part entière : Il sera, sans vraiment le vouloir, l’instigateur d’un nouveau genre qui apparaitra au début des années 2000, genre qui sera fortement rejeté par un très grand nombre de Métalleux. Pierced from Within sera le dernier album complet du groupe avant sa séparation en 1998. Suffocation sera toutefois de retour en 2002 avec des changements de membres pour continuer à brasser le monde du Métal de façon magistrale.
Cruachan – Tuatha Na Gael – 1995
À cette époque outre les genres plus connus comme le Death, le Black, le Power ou le Doom, un autre sous genre tendait à se tailler une place dans le vaste monde Métallique. Vers la fin des années 80, la musique traditionnelle était apparue chez certains groupes qui avaient décidé de mélanger la musique ancestrale avec le métal. Initialement incorporé entre autres par Bathory le Folk Metal allait prendre une tout autre tournure entre autres grâce aux Anglais de Skyclad qui fut fort probablement le tout premier groupe de Folk Metal. Mais qui dit Folk et ancêtres dit forcément musique Celtique. Cette musique provenant des temps avant l’ère médiévale avait toujours été présente en dehors du cadre Métallique mais avait brillamment été reprise par un groupe Irlandais nommé Cruachan. Dès son premier album le groupe, nommé d’après le nom d’une capitale du Moyen Âge et du cri de ralliement Gaëlique, avait pris le taureau par les cornes en utilisant des instruments ancestraux comme la flûte, le bouzouki et la mandoline pour mélanger des mélodies traditionnelles à un Black Metal féroce et guerrier. Le tout en prenant bien soin de relater les histoires de Gaël, ancêtres des Irlandais et des Écossais. Avec ce premier album, le véritable Folk Metal était apparu et plusieurs formations d’Europe, de Scandinavie et de Russie suivraient les traces laissées par Cruachan pour raconter et honorer les temps immémoriaux des batailles et de la vie de leurs ancêtres.
Deicide – Once Upon the Cross – 1995
Les Métalleux de l’époque devenaient de plus en plus difficiles si bien que plusieurs excellents albums passaient sous la loupe de bienpensants critiquant négativement possiblement pour le plaisir d’être négatifs. C’étaient possiblement les débuts des « haters » avant l’ère Internet. Le troisième album de Deicide avait subi les foudres de ces détesteurs qui n’avaient vraisemblablement pas compris que Once Upon the Cross était un excellent album de Death Metal pur et dur qui dévastait tout. Sans adoucir le moins du monde sa sonorité brutale, Deicide jouissait d’une production en béton armé pour cet album, le fait d’avoir signé avec Roadrunner y était forcément pour quelque chose. Once Upon the Cross fut l’un des très bons albums de Deicide n’en déplaise à ses détracteurs et il faut rendre à Benton ce qui appartient à Benton, ce troisième album est suffisamment solide pour avoir influencé tout une génération de musiciens et un genre à part entière.
Strapping Young Lad – Heavy as a Really Heavy Thing – 1995
Curieusement, le premier album de Strapping Young Lad avait été très mal reçu à sa sortie. Pourtant, cet album reflétait exactement ce que Devin Townsend allait devenir! Heavy as a Really Heavy Thing fut mal perçu pour une chose : Townsend nous sortait de notre zone de confort en nous offrant un album complètement disjoncté et riche en sonorités diverses. Il faut dire que ce premier album était en fait un album solo de Devin Townsend et que toute la folie musicale de ce dernier était remarquablement bien exécutée et surtout brillamment bien composée. Le bonhomme avait certes pris des éléments liés au Métal plus extrême mais une grosse portion Industrielle était imbriquée dans cette folie sonore qui finira par influencer une multitude de musiciens à ouvrir leurs horizons musicaux. Le grand Devin Townsend venait de brouiller les pistes pour un grand changement dans le Métal et il est intéressant de constater que plus album est considéré comme bizarre, plus cet album devient influent par la suite. Devin Townsend n’a jamais eu peur de foncer et de briser des barrières musicales, Heavy as a Really Heavy Thing fut le premier d’une longue carrière tout aussi flyée et qui sort des sentiers battus!
Moonspell – Wolfheart – 1995
Le Métal a toujours évolué depuis ses débuts et continuera toujours son évolution à l’infini. Cette évolution a conduit des groupes comme Moonspell a réimaginer le tout avec de nouvelles sonorités et de nouvelles textures sonores et ainsi offrir une nouvelle façon de voir les choses. Jusque-là, le Portugal avait été plutôt absent dans cette belle course de l’Évolution Métallique mais l’arrivée de Moonspell et son premier album Wolfheart allaient changer les choses. Musicalement, Moonspell avait certes puisé ses influences dans le Black Metal mais aussi dans la musique Gothique et Classique pour concocter des compositions incroyablement bien arrangées. Le Métal Gothique venait de franchir un nouveau cap et Moonspell allait en être l’un des principaux acteurs avec ses riffs mélodiques et ses atmosphères mélancoliques.
Behemoth – Sventevith (Storming Near the Baltic) – 1995
Le Black Metal était en pleine ascension et de plus en plus de groupes optaient pour le genre. La formation Polonaise Behemoth et son premier album avaient été toute une révélation et avait tout chamboulé dans le monde Métallique. Il faut dire que la Pologne est un pays réfractaire à ce genre musical et surtout réfractaire aux propos sortant du cadre religieux catholique. Behemoth fut l’un des premiers groupes du pays à se tenir debout non seulement pour provoquer mais aussi pour engendrer toute une révolution qui sera puissante pour la scène Métal Polonaise. Avec son talent non négligeable pour la composition, Nergal avait en quelque sorte redéfini le Black Metal avec des pièces froides fortement inspirées de la musique classique pour s’implanter comme l’un des chefs de file du genre. Les ambiances atmosphériques des claviers et des guitares acoustiques apportaient des textures sonores hors du commun aux pièces du groupe et ce n’était que le début. Le jeune Nergal n’avait que 14 ans lors de la fondation du groupe et de son premier démo et du haut de ses 18 ans pour son premier album, ce jeune prodige allait se hisser très haut dans ce monde musical obscur. Ce premier album n’était que le début et la suite sera flamboyante!
Vital Remains – Into Cold Darkness – 1995

Au milieu des années 90, le Métal évoluait toujours en cachette alors que le Grunge faisait rage en surface. On assistait à des mélanges peu communs mais très intéressants et l’apparition de claviers dans le Métal était devenu un genre de normalité. Sur son deuxième album, Vital Remains avait mis le paquet pour concocter un album digne de ce nom en poussant l’extrémité de ses riffs et de sa rythmique tout en explorant de nouvelles sonorités plus sombres et plus froides. L’ajout de claviers ici et là tout au long de l’album apportait une touche encore plus glauque et sombre aux pièces du groupe. Vital Remains changera continuellement de chanteurs et de musiciens par la suite et continuera tout de même à nous offrir des albums hauts en couleurs et il est important de souligner l’apport du groupe à l’évolution du Death Metal malgré sa courte carrière.
Death – Symbolic – 1995
Symbolic, sixième album de Death, est considéré comme étant la pièce maîtresse de la discographie du groupe. Il pourrait être aussi l’apothéose du groupe si ce dernier n’avait pas sorti son septième album. Sur Symbolic, la barre avait été montée très haute pour le Métal plus technique et les riffs complexes de Chuck Shuldiner allaient indéniablement changer la face du Death Metal et la façon de le jouer dans un futur proche. Le génie de ce dernier était rendu à son paroxysme et plus rien ne pourrait arrêter l’évolution extraordinaire de la technicité Métallique. Que dire de plus de cet album? Qu’il figure dans la courte liste des albums qui ont changé l’histoire du Métal? Que c’est un album parfait qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie? La meilleure manière de décrire Symbolic et d’en comprendre toute l’ampleur ‘est de s’assoir bine confortablement et de l’écouter sans interruption.
Absu – The Sun of Tiphareth – 1995
Avec son deuxième album, la formation Américaine Absu prenait les bouchées doubles pour augmenter la qualité de ses compositions. Le mélange vicieux de Black et de Thrash Metal était agrémenté de parties plus classiques par moments et les compositions étaient beaucoup plus structurées et étoffées que sur le premier album. Avec une production plus claire et limpide, le groupe s’aventurait des contrées musicales plus complexes et explorait l’occultisme et la mythologie pour donner du tonus à ses pièces. Le trio deviendra rapidement une référence dans le Black Metal Américain et influencera plusieurs musiciens à travers le monde qui contribueront à leur tour au développement du Black Metal. The Sun of Tiphareth sera le premier d’une série d’albums incroyables que le groupe nous offrira jusqu’à sa séparation en 2020.
