L’Évolution Métallique selon Sinistros #1245
Cradle of Filth – Darkly, Darkly Venus Aversa – 2010
Angleterre
Cradle of Filth a toujours suscité de l’intérêt et de la passion, tant positive que négative au fil de sa carrière. Certains ne démordaient pas sur le fait que le groupe pouvait évoluer et changer sans pour autant renier ses origines. Darkly, Darkly Venus Aversa avait été vertement critiqué par les fans mais comme pour la majorité des albums qui ont précédé, les fans finissaient par apprécier les albums et les changements au bout de quelques écoutes. Cradle of Filth a toujours fait ce qu’il voulait musicalement et a toujours fait fi de ce que les gens pensaient. La troupe de Dani Filth avait toujours livré la marchandise et avait toujours fait des albums bien construits et bien produits. Darkly, Darkly Venus ne faisait pas exception à cette tradition d’excellence musicale qui s’était imposée dès les premiers albums du groupe. Il faut juste savoir apprécier le changement et surtout savoir s’y adapter, c,est ce qui fait la marque de commerce de Cradle of Filth finalement!
Acid Witch avait en quelle que sorte, sans vraiment le vouloir, réinventé le Doom en puisant ses idées directement à la source et en adaptant les vieilles sonorités au goût du jour. Le savant mélange de psychédélique, de fuzz et de Death Metal caverneux bien assaisonnés de riffs purement influencés par Black Sabbath et Cathedral avait fait mouche. Il était indéniable que le groupe Américain tenait une recette rafraîchissante qui sortait du lot et l’ajout de claviers aux sonorités des films d’horreur des années 70 aidaient grandement à mettre en musique toute cette oppression psychédélique et caverneuse. Stoned, quel excellent titre pour un album de Doom! En effet, les pièces de cet album nous donnent l’impression de faire un mauvais « trip » d’acide hallucinogène dans lequel il est impossible de se sortir. Si vous aimez les riffs gras et profonds remplis de réverbération et les thèmes issus tout droit de films cauchemardesques, Acid Witch est un groupe à considérer. Un excellent album de pur Doom sorti tout droit des abysses!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1243
Dååth – Dååth – 2010
États-Unis
Je vais possiblement me répéter mais il faut absolument que nous comprenions que la grande évolution métallique et même l’histoire musicale ne se sont pas faites uniquement avec des gros noms. Par exemple, The Beatles ne serait pas devenu légendaire sans les Carl Perkins de ce monde, ce qui nous fait dire que ce sont en grande partie des petits noms pas très connus qui ont influencé les plus gros et l’histoire s’est forgée ainsi. La formation Américaine Dååth fait partie de ces groupes moins connus qui ont eu un apport assez considérable sur le développement de la musique plus extrême, en l’occurrence dans l’évolution de la musique plus mécanique. Son dernier album éponyme est un de ces albums qui changent la donne à certains degrés avec des idées qui se démarquent des standards établis. Tous au long de sa courte carrière, Dååth a expérimenté avec les sons et les textures en nous offrant une musique éclatée, assez complexe et surtout riche en sonorités diverses formant un tout qui sortait vraiment de l’ordinaire. Ce dernier album était la preuve qu’un groupe pouvait faire ce qu’il voulait sans se soucier de qui ou quoi que ce soit tout en demeurant intègre et fidèle à lui-même. Le groupe finira malheureusement par se séparer en 2013 pour diverses raisons mais pour notre plus grand bonheur, Dååth est de retour depuis 2022 et prépare actuellement un cinquième album avec Krimh à la batterie, connu pour son travail avec Septicflesh. Un album à écouter sans réserve pour bien comprendre certains éléments de cette belle évolution métallique!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1242
The Lord Weird Slough Feg – The Animal Spirits – 2010
États-Unis
The Lord Weird Slough Feg n’a jamais failli à nous offrir des albums de qualité même en officiant sous le sobriquet de Slough Feg. Le groupe Américain était l’incarnation même du Heavy Metal pur et dur tel qu’il se devait d’être joué : Avec ferveur et passion. The Animal Spirits, huitième album du groupe mené par Mike Scalzi, reflétait exactement cette sonorité issue des pionniers du genre avec une touche de modernisme qui ajoutait du piquant à cette sauce déjà riche en saveurs. Certes, The Lord Weird Slough Feg n’est pas le plus connu des groupes mais son expérience de la composition et son génie créatif en a influencé plus d’un à poursuivre ce qui avait été initié dans les années 80. Si on aime le véritable Heavy Metal teinté de Hard Rock et d’éléments Folk, The Lord Weird Slough Feg est tout à fait indiqué pour vous faire passer de très bons moments et The Animal Spirits est l’un des excellents albums de la discographie à se mettre dans les oreilles au plus vite!
Crystal Viper représentait un genre de renouveau du Heavy Metal et plus le groupe évoluait, plus il se dirigeait vers un Power Metal épique à l’image des pionniers du genre tout en gardant en tête de demeurer intègre et rendre hommage au Heavy Metal originel propulsé par des groupes comme Warlock, Running Wild ou encore Chastain. La flamme de la vieille école brûlait de plus en plus belle sur le troisième album du groupe Polonais sur lequel Marta Gabriel avait pris le rôle de guitariste en plus de demeurer la voix officielle du groupe. Certains me diront que Crystal Viper n’est pas original et ils auront raison. Oui, Marta et ses musiciens reprennent des indées et des sonorités maintes fois entendues dans les années 80, mais cette facette est justement le but du groupe : Perpétuer la flamme originelle à bout de bras, ce qui était fait de façon magistrale. Sur Legends, tout était mis en œuvre pour faire revivre le passé avec les riffs épiques, les solos mélodiques et endiablés bien assis sur une rythmique puissante avec une voix chaude et chaleureuse qui rappelait la légendaire Doro Pesch. Que demander de plus? Tous les ingrédients étaient réunis pour nous faire passer un bon moment de pureté métallique qui allait initier les plus jeunes à la musique de la glorieuse époque.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1240
Ghost – Opus Eponymous – 2010
Suède
En Octobre 2010, alors que j’étais co-animateur de Réanimation sur CFOU à Trois-Rivières, j,avais reçu un promo provenant de Rise Above Records. Le premier album de Ghost, Opus eponymous, était sur le point de sortir officiellement dans les jours suivants et personne na,mvait entendu parler de ce groupe Suédois mystérieux. L’anonymité des membres, les masques, l’anti-pape, les ghoules sans nom faisaient planer le mystère autour du groupe et la sonorité était abrasive, de la vieille école et incroyablement riche. En entendant cet album, je suis tombé sur le cul et je me suis empressé de le passer à l’émission. Ghost fait partie des premiers groupes de la vague du « seventeen revival » qui a déferlé sur le monde métallique au début des années 2010 et son ascension a été plus que fulgurante. Lee Dorian savait qu’il ne pourrait pas garder le groupe pour ses futurs albums tant quelque chose de puissant s’en venait. L’identité des membres du groupe est demeurée pratiquement secrète jusqu’en 2017 même si certains mordus savaient en fait qui en étaient les principaux acteurs. Il faut prendre Opus Eponymous comme étant un « game changer » qui a ouvert des portes tant au groupe lui-même qu’à d’autres qui ont suivi comme Lucifer, Blood Ceremony ou encore The Devil’s Blood. Avec ses structures accrocheuses, ses riffs bien ficelés et ses textures sonores épiques, Opus Eponymous était devenu un classique instantané qui a contribué à propulser un groupe au sommet en l’espace de dix ans. Oui, on le sait tous que Ghost évoluera vers de nouveaux horizons sonores par la suite et que certains n’apprécient pas le fait que son look ne reflète pas le son généralement associé à ce type d’aspect théâtral mais on a qu’à penser à des groupes comme Coven qui, en 1969, était plus Satanique que n’importe quel groupe de Black Metal ou encore à des groupes comme Alice Cooper ou Kiss qui ont popularisé ce type de gamique dans les années 70 pour comprendre que Ghost, c’est la même chose en plus moderne. Opus Eponymous avait apporté un vent de fraîcheur dans ce monde élitiste et nous a montré un génie de la composition et des arrangements qui allait révolutionner et remettre le rock flamboyant de la carte de la grandeur avec les albums suivants.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1239
Melechesh – The Epigenesis – 2010
Israël
Malgré ses démêlés avec les autorités religieuses Israéliennes, Melechesh avait pu continuer à se produire et même exister en s’exilant aux Pays-Bas, ensuite en France et finalement en Allemagne. The Epigenesis, cinquième album du groupe, est considéré comme étant le chef d’œuvre de la discographie et avec raison : Cet album est sans aucun le plus sophistiqué, le plus technique et le plus complet de cette courte discographie. Ashmedi revenait avec ses sonorités du Moyen Orient mélangées à un Black/Death Metal caustique riche en riffs complexes dans lequel ce dernier n’hésitait pas à utiliser des instruments peu orthodoxes pour parfaire cette sonorité unique où s’entrecroisent chaleur de désert en plein jour et le froid intense des nuits désertiques. The Epigenesis est un chef d’œuvre du genre qu’il faut écouter au moins une fois pour découvrir des épices sonores plus rares.
Enslaved a eu une fulgurante évolution au cours de sa carrère, partant d’un Black Metal cru et direct qui a façonné le genre jusqu’aux prouesses progressives que nous connaissons aujourd’hui. Les fans des premiers albums attendent toujours que le groupe revienne à ses sonorités d’origine mais ce ne sera probablement jamais le cas. Pourquoi revenir en arrière quand on peut évoluer magistralement en allant de l’avant? Sur son onzième album, le groupe Norvégien perpétuait ce qu’il avait entamé au tournant des années 2000 avec des textures musicales riches en couleurs et des compositions d’une incroyable complexité alliant des sonorités abrasives et la pure des douceur en l’espace de quelques mesures. Axioma Ethica Odini avait en effet monté le tout d’un échelon et alors que certains pensaient que cet album ne pourrait jamais être égalé ni même dépassé, voilà qu’Enslaved allait nous réserver un paquet d’autre surprises avec les sorties suivantes, dépassant les attentes à chaque album qui allait sortir par la suite. Un autre chef d’œuvre fort important pour le développement de la musique cérébrale et complexe qui allait ouvrir des portes et permettre à d’autres de se développer encore plus les incitant à se surpasser.
Dimmu Borgir compte parmi les figures les plus connues du Black Metal, du moins ce qui était Balck Metal à ses débuts. Le groupe a lentement migré vers une musique plus symphonique et surtout plus accessible au tournant des années 2000 s’attirant ainsi les foudres des fans de la première heure. Avaient-ils raison? Peut-être que oui, possiblement non car malgré un changement de cap au niveau musical, Dimmu Borgir nous sortait toujours de très bons albums enlevants et bien ficelés jusqu’à ce que le groupe nous offre son huitième album officiel. Abrahadabra fut la première véritable faille dans la carrière du groupe Norvégien avec des pièces fades et sans inspirations qui visaient un public plus large ce qui avait considérablement affecté la qualité des compositions. Dimmu Borgir s’enfonçait dans l’ennui le plus mortel et dans la facilité la plus déconcertante. Mais nous n’étions pas au bout de nos peines car alors que nous pensions avoir entendu le pire album de la discographie du groupe, nous allions recevoir la gifle la plus claquante avec l’album suivant. C’est avec Abrahadabra que nous avons définitivement perdu Dimmu Borgir et tout espoir de réentendre des pièces dignes des belles années était inévitablement perdu à jamais. Cet album est un autre exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans une carrière musicale pour tenter de briller dans le vaste monde commercial.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1236
Cephalic Carnage – Misled by Certainty – 2010
États-Unis
Cephalic Carnage n’a pas la plus imposante des discographies ne proposant que six albums depuis ses débuts en 1992. Le dernier en date, Misled by Certainty, est sorti en août 2010 et un peu plus de 13 ans plus tard, un nouvel album se fait toujours attendre. Le groupe Américacain a cependant connu une évolution musicale foudroyante, passant du Grindcore à l’état pur à un Death Metal ultra technique au fil de ses six albums. Misled by Certainty est sans nul doute le plus éclaté et le plus technique de toute la discographie avec des riffs flamboyants et des structures très complexes qui détonnent avec le chaos présent sur le premier album. Même si Cephalic Carnage prend son temps à nous sortir un nouvel album, il est important de souligner l’importance qu’il a eu sur la musique brutale et technique pour son développement. Une forte influence pour de nombreux groupes à travers le monde et un excellent album à se mettre dans les oreilles si on aime les structures compliquées et éclatées.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1235
Malevolent Creation – Invidious Dominion – 2010
États-Unis
Quoi de mieux qu’un bon album de Death Metal bien brutal pour commencer la journée du bon pied? C’est bien meilleur et plus efficace que n’importe quel café corsé surtout quand c’est un album d’un groupe pionnier du genre. Malevolent Creation c’est bien plus que corsé, c’est abrasif et ce onzième album nous le rappelait violemment. Invidious Dominion était une autre bombe signée Malevolent Creation avec ses riffs caustiques et sa rythmique qui vous frappe sur la tête à grands coups de pelle juste assez puissants pour causer des maux de tête aux plus sensibles et de donner de l’adrénaline aux plus endurcis. Trêve de métaphores, tout ça pour dire que cet album est essentiel pour le développement du Death Metal et un excellent album de la discographie du groupe. Allez manants, il est temps de se faire défoncer les tympans!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1234
Accept – Blood of the nations – 2010
Allemagne
L’histoire de Accept n’est pas banale et a connu son lot de déboires au cours de sa carrière. Tout allait bien jusqu’au congédiement de Udo en 1987 au profit d’un chanteur Américain pour être en mesure de percer ce marché Nord-Américain si difficile à conquérir. Cet échec monumental conduit à la séparation du groupe en 1989. Une reformation avait eu lieu entre 1992 et 1997 pour trois albums et une autre séparation sen suivi jusqu’à un bref retour en 2005 pour une tournée sans grand intérêt. Puis, en 2009 Wolf Hoffmann avait tout bonnement décidé de repartir le groupe sans Dirkschneider qui n’était pas intéressé par la chose. Le poste de chanteur fut donc confié à Mark Tornillo de TT Quick et un nouvel album vit le jour en 2010. Blood of the Nations offrait la sonorité de Accept avec des pièces solides et même si Udo n’était plus la voix officielle du légendaire quintette, cet album fut un succès et Tornillo avait bien sorti son épingle du jeu. Avec Andy Sneap à la production, c’était évident que cet album allait sonner et rendre justice aux nouvelles compositions. On avait donc droit à un retour en force de Accept et Blood of the Nations était sans aucun doute le meilleur album depuis Metal Heart paru en 1985 prouvant ainsi que Wolf Hoffmann, Peter Baltes et Hermann Frank étaient toujours maîtres de la situation. Un puissant retour pour Accept qui continuera à nous offrir d’excellents albums jusqu’à nos jours.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1233
Iron Maiden – The Final Frontier – 2010
Angleterre
En connaissez-vous beaucoup de groupes qui n’ont jamais fait de mauvais album? Certes, il peut y en avoir des moins bons dans une discographie mais garder une constance tout en évoluant, ce n’est pas chose courante. Iron Maiden, ça vous dit quelque chose? Rendu à son quinzième album, le groupe Anglais, pionnier du mouvement NWOBHM, n’avait plus de preuves à donner à quiconque. The Final Frontier c’était du Iron Maiden pur à 1005 comme seul Iron Maiden peut le faire avec tout ce que ça peut impliquer. Bien sûr que l’intro Satellite 15 pouvait sembler curieuse mais bien imbriquée avec la pièce The Final Frontier, ça prenait tout son sens. Certains diront que cet album n’est pas le meilleur du groupe et ils auront raison. Les belles années sont passées depuis longtemps mais le groupe est encore capable de nous livrer d’excellentes pièces et des riffs dignes de ce nom. The Final Frontier prouvait que Iron Maiden c’était encore Iron Maiden et que le groupe livrera sans aucun doute la marchandise jusqu’à son dernier souffle.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1232
Sabbath Assembly – Restored to One – 2010
États-Unis
Sabbath Assembly est une curieuse formation musicale Américaine qui avait basé ses deux premiers albums sur les hymnes réimaginés de « The Process Church of the Final Judgement », mouvement « peace and love » et hippie de la fin des années 60 dont Charles Manson avait fait partie. Restored to One fut le premier album de Sabbath Assembly à mettre l’emphase sur ce sujet et comportait Jex Thoth à la voix. Même si cet album n’est pas foncièrement « Métal » à proprement parler, il fait partie de la nouvelle vague des groupes qui allaient puiser dans le répertoire des groupes psychédéliques des années 70 comme Blood Ceremony, Lucifer ou Ghost. Ce premier album avait ouvert la voie à lune suite d’albums plus lourds et plus puissants qui mélangeait des sonorités de Doom Metal avec des éléments issu des années 70. Un excellent premier album qui peut nous enligner sur la compréhension de cette vague qui avait déferlé sur le monde métallique au début des années 2010.
On savait depuis longtemps que Grave c’était l’affaire d’un seul individu. En effet, Ola Lindgren mène le groupe Suédois de main de maître depuis ses tout débuts en tant que Grave mais ceci va encore plus loin dans le temps alors que le groupe passait de Rising Power à Corpse pour devenir officiellement Grave en 1988. Depuis, le groupe est devenu l’un des chefs de file et pionniers du Death Metal Suédois, étendant son influence sur toute la surface de la planète avec son Death Metal granuleux. Burial Ground, neuvième album de la discographie, ne faisait aucunement exception à ce qui avait été initié au départ. Pas original et réchauffé me direz-vous? Pourquoi-donc? Grave a été un des premiers à forger cette sonorité unique et continue encore à ce jour à perpétuer cette tradition de musique grasse et puissante. Burial Ground était un autre excellent album du genre prouvant que Grave n’avait jamais baissé les bras et tenait cette flamme du Death Metal à bout de bras. À écouter le volume dans le fond!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1229
Nachtmystium – Addicts : Black Meddle pt II – 2010
États-Unis
On pourra bien dire du mal de Blake Judd pour ses frasques judiciaires et son statut de voleur et crosseur émérite, il n’en demeure pas moins que le bonhomme, aussi trou de cul soit-il, est tout un génie musical et un compositeur hors pair. Son projet Nachtmystium le prouvait une fois de plus avec son cinquième album. La deuxième partie de Black Meddle intitulée Addicts proposait divers styles musicaux bien intégrés à un Black Metal cru et direct. On n’a qu’à penser à la pièce Nightfall et ses relents Post Punk ou encore No Funeral bien assise sur des claviers vaporeux et une rythmique mécanique pour constater que le mot d’ordre était la diversité. Est-ce que Nachtmystium a été suffisamment influent pour se tailler une place dans cette belle évolution métallique? Bien évidemment, pourquoi en parler alors? Le duo concept de Black Meddle est un incontournable du genre et deux albums forts importants pour la suite des événements. Malgré tout le négatif entourant le personnage de Blake Judd, son projet Nachtmystium est un joyau du Black Metal Américain qu’il faut connaître pour bien comprendre certains aspects de l’histoire de la musique extrême.
Watain fait partie de la deuxième grosse vague Black Metal en Scandinavie. Avec ses riffs incisifs, sa rythmique directe et ses compositions à la sonorité crue, Watain s’est rapidement imposé comme l’un des leaders de cette vague qui avait déferlé sur le vaste monde métallique au tournant des années 2000. Lawless Darkness, quatrième album de la discographie, avait frappé très fort devenant ainsi le meilleur album de l’histoire du groupe Suédois. Avec ses mélodies caustiques et son atmosphère froide, Lawless Darkness prouvait que les membres de Watain étaient de sérieux compositeurs et des musiciens chevronnés qui n’avaient plus à faire leurs preuves. Un album incontournable du Black Metal qu’il faut prendre en considération pour bien comprendre l’évolution métallique à travers les décennies.
Thulcandra est reconnu pour avoir perpétué l’héritage de Dissection et le groupe ne peut aucunement s’en cacher tant les similitudes sont grandes sur ce premier album. Même riffs, mêmes structures musicales, même voix et même artiste pour la pochette. Malgré cette soi-disant copie de Dissection, il faut avouer que Thulcandra le faisait mieux, en plus technique et surtout en plus droit. Fallen Angel’s Dominion aurait effectivement pu être la suite directe de Dissection mais Thulcandra a pu aisément se sortir de cette impasse en imposant des éléments qui lui sont propres et une signature reconnaissable qui évoluera au fil des sorties suivantes. Un excellent album jouissant d’une puissante production et des meusiens chevronnés qui laisseront leur marque sur le monde du Black Death Metal mélodique.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1226
Aeon – Path of Fire – 2010
Suède
Le Death Metal en Suède avait été jusque-là soit mélodique ou soit gras. Les choses tendaient à changer notamment avec des formations comme Aeon, certes moins connues, qui s’aventuraient dans des sentiers un peu plus impraticables. Avec son troisième album Path of Fire, Aeon avait optimisé sa complexité musicale en offrant un Death Metal de plus en plus technique tout en gardant une certaine sonorité influencée par les groupes Floridiens comme Deicide ou Cannibal Corpse. Le brutal et la technique se mélangeaient dans des compositions des plus originales faisant du groupe Suédois l’un des plus intéressants de sa génération.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1225
Keep of Kalessin – Reptilian – 2010
Norvège
Keep of Kalessin avait à ses débuts tout pour monter assez haut dans la grande sphère métallique mondiale. Une séparation et un retour avaient fragilisé la formation mais elle avait tout de même été en mesure de rebondir avec Armada et Kolossus, deux excellents albums qui ont fini par faire la renommée du groupe. Puis, pour une raison obscure, Obsidian Claw et ses collègues ont fait un curieux virage pour se lancer dans un style plus accessible qui a abouti dans un album mitigé. Reptilian n’a pas eu le succès escompté et a été fortement critiqué malgré de bonnes idées et de bonnes pièces. Malgré tout le bon vouloir, le groupe commençait à gâcher son potentiel et on sentait que Reptilian était le début de la fin pour le groupe Norvégien. Non pas que cet album était mauvais mais il avait une saveur de réchauffé et le désintéressement de la part des fans se faisait de plus en plus sentir. Est-ce que Keep of Kalessin sera en mesure de réparer ses erreurs? C’est ce que nous saurons avec les sorties suivantes.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1224
Exodus – Exhibit B : The Human Condition – 2010
États-Unis
En 2010, Exodus avait récidivé avec sa deuxième partie de Exhibit. Une fois de plus, le groupe s’Aventurait vers des idées différentes et allongeaient les pièces, aspect qui déplaisait toujours aux fans. Exhibit B : The Human Condition reprenait exactement là où le groupe avait laissé avec Exhibit A, si on ne tient pas compte de Let There Be Blood, le réenregistrement de Bonded by Blood qui est à passer sous silence. Est-ce que Exhibit B était un si mauvais album selon les dires de plusieurs amateurs? Non. Tout comme son prédécesseur, cet album nous montrait un Exodus en pleine possession de ses moyens qui offrait des riffs sauvages et bien aiguisés et des compositions plus complexes qui gardaient le cap sur la sonorité originelle du groupe. La production signée Andy Sneap était irréprochable et mettait en valeur ce que la troupe de Gary Holt voulait explorer musicalement. Il est dommage que cet album fût le dernier avec Rob Dukes à la voix car mis à part la période avec Paul Baloff, elle a été la meilleure et la plus inventive de Exodus. Un autre album sous-estimé de la part de la légende du Thrash Américain à réécouter avec du recul pour l’apprécier à sa juste valeur.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1223
Sadist – Season in Silence – 2010
Italie
Malgré son titre évocateur et sa pochette qui pourrait porter à confusion, Season in Silence de Sadist est loin d’être un album de Noël. Blague à part, la formation Italienne récidivait en 2010 avec son sixième album qui se voulait une fois de plus explosif et rempli de textures et de sonorités diverses nous faisant définitivement oublier le désastreux Lego. Dans la grande communauté métallique mondiale, de plus en plus de groupes s’orientaient vers des structures plus progressives et plus techniques et Sadist peut se targuer d’être un des instigateurs d’un mouvement qui avait pris une ampleur démesurée. En effet, le groupe Italien fait partie de la première vague de groupes ayant mélangé des idées plus éclatées en poussant la technicité et la complexité à un plus haut niveau et Season in Silence prouvait ce fait avec ses atmosphères planantes de claviers vaporeux enveloppant des riffs de guitare compliqués à cheval entre le Death Metal brutal, le Progressif et le Jazz. Sadist fut l’un des premiers groupes à démystifier la basse en lui donnant un rôle de premier plan et en la complexifiant d’avantage pour apporter des rythmiques de plus en plus intrigantes. Season in Silence fait partie de ces albums mémorables qu’Il faut prendre connaissance pour bien comprendre l’évolution de la musique extrême et complexe.
Le Black Metal n’a jamais été une musique qui s’adressait à monsieur et madame tout le monde. Parfois désignée comme étant élitiste, le genre ciblait une catégorie d’amateurs de musique hors normes et se devait de demeurer loin des normes établies. La formation Norvégienne 1349 a toujours suivi son instinct au fil des albums, faisant fi de ce que ses fans pouvaient dire, sa musique était à prendre ou à laisser et aucun compromis n’était envisageable. Avec Demo noir, le groupe revenait à ses racines Black Metal de ses débuts tout en gardant certains éléments expérimentaux qui avaient fait frémir la communauté avec l’album précédent. Chaque pièce de l’album été précédée et suivie par une pièce instrumentale plus expérimentale nommée Tunnel qui donnait un fil conducteur très malsain entre deux pièces pour former un tout cohérent et malaisant. On retrouvait le 1349 qui s’était fait connaître grâce à ses riffs bien aiguisés et sa rythmique à fond la caisse. Demonoir pouvait être considéré comme étant la véritable suite de Hellfire et chose certaine c’est que cet album ne s’adressait pas du tout aux oreilles timides et aux âmes sensibles. Un excellent album de pur Black Metal pas gentil du tout à écouter à haut débit sonore.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1221
Valborg – Crown of Sorrow – 2010
Allemagne
Nul n’a besoin d’être extrêmement connu pour influencer tout un pan de l’histoire musicale et de faire bouger les choses. Il est indéniable que chaque groupe ayant existé ou existant toujours à petite, moyenne ou grande échelle a eu un impact sur d’autres pour ainsi forger le genre primaire et ses sous genres. Par ses riffs dissonants et les structures bizarroïdes de ses compositions, le trio Allemand Valborg a, sans le vouloir, influencé plusieurs autres musiciens à se sortir la tête du trou et d’accepter que le non standard et l’expérimentation pouvaient être incroyablement fascinants et riches en sonorités et textures diverses. S’appuyant sur des relents Industriels entremêlés d’éléments Progressifs et d’atmosphères sombres, Valborg avait réussi à se démarquer avec une musique originale qui sortait des sentiers battus et des standards métalliques. Crown of Sorrow demeurait un album très « underground » mais hyper important pour ce qui allait suivre. Si vous aimez le Doom Progressif et intriguant, Valborg est définitivement un groupe à considérer pour découvrir un univers sonore à l’opposé de ce qui se fait habituellement dans les lignes directrices générales de la grande famille métallique. À écouter sans réserves avec le volume au fond sans avoir peur de l’inconnu!
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1220
The Vision Bleak – Set Sail to Mystery – 2010
Allemagne
Le duo The Vision Bleak avait, dès son premier album, remis les pendules à l’heure face à ce qu’on appelle la musique Gothique. Ici, il n’était pas question de Gothique de pacotille joué par des extraterrestres habillés en noir et juchés sur des bottes à plateforme. Le duo rendait hommage aux pionniers du genre en musclant les guitares et la rythmique et en s’inspirant d’écrits comme ceux de Lovecraft et autres maîtres de l’horreur et de la noirceur. The Vison Bleak donnait une texture musicale à ses compositions avec une atmosphère provenant des années 1700 avec l’imagerie à la Dracula. Set Sail to Mystery avait frappé très fort en 2010 avec des compositions froides et sombres tricotées avec des riffs lourds auxquels on rajoutait du piano et des claviers au fil des pièces pour donner plus de tonus et de mystère autour des pièces. Markus Stock et Tobias Shönermann prouvaient une fois de plus qu’Lils étaient des génies de la composition mais surtout des arrangements. Un album parfait qui nous enseignait ce que le véritable Métal Gothique se devait être.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1219
Avantasia – The Wicked Symphony – 2010
Allemagne
Il est très rare que j’acquiesce à des demandes de chroniques spécifiques mais étant donné que la grande évolution métallique c’est un peu l’affaire de tous les fans de musique bruyante, la chronique de ce matin est une demande spéciale d’un lecteur et tombe en plein dans la chronologie qui a été instaurée en août 2020. Je me suis fait reprocher durant ces trois dernières de ne pas suffisamment parler du Power Metal, c’est vrai et j’ai mes raisons dont une qui est capitale : ne pas m’aventurer dans le volet « commercial » de la musique dite métal, créneau d’un bon nombre de groupes de Power Metal. Est-ce que la formation Allemande Avantasia fait partie de ce créneau? Bien évidemment! Le projet solo de Tobias Sommet, vocaliste de Edguy, a été mis en place pour aller chercher un plus vaste public et l’amener vers des sonorités plus grinçantes et plus rapides et dans ce merveilleux monde de la grande famille métallique, il n’y a pas que de la musique extrême. Avantasia comporte des virtuoses dans son équipe et sur ce cinquième album on retrouve même Eric Singer (Kiss) à la batterie. Avantasia c’est un peu comme un supergroupe dont les membres se sont réunis pour démystifier la musique Métal et la rendre plus accessible. The Wicked Symphony est un excellent point de départ pour ceux et celles qui ont envie de se muscler les oreilles un peu plus et qui ne savent pas par où commencer. Outre l’aspect symphonique, on y retrouve tous les ingrédients qui font d’un album un succès instantané : Riffs mélodiques bien ficelés, rythmique puissante et refrains accrocheurs avec une voix propre au genre sur des compositions épiques. Est-ce que Avantasia a influencé le monde métallique? Bien sûr que oui, comme chaque groupe de la planète a pu le faire à sa façon et à divers degrés depuis les tout débuts en 1970.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1218
Darkthrone – Circle the Wagons – 2010
Norvège
Qu’on soit en accord ou non, qu’on aime ou pas, il est indéniable que Darkthrone est toujours demeuré fidèle à lui-même et est toujours aussi intègre qu’à ses débuts. Le duo a toujours tenté de se renouveler tout en en gardant son éthique et sa sonorité de la vieille école, jouant avec des sonorités Black Metal abrasives, des éléments plus Punk ou carrément de pur Heavy Metal. Justement, sur Circle the Wagons Fenriz et Nocturno Culto nous avaient fait toute une surprise en s’orientant vers un Heavy Metal pur et dur au détriment de son Black Metal habituel. Les fans n’avaient pas compris cette orientation musicale mais en y réfléchissant bien, cette « nouvelle » facette de Darkthrone collait parfaitement à ce que le groupe faisait depuis ses débuts. Pas de compromis et surtout pas de faux semblants. Le duo était fan des groupes des années 80 et s’en était toujours inspiré, donc le fait de nous servir un album fortement teinté de Heavy Metal des premières heures était tout à fait justifié voire essentiel pour éviter de stagner et de répéter la même chose encore et encore. Darkthrone n’a au grand jamais sorti un mauvais album et Circle the Wagons en était une autre preuve. Un excellent album rempli de nostalgie sonore composé et rendu à la perfection.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1217
Cathedral – The Guessing Game – 2010
Angleterre
Alors que nous pensions avoir tout entendu en bizarreries sonores de la part de Cathedral, le groupe nous avait pris par surprise avec un album double en 2010. The Guessing Game semblait effectivement des plus curieux mais après quelques écoutes, on découvrait que cet album double était tout simplement du Cathedral à son meilleur avec son Doom psychédélique rempli de riffs mémorables et de structures très progressives qui prenaient leur source directement des groupes Prog des années 70. Malgré les interrogations et les avis différents, nous ne pouvions que faire le constat que Cathedral évoluait musicalement et se dirigeait vers d’autres contrées musicales avec des textures et des idées plus expérimentales que jamais. Laissons un chance à cet album hors du commun, réécoutons-le attentivement pour bien comprendre le cheminement de Lee Dorian et sa troupe et surtout pour bien comprendre pourquoi cet album était en avance sur son temps et très influent pour le Métal d’aujourd’hui.
Le nom de Tom G. Warrior, de son vrai nom Thomas Gabriel Fischer est un des plus connus du monde métallique extrême. Il est connu pour avoir donné vie à Hellhammer, à Celtic Frost, Apollyon Sun et finalement à Triptykon. Cette dernière incarnation de son trio de groupes (de son propre aveu, il ne compte pas Apollyon Sun dans le lot) était la suite de Celtic Frost après son départ en 2008. Il faut dire que Monotheist, dernier album de Celtic, aurait pu très bien être le premier album de Triptykon tant les similitudes sont grandes entre les deux entités. Fischer avait décidé de fuir la toxicité présente entre certains membres de Celtic Frost et en formant Triptykon, il s’assurait de tenir cette toxicité loin de son parcours musical faisant place à un immense retour créatif avec ce premier album de Triptykon. Eparistera Daimones nous motrait un Fischer en pleine possession de ses moyens et proposait une musique abrasive, lourde et excessivement puissante à l’image de ce qui avait été fait avec Hellhammer puis avec Celtic Frost. Ce premier album était tout simplement une évolution vers quelque chose de plus grand sur le plan musical et Triptykon allait devenir cet amalgame sonore qui avait fait les beaux jours des deux premières formations légendaires. Fischer revenait en pionnier qu’il avait toujours été plus éclairé et plus influent que jamais et laissait transparaître cette évolution sur les neuf pièces et les soixante-douze minutes de cet album magistral. Un retour puissant et fort réussi et un album qui ne laisserait personne indifférent.
L’Évolution Métallique selon Sinistros #1215
Unleashed – As Yggdrasil Trembles – 2010
Suède
Diantre! Je m’aperçois que je suis passé à côté de la quasi-totalité de la discographie de Unleashed! Honte à moi d’avoir sciemment (oui oui!) évité de parler de cet excellent groupe Suédois dont l’influence n’est pas à dénigrer, au contraire! Unleashed entre dans le créneau du Death Metal mélodique noirci et ce dixième album qu’est As Yggdrasil Trembles, album avec lequel j’ai connu la formation il faut le dire, poursuivait la tradition d’excellence musicale laissée par le groupe au cours des trois dernières décennies. Musicalement parlant, Unleashed n’inventait ou ne réinventait pas vraiment un genre ou des genres en particulier mais ses compositions ont eu (et ont toujours) le mérite d’être solides et bien ficelées et avec le recul, on peut s’entendre sur le fait que le groupe Suédois n’a jamais sorti un mauvais album au cours de sa carrière. As Yggdrasil Trembles fait foi de l’héritage sonore laissé par le groupe et je m’incline bien bas en signe de plates excuses pour avoir sans vraiment le vouloir volontairement omis d’en parler après le deuxième album paru en 1992… À écouter et à savourer sur le champ!