Dying Fetus – Killing on Adrenaline – 1998

Lorsqu’on parle de Brutal Death Metal, on se doit absolument de mentionner Dying Fetus dans le processus d’évolution. En effet, le groupe originaire du Maryland est l’un des pionniers de ce mélange de Death Metal sauvage et violent et de Grindcore qui est devenu le Brutal Death Metal. Sur son deuxième album le groupe poursuivait sa lancée de pure défonce sonore qui se démarquait par ses vocaux très gras et gutturaux et ses structures musicales qui passait du très rapide au très lent avec des riffs suffisamment techniques pour entre dans la catégorie des groupes de Death Metal justement plus techniques. Attention, Dying Fetus ce n’est pas pour tout le monde et surtout pas pour les voisins qui ne connaissent absolument rien au métal. Killing on Adrenaline surpassait de lon le premier album du groupe de par sa finesse et sa production, un album qui devridrait rapidement un classique du genre et une référence en la matière.

Gorguts – Obscura – 1998

Il y a de ces albums qui nous font dire « Kossé ça? » parfois ârce que c’est ultra mauvais et d’autres fois parce que c’est tellement bizarre qu’on finit par prendre conscience que c’est du pur génie et en avance sur son temps. Dès les premières notes de la pièce titre du troisième album de Gorguts, la majorité d’entre nous se demandait effectivement ce qui se passait et surtout comment prendre cet album de front. Les moins curieux d’entre nous ont immédiatement dénigré l’album le jugeant totalement chaotique et cacophonique. Les plus aventureux se sont heurtés à un album complètement disjoncté et possiblement beaucoup trop en avance sur son temps pour la majorité des Métalleux. Il aura fallu plusieurs écoutes pour dompter la bête pour finir par s’apercevoir que Obscura était en fait un album de musique classique joué par un groupe de Death Metal Technique. En 1998, cet album était tout simplement incompris, de nos jours on constate l’ampleur de l’héritage musical laissé par Gorguts avec son Obscura. Cet album a contribué à tout changer dans le Death Metal et rendre le style encore plus Technique et surtout hors des standards préétablis. Obscura est certes l’album le plus bizarre de toute l’histoire du Death Metal mais cette bizarrerie s’est propagée par la suite avec plusieurs groupes qui avaient à cœur de mettre la technicité et le talent de composition à l’avant plan et ainsi prouver que le Métal ce n’était pas uniquement une musique bruyante et Satanique. Merci Gorguts de nous avoir sortis de notre zone de confort et de nous avoir montré le chemin vers d’autres horizons sonores!

Primordial – A Journey’s End – 1998

Quand on parle de mélange entre le Folk et le Black Metal on pense immédiatement aux pays Scandinaves. Mais, le mélange a été initialement instauré dans certains pays Celtiques comme l’Angleterre et l’Irlande. Ces deux pays, tout comme tous les vieux pays, regorgent d’un passé riche en histoires à relater et certains groupes avaient tout bonnement pris sur eux de raconter l’histoire Ancestrale. En Terre Gaélique des groupes comme Cruachan et Primordial avaient établi les bases du Celtic Folk Metal et allaient devenir en quelque sorte les pionniers du genre. Sur son deuxième album, Primordial avait mis les bouchées doubles pour nous offrir un chef d’œuvre musical sans pareil dans lequel plusieurs genres se mêlaient pour aboutir à une sonorité unique alliant sauvagerie et atmosphères épiques. Les longues pièces contenues sur cet album nous faisaient plonger dans un lointain passé faisant de A Journey’s End un album clé de ce Celtic Folk Metal qui allait étendre ses sonorités à travers toute l’Europe et un peu plus tard partout sur la planète. Le talent musical des membres du groupe est indéniable et ce deuxième album est évidement un classique très influent pour l’évolution du genre.

Slayer – Diabolous in Musica – 1998

Il n’est pas rare que des groupes fassent des faux pas durant leur carrière mais parfois ces faux pas sont si incroyables qu’ils en deviennent abominables selon leurs fans. Le huitième album de Slayer était entré dans cette catégorie d’abomination lorsque le groupe avait tenté une percée dans le monde du Nu Metal. Est-ce que Diabolous in Musica était si épouvantable qu’on le prétend? Possiblement que non mais les fans en avaient décidé autrement. Slayer expérimentait beaucoup sur cet album et si on prend le temps de l’écouter attentivement, il contient d’excellents riffs et un lot d’idées nouvelles différentes certes mais très intéressantes. Des dires de Kerry King lui-même, Diabolous in Musica est le Turbo de Slayer. Au moins, nous pouvons nous consoler, ce dernier n’a pas qualifié l’album de Cold Lake. Prenons le temps de réécouter cet album en lui donnant sa chance!

Mercyful Fate – Dead Again – 1998

King Diamond officiait sur deux fronts et continuait à nous servir que de la qualité musicale. Le huitième album de Mercyful fut l’avant dernier d’une longue série épique et perpétuait la tradition de cette qualité de composition et surtout de l’influence incroyable que le groupe a eu sur la planète métal tout entière. Michael n’était plus dans le groupe laissant Hank Shermann seul aux commandes de la composition avec le King. Musicalement parlant, ça restait du pur Mercyful Fate bien construit et toujours tout aussi intéressant qui prouvait une fois de plus que l’héritage du groupe était très riche. Que dire de plus? Que c’est un autre chef d’œuvre qu’il faut absolument écouter? Alors, qu’attendez-vous?

Enslaved – Blodhemn – 1998

Enslaved est le groupe pionnier du Black Metal Scandinave qui a évolué le plus rapidement et le plus drastiquement musicalement parlant. De ses origines purement Black Mrtal du premier album, le groupe a migré vers un côté plus progressif au fil de ses sorties offrant de plus en plus de technicalité et de sonorités diverses à chaque album. Sur Blodhemn, la partie « Viking » avait été mise en avant plan avec une sauvagerie sonore incroyable mais aussi avec des éléments plus vaporeux et plus éthérés en mettant l’emphase sur les vocaux « cleans » et les structures plus étoffées. Attention, le Black Metal était toujours encore bien ancré dans la sonorité du groupe mais on s’aventurait vers d’autres horizons sonores faisant de Enslaved un groupe à part et difficilement copiable. Blodhemn fut le début d’un grand changement dans la sonorité du groupe et le mènera là où il est rendu maintenant. Un excellent album qui fait le pont entre deux styles et qui est d’une influence majeure pour la suite des choses dans la grande évolution du Métal.

Opeth – My Arms, Your Hearse – 1998

Opeth allait embrasser son côté progressif de façon spectaculaire sur son troisième album au grand dam d’une partie de ses fans. Certains disaient que My Arms, Your Hearse était pompeux et que le groupe s’éloignait de sa sonorité originelle des deux premiers albums. Pourtant, si on écoute attentivement ces deux albums, on voyait clairement venir cette évolution dès les premières notes de Orchid. Évolution. Ce grand mot qui fait peur et dont il faut absolument se méfier mais qui amène les génies de la musique à se surpasser et éviter la stagnation. Oui, avec My Arms, Your Hearse, Opeth évoluait vers quelque chose de plus grand, de plus éthéré et bien sûr possiblement plus élitiste à l’image des groupes de Progressif des années 70. On mesurait pleinement le génie de compositeur et le talent incroyable de Mikael Akerfeldt au niveau des arrangements et des voix. Les détracteurs de cet album n’ont vraisemblablement rien compris et c’est dommage pour eux car cet album est d’une importance capitale pour la suite des choses et de l’évolution du métal technique et progressif.

Impaled Nazarene – Rapture – 1998

Impaled Nazarene n’a jamais connu ce que nous pouvons appeler succès. Il n’y avait possiblement aucun plan en ce sens lorsque le groupe s’est formé et cette facette s’est perpétuée d’album en album, le groupe gardant en tête de ne pas fléchir vers le côté commercialisable de sa musique. C’est en gardant des riffs simples et une structure musicale rappelant celle du Punk que Impaled Nazarene a bâti sa mauvaise réputation, réputation qui a eu un immense impact sur la scène Black Metal mondiale. Sur Rapture, même si le groupe gardait son identité intacte, il est force de noter que le vent du changement et de l’évolution faisaient finalement partie des plans du groupe. Ce changement était notable au niveau de la production qui était beaucoup plus fluide et claire que les productions crasseuses des précédents albums ce qui avait amené le groupe Finnois vers un autre niveau. Rapture est un excellent album du genre et prouve que le Punk et le Black Metal vont très bien ensemble et partagent plusieurs éléments en bout de ligne. À écouter sans compromis le volume dans le fond!

Einherjer – Odin Owns Ye All – 1998

Curieusement, le deuxième album de Einherjer était loin de faire l’unanimité à l’époque et c’est toujours le cas aujourd’hui. Odin Owns Ye All est-il un album complètement incompris? For possiblement que oui car ce magnifique album ne s’adresse pas vraiment pour le Métalleux typique. Cet album était très en avance sur son temps avec ses riffs incisifs et ses éléments très Folk qui avaient redéfini le terme Viking Metal. Les vocaux « cleans » en avaient pris plusieurs par surprise et le petit côté Black Metal du premier album n’était pas présent sur Odin Owns Ye All mettant ainsi Einherjer dans un créneau à part, créneau boudé par beaucoup d’amateurs qui semblaient traiter le groupe comme étant des « posers » ce qui était totalement faux. Einherjer faisait ce qu’il voulait selon ses convictions et son apport pour le style Viking est plus qu’important. Odin Owns Ye All est une perle de la discographie du groupe mais aussi un joyau de la grande scène Métallique Scandinave. À écouter ou réécouter attentivement pour mesurer tout le génie et l’ampleur de ce chef d’œuvre!

Old Man’s Child – Ill-Natured Spiritual Invasion – 1998

Avec Ill-Natured Spiritual Invasion, Galder faisait un pas de géant et s’affirmait en tant que « one man band ». Est-ce que le bonhomme était difficile au point de ne pas avoir de musiciens avec lui et pratiquement faire tout lui-même? Possible que oui, possible que non. Il est important de mentionner que lorsqu’un génie musical a une vision, elle est généralement ancrée dans le ciment et toute aide extérieure peut altérer cette vision, or le fait est que Galder, qu’on l’aime ou pas, est un sacré génie musical avec toute une vision artistique et musicale. Cette facette s’entends clairement sur ce troisième album de Old Man’s Child sur lequel Galder s’en donne à cœur joie dans le mélange Black Metal et musique classique et au détriment des détracteurs, c’est vraiment réussi. Certes, ce troisième album pourrait sonner un peu plus accessible pour certains, mais dans les faits il n’en est rien. Galder a travaillé fort pour concocter cette merveille musicale et aidé de Gene Hoglan à la batterie pour rendre cette vision plus droite que possible, il a signé sa pièce maîtresse qui deviendra rapidement une influence majeure dans le vaste monde du Black Metal Symphonique. Un album spectaculaire réalisé par un seul homme, il faut le faire!

Nile – Amongst The Catacombs Of Nephren-Ka – 1998

La formation Américaine Nile avait créé tout un tsunami lors de la sortie de son premier album. Non seulement Amongst The Catacombs Of Nephren-Ka avait comme sujet l’ancienne Égypte, Nile allait faire de ce passé incroyable son cheval de bataille pour toute sa carrière. Musicalement parlant, Nile arrivait en grande pompe avec un Death Metal ultra technique et très brutal avec des éléments symphoniques majestueux et des sonorités venant du passé qui renforcissaient le thème des pharaons et du côté noir et occulte des divinités de la mort. De cet alignement, seul Karl Sanders demeure encore aujourd’hui au sein de la formation. Son apport au Death Metal mondial est indéniable, Nile a été le premier groupe à s’intéresser aux ancêtres du Moyen Orient et son influence se fera sentir sur plusieurs groupes par la suite.

Incantation – Diabolical Conquest – 1998

Diabolical Conquest est sans aucun doute la pièce maitresse de la discographie d’Incantation. Avec ce quatrième album, le groupe Américain avait quelque peu maturé et avait défini sa sonorité brutale pour de bon. La production avait grimpé de plusieurs échelons et les compositions devenaient de plus en plus techniques et d’une sauvagerie sans limite. C’est avec un habile mélange de pur Death Metal, de Black et de Doom qu’Incantation avait pris le monde du métal extrême par surprise. Le groupe deviendra ainsi une référence très importante à partir de cet album en étendant son influence malsaine à travers le globe. Un des meilleurs albums de Death Metal de tous les temps!

Satan – Earth Infernal – 2022

Satan – NWOBHM – Angleterre
Earth Infernal – 2022
Metal Blade Records
9.4/10

Depuis son retour fracassant en 2013, Satan ne cesse de nous étonner d’album en album en démenant fidèle à lui-même et en propageant la véritable flamme de la NWOBHM bien haut. En 2022, le quintette nous revient avec un quatrième album depuis son éclatant retour et laissez-moi vous dire que Earth Infernal se hissera bien haut dans les tops cette année.

En 2013 avec Life Sentence, Satan avait repris exactement là où il avait laissé avec Court in the Act en 1983, laissant de côté Suspended Sentence et sa brève vie sous le nom Blind Fury. Le groupe avait gardé tout de l’époque, de la production aux compositions complexes et originales et depuis Life Sentence, on garde toujours cette production de la vieille école dans laquelle les « triggers » et autres artifices technologiques sont proscrits. Sur Earth Infernal on continue sur cette lancée, ça sonne comme dans le temps mais ça sonne aussi très de notre époque. En vinyle c’est encore plus chaleureux et le format rends justice aux pièces de l’album. Compositions qui sont d’autant plus remarquables, Steve Ramsey et Russ Tippins forment tout un duo de guitaristes qui savent forger des riffs incroyablement originaux et surtout très techniques compte tenu du style musical présenté. Brian Ross est plus en forme que jamais, sa voix chaude et unique se marie tellement bien avec les riffs de guitare qu’on en reste estomaqué à chaque pièce.

Il est dommage que Satan soit un groupe méconnu de la majorité des Métalleux car son apport au Heavy Metal et surtout à la scène NWOBHM est sans contredit des plus importantes et le groupe n’a absolument rien à envier à quiconque, il est en mesure de donner de sérieuses leçons à de grands groupes établis depuis des décennies. Possiblement le meilleur album de la discographie du groupe, un bon coup de pied dans les parties, ça fesse fort!

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9.5
Production : 9
Appréciation : 9.5

Katatonia – Discouraged Ones – 1998

Après deux albums qui frappaient fort en puissance, Katatonia avait pris la décision de s’adoucir un peu sur son troisième album. Non pas que Discouraged Ones était un album mou, au contraire mais le groupe prenait une tangente plus Rock, tangente qui allait suivre pour les albums suivants et définir le son du groupe pour de bon. Sur ce troisième album, le groupe y allait avec des compositions plus lentes et plus dépressives avec des vocaux growls quasi inexistants et des guitares avec moins de distorsion. Le tout était évidemment plus fluide et plus léché ce qui aura pour effet de dissuader certains fans de continuer l’aventure Katatonia. Mais bon, comme tout groupe subissant une évolution loin des attentes des fans, il est normal que certaines réticences s’installent. Quoiqu’il en soit, Discouraged est un album hypnotique qui aura une forte influence sur une toute nouvelle vague de groupes qui quitteront le Black Metal pour se concentrer sur des sonorités plus « shoegaze » et plus atmosphériques. Un excellent album qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie et en savourer chaque instant.

Cradle of Filth – Cruelty and the Beast – 1998

Avec son troisième album, Cradle of Filth se platanit les pieds solidement dans le vaste univers Métallique avec son mélange de Black Metal à saveur Gothique et d’éléments symphoniques. Malgré une production plus pauvre, Cruelty and the Beast est souvent considéré comme étant la pièce maîtresse de la discographie du groupe Anglais. Ses longues pièces épiques et ses riffs acérés faisaient de cet album une sorte de référence pour le genre et allait influencer un grand nombre de musiciens à prendre cette voie symphonique pour faire évoluer le mélange du métal avec la musique classique. Un excellent album rempli d’idées incroyables qui valent le détour à chaque écoute.

Cannibal Corpse – Gallery of Suicide – 1998

Gallery of Suicide est l’album qui cimentera à jamais le son traditionnel de Cannibal Corpse. Le groupe poursuivait sur sa lancée d’albums sauvages et mémorables sans réellement changer sa recette. Pourquoi changer quand on a une recette gagnante et qu’on est un des inventeurs du Death Metal Floridien? Cette sonorité si caractéristique et ces riffs incendiaires permettront à Cannibal Corpse de se hisser très haut parmi les grands du Death Metal mondial et ainsi devenir une référence en la matière. Gallery of Suicide n’est peut-être pas le meilleur album de la discographie du groupe mais il contribuera grandement à démystifier le genre pour en faire de nouveaux adeptes. Un excellent album brutal qui frappe fort à l’image de ce que Cannibal Corpse était en mesure de fournir.

U.D.O. – No Limits – 1998

Après un retour plus ou moins nécéssaire avec Accept et trois albums qui ont planté le clou dans le cercueil du groupe, Udo était revenu avec son groupe en 1997 pour sortir une bombe nommée Solid. Le bonhomme avait récidivé l’année suivante avec ce qui pourrait être son meilleur album. No Limits remettait le Heavy Metal pur et dur sur les rails et prouvait que Udo était tout un chanteur et un des pionniers du métal les plus influents de tous les temps. Avons-nous vraiment besoin de débattre longtemps sur la validité de Udo et son apport à la grande scène Métal? Allez écouter No Limits dès maintenant et cessez d’en douter! Un album parfait de Heavy Metal comme il se doit d’être.

Candlemass – Dactylis Glomerata – 1998

Le sixième album de Candlemass n’avait pas été bien reçu pas de nombreux fans à l’époque. Était-ce parque que cet album était fort différent de ce que le groupe avait fait auparavant? Était-ce parce que Candlemass était désormais le groupe de Leif Edling avec un tout nouvel alignement? Toujours est-il que Dactylis Glomerata était plutôt destiné à être un album du projet Abstrakt Algebra mais Edling avait été poussé par le label à sortir l’album sous le nom Candlemass. Est-ce si mauvais pour que les fans boudent cet album? Absolument pas! Malgré certaines sonorités différentes, ce sixième album était du pur Candlemass aussi puissant et intéressant qu’avant, Leif Edling portait toujours le Doom à bout de bras et ce sixième album était tout un album de Epic Doom Metal. Allez détracteurs, réécoutez cet album attentivement et vous découvrirez certaines idées qui ont été reprises plus tard avec Krux, Avatarium et The Doomsday Kingdom!

Skinless – Progression Towards Evil – 1998

Le Death Metal avait pris une toute nouvelle tangente encore plus brutale notamment grâce a des groupes comme Skinless. Ce Death Metal Metal brutal avait pris naissance aux États-Unis et Skinless, malgré son statut de groupe peu connu, avait contribué à implanter le genre avec son premier album Progression Towards Evil. Cet album ne jouissait certes pas d’une production claire et fluide mais le côté sale de cette production contribuait à alimenter la sonorité extrême des pièces de l’album. Le groupe changeait régulièrement de tempo passant de très rapide à très lent tout en gardant en tête que la puissance de frappe était de mise. Progression Towards Evil était un avant-goût de ce qui allait suivre en frais de musique extrême et sans le vouloir, Skinless fait désormais partie des pionniers du genre.

Marduk – Nightwing – 1998

Le Black Metal était solidement implanté dans la grande scène métallique mondiale emn particulier en Scandinavie. Certains groupes avaient déjà fait scandale pour diverses raisons rendant le genre encore plus inaccessible et mystérieux. Le cheval de bataille de nombreux groupes de Black Metal était bien entendu le Satanisme et l’Anti-Chrétienté avec certains des membres de ces groupes qui vouaient réellement un culte à Satan. Le mythe entourant le Black Metal poursuivait sa lancée vers les profondeurs abyssales avec le cinquième album de Marduk qui, contrairement à ce que nous connaissions du Black Metal, jouissait d’une production incroyablement puissante et des compositions très techniques avec des riffs incendiaires et une rythmique réglée comme une horloge. Marduk était un de ces groupes qui réussissaient à faire prendre le Black Metal au sérieux et qui contribuait à aller chercher plus d’adeptes à ce style extrême. Nightwing est un excellent album de pur Black Metal malsain qui a fortement contribué à faire évoluer le genre.

The Legendary Pink Dots – The Museum of Human Happiness – 2022

The Legendary Pink Doits – Experimental Rock – Pays-Bas
The Museum of Human Happiness – 2022
Metropolis Records
9.5/10

The Legendary Pink Dots a eu une carrière incroyablement prolifique depuis ses débuts en 1980. Dans sa version officielle, la discographie des Pink Dots ne compte pas moins de 46 albums et 26 mini albums mais cette discographie s’étends bien au-delà car la formation offre régulièrement des albums numériques qui ne sont pas vraiment compilés dans ladite discographie, du moins celle des médias. Se rajoute à cette discographie imposante, plus d’une quarantaine d’albums et une vingtaine de mini albums sous le nom Edward Ka-Spel sans compter les enregistrements de projets connexes tels que The Tear Garden et Mimir. Le cœur des Pink Dots est composé de Edward Ka-Spel et Phil Knight (The Silverman) depuis les tout débuts avec des musiciens qui se greffent au délire musical au fil des années.

Pour ma part, je suis un fan fini du groupe depuis ma rencontre avec Any Day Now en 1988 et depuis, aucun album ou enregistrement ne m’a déplu ou déçu. Il est important de mentionner que la musique des Pink Dots est très expérimentale mais garde le cap sur les émotions et la sensibilité musicale ce qui pourrait dérouter un auditeur non habitué à la folie musicale et aux dérives liées à l’expérimentation. On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec un nouvel album mais on sait que ça demeure toujours du Legendary Pink Dots. Le 46e album, The Museum of Human Happiness ne fait aucunement exception à la règle. Tout est permis et le trio actuel s’en donne à cœur joie avec des éléments issus de certains albums passés. Ka-Spel et The Silverman puisent dans près de 42 ans de production musicale tout en tentant de nouvelles sonorités. Le « clash » entre les claviers « vintage » et les claviers modernes donnent des idées fantastiques au point de vue créatif et les guitares viennent ajouter un peu de mordant à cette vaste aventure sonore.

En puisant dans une vaste discographie de près dune centaine d’albums on pourrait avoir tendance à se répéter un brin mais dans le cas de Legendary Pink Dots, cette répétions est à peine perceptible au fil des sorties et ce nouvel album est là pour prouver ce fait. Ce n’est pas pour tout le monde mais si comme moi vous aimez les sonorités grandioses et les structures musicales disjonctées, The Museum of Human Happiness est tout indiqué pour égayer vos soirées d’écoute! Un album qui se retrouvera haut perché dans le top 2022 de Hurlemort.

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9.5
Production : 9.5
Appréciation : 9.5

Iron Maiden – Virtual XI – 1998

Virtual XI fut le deuxième et dernier album de Iron Maiden avec Blaze Bayley au poste de chanteur. Cette période de Iron Maiden n’est certes pas la plus populaire de sa carrière mais contrairement à ce plusieurs personnes pouvaient dire, ce n’était pas une période catastrophique pour autant. Bien sûr que Iron Maiden se cherchait quand même beaucoup durant cette drôle de période mais le groupe Anglais avait tout de même réussi à demeurer en vie et ce suffisamment pour ne pas être obligé d’être sur le respirateur artificiel. Sur Virtual XI on expérimentait encore comme sur les albums précédents ce qui avait donné des pièces un peu bizarre pour le fan des années 80. The Angel and the Gamer aurait pu être une pièce de The Cult, The Clansman est une formidable pièce qui est toujours dans le répertoire et chantée par Dickinson lui-même depuis plusieurs années. Il ne faut pas blâmer Bayley pour ses deux albums, le gars avait de gros souliers à chausser et il a malgré tout réussi à se tailler une place dans la grande sphère métallique et à se faire respecter en tant que chanteur. Virtual XI n’est vraiment pas le meilleur album de Maiden mais il demeure que cet album a ses excellents moments et a permis au groupe de survivre en cette période Grunge.

Arch Enemy – Stigmata – 1998

Avec Stigmata, Arch Enemy montait en grade en améliorant sa composition et sa technicité. Les musiciens du groupe étant plus solides, les compositions avaient pris un tournant un peu plus mélodique tout en gardant le petit côté sauvage et granuleux du premier album. Comparativement à ses pairs Suédois œuvrant dans le Death Metal, Arch Enemy n’était pas tombé dans le moule du Death Metal mélodique issu du son de Gothenburg mais conservait tout de même cette sonorité typique de la Suède avec des rythmiques rapides et des riffs puissants et plus lents. Stigmata marquait le départ véritable du groupe vers les plus hautes sphères métalliques planétaires et ce n’était qu’une question de temps pour que le groupe ne signe avec une grosse étiquette. Un album pas parfait certes mais très influent au niveau du son et de la composition.

Symphony X – Twilight in Olympus – 1998

Contrairement à la majorité des groupes œuvrant dans le Power Metal, Symphony X s’efforçait de rester éloigné du côté commercial et sirupeux du genre. Son quatrième album en fasait foi puisqu’il avait reçu une réception mitigée à sa sortie, certains fans reprochant au groupe de devenir trop Progressif et surtout de moins en moins accessible. Il faut dire que Twilight in Olympus contenait des riffs incroyables et regorgeait d’envolées de notes tant sur la guitare que sur le clavier déclassant pratiquement Yngwie Malmsteen au rang d’amateur. Les purs et durs ne s’habitueraient probablement pas à la voix du chanteur mais celle-ci cadrait bien et contrastait à merveille avec les pièces quand-même plutôt « heavy » proposées par le groupe. Symphony X est l’exemple parfait de ce qu’un groupe de Power Metal Progressif se doit d’être et l’influence de cet album se fera sentir au tourant des années 2000 lorsque le Power Metal créera une véritable explosion musicale dans la grande famille métallique.

Tristania – Widow’s Weeds – 1998

Le style Gothique avait été adopté par plusieurs groupes et ce depuis le début des années 90. Mais bien mélangé à un métal symphonique puissant et des sonorités plus Doom donnait une musique triste et mélancolique pas piquée des vers. Tristania avait compris dès son premier album que ces mélanges donneraient une musique grandiose et que le groupe Norvégienne deviendrait assez rapidement une référence en la matière. Widow’s Weeds était arrivé vers la fin des années 90 comme un nouveau souffle pour le Métal lent et épique avec ses compositions étoffées et grandioses qui allaient redéfinir le genre et influencer toute une génération de groupes issus du tournant des années 2000. Un superbe premier album touchant et riches en sonorités diverses qui faire ressortir les émotions sombres au plus haut niveau.

Septic Flesh – A Fallen Temple – 1998

Je m’étonne toujours sur un groupe ou un artiste qui est capable d’évoluer dsans tomber dans le piège de la facilité. Plusieurs amateurs de musique ont de la difficulté avec le changement possiblement dû au fait que certains artistes choisissant d’évoluer le font pour une question de gloire et d’argent en sacrifiant le côté artistique de leur œuvre. Septic Flesh a évolué au fil de ces albums sans toutefois tomber dans ce piège commercial et dénué d’intérêt. A Fallen Temple, quatrième album du groupe Grec, amenait Septic Flesh vers d’autres contrées sonores tout en gardant son essence symphonique. Cette évolution se situait plus au niveau des ambiances et des structures musicales qui se voulaient beaucoup plus sombres et lugubres. Les frères Antoniou et Sotiris Vayenas avaient délibérément choisi de bifurquer vers des éléments plus Gothiques ce qui rendait la musique de Septic Flesh encore plus épique et grandiose. À partir de A Fallen Temple les Grecs avaient trouvé leur sonorité propre qui allait les suivre pour le restant de leur carrière. Tout un album à découvrir ou à redécouvrir et un album riche en émotions qui est rapidement devenu un influenceur de haut calibre.

Oryg – Älvefärd – 1998

Le mélange entre la musique traditionnelle et diverses formes de Métal ne date pas d’hier. Bien que l’on relate certaines formes de ce mélange aussi loin qu’au milieu des années 80 notamment avec Bathory, ce n’est que dans la première moitié des années 90 que le véritable Folk Metal s’est implanté. Les pays Scandinaves ont été et sont toujours un berceau prolifique pour ce sous genre métallique, plusieurs formations fort connues se sont illustrées et s’illustrent encore de nos jours. Mais, il ne faut surtout pas oublier des formations plus obscures comme Otyg qui ont véritablement contribué à l’implantation du pur Folk Metal en incorporant des éléments traditionnels issus de temps immémoriaux en utilisant des instruments de l’époque comme les flutes ou le luth donnant ainsi cette sonorité médiévale qui se dégage tout au long des douze pièces de son premier album. Il faut également mentionner que Otyg contient dans ses rangs nul autre que Andreas Hedlund plus connu sous le pseudonyme Vintersorg. Älvefärd est un album pur qui, malgré ses racines plus Métal, met l’emphase sur la musique traditionnelle faisant de cet album toute une référence en matière de Folk Metal. À écouter sans réserves pour savourer toutes ces sonorités issues d’un passé lointain.

Behemoth – Pandemic Incantations – 1998

Behemoth avait pris les grands moyens et mis les bouchées doubles pour l’évolution vers son troisième album. Pandemic Incantations se voulait beaucoup plus technique sur le plan musical et Nergal s’éloignait de plus en plus du Balck Metal pur et dur. Un petit côté plus Death faisait son apparation et le groupe gagnait en puissance tout en continuant de développer ses habiletés en composition. Cet album marquait l’arrivée de deux nouveaux membres, Mefisto à la basse qui ne restera que le temps d,un album et Inferno à la batterie qui deveindra avec Nergal le membre le plus constant du groupe. Grâce à ce dernier, Behemoth devenait beaucoup plus droit et surtout beaucoup plus puissant qu’auparavant. Nergal est le cerveau derrière Behemoth et son influence d’albums en albums se fait toujours sentir aujourd’hui. Pandemic Incantations est l’un des albums importants dans la discographie du groupe et un album important pour toute la grande famille métallique.

Ghost – Impera- 2022

Ghost – Progressive Rock/Hard Rock – Suède
Impera – 2022
Loma Vista Recordings
9,5/10

Le cinquième chapitre vient de s’ouvrir pour Ghost. Avons-nous encore besoin de faire les présentations? Je crois que non. Aimée ou non, la troupe de Nameless Ghouls avec son chef Papa Emeritus IV continue de faire parler d’elle et avec Impera, Ghost monte aux sommets des « charts » à travers la planète. Avant de commencer la chronique pour de vrai, je me dois de dire les vrais affaires : Ghost n’est plus le groupe de Opus Eponymous et ce n’est pas un groupe Métal, point final.

Donc, le Cardinal Copia a été promu Pape et devient ainsi Papa Emeritus IV, premier d’une nouvelle lignée. Sur Impera, Tobias Forge nous offre des pièces différentes tout en gardant l’essence même de Ghost. Comme pour les albums précédents, le son évolue et nous transporte vers des styles appartenant au passé, en particulier les années 80. Tantôt on flirte avec le Glam pour bifurquer vers des sonorités qui avaient fait les beaux jours des groupes de « Arena Rock » ou AOR Adult Oriented Rock) avec toujours ces mélodies accrocheuses dont Forge est capable de nous pondre. Le côté Progressif entamé sur Meliora est poussé plus loin et encore une fois, la production nous en met plein les oreilles, ça sonne incroyablement bien, on a droit à un mur de guitares et les claviers sont bien à leur place pour apporter toutes les atmosphères désirées pour chaque pièce de l’album. Impera, c’est la suite des choses et cette évolution est tout simplement majestueuse.

Je suis un fan fini depuis la sortie de Opus Eponymous en octobre 2010 et je m’assume pleinement. Impera est pour moi un autre autre chef d’œuvre de Ghost qui se retrouvera bien haut dans les tops 2022 de Hurlemort. Vous n’aimez pas? Pas besoin d’en faire un plat, je n’en ai absolument rien à foutre.

Composition : 9,5
Exécution : 9,5
Arrangements : 9,5
Production : 9,5
Appréciation : 9,5

Morbid Angel – Formulas Fatal to the Flesh – 1998

Le sixième album de Morbid Angel apportait un changement majeur au sein de la formation. David Vincent avait été remplacé par Steve Tucker au poste de vocaliste et bassiste. Plusieurs fans disent même que ce changement fut bénéfique pour Morbid Angel et que Steve Tucker est de beaucoup supérieur à son prédécesseur. Dans le titre Formulas Fatal of the Flesh se cachait un code numérique avec trois lettres « F » qui est la sixième lettre de l’alphabet, donc un belle subtilité pas si subtile que ça! Ce sixième album montrait un Morbid Angel en pleine possession de ses moyens avec des pièces chaotiques et brutales comme seul Trey Azagthoth était capable de nous livrer en faisaint de cet album un classique du genre et surtout un album qui contribuera à changer le Death Metal pour le rendre encore plus technique et brutal. Une bombe Métallique qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie!