Alors que la planète entière vibrait au son des groupes Grunge et qu’on célébrait la mort du Métal dans les réseaux « mainstream », la réelle révolution continuait à s’operer dans les méandres de l’univers Métallique. Le Death Metal avait pris sa place depuis un bon bout et des formations comme Suffocation continuaient à alimenter la flamme à grands coups de riffs brutaux et de rythmique qui frappe fort. Le deuxième album du groupe, Breeding the Spawn, avait justement frappé très fort et la vague Death Metal continuait ainsi de déferler sur le monde avec l’immensité d’un incontrôlable tsunami dévastant tout sur son passage. Suffocation était rapidement devenu une légende et un de ces pionniers qui ont refaçonné la face Métallique. Les détracteurs du Métal savourant ainsi leur victoire ne se doutaient pas un seul instant qu’ils allaient en découdre avec de la brutalité musicale pendant très longtemps…
At the Gates – With Fear I Kiss the Burning Darkness – 1993
Avec son deuxième album, la formation At the Gates réaffirmait son nouveau statut de pionnier du Death Metal Mélodique et se plaçait en tête du nouveau son de Gothenburg qui allait déferler nn seulement sur la Suède mais sur la planète entière. Grâce à ses riffs techniques et complexes, les compositions de At the Gates gagnaient en maturité avec des structures étonnantes et des textures musicales hors du commun. With Fear I Kiss the Burning Darkness définissait les balises entre le Brutal Death Metal et le Black Metal pour établir un genre Métallique à part entière qui influencera plusieurs groupes issus de la grande scène Métallique mondiale et cette sonorité servira plus tard de base aux États-Unis pour une tout nouveau genre fort critiqué qui verra le jour sept ans plus tard.
Pestilence – Sphères – 1993
Le quatrième album de Pestilence avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque et avait eu son lot de détracteurs. Pourquoi? Vous allez probablement le deviner : A cause du changement de direction musicale. Sur Sphères, Pestilence avait poussé le bouchon de la technicité jusqu’à oser incorporer des éléments de Fusion et de Jazz à ses compositions et en utilisant des riffs dissonants pour parfaire ses structures musicales. Ajoutons à tout ça le comble de la traîtrise en incorporant des claviers au fil des pièces! Les détracteurs, généralement pris entre des œillères ne se sont jamais aperçus que cet album allait tout changer et montrer la voie des mélanges à plusieurs autres formations. Sphères est devenu un incontournable et un album fort influent pour le Métal Technique et Pestilence venait de franchir un grand pas dans le monde Métallique mondial. Pourquoi se contenter de jouer du Death Metal commun quand on est en mesure de s’éclater musicalement? Pestilence avait compris cette facette de la musique et Sphères était là pour prouver que le Métal pouvait être intelligent et non générique. Un superbe album que l’on doit prendre en considération pour bien comprendre cette belle évolution métallique!
Sabbat – Disembody – 1993
Sur son troisième album en 1993, la formation Japonaise Sabbat continuait son agression sonore en augmentant le niveau technique de ses compositions tout en gardant bien en tête que le Speed Metal se devait d’être en avant plan. On se rappelle qu’avec son premier album, Sabbat fut l’un des premiers réels groupes de Black Metal au Monde et sa sonorité caractéristique était toujours présente sur Disembody. Riffs vicieux et acérés, rythmique changeante qui frappe fort et vocaux torturés, voilà ce que Sabbat a apporté comme influence à la grande famille Métallique. Bien sûr, la production laisse un peu à désirer, ça sonne sale et cru mais cette sonorité granuleuse apportait beaucoup de charme et d’intensité à l’album. Un incontournable du Black Metal qui revisitait pratiquement tous les sous genres du Heavy Metal au Thrash Metal en passant par le Doom et le Punk. Un parfait mélange explosif et sincère qu’il ne fallait pas prendre à la légère!
Absu – Barathrum V.I.T.R.I.O.L. – 1993
Jusqu’ici, le Black Metal avait été une affaire typiquement Scandinave et certains pays de l’Europe de l’Est. L’Amérique du Nord avait adhéré tardivement à ce nouveau genre de Métal Extrême mais lorsque certains groupes comme Absu arrivèrent dans le décor, il était certain que le Black Metal se répandrait comme la peste sur tout le continent. Le premier album du groupe fut un autre incompris et ne trouva pas beaucoup d’adeptes à sa sortie. Pourtant, cet album renferme suffisamment de riffs froids et de structures musicales sombres et enlevantes pour faire de lui un incontournable du genre. Sur Barathrum V.I.T.R.I.O.L., Absu utilisait des éléments techniques avec des structures pratiquement progressives mais aussi des parties plus simples qui faisaient contrâtes dans une seule et même pièce. L’ajout de voix d’opéra féminine un peu chaotique apportait une ambiance lugubre et très froide et le groupe jouait beaucoup avec les tempos passant du très rapide à l’ultra lent en 4 mesures. Ce premier album deviendrait rapidement une référence en la matière tant aux États-Unis qu’à l’International et son influence se ferait ressentir dans de nombreuses sorties par la suite.
Faer Factory – Aggression Continuum – 2021
Fear Factory – Industrial Metal – États-Unis
Aggression Continuum – 2021
Nuclear Blast
9.1/10
Le voici enfin arrivé ce nouvel album de Fear factory, depuis le temps qu’on l’attendait! Aggression Continnum arrive six ans après le dernier album Genexus et surtout après une longue saga judiciaire à propos des droits sur le nom du groupe. Dino Casares aura finalement gain de cause en mettant la main sur les droits du nom Fear Factory. Cette saga s’est finalement transformée en drama dont la reine fut Burton C. Bell qui du revers de la main a balayé le groupe en le quittant de manière assez singulière.
Casares a donc entrepris de réenregistrer certaines pistes de guitares et réenregistrer la batterie en gardant la voix de Burton C. Bell. Aggression Continuum sera donc le dernier album de Bell avec Fear Factory, et le groupe ira dorénavant de l’avant sans lui. Point de vue compositions, rien de vraiment surprenant, c’est du Fear Factory à 100% et c’en est du très bon de surcroit! Dino Casares nous offre un album agressif à la hauteur des attentes avec des riffs bien aiguisés et bien assis sur une rythmique dont la mécanique est bien huilée. Encore une fois, c’est Rhys Fulber (Front Line Assembly) qui signe les arrangements de claviers donnant ainsi la marque Industrielle à Fear Factory qu’il a apporté au groupe depuis l’album Demanufacture en 1995.
Fear Factory frappe fort en 2021 avec son onzième album. Agression Continuum va se retrouver dans les tops de l’année, c’est du grand Fear Factory!
Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9.5
Appréciation : 9
Anathema – Serenades – 1993
Influent ne signifie pas nécessairement populaire. Il y a de ces albums qui ont été très influents mais qui ont néanmoins été sévèrement critiqués et fortement rabaissés par un certain nombre de personnes. Très souvent, ces albums ont été innovateurs et ont été tout simplement incompris. Le groupe Anglais Anathema et son premier album Serenades font partie de ces incompris qui ont, à leur manière, révolutionné le monde musical. Anathema avait porté le Doom Metal vers un autre niveau en utilisant la lenteur à l’extrême et des éléments empruntés à la musique Gothique des années 80. La mélancolie et la tristesse faisaient partie du point culminant du groupe avec des riffs parfois dissonants, parfois plus froids avec des sonorités majestueuses. Il est vrai que cet album pouvait donner des envies de se trancher les veines si on était le moindrement sensible à cette tristesse et c’est possibleemnt pour cette raison que cet album fut si incompris. Dans ls faits, Serenades avait ouvert la porte vers de nouvelles idées et une nouvelle façon de faire pour le Doom Metal. Cet album renferme de petits bijoux complexes et d’un génie de composition assez incroyable. Avant de jeter votre dévolu sur le groupe et son premier album, prêtez une oreille attentive à cet album, peut-être y découvrirez-vous des sonorités familières qui vous feront comprendre les origines du Gothic Doom Metal.
Darkthrone – Under a Funeral Moon – 1993
Après avoir migré du Death Metal au Black Metal pur et dur avec son deuxièmes album, Darkthrone avait récidivé sur son troisième album avec une sonorité beaucoup plus crue et une production plutôt minimaliste qui allait définir les bases du « Raw Balck Metal ». Cette production lo-fi mélangée aux riffs incisifs utilisés allaient faire de Under a Funeral Moon un album qui allait faire changer les choses et Darkthrone allait devenir un des pionniers du Balck Metal tel que nous le connaissons. Ce troisième sera perçu plus tard comme étant le plus important album de Black Metal et un genre de Prototype à ce qui allait suivre. Bien sûr, cet album ne fit pas l’unanimité et est toujours sévèrement jugé encore aujourd’hui mais son importance et son génie son indéniables. Le « True Black Metal » était arrivé et les fans du genre allaient devoir vivre avec…
Impaled Nazarene – Tol Compt Norz Norz Norz – 1993
L’Évolution Métallique nous a mené jusqu’ici vers de nombreux groupes tous aussi influents les uns que les autres à leur manière. L’année 1993 sera marquée par l’explosion du Black Metal en Scandinavie et aussi marquée par la sauvagerie, la violence et l’irrévérence de certains groupes. La Finlande aura son lot de groupes qui deviendront des légendes et Impaled Nazarene sera l’un des premiers groupes Finnois à sortir du lot avec un premier album plus chaotique que le chaos lui-même. Sur Tol Compt Norz Norz Norz, Impaled Nazarene nageait en plein délire Satanique avec d’innombrables pièces courtes où s’entremêlent riffs bien aiguisés sur une rythmique complètement disjonctée un peu à la manière des groupes de Grindcore. Entre les pièces musicales se retrouvent des interludes de cris de souffrance et de jouissance tentant de reproduire ce qui pourrait bien se passer en Enfer. Le tout a résulté en un album possiblement incompris mais qui a tout de même fait jaser et couler beaucoup d’encre. Le ton était donné et le pur Satanisme prendrait officiellement sa place dans le Black Metal.
Cathedral – The Ethereal Mirror – 1993
Lors de l’explosion du Grunge dans les années 90, les soi-disant spécialistes de la musique avaient affirmé que Le Heavy Metal était mort pour de bon. Dans les faits, c’était loin d’être vrai car la grande famille Métallique s’était réfugiée dans les abysses de la musique underground pour ainsi élargir ses ramifications. Le Heavy Metal était toujours bien vivant et ses sous genres possiblement encore plus. Le deuxième album de Cathedral prouvait dès sa sortie que le Métal se portait vraiment bien et que le Grunge n’avait qu’à bien se tenir car les Métalleux ne se laisseraient pas enterrer facilement. The Ethereal Mirror avait tout pour répandre les sages notes Métalliques avec ses riffs lents et puissants tirés directement de la source Heavy Metal elle-même avec des compositions complexes et incroyablement bien ficelées. Le Doom Metal était toujours bien en vie et cet album allait apporter un nouveau souffle non seulement pour le genre mais aussi pour toute la grande famille Métal. Cathedral brandissait la flamme bien haut et il faudrait être fait fort pour tenter de l’éteindre. Ce deuxième album est un des très importants albums Métal des années 90 et son influence fut toute aussi importante pour la suite des choses.
Accept – Objection Overruled – 1993
Suite au désastreux Eat the Heat et la déconfiture de Accept en 1989, le groupe s’était officiellement séparé pour revenir en force en 1993 avec Udo à la voix. Sur Objection Overruled, on retrouvait le Accept classique, Wolf Hoffmann occupant le poste des deux guitaristes pour l’album. Le résultat fut explosif et les fans emballés avaient l’impression que Accept était de retour pour de bon. Les compositions de Wolf Hoffmann étaient solides et malgré quelques petites expérimentations, tout sonnait comme dans le bon vieux temps. Riffs incendiaires, rythmique droite comme une barre et un Udo en pleine possession de ses moyens, Objection Overruled avait tout pour raviver la flamme Teutonique. Le retour durera près de trois ans et deux autres albums sortiront en 1994 et 1996 avant le désastre et la fin de Accept. Objection Overruled fut le dernier véritable excellent album avec l’alignement classique et fut en quelque sorte un « Heavy Metal Revival » en pleine attaque Grunge.
Gorguts – The Erosion of Sanity – 1993
Peu de gens le savent ou s’en rendent compte mais la formation Québécoise Gorguts a été très importante dans le développement du Death Metal et du Metal extrême et elle est encore fort importante même aujourd’hui. Avec son deuxième album, Gorguts poussait le niveau de technicité beaucoup plus loin avec des pièces complexes et des structures fort différentes de ce que nous avions l’habitude d’entendre. The Erosion of Sanity fut un tremplin vers ce qui deviendrait le « Technical Death Metal » et lassait entrevoir les éléments classiques qui seront utilisés par le groupe sur les parutions suivantes. Le génie musical de Luc Lemay était devenu évident et son apport à la musique extrême allait devenir extrêmement important à partir de cet album.
Die Krupps – I – 1992
Ayant débuté sa carrière en tant que groupe Industriel / EBM, la formation Allemande die Krupps s’est tourné vers le Métal Industriel au tournant des années 90. Qu’on le veuille ou non, la musique Industrielle et le Métal étaient faits pour s’imbriquer l’un dans l’autre. Ministry avait parti le bal avec The Land of Rape and Honey en 1988 et il ne fallut pas beaucoup de temps pour que plusieurs autres formations emboîtent le pas. I est le tout premier album de die Krupps à mélanger les deux styles. Les claviers abrasifs et rythmes électroniques qui martèlent avec des riffs de guitares lourdes et incendiaires avaient créé un nouveau genre et le développement de ce mélange incroyable allait devenir quelque chose de grandiose. Le résultat des compositions de cet album fut foudroyant et le meilleur des deux mondes était maintenant offert sur vinyle. Die Krupps, tout comme Ministry, continuera sur cette lancée au fil de ses albums suivants pour devenir lun des pionniers du Métal Industriel et servira de modèle tant en Allemagne qu’à l’International influençant ainsi un tout nouveu genre à voir le jour dans son pays natal : Le Neue Deutcshe Härte allait voir le jour avec Rammstein en tête de liste.
Nawather – Kenz Illusion – 2021
Nawather – Progressive Folk Metal – Tunisie
Kenz Illusion – 2021
M & O Music
9/10
Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand fan des mélanges musicaux et que j’ai un fort penchant les instruments naturels traditionnels, peu importe le pays et la culture d’origines. En 2016, j’avais fait la découverte d’une formation Tunisienne nommée Nawather et son mélange de Métal Progressif avec la musique traditionnelle du Moyen Orient m’avait vraiment impressionné.
Cette année, Nawather nous reviens avec son deuxième album et laissez-moi vous dire que Kenz Illusion est à la hauteur de mes attentes! Le groupe continue sur sa lancée avec une habile mixture de Progressif axé vers le Death Metal et musique traditionnelle de la Tunisie qui apporte de superbes textures musicales qui nous font voyager! Le groupe ajoute des instruments typiques de son pays comme le Qanûn, le Nay et certaines percussions qui donnent des sonorités et des couleurs riches tout en se mariant à la perfection avec le côté très métal de la formation. L’ajout de violons vient embellir le tout avec une petite touche orchestrale ce qui n’est pas pour me déplaire. Le groupe ne joue pas dans la vitesse excessive, il choisit plutôt des tempos plus lents pour permettre aux divers instruments de bien sonner et de bien s’imbriquer les uns aux autres sans tomber dans un cafouillis sonore inaudible.
Kenz Illusion jouit d’une excellente production très fluide où tout est à sa place et les compositions sont bien ficelées et surtout très bien rendues. Si comme moi vous aimez les sonorités exotiques et différentes dans votre métal, vous serez agréablement surpris par cet album qui sera dans mes tops de l’année à coup sûr!
Composition : 9.5
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 8.5
Thanatos – Realm of Ecstacy – 1992
Thanatos fut l’un des premiers groupes de Death Metal aux Pays-Bas et son influence allait porter ses fruits pour la scène Métal de son pays et à l’international. Le premier album avait frappé très fort dans le milieu et sa suite serait tout aussi dévastatrice. Sur Realm of Ecstacy (qui a été mal écrit en passant), Thanatos poussait ses riffs granuleux un peu plus loin avec des compositions plus rapides mais également plus structurées et plus intéressantes au niveau de ces structures musicales. Le groupe jouait beaucoup avec les contrastes et les changements de tempo lui conférant ainsi une sonorité propre qu’aucun groupe n’avait reproduit jusque-là. Tanatos est considéré comme étant l’un des pionniers en Europe de ce que nous appelons maintenant le « Old School Death Metal » et son deuxième album prouve très bien que le groupe a eu une importance certaine sur le développement du Death Metal.
Marduk – Dark Endless – 1992
La noirceur s’étant emparée de la grande famille Métallique, il fallut des groupes pour l’entretenir et la faire grandir. Certes, le Black Metal était en partie responsable de cette grande noirceur mais certains groupes comme Marduk semblaient vouloir à tout pris s’imprégner de cette noirceur plus noire que le noir lui-même. Dark Endless, premier album du groupe fut accueilli de manière plutôt mitigée à sa sortie et cause toujours des débats encoure aujourd’hui. Toujours est-il que cet album a été fort important pour le développement du Black Metal et Marduk peut aisément être considéré comme étant un groupe innovateur. Avec ses riffs froids et d’une noirceur totale, Marduk avait réussi à recréer une atmosphère glauque et malsaine avec des structures musicales qui passaient d’une rapidité étonnante à une lenteur déconcertante. Le Black Metal était là pour rester et son évolution serait des plus grandioses! Aux détracteurs de cet album, réécoutez-le objectivement, vous y découvrirez des éléments musicaux incroyables et des compositions bien construites!
Samael – Blood Ritual – 1992
Sur son deuxième album, la formation Suisse Samael avait pris les bouchées doubles pour parfaire son Black Metal froid et caustique. On augmentait la technicité et les textures musicales pour faire de Blood Ritual un intemporel classique. Ici, on préférait la finesse à la vitesse et les nombreux changements de tempo faisaient toute la différence dans les compositions qui, avouons-le, étaient d’un génie à l’état pur. On sentait que Samael était en train de prendre une tangente musicale qui allait révolutionner le genre et déjà sur cet album, on voyait venir une certaine forme de musique plus mécanique et beaucoup plus sombre et éthérée. Blood Ritual fut un album de haute importance pour l’évolution non seulement du Black metal mais de la musique underground tout court. À écouter sans réserves!
Master’s Hammer – Jilemnický okultista – 1992
Le Black Metal était en pleine ébullition et les groupes qui composaient cette nouvelle facette Métallique apportaient de nouvelles textures et idées chacun de son côté pour faire évoluer le genre vers de nouveaux horizons. Les Tchèques de Master’s Hammer avaient été dans les premiers à être catégorisés comme Black Metal et le deuxième album du groupe montrait des signes évidents de pur génie musical. Jilemnický okultista, du haut e ses 51 minutes, avait totalement redéfini le grand voyage Métallique en incorporant des éléments de musique classique à son Black Metal disjoncté et éclaté. Dans les faits, le groupe avait tout simplement composé un album de musique classique auquel il avait ajouté les parties dissonantes et pas gentilles du tout qui étaient reliées à ce Black Metal malsain. Sans vraiment s’en rendre compte, Master’s Hammer venait de placer les bases d’un nouveau genre qui allait exploser quelques années plus tard : Le Black Metal Symphonique était né et nombreux seraient les musiciens à utiliser ce concept sur ce qui allait suivre. Jilemnický okultista est évidement un album qui est toujours méconnu mais qui allait rapidement devenir un classique et un album culte qui changera le Métal pour toujours.
God Dethroned – The Christhunt – 1992
Le premier album des Néerlandais God Dethroned était passé sous les radars à l’époque mais l’importance de The Christhunt est indéniable pour la suite des événements. Certes, le groupe ne jouait pas dans la cour des groupes plus techniques, la production de cet album était un peu douteuse et les riffs employés pour construire les pièces étaient possiblement un peu enfantins et très simplistes mais ces pièces allaient influencer d’autres musiciens par la suite à développer le mélange entre le Black Metal et le Death Metal. Certains riffs auront également un impact sur un genre méconnu qui allait voir le jour un peu plus tard sous le nom de Death ‘n Roll notamment initié par Entombed sur son album Wolverine Blues qui paraîtra l’année suivante. L’utilisation de claviers sur The Christhunt apportait une atmosphère froide aux pièces et même si cet album pouvait paraître un peu malhabile et simplet, dans les faits il n’en était rien. Ce fut un premier album incompris qui allait ouvrir la voie à quelque chose de plus grand. God Dethroned deviendra par la suite l’un des groupes les plus importants aux Pays-Bas et sa carrière demeurera très égale au fil de ses albums.
Vader – The Ultimate Incantation – 1992
Vader a été l’un des premiers groupes de Métal Polonais à être reconnu sur la scène Internationale et le vidéoclip de la pièce Dark Age fut le premier d’un groupe Polonais à être diffusé sur MTV. L’Importance du groupe sur l’Évolution Métallique n’est pas à prendre à la légère car dès son premier album, The Ultimate Incantation, Vader avait réussi à ouvrir des portes dans son pays ultra religieux et allait montrer la voie à d’autres groupes à sortir et ainsi persévérer à mettre en place une solide scène Métallique en Pologne. Au niveau musical, Vader avait choisi l’option de la rapidité avec des riffs simples mais extrêmement efficaces avec une rythmique puissante qui frappe fort. Les « Blast Beats » étaient devenus un impératif si on voulait faire du Métal plus extrême et le batteur de Vader utilisait beaucoup cet aspect technique dans les compositions du groupe. The Ultimate Incantation fut un album fort influent et est toujours classé parmi les classiques du genre.
Amorphis – The Karelian Isthmus – 1992
Amorphis fut l’un des premiers groupes de Métal tous genres confondus à sortir de la Finlande et à être reconnu à l’International. Il fut également le premier groupe à être inscrit sur l’Encyclopédie Métallique, Metal Archives mais ceci reste une anecdote qui n’a rien à voir avec le groupe, proprement dit. Le premier album du groupe Finnois, The Karelian Isthmus, avait reçu un accueil chaleureux dans la communauté Métallique grâce à ses riffs majestueux et ses structures musicales différentes de ce qui se faisait à l’époque. Bien que le créneau principal du groupe était le Death Metal, il l’avait embelli avec des textures froides et des changements de tempos soudains et des atmosphères planantes apportant ainsi un petit côté plus Progressif à ses compositions. The Karelian Isthmus devint rapidement un classique et deviendra fort influent pour de nombreux groupes qui suivront dans les années suivant sa sortie. Un incroyable album qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie!
At the Gates – The Red in the Sky is Ours – 1992
Une révolution musicale s’était effectuée en Suède dès le début des années 90. Le Death Metal battait son plein et devenait de plus en plus brutal et rapide. La technicité devenait une des facettes du genre qui tendait à évoluer et certains groupes utilisaient cette partie plus technique ppur entreprendre de faire évoluer le genre vers de nouveaux horizons sonores. La ville de Gothenburg est rapidement devenue une ville pionnière d’un nouveau son qui allait s’implanter dans les années à venir. At the Gates fut l’un de ces pionniers à transformer le Death Metal et le façonner différemment tout en gardant l’essence même du genre. Sur The Red in the Sky is Ours, son premier album, le groupe avait mélangé des riffs très techniques mais aussi très mélodiques mariant des soubresauts de Black à un Death Metal que nous n’avions jamais entendu jusque-là. Les habiles structures musicales et les textures incroyables avaient pris le monde du Métal par surprise et cette grande surprise allait directement influencer le cours de l’histoire en devenant l’un des premiers albums de ce qui deviendra le « Melodic Death Metal » aussi connu sous le nom du son de Gothenburg.
Asphyx – Last One on Earth – 1992
La carrière de Asphyx fut parsemée d’embûches, de changements et de départs. Le deuxième album du groupe fut le dernier album avec Martin Van Drunen avant son retour dans la formation en 2007. Last One on Earth avait été marqué par un tumulte interne dans laquelle Van Drunen était remplacé à la voix et à la basse par Ron Van Pol. Après plusieurs discussions entre les membres du groupe, il fut décidé que la voix et les paroles de Van Drunen allaient être utilisées pour l’album mais que la basse serait jouée en session par Van Pol. Ce deuxième album était la suite logique de The Rack avec ses riffs incendiaires et sa lourdeur oppressante, Asphyx ne changeait pas de recette et continuait sur cette lancée où le Doom et le Death Metal fusionnaient à merveille. Last One on Earth fut un album très influent pour le développement du Death Metal et Asphyx s’était d’ores et déjà placé en position de pionnier du genre, son héritage serait immense et décisif pour la suite des choses.
Kreator – Renewal – 1992
Avec le Grunge qui était en train d’exploser en dominant la quasi-totalité des « palmarès », nombreux furent les groupes Métal à vouloir tenter leur chance pour avoir leur part du gâteau et la solution pour y parvenir était le renouveau. Il fallait se réinventer coûte que coûte et pour certains, les origines devenaient chose du passé et devaient être effacées. Avec son sixième album, Kreator avait fait beaucoup jaser tant en mal qu’en bien et son titre évocateur allait mener le groupe vers d’autres horizons musicaux. Renewal fut critiqué sévèrement par les purs et durs, ces derniers mentionnant que le côté Thrash Metal du trio allemand avait disparu laissant place à un curieux mélange de Heavy Metal et du musique Industrielle. Oui, Kreator se renouvelait mais pas pour le pire, au contraire. Cet album fort différent prouvait que Mille Petrozza était en mesure d’élargir ses horizons musicaux tout en étant en mesure d’offrir d’excellente pièces solides et bien ficelées. Lorsqu’on a fait le tour d’un genre et qu’on commence à tourner en rond et se répéter, il faut savoir faire le grand saut et essayer de nouvelles avenues et sonorités. C’est ce que Kreator a fait avec brio et le résultat peut s’entendre sur Renewal. Une belle expérimentation musicale qui était vraisemblablement nécessaire pour la survie du groupe.
Brutal Truth – Extreme Conditions Demand Extreme Responses – 1992
L’Évolution du Death Metal ne se serait jamais faite sans l’apport inconditionnel du Grindcore. En effet, le genre ultra rapide et brutal a donné naissance au Brutal Death Metal. Danny LLilker qui avait joué dans Anthrax et qui évoluait au sein de la formation Nuclear Assault avait pris sur lui de faire de la musique encore plus extrême et de pousser cette extrémité le plus loin possible. Le résultat fut le premier album de Brutal Truth, un album qui avait frappé très fort et qui allait devenir un des emblèmes du Grindcore par sa rapidité et sa sauvagerie sonore. Les « Blast Beats » avaient également été poussés plus loin et allaient devenir un standard chez les batteurs de musique extrême. Tous les ingrédients étaient présents pour faire de cet album l,un des plus explosifs jamais conçus et qui allaient mener vers de la musique encore plus brutale et plus extrême que jamais. La suite serait totalement incroyable et s’éloignerait définitivement des standards préétablis et du « mainstream ».
Hypocrisy – Penetralia – 1992
Le Death Metal était déjà fort bien implanté en Suède mais un groupe allait changer la donne et être l’instigateur d’un mouvement Death Metal encore plus fort. Bien que le premier album de Hypocrisy était très axé sur le Death Metal pur et dur, Peter Tagtgren, ayant vécu aux États-Unis durant une bonne partie de sa vie de jeunesse, s’était inspiré du Death Metal Américain pour donner vie à son projet Hypocrisy. Les deux premiers albums du groupe avaient comme chanteur Masse Brodberg qui sera plus tard connu en tant que chanteur du groupe Balck Metal Dark Funeral. Penetralia avait mis en place les bases d’un nouveau genre de Death Metal en Suède qui allait devenir le Melodic Death Metal et qui sera utilisé par des groupes de Gothenburg tels At the Gates, In Flames et Dark Tranquillity. Penetralia nous montrait tout le génie musical de Peter Tagtgren et ce dernier était sur le point de devenir une légende du Métal tant dans son pays qu’à l’International. Ce premier album fut une révolution musicale qui avait permis au Death Metal de passer à un autre niveau. Un album fort influent qui a redéfine ce qui était déjà en place.
Bolt Thrower – The IVth Crusade – 1992
The IVth Crusade implantait solidement les racines de Bolt Thrower dans le sol du Death Metal Anglais et devenant un genre de conquérant du genre à l’échelle mondiale. Le groupe avait peaufiné sa sonorité et avait finalement trouvé sa voie avec des riffs froids et caverneux tout en se concentrant sur la puissance et la lenteur dans ses compositions. Ce quatrième album prouvait que le Death Metal était un genre musical à prendre très au sérieux et que le Métal en général ne se laisserait pas tasser si facilement. The IVth Crusade était une grosse leçon à bien des égards pour beaucoup de musiciens qui allaient suivre et un des albums les plus influents de l’histoire du Death Metal.
Cannibal Corpse – Tomb of the Mutilated – 1992
La réputation de Cannibal Corpse n’était plus à faire et son troisième album fut une révélation pour plusieurs et sa pièce d’entrée, Hammer Smashed Face, est devenu un classique instantané. Certes, Cannibal Corpse ne se réinventait pas le moindre du monde, le groupe poursuivait sur sa lancée de Death Metal pas gentil avec toute l’imagerie d’horreur qui venait avec. On utilisait toujours des riffs brutaux et incendiaires et bien entendu, Cannibal Corpse continuait à faire peur aux non-initiés. Le groupe et sa pi`ce Hammer Smashed Face deviendront connus du grand public grâce à Jim Carrey qui avait invité Chris Barnes et ses acolytes à performer la dite pièce dans son film Ace Ventura : Pet Detective en 1994. Avec Tomb of the Mutilated, Cannibal Corpse prouvait qu’il était devenu le maître du Death Metal brutal Américain et ses titres de pièces allaient continuer à faire peur pendant un sacré bout de temps!
Fear Factory – Soul of a New Machine – 1992
La musique Industrielle avait pris tout un virage vers la fin des années 80 notamment avec Ministry qui avait incorporé des éléments issus du Métal. La formation Godflesh avait suivi avec une musique abrasive et très mécanique ce qui avait donné les prémices au Métal Industriel. Avec son premier album, Fear Factory avait tout monté d’un cran devenant ainsi le modèle et en quelque sorte l’égérie du Métal Industriel. Dino Casares utilisait un accordement de guitare très bas pour donner plus de puissance à ses pièces avec des riffs saccadés et particulièrement corrosifs, le tout bien assis sur une rythmique très mécanique qui martelait sans bon sens. Burton C. Bell quant à lui mélangeait les styles vocaux passant de voix « growl » à voix plus « clean » dans la même pièce et utilisant des effets de délai pour accentuer certains passages. L’Industriel s’était parfaitement marié à la musique Métal et le nouveau genre ainsi créé allait inciter plusieurs musiciens à s’intéresser à diverses sonorités pour ainsi faire évoluer la musique extrême. Un premier album incroyablement influent et surtout important pour la suite des choses.
Vital Remains – Let us Pray – 1992
À partir du début des années 90, le Death Metal s’était implanté à une vitesse incroyable et les nombreuses sorties semblaient être toutes des classiques instantanés. Les États-Unis avaient un fort bassin de groupes plus mémorables les uns que les autres et le style évoluait selon les régions d’où étaient issus les protagonistes. Vital Remains était issu du Rhode Island, petit état Américain plus ou moins connu pour sa scène Death Metal et son premier album, Let us Pray, allait rapidement devenir un incontournable mondial pour le genre. Le groupe avait misé sur des pièces longues et lourdes avec des atmosphères glauques et des riffs puissants qui donnaient l’impression d’être sortis tout droit de l’Enfer. La vitesse n’était pas le créneau du groupe qui jouait plus en finesse avec des structures plus complexes et une production bien balancée. Vital Remains ne sortira pas beaucoup d’albums au cours de sa carrière mais chaque sortie sera de qualité et fort influente pour les générations à venir.
