Ministry – Moral Hygiene – 2021

Ministry- industrial Rock/Metal – États-Unis
Moral Hygiene – 2021
Nuclear Blast
9,1/10

Ma rencontre avec Ministry s’est faite en 1988 avec la sortie de The Land of Rape and Honey et je suis la carrière de al Jourgensen de près depuis tout ce temps. Est-ce que je suis un fan de Ministry? Bien sûr. Est-ce que je suis en mesure de faire la part des choses? Aussi mais je reste tout de même un fan un peu plus objectif quand il s’agit de Jourgensen. Oui, Oncle Al a annoncé la fin de Minsitry par deux fois, trois si on compte celle de la semaine dernière. Oui, les trois derniers albums sont plus faibles que bien d’autres mais il n’en demeure pas moins que Jourgensen a toujours livré la marchandise et s’est toujours réinventé.

Moral Hygiene est le quinzième et probablement le dernier album de Ministry si l’on en croit les déclarations de Al suite à la sortie de l’album. Ce nouvel album ne réinvente pas ce qui a été fait depuis plus de 35 ans mais c’est le plus solide et le plus intéressant depuis The Last Sucker paru en 2007. Si vous vous attendez à un album Étal de la part du groupe, oubliez-ça illico. Moral Hygiene est un album purement Industriel comme Ministry l’a si bien fait avec ses albums clés et ses projets comme Revolting Cocks ou Lard. Justement, notre ami Jello Biaffra est présent sur sabotage is Sex, une pièce très Lardesque avec des éléments plus alternatifs et Rock and Roll. Oncle Al joue beaucoup avec les sons et les différents styles tout au long de l’album et y va même d’une reprise de Search and Deastroy de The Stooges, un des grand-pères du Punk. Si vous aimez le vieux Minsitry, Moral Hygiene fait en quelque sorte un retour aux sources et offre un album qui se tient avec une excellente production.

Après avoir écorché Bush, il était de mise que Jourgensen frappe sur la tête de Trump et de la pandémie. C’est chose faite et c’est bien réussi. Maintenant, il serait temps pour Ministry de tirer sa révérence pendant qu’il est encore au sommet car parfois, il es préférable de se retirer pendant qu’il est encore temps. Moral Hygiene se retrouvera dans les tops de 2021 et le fan de Ministry que je suis est très satisfait de cet album.

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9,5
Appréciation : 9

Arcturus – Constellation – 1994

La Norvège est rapidement devenue la Terre promise pour le Black Metal alors que plusieurs groupes poussaient comme des champignons vénéneux. L’image Satanique était certes très présente dans le milieu mais ce qui frappait le plus c’était le retour aux sources ancestrales de nombreux de ses groupes qui choisissaient de rendre hommage à leurs ancêtres Vikings. La formation Arcturus était arrivée avec un premier mini album qui allait tout remettre en question. Plutôt que de se complaire dans les diableries et le mode de vie des ancêtres, le groupe avec entre autres Hellhammer (Mayhem) comme fondateur avait choisi de faire de l’astronomie son sujet de prédilection. Même musicalement le groupe en avait surpris plusieurs avec une profonde sonorité atmosphérique où les claviers étaient à l’avant plan. Ce premier mini album allait ouvrir la voie à ce qui s’en venait, toutes les pièces seront reprises sur le premier album complet comme Rodt Og Svart ou seront carrément remodelées à une version finale, la pièce Icebound Streams and Vapours Grey deviendra Wintry Grey dans une version beaucoup plus étoffée et sophistiquée. Constellation pavera la voie vers une nouvelle forme de Black Metal qui se souciera des éléments sonores et de l’intelligence des compositions.

Gary Numan – Intruder – 2021

Gary Numan – Industrial Rock – Angleterre
Intruder – 2021
The End Records
8,7/10

Garu Numan roule sa bosse depuis longtemps. Très longtemps. En fait, le bonhomme a commencé sa carrière musicale en 1978 avec l’album Tubeway Army et on lui doit des pi`ces intemporelles comme Cars ou are Friends Électric?. Vingt et un albums plus tard, Gary Numan est toujours bien en vie et toujours tout aussi créatif muscalement.

Intruder est un peu la suite des deux albums précédents en matière de style et de somorités. Gary Numan est surtout connu pour son utilisation de claviers et de synthétiseurs et est un grand maître des machines. Étant un amateur de ce type d’instruments, je n’ai pas de difficulté à adhérer à ce type de sonorités mécaniques. Comme à son habitude, Numan tire tout le potentiel de ses machines et nous concocte des pi`ces à la fois mélancoliques et puissantes sans s’aventurer dans la vitesse. Il garde le rythme en « mid-tempo » et il prend le temps de peaufiner chaque parcelle sonore au fil des pièces. On pourrait toutefois sentir une certaine redondance au bout de quelques pièces et ça peut devenir un peu irritant à la longue, peut-être qu’en éliminant quelques pièces de remplissage l’album aurait paru moins long. Mais en bout de ligne, c’est bien fait et ça sonne incroyablement bien.

Donc, hormis les longueurs, Intruder est un très bon album de Gary Numan qui sait se réinventer continuellement pour éviter de faire du sur place. À écouter tranquillement en relaxant.

Composition : 8,5
Exécution : 8,5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 8,5

Enslaved – Frost – 1994

Sortir un album par année ce n’est pas très évident et ça demande beaucoup de travail, surtout à cette époque où l’enregistrement numérique était à ses balbutiements, il ne fallait pas manquer son coup. Enslaved avait sorti deux albums en 1994 ce qui était un genre d’exploit car il fallait en avoir des idées pour être en mesure de faire deux albums en si peu de temps. Frost arrivait sept mois après le premier album et avait été enregistré deux mois avant sa sortie. Déjà, on sentait une légère évolution dans les compositions, le côté Viking étant encore plus présent que sur le précédent album et la technicité du groupe était une fois de plus exemplaire. Le groupe avait réussi à sonner comme son titre l’indique avec des atmosphères glaciales et des riffs froids. Le Black Metal Norvégien s’enlignait de plus en plus vers les thématiques hivernales et Enslaved a été l’un des précurseurs du Black Metal typiquement Norvégien, Frost étant l’un des chefs de file en la matière. Le génie musical de Ivar Bjornson était devenu évident et ce n’était que le début.

Crescent – Carving the Fires of Akhet – 2021

Crescent – Blackened Death Metal – Egypte
Carving the Fires of Akhet – 2021
Listenable Records

Il y a de ces tendances dans le Métal qui deviennent parfois redondantes. Les thèmes du Moyen Orient et de la Rome Antique font maintenant partie de ces redondances qui au bout du compte passent un peu inaperçues ou sans réel intérêt. Tout comme Nile, Melechesh ou Maat, la formation Égyptienne Crescent revisite ses origines depuis ses débuts. J’ai connu le groupe avec l’album précédent qui m’avait plu et je dois dire qu’en voyant la sortie de Carving the Fires of Akhet, je n’ai pu m’empêcher d’avoir certaines attentes.

Bon, ceux qui connaissent le groupe ne seront pas dépaysés puisque la formule est toujours sensiblement la même : Un Death Metal noirci avec des éléments du Moyen Orient. Original? Pas vraiment mais Crescent compose de très bonnes pièces intenses avec de bons riffs gras bien ficelés et joués de mains de maîtres. Ajoutons à cela des éléments de musique traditionnelle Égyptienne en version distorsion et une excellente production et vous obtiendrez un parfait mélange de brutalité et de mélodie.

Crescent est un très bon groupe qui sait composer de bonnes pièces mais le niveau d’originalité n’est pas au rendez-vous ce qui donne un bon album de Death Metal générique bien exécuté. Carving the Fires of Akhet ne passera possiblement pas à l’histoire mais il demeure un très bon divertissement sonore fiable et efficace.

Composition : 8
Exécution : 9
Arrangements : 8,5
Production : 8,5
Appréciation : 8

At the Gates – Terminal Spirit Disease – 1994

At the Gates avait été sévèrement critiqué avec son troisième album qui montait d’un cran le côté mélodique du groupe. Oui, sur Terminal Spirit Disease, At the Gates avait changé, comme tout bon groupe ne voulant pas stagner à la même place finalement. Est-ce que plus mélodique signifiait pour autant mauvais? Bien sûr que non! Les pièces contenues sur cet album avaient tout un caractère et le groupe était toujours en mesure de nous offrir des riffs dignes de ce nom. Dans les faits, Terminal Spirit Disease nous préparait à ce qui s’en venait avec le prochain album qui sera le plus connu et le plus accompli du groupe. Si on réécoute attentivement Terminal Spirit Disease et qu’on analyse son contenu, on s’aperçoit rapidement que cet album servira de base à un nouveau style Métallique qui verra le jour quelques années plus tard. En effet, certains groupes Américains comme Shadows Fall, All that Remains ou encore As I lay Dying reprendront l’essentiel du son de At the Gates pour créer le Metalcore qui sera aussi connu sous le nom de New Wave of American Heavy Metal. Le groupe de Gothenburg nous servira une toute dernière ultime offrande l’année suivante avant de se retirer en étant au sommet.

Amorphis – Tales From the Thousand Lakes – 1994

Il est parfois assez incroyable de constater que certains albums provoquent des réactions diamétralement opposées, comme si les fans de Métal se divisaient en deux camps distincts, l’un encensant le dit album et l,autre le démolissant sans vergogne. Le deuxième album de Amorphis, Tales From the Thousand Lakes avait subi et subit toujours cette division au sein de la communauté Métallique. Qu’on le veuille ou non, cet album a été extrêmement influent pour des générations à venir avec son savoureux mélange de Progressif, de Doom et de Gothic Rock. Le groupe était en mesure de composer des pièces épiques et techniques avec une atmosphère glauque et froide et des éléments issus de divers styles passant du Death Metal au Prog des années 70 tout en imbriquant des passages plus Folk au fil des pièces. Pour ma part, je suis de ceux qui considèrent cet album comme étant un chef d’œuvre de la grande famille Métallique et qu’en tant que musicien et grand amateur de musique j’en ai plusieurs leçons à tirer. Je suis d’accord avec le fait que Amorphis n’a pas toujours livré la marchandise au cours de sa carrière mais redonnons une chance à Tales From the Thousand Lakes, nous y découvrirons un superbe album haut en couleurs musicales et sonores.

Occult – Prepare to Meet Thy Doom – 1994

Dans la grande Évolution Métallique, il est important de mentionner que ce ne sont pas seulement les grands groupes qui ont façonné le Métal à grands coups de riffs, de bons coups et de déceptions. Si le Métal a évolué au fil des décennies c’est en bonne partie grâce à des petits groupes moins connus qui ont tenu à se démarquer des autres et en faisant fi des standards établis. Des groupes comme Occult ont mangé de la misère noire pour réussir à se démarquer et se tailler une place dans la grande marée métallique et il est intéressant de constater que malgré leur statut moins connu, ce type de groupes ont toujours tenu la flamme bien haut pour faire évoluer les choses. Dès son premier album la formation Néerlandaise Occult avait pris le taureau par les cornes pour nous présenter un Death Metal noirci fortement influencé par les Thrash Metal des années 80 en réinventant un tant soit peu des genres déjà en place depuis longtemps. Prepare to Meet Thy Doom contenait des pièces dignes des grands et des idées musicales enlevantes et bien ficelées. Le groupe a dû travailler fort au fil de sa carrière jusqu’à finalement changer de nom en 2005 pour Legion of the Damned. Bien sûr, Occult est un groupe méconnu comparativement à des pointures du genre mais son influence a été très importante dans son pays en donnant des leçons à des groupes déjà connus comme Sinister et Asphyx.

Napalm Death – Fear, Emptiness, Despair – 1994

Napalm Death était devenu une figure emblématique du Grindcore mais il est possible que le groupe se soit lassé rapidement de jouer dans ce créneau musical où la rapidité et le chaos sont de mise. Avec son cinquième album le groupe avait ralenti quelque peu la cadence sans toutefois renier son côté brutal et ultra Heavy. Fear, Emptiness, Despair montrait un Napalm death différent mais toujours aussi conséquent : La puissance était devenue de mise et les structures musicales étaient maintenant plus complexes avec des riffs plus techniques et des changements rythmiques soudains passant de la lourdeur à la vitesse de croisière appréciablement rapide. Cet album avait été critiqué par les peureux du changement mais en bout de ligne, le « nouveau » Napalm Death avait été bien accueilli et le groupe est demeuré tout aussi influent qu’à ses débuts et sa période plus Grind. Un excellent album qui frappe fort et qui mérite toute notre reconnaissance.

Grave – Soulless – 1994

Quel est le secret bien gardé derrière le Death Metal Suédois? Quelle arme ultime était utilisée et est toujours utilisée pour tout dévaster avec des riffs gras et sursaturés? Ce secret a été dévoilé petit à petit au fil des années mais à cette époque, l’utilisation de la fameuse Boss HM-2 était cette arme ultime utilisée par des groupes tels Grave qui, avec son troisième, nous déchirait les tympans à grands coups de riffs lourds et puissants. Sur Soulless, la vitesse de croisière du groupe était plutôt mid-tempo en s’aventurant que très rarement dans les eaux troubles de la vitesse excessive. La simplicité était de mise et la force de frappe brute était le créneau principal de Grave. Le son particulier du Death Metal typiquement Suédois était bien présent et même si Grave avait été critiqué par son manque de fougue et de vitesse, il n’en demeure pas moins que cet album fut toute une influence pour ce qui allait suivre.

Mayhem – De Mysteriis Dom Sathanas – 1994

Certains albums sont plus frappants que d’autres et peu d’albums dans ce lot peuvent avoir un impact incroyable sur le monde musical. Avant même de sortir son premier album, la formation Norvégienne Mayhem était déjà tristement célèbre pour bien des facteurs mais notamment au niveau du suicide du chanteur Dead en 1991 et toutes les rumeurs entourant ce suicide ainsi que l’assassinat de Euronymous par Varg Vikernes. Seuls Euronymous et Hellhammer sont crédités en tant que membres du groupe sur cet album avec Attila Csihar et Count Grishnackh (Varg Vikernes) comme artistes invités. Musicalement, cet album avait redéfini le Black Metal avec des pièces aux sonorités froides et malsaines et une voix totalement torturée qui donnait une impression de mort. Cette impression planait tout au long de l’album probablement dû à l’hommage fait à Dead et Euronymous avec cet enregistrement. Curieusement, la production de l’album est impeccable et le génie musical de Euronymous se faisait ressentir tout au long des pièces. De Mysteriis Dom Sathanas demeure toujours aujourd’hui un album culte avec une histoire peu reluisante et très morbide qui tracera la voie à de nombreux groupes de Black Metal par la suite.

Crypta – Echoes of the Soul – 2021

Crypta – Death Metal – International
Echoes of the Soul – 2021
Napalm Records
8,7/10

Alors que le battage médiatique entourant les déboires de diva de Mia Wallace et de son arrivée en grande sauveuse de Nervosa, deux ex-membres de ce groupe féminin ont pris le taureau par les cornes et fonder Crypta, un groupe entièrement féminin, qui est une réponse directe à leur ancien groupe. Ainsi Fernanda Lira et Luana Dametto nous offrent un premier album avec leurs nouvelles comparses, les guitaristes Taina Bergamaschi et Sonia Anubis.

D’entrée de jeu, Crypta frappe plus fort musicalement que Nervosa avec un Death Metal bien ficelé dans la veine de Vader. Niveau composition, le groupe ne réinvente absolument rien mais est en mesure de livrer des riffs accrocheurs et une puissance de frappe directe qui n’a rien à envier à personne. Crypta sait composer de bonnes pièces et sait aussi ne pas trop en mettre pour épater la gallerie. Les guitaristes sont suffisamment techniques pour ne pas tomber dans la simplicité mais savent aussi se garder une petite gêne pour justement de pas tomber dans le piège du flot de notes poussées à l’extrême. Echoes of the Soul est un excellent album de Death Metal comme il se doit d’être fait et qui procure une satisfaction à chaque écoute. C’est droit, puissant et c’est parfait.

Crypta tracera son chemin sans être dans l’ombre de Nervosa et dépassera fort probablement celui-ci dans un avenir rapproché. Il y a de plus de filles dans le Métal et c’est tant mieux!

Composition : 8,5
Exécution : 9
Arrangements : 8,5
Production : 9
Appréciation : 8,5

Cannibal Corpse – The Bleeding – 1994

Le Death Metal brutal et extrême poursuivait sur sa lancée et comme nous le savons, la Floride était un bastion fort de ce style de Métal pas gentil. Avec son quatrième album, Cannibal Corpse réaffirmait son règne sur la scène Floridienne et maintenant sa cadence en tant que chef de file mondial du genre. Musicalement, le groupe n’évoluait plus et n’évoluera plus vraiment au fil de ses sorties mais la brutalité des pièces et la sonorité typique du groupe restera toujours la même au fil des années. Est-ce que c‘est un signe de faiblesse? Bien sûr que non! Cannibal Corpse avait trouvé son créneau et restera fidèle à lui-même durant toute sa carrière en nous offrant de nombreux albums de qualité. The Bleeding fut le dernier album du groupe avec Chris Barnes à la voix se faisant évincer du groupe pour des raisons de différences de points de vue. Barnes fondera Six Feet Under l’année suivante et continuera à influencer le monde du Death Metal à sa façon. The Bleeding est toujours considéré comme étant un des meilleurs albums du groupe et son influence se fait encore ressentir de nos jours.

Jess and the Ancient Ones – Vertigo – 2021

Vertigo – 2021
Svart Records
9,2/10

Enfin, le voici le quatrième album de Jess and the Ancient Ones! Il faut dire que Svart Records est une méchante belle référence pour ce type de bands qui font dans le rock dans années 70. Quand Jess et sa gang avaient sortis leur premier album en 2012, j’étais tombé sous le charme de la voix envoûtante de Jess et des claviers vintage. Près de dix ans et trois albums plus tard, je découvre toujours le groupe comme je l’avais connu.

D’entrée de jeu, si on est un métalleux pur et dur, on risque de s’y perdre un peu car Jess and The Ancient Ones, c’est du pur Psychedelic Rock à saveur occulte comme il y en avait dans les années glorieuses, quarante ans et plus passés. Sur Vertigo, on retrouve le même type de compositions que sur les trois précédents mais avec encore plus de maturité et de mordant. Le travail de composition est extraordinaire et le choix des sonorités est tout simplement fantastique. Chaque instrument est à sa place et tout se complète à merveille! Les claviers sonnent comme dans les années 60, le son familier du B3 est toujours en avant plan ce qui ajoute ce petit mordant aux pièces de l’album. La production est toujours aussi bien léchée et les arrangements s’imbriquent parfaitement à l’instrumentation générale.

Vertigo est un autre chef d’œuvre pour Jess and the Ancient Ones qui se retrouvera dans les tops de 2021! À écouter sans aucune réserve avec le son dans tapis!

Composition : 9,5
Exécution : 9,5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

In Flames – Lunar Strain – 1994

Le Death Metal mélodique en particulier le son de Gothenburg a été initié par un trio de groupes qui comprends At the Gates, Dark Tranquillity et In Flames. Ce dernier sera le troisième à mettre un premier album en branle, album qui deviendra un classique et une certaine référence en la matière. N’ayant pas de chanteur officiel pour l’enregistrement de Lunar Strain, le groupe fit appel à Mikael Stanne de Dark Tranquillity pour officier en tant que vocaliste pour l’album. Le résultat fut un album explosif et mélodique qui combinait des éléments à la Iron Maiden avec la brutalité du Death Metal. Les compositions du groupe montraient un génie musical plus haut que la moyenne et pour un album de départ, ce fut tout un succès. Le son de Gothenburg était maintenant bien implanté et le Death Metal mélodique deviendra rapidement un nouveau genre prisé dans le monde entier. In Flames sera un acteur important du genre avec ses albums suivants.

Septic Flesh – Mystic Places of Dawn – 1994

Le côté extrême du Métal était en place depuis plusieurs années et cette extrémité grandissait à vue d’œil, chaque groupe tentant de faire plus que le précédent. Les mélanges aussi devenaient de plus en plus fréquents permettant ainsi à la grande sphère métallique d’élargir ses horizons sonores. Les frères Spiros et Christos Antoniou avec leur comparse de toujours Sotiris Vayenas avaient formé une entité des plus extrême qui allait révolutionner le monde du Métal et de la musique tout court avec un incroyable mélange de Death Metal, de musique atmosphérique et de musique classique. Septic Flesh avait pondu un premier album qui avait pris tout le monde par surprise avec ses contrastes sonores et son immense génie musical. Il était clair que le principal compositeur, Chritos Antoniou était un musicien classique qui finira par obtenir une maîtrise en musique classique ce qui aidera grandement Septic Flesh à devenir un leader et un pionnier du Métal symphonique. Mystic Places of Dawn n’était que le début d’une grande aventure majestueuse qui influencera toute une gamme de musiciens à ouvrir leur esprit et façonner cette épouvantable musique du diable que nous affectionnons tant.

Skyclad – Prince of the Poverty Libne – 1994

Avec toute cette attention portée au Death Metal et à l’ébullition du Black Metal, les Métalleux avaient tendance à oublier qu’une autre révolution métallique était en train de s’opérer sans qu’on ne s’en aperçoive vraiment. Le Folk Metal se taillait une place lentement mais sûrement vers les sommets de la grande famille initiée 20 ans plus tôt par le Heavy Metal. Skyclad fut l’un des premiers à mélanger le la musique traditionnelle et le Thrash Metal et d’album en album le groupe faisait évoluer son style en le rendant de plus en plus sophistiqué et hors des standards établis. Avec son quatrième album le groupe anglais s’était placée en bonne position de père fondateur et leader du nouveau genre en nous offrant des compositions accrocheuses et mélodiques mais toujours avec cet esprit ancestral qui donnait une certaine puissance épique et chevaleresque aux pièces du groupe. Le Folk Metal deviendra rapidement un sous genre à part entière et de nombreux groupes de partout sur la planète rendront gloire à leurs ancêtres en faisant briller la flamme de la musique traditionnelle. On peut remercier Skyclad d’avoir été l’un des pionniers du genre et Prince of the Poverty Line est un de ces albums qui ont contribué à perpétuer cette gigantesque flamme!

Cradle of Filth – The Principle of Evil Made Flesh – 1994

Les détracteurs de claviers de claviers et de synthétiseurs allient devoir se rendre à l’évidence que ces instruments maudits faisaient désormais partie du vaste univers métallique et le Balck Metal avait totalement embrassé ces ignobles machines. Cradle of Filth était arrivé en trombe avec un premier album incroyablement bien composé et avec des textures musicales jusqu’ici jamais entendues une peu comme si Tim Burton avait décidé de faire une trame sonore plus sombre et glaciale que ses films. La troupe de Dani Filth utilisait la rapidité et les riffs vicieux mélangés à une symphonie mortelle dans laquelle les claviers prenaient une place important pour créer des atmosphères d’horreur et très Gothiques. Le Black Metal changeait rapidement et ses principaux acteurs usaient de génie pour concevoir des pièces mémorables et un style propre à chacun d’eux. La musique d Cradle of Filth était fort différente de ce qui se faisait en Scandinavie mais la sauvagerie sonore et les sonorités morbides étaient au rendez-vous pour glacer le sang des non-initiés. The Principle of Evil Made Flesh a été tout un départ pour Cradle of Filth qui deviendra rapidement un groupe majeur dans le style et qui aidera à créer des petits, clones ou originaux.

Enslaved – Vikingligr Veldi – 1994

À partir de 1994, tout s’est précipitamment emballé. Nous assistions à une nouvelle vague déferlant sur le monde Métallique et le Black Metal allait évoluer à une vitesse vertigineuse. Ce Black Metal a été mie en place par des ti-culs en peline possession de leurs moyens et toute la fougue d’une jeunesse qui voulait laisser sa marque et qui en avait après le système. Tout comme Emperor, Enslaved avait été fondé par des ados avec un génie musical démesuré : Ivar Bjornson n,avait que 13 ans lors de la formation du groupe sont le nom est issu d’une pièce de Immortal nommée Enslaved in Rot ce qui ne laisse aucun doute sur la solidité des liens entourant les groupes Norvégiens de cette époque. Enslaved est un autre puissant pionnier du Black et du Viking Metal certes mais dès le premier album il était clair que ce groupe allait être différent des autres et était musicalement chevronné dès le départ avec des compositions complexes et très progressives qui s’étalaient sur plus de dix minutes. Bjornson prouvait que, malgré son jeune âge, son talent pour la composition et les arrangements étaient innés et que ce talent allait devenir une influence majeure pour le genre et allait inciter d’autres jeunes groupes à se surpasser et être inventifs. Ce premier album n’était que le début et la suite ne serait que de plus en plus spectaculaire!

Emperor – In the Nightside Eclipse – 1994

Le Black Metal était en pleine ébullition et transformation et les pays Scandinaves allaient devenir le centre de ce style musical froid et sombre. Ihsahn avait 16 ans lorsqu’il a fondé Emperor et son génie musical s’est très rapidement fait connaître dès les débuts du groupe. Le premier album, In the Nightside Eclipse, avait causé une fracture immense dans le vaste monde Métallique en redéfinissant du revers de la main ce Black Metal qui était en plein changement. Ce premier album explosif séparait les amateurs des vrais de vrais avec des riffs froids et des structures musicales incroyablement bien ficelées servant de solides bases pour des ambiances de claviers majestueux. On pourrait dire que c’est à partir de cet album que tout a explosé pour le Black Metal tant son influence fut grande et importante pour le genre. Ihsahn et sa bande ont prouvé avec les sorties suivantes que Emperor était à prendre au sérieux et que le groupe serait une référence et une sommité en la matière.

Samael – Ceremony of Opposites – 1994

Sur son troisième album, Samael montait la barre de la perfection de nombreux échelons grâce à une production incroyable et des compositions intelligentes et bien structurées. Ceremony of opposites servait de pont entre les débuts du groupe et ce qui s’en venait. Les sonorités Black Metal étaient toujours présentes même si Samael expérimentait avec les riffs et la rythmique qui se voulaient plus puissants et moins rapide que ce qui se faisait d’ordinaire dans le Black Metal. Les frères Locher misaient plus sur la finesse et la puissance des pièces pour permettre à leur groupe de se démarquer des autres et c’est sur cet album que nous avons commencé à constater certains changements de direction musicale avec une rythmique plus mécanique et avec l’ajout d’encore plus de claviers et un claviériste à plein temps au sein de la formation. On dit de Ceremony of Opposites que c’est possiblement le meilleur album de Samael. Du moins pour cette période car le groupe sortira des chefs d’œuvre à répétition suite à cet album et changera de cap avec l’album suivant. Cet album est sans aucun doute un album fort influent qui a contribué à changer la face du Métal et à ouvrir des esprits à d’autres facettes musicales.

Darkthrone – Transilvanian Hunger – 1994

Darkthrone fait partie des pionniers du Black Metal depuis que le groupe a fait un virement à 180 degrés passant du Death Metal technique sur son premier album au Black Metal vicieux et crasseux. Autant le premier album avait une production claire et fluide, cette production avait disparu dès le deuxième pour devenir très lo-fi et pas très nette. Sur Transilvanian Hunger, Darkthrone améliorait sa sonorité malgré une production faible et très axée sur les « high » et les « mid » ce qui conférait à l’album une sonorité froide et crue qui allait définir le Black Metal d’une certaine manière. Le duo continuait sur sa lancée de compositions rapides et incisives avec des riffs spectaculaires et une rythmique réglée comme une horloge. Pour Darkthrone il était impératif d’enregistrer le plus naturellement possible et éviter les super productions stériles et sans caractère. Ce type de production suivra le groupe tout au long de sa carrière. Transilvanian Hunger est un de ces albums qui ont façonnée le Métal à sa manière et sans cet album il y a fort à parier que le Black Metal n’aurait jamais été ce que nous connaissons aujourd’hui.

Katatonia – Dance of December Souls – 1993

On parle souvent de Death et de Black Metal comme étant des genres extrêmes mais on oublie tout aussi souvent que la lenteur peut être toute aussi extrême dans certains cas. Le Doom Metal avait sa place dans toute cette mer Métallique et plusieurs groupes misaient sur cette lenteur et surtout le désespoir pour façonner une musique glauque et froide. Katatonia était arrivé avec son premier album avec des allures Gothiques et des sonorités très profondes et des riffs mélancoliques qui s’étiraient sur de longues pièces pouvant atteindre jusqu’à 14 minutes pour certaines. Sur Dance of December Souls on pouvait sentir ce désespoir et toute cette tristessse projetée dans les compositions du groupe qui deviendra l’un des importants acteurs du mouvement Doom/Gothique. Les membres de Katatonia formeront un projet Death Metal vers la fin des années 90 qui aura pour sobriquet Bloodbath et qui deviendra tout aussi important que le projet Katatonia. Dance of December Souls ne sera que les prémices d’une grande aventure dans laquelle le groupe expérimentera et changera de sonorité d’album en album pour nous donner une musique riche en sonorités et d’une qualité incroyable.

Dissection – The Somberlain – 1993

En ces années-là tout bouillonnait et tout était prétexte à changements et expérimentations musicales, du moins c’était le cas dans la grande sphère Métallique. Quand on vient de la Suède et qu’on est un ti cul qui baigne déjà dans le Death Metal mélodique mais qu’on est aussi influencé par le Black Metal, ça peut donner des mélanges spectaculaires qui vont changer le monde musical à jamais. Jon Nödtveidt n’avait que 14 ans lors de la formation de Dissection. Le ti cul qu’il était a rapidement appris son instrument et appris à composer en sortant un démo et un mini album à 16 ans pour atteindre le summum avec son premier album à 18 ans. Le peit génie musical qu’il était avait sorti The Somberlain, album qui allait changer la donne et infuencer toute une génération de musiciens et qui avait redéfini le Black Metal avec des riffs complexes et des compositions d’une intelligence démesurée. Dissection deviendra rapidement un chef de file et un modèle à suivre. Encore aujourd,hui, The Somberlain est toujours considéré comme étant l’un des meilleurs albums de Black Metal jamais conçus. Si vous ne connaissez pas encore, il est plus que temps de s’y mettre!

Necromantia – Crossing the Fiery Path – 1993

L’Évolution Métallique selon Sinistros #400
Necromantia – Crossing the Fiery Path – 1993
Grèce

Il y a de ces groupes et albums qui semblent passer inaperçus mais qui ont eu une incroyable importance pour le développement et l’évolution du Métal. La formation Grecque Necromantia en est une de ces formations méconnues qui ont toutefois laissé une marque indélébile. Le premier album, Crossing the Fiery Path, est un album plutôt étonnant si on prend vraiment la peine de l’écouter comme il le faut et à sa juste valeur. Certes, les compositions peuvent paraître déroutantes par moments et la production peut-être un peu défaillante mais le groupe a réussi à imposer des riffs malsains sur des compositions complexes qui mélangeait des sonorités Black Metal avec un peu de Death et beaucoup de musique classique. Le mélange fut très explosif et surtout très original! Necromantia avait réussi à vraiment sonner « evil » et donnera des leçons en la matière à ses successeurs pour contribuer à propager la flamme du mal. Prenons le temps d’écouter cet album à sa juste valeur, nous comprendrons mieux l’importance des sons et des idées géniales qu’il contient et qui ont grandement contribué à façonner la musique extrême.

Impaled Nazarene – Ugra-Karma – 1993

Le Black Metal était maintenant bien établi et nombreux étaient les groupes qui adhéraient à ce style Métallique particulier. Sur son deuxième album, Impaled Nazarene poursuivait son Black Metal caustique et vicieux tout en ajoutant de nouvelles sonorités plus mélodiques au fil des pièces. Ugra-Karma était aussi moins chaotique que son prédécesseur avec un meilleur fil conducteur entre les pièces donnant ainsi un album plus structuré. Le groupe nous montrait qu’il était capable de concocter des riffs intéressants et des compositions solides malgré une production plus faible et une certaine redondance entre les pièces. Le Black Metal de Impaled Nazarene était composé à la manière du Punk : Rapidité, simplicité et claque sur la gueule. Le groupe ne sera jamais connu pour sa technicité mais plus pour son efficacité. Ugra-Karma est un de ces albums qui sont passés un peu inaperçus mais qui ont été très importants pour le développement du Black Metal à l’échelle mondiale.

Sigh – Scorn Defeat – 1993

Il y a de ces groupes qui défient tout standard musical et qui font bande à part. Bien qu’avec son premier album Sigh ait été un groupe typiquement Black Metal à la base, Scorn Defeat allait marquer la scène Balck Metal mondiale avec des compositions qui sortaient des sentiers battus en utilisant des éléments issus d’autres genres et des sonorités jusqu’ici inexploitées. Le membre fondateur et principal compositeur du groupe Mirai Kawashima avait des influences diverses telle la musique classique ou encore la musique progressive des années 70, éléments qui se retrouvent sur ce premier album au fil des pièces donnant ainsi des compositions variées et complexes qui allaient redéfinir la notion de musique extrême. Scorn Defeat était seuelemt un avant-goût de que Sigh allait proposer suite à cet album légendaire. Les claviers étant en avant plan des plusieurs des compositions de cet album iront jusqu’à prendre une place plus importante dans les albums suivants. Scorn Defeat a été un album très important pour le développement du Balck Metal et un précurseur d’avant-garde qui influencera bon nombre de musiciens à se surpasser au niveau de la composition.

Rotting Christ – Thy Mighty Contract – 1993

Le Black Metal était en plein essor en 1993. Bien que majoritairement issu de la Scandinavie, ce Black Metal se développait aussi en dehors des contrées nordiques et la pandémie noire allait s’étendre partout sur la planète. La Grèce ne serait pas épargnée et nous offrira plusieurs groupes plus intenses les uns des autres avec Rotting Christ en tête de liste. Les frères Themis et Sakis Tolis allaient faire de leur projet Rotting Christ l’un des plus spectaculaires groupes dans le domaine du Black Metal grâce à ses compositions très techniques et incroyablement bien orchestrées. Dans les années 80, les claviers étaient perçus comme étant un signe de faiblesse dans le monde métallique et la présence de ces instruments maudits étaient à proscrire sous peine de rejet total. Les années 90 ont vu les claviers s’imbriquer tranquillement et Rotting Christ avait fait de ces machines diaboliques un atout précieux pour ses compositions et surtout ses sonorités vaporeuses et malsaines. Le génie musical du groupe était indéniable et son premier album deviendrait un incontournable du genre qui allait changer bien des choses dans les années à venir. Thy Mighty Contract a été un tournant pour le Black Metal et la suite serait plus qu’historique!

Sinister – Diabolical Summoning – 1993

Les Pays-Bas ont été et sont toujours une terre fertile pour le Death Metal. En fait, certains groupes pionniers du Death Metal proviennent des Pays-Bas avec entre autres Asphyx et Sinister. Ce dernier a pavé la voie pour le Death Metal extrême et rapide dans son coin de pays et est rapidement devenu une référence mondiale avec sa sonorité brutale et granuleuse. Avec Diabolical Summoning, son deuxième album, Sinister renforcissait ses compositions sauvages et directes avec des riffs incendiaires qui frappaient fort. Le groupe augmentait aussi son côté technique pour solidifier sa présence sur la grande scène mondiale. Les détracteurs du Métal commençaient à constater que cette musique de dégénérés allait possiblement durer plus longtemps que prévu! En effet, le Death Metal était là pour rester bien en place et allait encore évoluer au fil des trois décennies suivantes…

Angra – Angels Cry – 1993

Au tournant des années 90 on a vu une recrudescence du Métal plus extrême comme le Death et le Black Metal mais un autre sous genre était en ébullition. Initialement créé à partir du Speed Metal dans les années 80 notamment grâce à Helloween, le Power Metal avait pris du temps à s’implanter pour de bon. Certains groupes comme les Brésiliens d Angra avaient contribuer à mettre le Power Metal sur la carte Métallique avec ses vocaux de castra et ses envolées joyeuses de néoclassique à la Yngwie Malmsrteen. Certes, le Power Metal n’était pas très extrême et très loin de la brutalité sonore mais le genre s’est grandement développé à travers le monde pour plus tard devenir l’un des sous genres les plus populaires de la grande famille Métallique. Sur Angels Cry, Angra mélangeait le Speed Metal, le Progressif et certains éléments plus « cheezy » pour mettre en œuvre un style bien particulier qui trouvera autant de détracteurs que de fans finis. Il est à noter que Angra a été co-fondé par un certain Kiko Loureiro, un virtuose de la guitare qui deviendra un beau jour le guitariste de Megadeth. Il est aussi à noter que je n’aime pas du tout Angra et ce type de Métal mais il est important d’en parler car Angels Cry fait partie de l’Évolution du Métal et que cet album a été un pionnier dans le genre Power Metal.