Saxon – Hell, Fire and Damnation – 2024

Saxon – NWOBHM – Angleterre
Hell, Fire and Damnation – 2024
Silver Lining Music
9/10

Qui a dit que le Heavy Metal pur était mort? Probablement quelqu’un qui n’est pas au fait de ce qui se fait de nos jours en matière métallique car le Heavy Metal se porte tellement bien que des perles sortent année après année. Les Anglais de Saxon, qui roulent leur bosse depuis 1970, sont plus en forme que jamais avec leur 27e album Hell, Fire and damnation.

Curieusement, même si Saxon fait partie des pionniers du NWOBHM avec les Judas Priest et Iron Maiden, il n’a jamais eu le succès qu’il méritait. Était-ce dû à ses pochettes peu invitantes? À une difficulté à percer le marcher Américain? Nul ne le saura mais quoiqu’il en soit, le groupe a toujours livré un Heavy Metal pur et dur digne des plus grands et Hell, Fire and damnation le prouve amplement. Ce 27e album est fort possiblement le meilleur du groupe depuis les vingt dernières années, du moins à mon avis. Ici, pas de balades inutiles, que du Heavy Metal qui frappe fort avec des riffs incendiaires et une rythmique explosive. Certains diront que saxon ne réinvente rien et c’est vrai mais, pourquoi réinventer ce qu’on a initialement inventé? La troupe de Biff Byford nous livre toujours une musique solide et enlevante qui n’a rien à envier à quiconque. Notons l’arrivée de Brian Tatler à la guitare en remplacement de Paul Quinn qui a quitté la formation en 2023 pour poursuivre d’autres projets. Est-ce que le fait que Tatler se soit joint à Saxon y est pour quelque chose dans l’excellence des pièces de ce nouvel album? Sans aucun doute! Ce dernier continuera tout de-même à gratter de la six cordes avec Diamond Head en même temps que la prochaine tournée de Saxon. La production signée Andy Sneap est en béton armé comme pour la majorité des productions que Sneap a derrière la cravate depuis une vingtaine d’années.

Hell, Fire and Damnation est un album plus que surprenant qui réaffirme la place de Saxon en tant que fier et valeureux pionnier du Heavy Metal, la flamme originelle est toujours présente et cet album figurera dans les tops 2024 sans aucune hésitaion.

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 9.5
Appréciation : 9

Top 30 2023

Top 30 2023 de Hurlemort / Hurlemort’s 2023 top 30

01 – Enslaved – Heimdal
02 – Arkona – Kob’
03 – Thy Catafalque – Alföld
04 – Voïvod – Morgoth Tales
05 – Keep Of Kalessin – Katharsis
06 – Danava – Nothing But Nothing
07 – Blood Ceremony – The Old Way Remain
08 – Horrendous – Ontological Mysterium
09 – Santo Rostro – Después No Habrá Nada
10 – Tribulation – Hamartia
11 – Hex A.D. – Delightful Sharp Edges
12 – Memoriam – Rise To Power
13 – U.D.O. – Touchdown
14 – Immortal – War Against All
15 – Godlfesh – Purge
16 – Kvelertak – Endling
17 – Cannibal Corpse – Chaos Horrific
18 – Aeternus – Philosopher
19 – Legion Of The Damned – Poison Chalice
20 – Vomitory – All Heads are Gonna Roll
21 – Cloak – Black Flame Eternal
22 – Suffocation – Hymns From The Apocrypha
23 – Aggression – Frozen Aggressors
24 – Strigampire – All to Dominate
25 – Bodyfarm – Ultimate Abomination
26 – çEvin Key – Brap and Forth vol. 9
27 – …And Oceans – As In Gardens, So In Tombs
28 – The Abbey – Word of Sin
29 – Triumph of Death – Resurrection of the Flesh
30 – Obituary – Dying Of Everything

Mention spéciale / special mention
31 – Marthe – Further in Evil

Aeternus – Philosopher – 2023

Aeternus – Death/Black Metal – Norvège
Philosopher – 2023
Agonia Records
8.9/10

Aeternus n’est pas le plus connu des groupes issus de la Norvège. Pourtant, il en est rendu à son neuvième album depuis ses débuts en 1993 et renferme actuellement dans son alignements des membres et ex-membres de Gorgoroth et Ghaals Wyrd. Peu connu n’est jamais synonyme de mauvais, au contraire. Ce neuvième album sorti sous l’étiquette Agonia Records nous prouve que les Norvégiens gagnent à être connus d’avantage.

Sur ses premiers albums, Aeternus jouait un Black Metal particulièrement sauvage et primitif qui s’est transformé en Death Metal noiric beaucoup plus technique au fil des sorties. J,ai connu le groupe sur le tard en 2013 avec l’album …and the Seventh His Soul Detesteth, album qui s’était retrouvé dans les tops de Hurlemort à cette époque. J’ai manqué l’album suivant en 2018 mais je me rattrape cette année avec cet album qui, ma foi, se veut assez magistral au niveau des compositions et des ambiances. On délaisse un peu le Death Metal pour revenir à un Black Metal froid et très puissant toujours soutenu par des riffs techniques et des atmosphères lugubres. Ici, la vitesse n’est pas l’ingrédient principal, le groupe y va plus avec des rythmiques moins rapides mais extrêmement puissantes. On joue avec les ambiances éthérées au fil des pièces passant de la douceur froide presque Jazz à la dévastation pure et simple en l’espace de quelques mesures. La production signée Herbrand Larsen (connu pour son travail avec Enslaved) est impeccable et rend justice aux compositions et arrangements au fil de l’album.

Philosopher est un excellent album coup de cœur en cette fin de 2023 qui se retrouvera assez haut dans les tops de l’année. À découvrir si vous aimez les ambiances glaciales et la puissance de frappe digne de ce nom.

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 9
Appréciation : 9

Strigampire – All to Dominate – 2023

Strigampire – Melodic Death Metal – Canada
All to Dominate – 2023
Provocant Media
8,8/10

Ça fait plus de vingt ans que je connais les boys de Strigampire et dès leurs débuts, ces musiciens-là n’avaient qu’un objectif : Aller le plus loin possible avec leur band. C’est avec du travail acharné, de la persévérance, des bons coups et des moins bons que le groupe Trifluvien s’est rendu en 2023 avec une participation au légendaire Wacken et un nouvel album produit par Chris Donaldson. All to Dominate a même été disponible pour une écoute complète sur Decibel Magazine, ce qui n’est vraiment pas à négliger!

All to Dominate nous présente un Strigampire plus mature et encore plus en possession de ses moyens. En écoutant les neuf pièces de l’album on constate que rien n’a été laissé au hasard et que le tout a été travaillé avec soin pour que ça punche, que ça fasse branler de la tête et taper du pied. Les compositions sont beaucoup plus léchées et puissantes que sur les parutions précédentes, le duo initial qui comprends Steve DC et Johnny Dead est mieux entouré que jamais avec Willy Thousand à la guitare, James Foster à la batterie et le retour de Badguy P. Provencher à la basse. Le style du groupe est assez difficile à décrire tant il y a des influences disparates là-dedans : Du Thrash Metal de la vieille école, du Black Metal, du Death Metal mélodique et du Rock and Roll bien ficelé. L’album regorge de riffs mémorables, de rythmique à fond la caisse, les solos sont hallucinants et la production est impeccable. Chris Donaldson est tout de même un excellent choix quand il s’agit de faire sonner un album et de ce côté, c’est totalement réussi.

All to Dominate est un album impressionnant qui risque de mettre le feu à chaque écoute et ce retrouvera dans mes tops de l’année sans hésitation. Excellente job les boys, je suis fier de vous autres!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8,5
Production : 9
Appréciation : 8,5

Aggression – Frozen Aggressors – 2023

Aggression – Thrash Metal – Canada
Frozen Aggressors – 2023
Massacre Records
8.8/10

Aggression est l’un des pionniers du Thrash Metal Canadien et fait partie des légendes du genre. Suite à sa séparation en 1989, le groupe était revenu dans l’univers métallique avec la sortie de Forgotten Skeleton en 2004 suivi d’un bref retour sur les planches pour quelques spectacles en 2005-2006. Le groupe était officiellement de retour en 2014 avec un tout nouvel alignement tournant autour de Denis Barthe. Trois albums plus tard avec des sonorités différentes, Aggression est de retour en grande avec un album des plus explosifs dans la veine de The Full Treatment, premier album officiel paru en 1987.

Frozen Aggressors nous replonge dans le passé avec un titre tout à fait indiqué qui relie justement ce passé lointain à cette nouvelle mouture de Aggression. Denis Barthe est maintenant à la voix depuis From Hell With Hate, le précédent album, ramenant ainsi l’aspect chaotique et dans les dents qui caractérisait le groupe à ses débuts. Les riffs sont hautement corrosifs, la rythmique solide et bien huilée prouvant que cet alignement comporte des musiciens chevronnés et des créateurs hors pairs. Les huit pièces se succèdent à une vitesse phénoménale nous laissant abasourdis sur ce qui vient de se passer.

Frozen Aggressors est sans l’ombre d’un doute le meilleur album de Aggression depuis son retour en 2014 qui sera très bien classé dans les tops de 2023. Un excellent album de Thrash noirci qui fesse fort!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 8.5
Appréciation : 9

Marthe – Further in Evil – 2023

Marthe – Heavy/Doom Metal – Italie
Further in Evil – 2023
Southern Lord Recordings
8.3/10

Il y a des découvertes qui peuvent agréablement nous surprendre mais en même temps nous rendre quelque peu perplexe face à ce qui se passe dans nos oreilles. Je dois avouer qu’il m’aura fallu quelques écoutes avant de bien assimiler le projet Marthe de l’Italienne Marziona Silvani aussi connue sous le pseudonyme de Marzia.

Je dois dire tout de suite que j’ai acheté cet album sur un coup de tête après avoir entendu un mince extrait de la pièce titre, donc je ne m’attendais pas à grand-chose si ce n’est qu’un son granuleux et intense. De ce ces facettes, c’est plutôt réussi, Further in Evil est riche en atmosphères froides et lourdes, ça sonne Heavy et très Doom. Le niveau de composition est assez appréciable mais c’est au niveau de l’exécution qu’on peut se questionner tout au long de l’album. Même si Marzia semble est une bonne musicienne, ce n’est pas toujours droit et les changements sont parfois assez carrés selon les compositions. Cependant, ceci apporte un certain charme aux compositions et au son global de Marthe qui nage dans des eaux troubles à la fois Punk et Heavy Metal frôlant le Black Metal par moments. La voix claire n’est pas très juste et peut écorcher les tympans mais au bout de quelques écoutes on s’y habitue et on constate que ça peut apporter un certain charme. La production est granuleuse à souhait, les coins ont été grossièrement sablés avec un papier à gros grains donnant l’impression que cet album est sur le « rough » tout au long des pièces. C’est cru, franc et direct et cette sonorité cadre bien avec les compositions et les atmosphères et en bout de ligne, on constate que Further in Evil est un très bon album de Métal noir assez torturé.

L’album se termine sur une reprise de Siouxie and the Banshees qui est assez réussie. Further in Evil ne nous poussera pas vraiment plus loin vers le mal mais il sera parfait pour passer les longues soirées froides d’hiver. Un bon album bien gras qui figirera dans les tops 2023!

Composition : 8.5
Exécution : 8.5
Arrangements : 8
Production : 8
Appréciation : 8.5

Suffocation – Hymns from the Apocrypha – 2023

Suffocation – Brutal Death Metal – États-Unis
Hymns from the Apocrypha – 2023
Nuclear Blast
8.8/10

Suffocation est le maître incontesté et co-fondateur du Death Metal Brutal, du moins dans les premiers groupes de Death Metal vers la fin des années 80 à avoir forgé les sonorités brutales et techniques qui forment le genre aujourd’hui. Le groupe en a fait du chemin depuis ses débuts en se taillant une place en tête de tous ces groupes œuvrant dans le même créneau.

Depuis le départ de Frank Mullen en 2018, Terrence Hobbs demeure le seul et unique membre original du groupe et Hymns from the Apocrypha est le tout premier album sans Mullen à la voix. Même si ça peut paraître bizarre d’entendre une nouvelle voix avec Suffocation, cu huitième album est quand-même toute une bombe sonore et un des très bons albums de la discographie et il faut dire que Ricky Myers livre une excellente performance tout au long de l’album. Comme toujours, la production est impeccable et rends justice aux compositions qui se veulent une fois de plus brutales et mélodiques à la fois avec une dextérité époustouflante de la part des membres du groupe. Suffocation ne réinvente absolument le genre qu’il a créé il y a près de 35 ans, changer quoi que ce soit à cette formule gagnante serait tout simplement suicidaire sur le plan carrière. Malgré le changement de chanteur, Suffocation demeure Suffocation à son meilleur et Hymns from the Apocrypha nous rappelle que le groupe est toujours le pionnier qu’il était et la grosse influence qu’il exerce toujours sur le genre.

Un excellent album pour les fans du groupe et les amateurs de gros Death Metal qui frappe fort. Une autre réussite signée Suffocation qui fera partie des tops 2023!

Composition : 8.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 8
Production : 9.5
Appréciation : 8.5

Cannibal Corpse – Chaos Horrific – 2023

Cannibal Corpse – Death Metal – États-Unis
Chaos Horrific -2023
Metal Blade Records
8.9/10

Cannibal Corpse, on aime ou on n’aime pas, comme un bon paquet de groupes ou de styles musicaux. Si vous ne connaissez pas encore le groupe, ne serait-ce que par nom, il fort probable que vos connaissances en matière métallique soient plutôt minimes. Cannibal Corpse c’est un des fondateurs du Death Metal et des plus gros noms du genre.

Chaos Horrific est le seizième album du groupe Américain et on va dire les vraies affaires, depuis ses débuts en 1988, le groupe n’a pas changé d’un iota. Certes, en près de 35 ans de carrière, il y a eu des ratés et des moins bons albums mais règle générale, Cannibal Corpse est toujours demeuré constant en nous offrant la même recette. Quand on est un groupe de cette trempe il n’y a rien de mal à répéter encore et encore la même recette, surtout quand on en est l’inventeur. Chaos Horrific s’inscrit dans la lignée des albums précédents avec la même énergie, le même type de riffs dévastateurs et les mêmes compositions ravageuses qui ont fait de Cannibal Corpse ce qu’il est depuis toujours : Cannibal Corpse.

Chaos Horrific est donc une autre excellente offrande de la part de Floridiens. Que demander de plus? Que le groupe perdure encore plusieurs années avec la même fougue et la même puissance! Un autre album à mettre dans les tops 2023!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 9
Appréciation : 9

Kvelertak – Endling – 2023

Kvelertak – Black and Roll / Hard Rock / Punk
Endling – 2023
Rise Records
Norvège
8.9/10

La formation Norvégienne Kvelertak en est à son cinquième album. Son style musical a toujours été hors normes mais le mélange de plusieurs genres a été profitable pour le groupe Norvégien au fil des albums. Endling ne change pas la tradition qui avait été amorcée avec l’album éponyme en 2010 et malgré quelques changements dans l’alignement en 2019, le groupe est toujours demeuré fidèle à lui-même en offrant une musique éclatée riche en textures et sonorités.

Endling est donc le deuxième album du chanteur Ivar Nikolaisen et du batteur Havard Tackle Ohr et même si Nikolaisen a réussi à s’approprier les parties vocales en s’imposant comme excellent « frontman », je dois encore avouer que je préfère de loin l’ancien chanteur Erlend Hjelvik qui apportait un petit quelque chose de plus Black Metal dans ses interprétations vocales. Musicalement parlant, Kvelertak ne change pas vraiment de registre, le groupe oriente toujours ses compositions vers des éléments énergiques et agressifs alliant habilement des éléments issus du Punk, du Hard Rock et du Black Metal en incorporant des idées plus progressives. La production est sans failles, ça sonne cet album et ça rends justice aux pièces.

Encore une fois Kvelertak nous épate avec un album puissant et riche en sonorités diverses. Il faut tout de même être ouvert et avoir un esprit plus large mais dans l’ensemble, cet album plaira aisément au métalleux désireux de visiter d’autres contrées musicales. Endling fera partie des tops 2023 sans aucun doute!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 8.5

U.D.O. – Touchdown – 2023

U.D.O. – Heavy Metal – Allemagne
Touchdown – 2023
Atomic Fire records
9/10

Udo Dirkschneider est une figure for connu du vaste monde du Heavy Metal. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le bonhomme de 71 ans est un des pionniers du Heavy Metal Allemand qui a fondé la légendaire formation Accept. Udo ne compte pas moins de 50 ans de carrière et n’a jamais cessé d’être à la hauteur depuis ses tout débuts.

Touchdown est le dix-huitième album de U.D.O. soit huit album de plus que sa carrière avec Accept. Disons-le tout de suite, Udo a toujours été constant avec ses albums et n’a jamais sorti un mauvais album sauf pour le Predator de Accept. Il y a des hauts et des bas dans une carrière et Udo en a aussi eu mais il n’a au grand jamais décidé de s’écarter de sa voie et est toujours demeuré intègre. Touchdown c’est ni plus ni moins le meilleur album de U.D.O. des vingt dernières années et cela pourrait être un peu plate à dire mais Udo fait une fois de plus du meilleur Accept que Wolf Hoffmann. La grosse surprise de cet album est la réunion avec Peter Baltes qui s’est joint au groupe plus tôt cette année. Cette réunion semble apporter un nouveau souffle au groupe car Touchdown est un album énergique, puissant, rapide et lourd. Pas de balades insipides, que de la force brute et des riffs épiques. On se permet même un petit affront à Wolf Hoffmann et un gros clin d’œil à Accept en intégrant La Marche Turque de Mozart dans la pièce Fight for your Right comme solo des plus mémorables. La production est impeccable, ça sonne comme un tonne de briques en rendant justice aux pièces de l’album et il n’y a pas vraiment de remplissage, toutes les pièces sont bonnes nous donnant envie de réécouter l’album encore et encore en chantant les refrains épiques et rassembleurs.

Du haut de ses respectables 71 ans, Udo nous donne une véritable leçon de pur Heavy Metal et venant d’une pointure comme lui, on n’en attendait pas moins. Le bonhomme est encore en forme et il a toujours le feu sacré. Un excellent album de Heavy Metal qui fera partie des tops de 2023.

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Horrendous – Ontological Mysterium – 2023

Horrendous – Progressive Death Metal – États-Unis
Ontological Mysterium – 2023
Season of Mist
9,2/10

J’ai fait la connaissance de la formation Américaine Horrendous en 2022 avec l’album Anareta que j’avais reçu grâce à mon abonnement au défunt Gimme Metal Vinyl Club. J’avais suffisamment aimé le groupe et son troisième album pour me procurer le vinyle du plus récent album intitulé Ontological Mysterium.

Dès les premières pièces, on constate une bonne différence musicale entre Anareta et Ontological Mysterium. Huit ans et un album séparent mes deux expériences musicales avec Horrendous et ce qui me frappe le plus c’est l’évolution radicale que le groupe a effectuée. La production est en tous points supérieure à ce que je connaissais du groupe, merci Season of Mist, et le côté Progressif a été augmenté de façon significative. Le groupe continue à injecter son Death metal vicieux dans ses compositions tout en rajoutant certains éléments issus du Thrash Metal mais avec énormément d’éléments techniques suivant la tendance des groupes extrêmes d’aujourd’hui.

Si vous aimez le Death Metal bien épicé de prouesses techniques, Horrendous est définitivement un groupe à explorer et son cinquième album, Ontological Mysterium, fera partie des tops 2023 à coup sûr!

Composition : 9.5
Exécution : 10
Arrangements : 8.5
Production : 9
Appréciation : 9

Voïvod – Morgöth Tales – 2023

Voïvod – Progressive Metal – Canada
Morgöth Tales – 2023
Century Media
9,3/10

Ah Voïvod! Entre le groupe de Jonquières et moi, il y a un genre d’histoire d’amour qui dure depuis 1984. Suis-je vendu d’avance? Bien évidemment! Mais je n’en suis pas aveuglé pour autant, du moins je le pense. Depuis l’arrivée de Chewy, un tout nouveau souffle a été apporté à la musique de Voïvod et avec l’arrivée de Rocky, on dirait que la chimie s’est réinstallée solidement entre les membres et ça paraît. Habituellement, je ne suis pas chaud à l’idée des réenregistrements, je suis un fervent défenseur de l’original à tout prix. Mais pour les 40 ans de Voïvod, le quatuor a décidé de nous offrir un genre de rétrospective sous forme de réenregistrements de pièces moins connues du répertoire. Allons donc voir ce que j’ai pensé de Morgöth Tales!

Tout d’abord, la production est une fois de plus phénoménale, un gros bravo à Francis Perron qui a une fois de plus réussi à capturer l’essence même de Voïvod. Je suis content parce que l’album débute avec Condemned to the Gallows, pièce qui avait initialement été enregistrées pour la compilation Metal Massacre de Metal Blade mais qui avait une production assez moyenne à l’époque. Maintenant, on peut l’entendre dans toute sa splendeur comme elle avait été imaginée au départ. Thrashing Rage suit avec une meilleure sonorité que l’originale où tout est mieux défini que sur RRRÖÖÖAAARRR, même chose avec Killing Technology qui est plus fluide et plus claire que la version originale. S’en suivent tout au long de l’album les Macrosolutions to Megaproblems, Pre-Ignition, Nuage Fractal, Fix My Heart qui est un peu plus rough et directe que la version de Outer Limits. On retrouve aussi Rise avec Eric Forrest et finalement Rebel Robot avec Jason Newsted à la basse. L’album se termine avec une nouvelle pièce intitulée Morgöth Tales qui relate l’histoire du Voïvod à travers son périple avec une sonorité qui suit ce qui a été fait avec The Wake, Post Society et Synchro Anarchy avec une petite « twist » différente.

En résumé, je dois avouer que des réenregistrements ça peu être le fun quand c’est bien fait et surtout fait sans prétentions. Morgöth Tales c’est ça. Ça nous montre un groupe sans prétentions qui a été fort influent pour la grande planète métallique mondiale et qui continue d’aller de l’avant en nous étonnant à chaque fois. Merci Away, Snake, Chewy et Rocky de rester fidèles à vous-mêmes et de nous offrir des albums incroyables et inoubliables.

Composition : 9,5
Exécution : 9,5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9,5

Godflesh – Purge – 2023

Godflesh – Industrial / Experimental Metal – Angleterre
Purge – 2023
Avalanche Recordings
8,9/10

Godflesh, ce n’est pas à la portée de tous. Ni même à une partie des métalleux. Godlfesh, ça dérange, c’est caustique, hypnotisant et chaotique. Purge, le neuvième album du duo Anglais, réitère ce que le groupe a toujours offert depuis ses débuts, point.

L’amateur du genre et les fans du groupe vont aisément se retrouver sur ce nouvel album qui revisite les sonorités brutes du passé avec des riffs très lourds et décapants et une atmosphère glauque et oppressante. Au niveau composition, Godflesh ne change pas vraiment de recette, on continue avec la lenteur et la simplicité le tout rempli d’agressivité et de colère évidente. Bref, Purge c’est du vrai bon Godflesh comme le groupe a toujours fait!

Que dire de plus? Que purge va se retrouver dans les tops 2023? Bien évidement. Que Godflesh est toujours tout aussi créatif qu’à ses débuts? C’est clair!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8,5
Production : 9
Appréciation : 9

Danava – Nothing But Nothing – 2023

Danava – Psychedelic Hard Rock / Heavy Metal – États-Unis
Nothing But Nothing – 2023
Tee Pee Records
9.2/10

À chaque année je découvre un groupe qui me fait tomber en bas de ma chaise. Cette année c’est la formation Américaine Danava qui a retenu le plus mon attention avec son quatrième album sorti en avril dernier sur Tee Pee Records. Nothing But Nothing est le quatrième album du groupe, c’est donc ma première incursion dans ce qui me semble une valeur musicale des plus sûres.

D’entrée de jeu, ce qui frappe le plus en écoutant cet album c’est la technicité exemplaire des musiciens et la sonorité générale des compositions. Je soupçonne Danava d’avoir de fortes racines de Psychedelic Rock dans la veine de Uncle Acid et c’est ce que vais m,empresser de découvrir en écoutant les trois premiers albums. Outre cette parcelle de Psychedelic Rock qui plane sur cet album, on dénote une forte de dose de Heavy Metal pur et dur dans le genre que Satan sait si bien nous balancer par la tête. Danava en met des notes et du flamboyant dans ses riffs mais on ne tombe pas dans le piège du superflu, le groupe a fort probablement beaucoup écouté des groupes de la première vague NWOBHM en particulier les premiers albums de Iron Maiden. Les guitares et la basse sont très présentes et sont bien assises sur la batterie qui s’en permet tout au long de l’album. On a même droit à certains passages avec des synthétiseurs aux sonorités typiques des années 80 ce qui vient donner du tonus et un peu plus de gras aux pièces déjà bien remplies. Les arrangements et la production sont sans failles, ça sonne moderne mais très de la vieille école en même temps, c’est très réussi et ça sonne excellement bien.

Nothing But Nothing est un gros coup de cœur pour moi en 2023 et il est indéniable que vais aller visiter la discographie complète du groupe dans les prochaines semaines. Un groupe comme je les aime et qui nous fait apprécier la musique non commerciale.

Immortal – War Against All – 2023

Immortal – Black Metal – Norvège
War Against All – 2023
Nuclear Blast
8.9/10

Si on est un tant soit peu amateur de Metal plus extrême, on connait Immortal. Le groupe Norvégien est une légende et un des pionniers du Black Metal Scandinave ayant sorti de nombreux albums classiques et incontournables au cours de sa carrière. Après toute la saga « drama queen » qui sévit depuis le départ de Abbath en 2015, il semble qu’Immortal soit enfin revenu sur ses rails avec seul Demonaz aux commandes.

War Against All c’est du pur Immortal comme dans le temps. Curieusement, c’est possiblement une bonne chose qu’Abbath et Horgh ne soient plus là, Demonaz peut enfin se concentrer sur la compositions des pièces sans se faire distraire par des péripéties juvéniles. Justement, Demonaz nous livre un excellent album avec War Against All. Le niveau de composition est revenu à la normale et le son est parfait avec des riffs bien aiguisés et une rythmique qui cogne dur. Au niveau vocal, Demonaz n’a rien à envier à Abbath, même que sa voix se prête mieux au style de Immortal et la production sonne comme une tonne de briques. Tout est à sa place, c’est clair et fluide. J’avais bien aimé l’album précédent mais je dois avouer que War Against All est le meilleur album de Immortal depuis les vingt dernières années.

Immortal est de retour plus vivant que jamais et signe ici un excellent album de pur black Metal digne de ce nom. War Against All se retrouvera dans le top 2023 de Hurlemort à une position assez appréciable. Des albums comme celui-là j’en prendrais à tous les jours!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 9
Appréciation : 9

Arkona – Kob’ – 2023

Arkona – Pagan/Folk/Black Metal – Russie
Kob’ – 2023
Napalm Records
9.5/10

Аркона (Arkona) roule sa bosse depuis plus de vingt ans. Initialement fondé autour de Masha Scream, Maria Arkhipova de son vrai nom, Arkona est rapidement monté en grade pour devenir l’un des chefs de file de la scène Folk Metal mondiale. Le groupe Russe nous sert son neuvième album en carrière et signe un autre chef d’œuvre de sa discographie.

Kob’ est la continuité de l’évolution musicale de Arkona. Avec Yav, la musicienne avait incorporé des éléments plus progressifs à son Folk Black Metal ce qui avait brouillé un peu les cartes à la l’époque. Le Prog avait persisté sur l’album suivant mais revient un peu moins en force sur ce nouvel opus. En fait, Arkona effectue un retour aux sources en mettant son Black Metal incisif à l’avant plan tout en ajoutant de nouvelles sonorités ambiantes et vaporeuses aux compostions. Le son de Arkona a changé depuis ses débuts et oui, le Folk est moins présent que sur les premiers albums mais, c’est ça l’évolution. Il faut savoir se réorienter pour éviter de stagner et c’est ce que Masha tente de faire depuis les trois derniers albums. La production est encore une fois à la hauteur des attentes, ça sonne, c’est brillamment arrangé en laissant planer un genre d’incantation tout au long des huit pièces qui forment un tout homogène en s’imbriquant les unes dans les autres.

Kob’ est un excellent album intense qui prouve que Arkona est toujours maître de sa destinée et de ses compositions. Aucun compromis n’est accepté et c’est tant mieux. Kob’ fait déjà partie des meilleurs albums de la discographie du groupe et il se retrouve bien haut dans les tops 2023.

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9.5
Production : 9.5
Appréciation : 9.5

Thy Catafalque – Alföld – 2023

Thy Catafalque – Avant Garde Metal – Hongrie
Alföld – 2023
Season of Mist
9.4/10

Kátai Tamás, de son nom de scène Tamás Kátai, roule sa bosse dans la grande scène métallque mondiale depuis plus de trente ans et pourtant, le bonhomme demeure encore aujourd’hui presque inconnu. Son projet le plus prolifique à ce jour est Thy Catafalque qui cumule à ce jour onze albums en carrière depuis ses tout débuts en 1998. Originalement parti en tant que duo œuvrant dans une Black Metal expérimental, Thy Catafalque est devenu un projet solo en 2011 avec l’album Rengeteg et depuis, le projet a pris une tangente beaucoup plus avant-gardiste en incorporant des éléments électroniques et issus de divers styles complètement hors de la grande sphère métallique.

Je l’attendais avec impatience ce onzième album. Après quelques écoutes, je peux affirmer que je suis loin d’être déçu, comme à chaque sortie d’album Sgùrr, album avec lequel j’ai connu le projet. Sur Alföld, on revient un peu aux sources en revisitant le bon vieux Black Metal, du moins sur la face A. Beaucoup de guitares puissantes avec des riffs gras et incendiaires mais toujours entremêlés des atmosphères planantes et cosmiques avec certains éléments presque Folk par moments, surtout au niveau du chant féminin une fois de plus effectué par Martina Veronika Horváth. Les vocaux de type « growls » sont effectués par des chanteurs invités qui gravitent autour de Kátai Tamás depuis plusieurs années. Le niveau de composition est aussi élevé que par le passé, ici c’est un véritable travail d’artiste qui ne fait aucun compromis. J,ai souvent comparé le compositeur à Mike Oldfield pour certaines façons de composer et d’arranger les parties musicales et je réitère une fois de plus cette comparaison. La production est irréprochable, ce qui aide grandement à la qualité des pièces contenues sur l’album. Kátai Tamás est encore une fois constant en nous livrant un autre chef d’œuvre musical.

Si vous ne connaissez pas encore le projet, je vous invite fortement à vous y mettre immédiatement si vous aimez la musique plus progressive et riche en textures musicales diverses. Un autre excellent album de 2023 qui se retrouvera assurément dans les tops de fin d’année!

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9
Production : 9.5
Appréciation : 9.5

Legion of the Damned – Poison Chalice – 2023

Legion of the Damned – Death/Thrash Metal – Pays-Bas
Poison Chalice – 2023
Napalm Records
8.8/10

Ma rencontre avec Legion of the Damned s’est faite en 2007 avec la sortie du deuxième album Son of the Jackal. À l’époque, j’avais visité la discographie de Occult ainsi que le premier album après le changement de nom pour Legion of the Damned et j’étais tombé sous le charme du groupe Néerlandais. Depuis, chaque sortie est pour moi un cadeau et Poison Chalice ne fait pas exception. Je l’attendais depuis plusieurs mois, le vinyle a été retardé en production et la date initiale de sortie avait été repoussé de quelques semaines. Mais là, je l’ai et au moment d’écrire ces lignes, J’en suis à ma quatrième écoute. Allons voie ce que ça donne.

Dès les premières notes de Saints in Torment, on note tout de suite un gros changement dans la façon de faire du groupe. On a opté pour une intro tranquille au lieu de partir l’album en trombe comme par le passé. Ma première écoute m’a laissé perplexe car j’avais l’impression de ne plus reconnaître Legion of the Damned pour une raison qui m’échappe. Peut-être parce que cet album est dans le tapis d’un bout à l’autre, qu’Il contient des solos de guitare en duel et que les guitares misent sur la mélodie. En fin de compte après quelques écoutes, je me suis aperçu que Poison Chalice c’était du Legion of the Damned pur à 100% comme sur Son of the Jackal et comme sur tous les autres albums du groupe. Ici, pas de place pour les poseurs. On y va à fond de train avec une rythmique rapide et dans les dents, des riffs incendiaires qui détruisent tout sur leur passage et une voix qui nous invective et nous rentre dedans pour que ça fasse mal. J’ai réalisé que j’avais encore sur le cœur le départ de Richard Ebisch mais que finalement, Twan van Geel avait vraiment pris la place et s’était approprié le poste de principal compositeur depuis presque dix ans et force est de constater qu’il a très bien repris le flambeau. Le niveau de composition est même un peu plus élevé que par le passé et la production frappe fort sans bon sens.

Poison Chalice est à l’image de ce que le groupe nous balance depuis ses tout débuts sous le nom de Occult et que treize albums plus tard, Legion of the Damned ne fléchi aucunement. Un excellent album dans la discographie qui se retrouvera dans les tops 2023 de Hurlemort!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8
Production : 9
Appréciation : 9

Cloak – Black Flame Eternal – 2023

Cloak – Gothic Black Metal – États-Unis
Black Flame Eternal – 2023
Season of Mist
8,8/10

Cloak est une formation Américaine que je découvre cette année avec son troisième album, Black Flame Eternal. Curieusement, cette formation était passé sous mon radar depuis 2017 et pourtant, Season of Mist n’a jamais eu l’habitude de ne pas faire de publicité pour ses protégés. C’est donc avec une oreille nouvelle que je découvre ce groupe originaire d’Atlanta.

Première chose qui frappe dès les premières notes c’est le petit air familier à la Tribulation qui vient à mon esprit, ce qui est loin de me déplaire étant fan de la formation Suédoise depuis ses tout débuts. Au fil des pièces on dénote plusieurs influences de Black Metal notamment du côté de Dissection et Watain sans réellement dire que c’est du copier/coller car Claok a une sonorité originale et propre au groupe. Le niveau de composition est de haut calibre, le groupe sait jouer la carte de la complexité sans tomber dans la technicité extrême, on joue avec les mélanges de sons de guitares passant de distorsion à « clean », souvent les deux en même temps, caractéristique présente chez des groupes Gothiques des années 80 comme The Sisters of Mercy ou Fields of the Nephilim. La production est excellente, ça sonne à l’ancienne sans « triggers » ni superflu technologique, on y va droit au but avec une bonne touche moderne pour faire sonner le tout comme un groupe se doit de sonner en 2023.

Black Flame Eternal me donne le désir d’aller visiter les deux albums précédents, il figurera dans les tops 2023 de Hurlemort. Je le recommande fortement pour les amateurs de bonne musique noircie qui frappe fort.

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8
Production : 9
Appréciation : 9

Vomitory – All Heads are Gonna Roll – 2023

Vomitory – Death Metal – Suède
All Heads are Gonna Roll – 2023
Metal Blade records
8.8/10

Le voici enfin arrivé ce nouvel album de Vomitory! Pour faire une histoire courte, Vomitory s’était séparé en 2013 et s’est reformé en 2018. All Heads are Gonna Roll est donce le premier album depuis la sortie de l’excellent Opus Mortis VIII paru en 2011. Donc, près de douze années se sont écoulées entre ces deux albums et il était grand temps que le groupe nous en offre un nouveau.

Avais-je des attentes? Peut-être. Sont-elles comblées? Absolument. Point de vue musical, aucune réelle surprise, Vomitory nous garroche son légendaire Death Metal puissant et bien gras avec des riffs bien aiguisés et une rythmique infernale. C’est cru, franc et direct, pas de taponnage et pas de tétage, on va droit au but sans fioritures inutiles. Cependant, la production a monté d’un cran ce qui rends justice aux dix pièces de l’album, c’est fluide et bien équilibré, du moins pour du Death Metal à sauce Suédoise. La voix de Erik Rundqvist me semble un peu moins profonde qu’auparavant mais c’est peut-être justement dû à la production. Quoiqu’il en soit, le groupe assure au maximum sur cet album et même s’il ne réinvente pas le genre, il le rend bien et reste fidèle à lui-même en offrant toute l’excellence dont les membres sont capables de livrer.

Vomintory joue dans un registre de Death Metal que j’aime beaucoup, vitesse, changements de tempos et intensité. On ne tombe pas dans le trop technique et on garde le cap sur l’essentiel : Créer de bonnes pièces pour faire lever la foule en spectacle. Un retour fort réussi pour Vomitory qui se retrouvera dans les tops 2023 de Hurlemort!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8
Production : 9
Appréciation : 9

Keep of Kalessin – Katharsis – 2023

Keep of Kalessin – Melodic Black/Death Metal – Norvège
Katharsis – 2023
Back on Black
9.2/10

La formation Norvégienne a connu des hauts et des bas au cours de sa carrière. Une séparation en 2000 et un retour en 2003 avait vu la formation changer drastiquement tant au niveau des membres que du son, menant ainsi les Norvégiens vers les sommets du Black Metal en tant que groupe influent. Depuis la sortie de Epistemology en 2015, c’est pratiquement le silence radio de la part du groupe. Mis à part un mini album désastreux sorti en 2016 de manière indépendante, Keep of Kalessin est demeuré caché depuis les sept dernières années.

2023 marque le retour de la formation avec un septième album intitulé Katharsis, sorti plus tôt cette année sur le label Anglais Back on Black, label qui se spécialise dans les rééditions de vinyles. Alors, qu’en est-il de Katharsis? Sorti en mars 2023, ce nouvel album semble avoir passé sous les radars et sans réelle publicité ce qui n’aide pas la cause d’un groupe. Personnellement, j’ai pris connaissance de sa sortie il y a environ un mois tout à fait par hasard en consultant Metal Archives pour mon Évolution Métallique alors que je faisais la chronique reliée à Armada de 2006. Après plusieurs écoutes, je dois avouer que Katharsis m’a beaucoup plu, c’est du Keep of Kalessin à son meilleur avec de légers changements au niveau de la sonorité. Nous avons toujours droit aux riffs complexes et à la rythmique rapide et directe mais sur cet album, les claviers prennent un peu plus de place que sur les précédents albums sans toutefois prendre toute la place. La production est une fois de plus spectaculaire, ça sonne et c’est puissant. Les arrangements ayant toujours été la force du groupe sont une fis de plus impeccables et démontrent tout le génie de composition de Obsidian Claw.

Je ne comprends pas pourquoi cet album n’a pas été plus médiatisé et pourquoi le groupe n’esty plus sur un label majeur comme Indie Recordings. En espérant que Katharsis rejoigne les fans de longue date pour que le groupe puisse remonter à la surface et revenir au sommet des groupes du genre. Katharsis est un excellent album qui se retrouvera assez haut dans le top 2023 de Hurlemort.

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Ghost – Phantomime – 2023

Ghost – Progressive Rock / hard Rock – Suède
Phantomime – 2023
Loma Vista Recordings

Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand fan de Ghost et que j’ai une certaine aversion pour les reprises. Voilà que Tobias Forge nous offre un troisième mkini album de reprises en 2023. Je fais quoi? Dilemme. Je l’ai acheté, bien évidement et en vinyle de surcroit. Donc, c’est avec un mélange d’appréhension et de curiosité que j’attendais Phantomime.

Contrairement aux deux précédents min albums de reprises, If You Have Ghosts et Popestar, je connaissais déjà les cinq pièces contenues sur cette galette. See no Evil initialement du groupe Punk Television est en ouverture et la reprise est quand-même réussie, la version de Ghost donne un peu plus de tonus à la pièce mais ce qui saute immédiatement aux oreilles c’est la voix nasillarde de Forge, voix qui tappera un peu sur les nerfs sur toutes les pièces du mini album. S’en suit Jesus He Knows Me de Genesis qui avait été offerte à Pâques avec un vidéoclip et tout un concept tournant autour d’un télé-évangéliste débauché. La version de Ghost est quand même efficace et bien rendue, cette version pourrait bien initier les jeunes à de la plus vieille musique. Hanging Around de Stranglers est la pièce qui retient le plus l’attention, Tobias Forge revient avec sa voix des précédents albums, les claviers sont bruts et donnent une touche plus grinçante à ce classique. La reprise que les métalleux attendaient est Phantom of the Opera, grand classique de Iron Maiden. D’emblée vraiment moins puissante que la version originale et sans réel gros changement, cette reprise nous montre que Forge ne renie pas ses origines Métalliques mais demeure pas très convaincante, le son de Ghost n’est pas vraiment présent et la voix nasillarde vient dénaturer ce chef d’œuvre. Pour finir, on a droit à une endormante version de We Don’t Need Another Hero de Tina Turner. Pourquoi avoir choisi une telle pièce en reprise? Honnêtement, j’aime mieux ne pas le savoir. Cette pièce était ennuyeuse à l’origine, elle l’est toujours avec la version de Ghost et n’est d’aucune utilité pour ce mini album.

Bien que la production sonne très bien, elle manque de profondeur et de puissance. Je sais, vous me direz que je n’aime pas les reprises en partant et beaucoup de fans aimeront sans nul doute ce EP. Vous avez raison. Phantomime aidera une bonne majorité de fans à patienter jusqu’au changement de pape cet automne et à la sortie d’un sixième album de pièces originales. Je ne mets pas de notes car ce sont des reprises et je ne sais pas trop comment noter ça. Je m’attendais à ne pas trop « triper » sur Phantomime, il ne tournera pas souvent dans le futur mais ça demeurera une belle pièce dans ma collection. Qui sait, peut-être un jour je ferai la paix avec les reprises et que je l’apprécierai –à sa juste valeur?

Hex A.D. – Delightful Sharp Edges – 2023

Hex A.D. – Progressive Doom Metal – Norvège
Delightful Sharp Edges – 2023
Apollon Records
9.1/10

Hex A.D. n’est pas un groupe très connu de la communauté métallique mais si vous êtes à la recherche de musique originale influencée par le Progressif et le Doom des années 70, ce groupe Norvégien est tout à fait indiqué pour étancher votre soif de découvertes. Curieusement, je suis passé par-dessus le précédent album sorti en 2021 comme je l’avais fait pour le troisième album sorti en 2018, sans doute que les annonces de sorties d’albums sont moins évidentes et qu’elles sont carrément passées sous mon radar. Alors, voici ce que je pense à propos du sixième album, Delightful Sharp Edges.

Initialement fondé comme étant un projet solo de Rick Hagan, Hex A.D. est devenu un groupe à part entière au fil du temps et a grandement évolué au fil des albums. Les deux premiers albums jouaient la carte du Doom classique avec de gros relents Progressifs et une voix plus Gothique à cheval entre Peter Murphy et Wayne Hussey. Le côté Progressif a pris de plus en plus de place avec les albums suivants et une grosse partie de Hard Rock s’est intégrée au son global du groupe. La voix aussi a changé au fil des albums devenant plus dans les standards des groupes de Hard Rock des années 70. Les claviers prennent toujours autant de place dans les compositions donnant une bonne dose atmosphérique et planante au tout.

Le mot d’ordre du groupe d’y aller à fond avec les sonorités Progressives et Hard Rock avec de longues pièces très inspirées et surtout très inspirantes. Delightful Sharp Edges saura plaire aux fans de la décennie la plus prolifique en matière de Rock puissant. Un excellent album haut en couleurs qui fera partie des tops de l’année.

Composition : 9
Exécution : 9.5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Blood Ceremony – The Old Ways Remain – 2023

Blood Ceremony – Psychedelic Doom Metal / Rock – Canada
The Old ways Remain – 2023
Rise Above Records
9.2/10

Je l’attendais avec impatience celui-là. Il faut dire que suis fan du groupe depuis le tout premier album paru en 2008 alors quand Blood Ceremony a annoncé plus tôt cette année que le cinquième album était en route, je n’ai pas hésité une seule seconde à pré-commander une copie mauve du vinyl de The Old Ways Remain. Comme une certain même avec Fry de Futurama, « Shut up and take my money! »

Alors, il est comment le nouvel album des Torontois? Bien qu’il soit un peu plus Rock que les précédentes parutions, on retrouve le bon vieux Blood Ceremony avec une touche plus rafraichissante et plus inspirée que jamais. Alia O’Brien est en pleine forme et ça s’entends tout au long des dix pièces de l’album. Album qui fait pratiquement 45 minutes soit dit en passant avec aucun remplissage et des textures musicales issues des années 70 comme le groupe nous a habitués depuis ses tout débuts. La présence de l’orgue vient appuyer les riffs « fuzzés » de Sean Kennedy ce qui donne un effet plus gras et plus majestueux aux pièces. La flûte de Alia est toujours au cœur des compositions du groupe et on y va même en ajoutant divers instruments comme le saxophone, le piano et diverses percussions pour pimenter certaines pièces. Le choc des années 70 avec une sonorité plus moderne est vraiment puissant et donne une couleur et une chaleur musicale hors de l’ordinaire. La production est une fois de plus une réussite, la recette pour garder à l’esprit le son d’antan avec la technologie d’aujourd’hui est assurément à garder! Habituellement, je ne m’attarde pas à parler de la présentation graphique dans mes chroniques car je préfère m’en tenir au produit sonore, mais je me dois de noter le travail de design de notre Annick Giroux nationale pour la pochette, c’est parfait!

Bien évidement The Old Ways Remain va se retrouver bien haut dans le top de Hurlemort. Je vous invite à prendre connaissance de ce nouvel album et de grimper le volume au fond pour en savourer toute les subtilités. Encore une fois, Blood Ceremony ne me déçoit pas du tout!

Composition : 9.5
Exécution : 9.5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Tribulation – Hamartia – 2023

Tribulation – Gothic Metal – Suède
Hamartia – 2023
Century Media
9.1/10

Tribulation nous revient en 2023 avec un mini album de quatre pièces qui marque le premier enregistrement du groupe Suédois sans Jonathan Hultén depuis son départ en 2020. Pour moi, chaque sortie de Tribulation est attendue avec grande impatience et je dois avouer sans me cacher que le groupe fait partie de ma liste de favoris tous styles confondus. Est-ce que mon jugement est rendu d’avance? Possible mais toujours est-il qu’une fois de plus, Tribulation m’étonne!

J’ai toujours eu de la misère avec les EP et ce, pour une raison fort simple : Je trouve ce format trop court et agace! Dans ce cas-ci, hamartia contient trois nouvelle pièces et une reprise de Blue Öyster Cult. Ceux qui me connaissent vont tout de suite se dire « mais Sinistros, tu n’aimes pas les reprises! ». Pour cet aspect, on y reviendra plus amplement au cours des prochains mois, figurez-vous que mon opinion sur les reprises est moins négative qu’auparavant. Pour ce qui est des nouvelles compositions du groupe, malgré l’absence de Hultén, on demeure sensiblement dans le même créneau Gothic Metal que sur les parutions précédentes depuis la sortie de The Children of the Night avec ses riffs sophistiqués provenant directement des pionniers du Gothic Rock des années 80 avec la forte dose Métallique puissante que le groupe propose depuis ses tout débuts en tant que groupe de Death Metal. La production est toujours tout aussi excellente, c’est clair et fluide et en vinyle, ça sonne incroyablement bien et chaleureux. Bref, on retrouve Tribulation en pleine forme et ces trois nouvelles compositions nous feront patienter jusqu’à la sortie d’un album complet qui, espérons-le, viendra assez rapidement. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la reprise de Blue Öyster Cult, en l’occurrence Vengeance (The Pact) est fort bien réussie et tout comme la reprise de One Hundred Years de The Cure, Tribulation a grandement réussi à s’approprier la pièce.

Bien que trop court (comme tous les foutus EP), Hamartia parvient à nous en mettre plein les oreilles et permettra de prendre notre mal en patience en attendant plus de nouvelle musique. Un très bon mini album qui se retrouvera dans le top 2023 de Hurlemort! Vendu suis-je? Un tantinet, oui!

Composition : 9
Exécution : 9.5
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Santo Rostro – Después no habrá nada – 2023

Santo Rostro – Stoner / Doom Metal – Espagne
Después no habrá nada – 2023
Discos Macarras
9.1/10

Ma découverte de la formation Espagnole Santo Rostro s’est faite en 2017 avec le troisième album The Healer. Le mélange de Stoner, de Doom et de Progressif chaotique m’avait beaucoup plu et l’originalité du groupe était ce qui avait attiré mon attention au départ. Quand j,ai vu que le groupe avait sorti un nouvel album cette année, je n’ai pas hésité une seconde à commander la version vinyle et laissez-moi vous dire que je ne suis pas déçu!

Avec Después no habrá nada, Santo Rostro s’Aventure pour la première fois dans sa langue maternelle pour les cinq pièces de l’album, ce qui donne un cachet un peu plus exotique à sa musique déjà peu standard. Le groupe nous sert une fois de plus des sonorités très Doom flirtant avec le stoner ici et là au fil des pièces mais en incorporant des éléments très techniques et plutôt Progressifs tout au long de l’album nous donnant cinq pièces des plus originales oscillant entre près de quatre minutes à plus de onze minutes pour un peu moins de trente-cinq minutes au total. Un album un peu court mais qui passe sans qu’on s’en rende compte et qui ne contient aucun remplissage. On joue beaucoup avec les sons de synthétiseurs et les multiples effets de guitare, ce qui apporte une atmosphère très légère et planante à cette lourdeur rythmique et cette puissante force de frappe. La production est impeccable, c’est très clair et très fluide, les instruments sont bien à leur place dans le mix facilitant l’écoute lors de passages plus ardus.

Santo Rostro n’est certes pas un groupe des plus connus mais je vous recommande grandement l’écoute de ce quatrième album si vous aimez la musique un peu plus disjonctée et riche en sonorités.

Composition : 9.5
Exécution : 9
Arrangements : 9
Production : 9
Appréciation : 9

Metallica – 72 Seasons – 2023

Metallica – Heavy/Thrash Metal – États-Unis
72 Seasons – 2023
Blackened Recordings
4.7/10

Bon, pour faire une histoire courte, mon histoire avec Metallica commence en Janvier 1984 avec Kill ’em All et s’arrête suite à la mort de Cliff Burton en 1986. Pour moi, il y a seulement trois albums du groupe, les trois premiers. Le reste, je m’en contre balance éperdument. Même si en 2023 je m’en fous encore au maximum, j’ai décidé de donner une chance à ce battage médiatique qu’est 72 Seasons. Je dois tout de suite aviser que j’ai écouté Death Magnetic et Hardwired to Self Destruct, deux albums que j’ai trouvé plus qu’ordinaires, à la limite pathétiques. 72 Seasons, je l’écoute donc avec les oreilles d,un gars qui a commencé à écouter du Métal à la fin des années 70 quand il avait une dizaine d’années. Le gars a maintenant 53 ans, il a vu la naissance du Heavy Metal et il en écoute encore énormément aujourd’hui en suivant les nouveautés d’année en année.

Sérieusement, la production de 72 Seasons est excellente, l’interprétation est quand même assez bonne mais de grâce, arrêtons de mettre la faute sur l’âge des gars. J’ai lu et entendu des criticailleux affirmer que c’est normal rendus fin cinquantaine de manquer de gaz. Fuck off. Il y a encore des vieux bonhommes qui défoncent encore en masse à cet âge, Rob Halford et Ian Hill sont rendus à 71 et 72 ans respectivement et ils sont encore capables de sortir du vrai Heavy Metal qui grince et qui frappe fort. Donc la mollesse de Metallica a aucun rapport avec leur âge. Metallica est mou et pathétique par choix. Il faut aussi arrêter de voir Metallica comme des Dieux, ça fait plus de 30 ans qu’ils ne le sont plus. Un jeune groupe sortirait le même album que ça passerait inaperçu. Pourquoi? Parce que Metallica fait du petit métal juvénile sans ambition et sans conviction. Arrêtons de dire que 72 Seasons c’est Heavy et rapide, ce n’est aucunement Heavy et la rapidité est celle de Deep Purple en 1972.

Je n’avais pas d’attentes face à un nouvel album de Metallica tout simplement parce que ce groupe se contente de nous balancer du réchauffé et des riffs de jeunes débutants depuis plus de 30 ans. Ici, on nous sert encore du réchauffé avec des pièces trop longues et du répétitif comme ce n’est pas possible. La voix de Hetfield est toujours aussi braillarde et sans feelings ce qui rends les pièces encore plus redondantes et pratiquement farfelues. Mon oreille de plus de 40 ans de Métal n’en revient juste pas comment on peut se laisser berner par tant de fausseté et de semblant.

Oui, dans le cas de Metallica il y a les détesteurs et les fefans. Je dois faire partie des détesteurs tout simplement. J’ai beaucoup d’autres excellents vrais artistes à écouter qui en valent pas mal plus la peine. Il est fort possible que je sois rendu ailleurs musicalement depuis plusieurs décennies. Pour moi, cet album représente tout le côté fake et commercial de l’industrie musicale et n’a aucun intérêt artistique quel qu’il soit. 72 Seasons c’est plate en tabarnak.

Composition : 2
Interprétation : 7
Ambiance : 4
Production : 8.5
Appréciation générale : 2

Gorod – The Orb – 2023

Gorod – Technical Death Metal – France
The Orb 2023
Indépendant
7,9/10

J’ai connu la formation Française Gorod il y a un peu plus de dix ans avec son quatrième album A Perfect Absolution. Déjà à l’époque j’écrivais qu’il fallait être prudent avec l’ultra technique dans le Death Metal car on peut facilement et rapidement tomber dans le piège de la redondance et de l’ennui pur et simple.

Trois albums plus tard, est-ce que Gorod est tombé dans le piège? Suite à l’écoute de The Orb, force est de constater que oui, Gorod est tombé dans le panneau du confort des vieilles pantoufles en remâchant une fois de plus le même plat rempli de notes et virtuosité en oubliant un élément essentiel, l’originalité. Je ne dis pas que The Orb est un mauvais album et que c,est mal composé, loin de là. Gorod comporte d’excellents musiciens dans ses rangs mais cinq ans après son dernier album, je m’attendais à ce que le groupe évolue un peu et sorte du lot de tous ces groupes ultra techniques qui offrent maintenant tous la même chose sans se démarquer les uns des autres. Gorod semble régresser depuis A Maze of Recycled Creeds en essayant fort probablement de hisser au niveau de grosses pointures du Death Metal Technique comme Obscura ou Beyond Creation mais en bout de ligne, tout ce que le groupe réussi à faire, c’est de refaire ce qui a déjà été fait depuis les vingt dernières années et l’inutile reprise de Strange Days de The Doors n’aide en rien à faire de cet album un chef d’œuvre.

Composition : 7
Exécution : 9,5
Arrangements : 7
Production : 9
Appréciation : 7

Air Raid – Fatal Encounter – 2023

Air Raid – Heavy Metal – Suède
Fatal Encounter – 2023
High Roller Records
6.8/10

Autant j’ai pu aimer Across the Line en 2017, autant je suis plus que perplexe face au quatrième album des Suédois de Air Raid. Quétaine et réchauffé sont les deux termes qui me viennent rapidement en tête après avoir écouté Fatal Encounter.

Le Heavy Metal n’a jamais vraiment cessé d’exister depuis ses débuts au milieu des années 70. Certes, le genre a connu une énorme baisse de popularité dans les années 90 mais un regain de vie est apparu dans les années 2000, notamment grâce à de vieux routiers reprnant du poil de la bête. De jeunes formations comme Portrait et Air Raid avaient repris le flambeau au milieu des années 2000 pour faire revivre le genre. Justement pour Air Raid, après trois excellents albums, voici que la formation semble s’orienter vers un Heavy Metal plus accessible, plus facile et surtout plus mielleux à l’image des Dokken, Stryper ou Yngwie Malmsteen. Sans affirmer que cet album est mauvais, on est très loin du véritable Heavy Metal qui écorche comme Satan ou Mercyful Fate. On se contente avec des petits riffs accrocheurs ultra faciles, une voix sans mordant et des compositions d’une incroyable mollesse. Ça manque de puissance et d’énergie comme si le groupe avait décidé de devenir un groupe de Glam comme dans les années 80.

Donc, pour moi Fatal Encounter sonne le réchauffé et est totalement dénué d’intérêt. Dommage, je vais me rabattre sur du vrai bon Heavy Metal avec du tonus et de la puissance à revendre.

Composition : 5
Exécution : 8.5
Arrangements : 7
Production : 8.5
Appréciation : 5

Bodyfarm – Ultimate Abomination – 2023

Bodyfarm – Death Metal – Pays-Bas
Ultimate Abomination – 2023
Edged Circle Productions
8,7/10

Avec le décès tragique de Thomas Wouters en 2019, rien n’était certain quand à l’avenir de Bodyfarm. Avec l’excellente réponse de Dreadlord, sorti quelques semaines après le décès de Wouters, les membres restants du groupe ont pris la décision d’aller de l’avant et de continuer le projet. Trois et demi plus tard, Bodyfarm nous offre son cinquième album avec un nouveau chanteur/bassiste répondant au nom de Ralph de Boer.

Ultimate Abomination poursuit là où le groupe nous avait laissé en 2019 avec sensiblement la même sonorité et la même fougue Death Metal des quarte premiers albums. Cette chronique étant faite à partir de l’écoute du vinyle, je me dois de mentionner que la production est un peu fade et donne l’impression que le produit final a été fait en mono. Ça sonne « flat », les instruments sont tous imbriqués dans la même voie, les dynamiques ne sont pas très au rendez-vous. Mais, si on passe par-dessus cet aspect, on peut aisément affirmer que l’album sonne quand-même bien et les compositions sont fort bien réussies. Comme pour le passé, Bodyfarm nous attaque avec des riffs puissants et mélodiques avec une forte dose de granulation dans le son des guitares donnant ainsi un effet un peu sale dans la globalité sonore. Bien sûr, le groupe ne réinvente rien mais garde à l’esprit les idées et les textures qui ont façonné le Death Metal Néerlandais avec les Asphyx, Sinister et Hail of Bullets. Bref, du vrai Death Metal qui garroche et nous en met plein la gueule.

Une autre belle réussite pour Bodyfarm qui se retrouvera forcément dans les tops 2023. À écouter avec un volume élevé pour sentir la toute puissance des pièces!

Composition : 9
Exécution : 9
Arrangements : 8.5
Production : 8.5
Appréciation : 8.5